Richard Branson gagne son pari et vole quelques minutes sous la frontière de l’espace

Dans un véhicule pas complètement opérationnel, Richard Branson, trois autres passagers et deux pilotes d’essais ont réalisé un vol suborbital sans encombre à bord du SpaceShipTwo. Une performance technologique indéniable qui laisse un goût d’inachevé. L’appareil plafonne sous les 100 kilomètres d’altitude, la seule frontière de l’espace que reconnaît la Fédération aéronautique internationale. Un vol qui n’a évidemment rien d’historique pour un avion qui a déjà volé 22 fois. L’activité commerciale de Virgin Galactic devrait débuter en 2022.

Le milliardaire britannique Richard Branson qui a toujours rêvé d’espace depuis qu’il est enfant a donc réussi son pari à bord de l’avion développé par la société Virgin Galactic qu’il a fondée en 2004. Dimanche, lors du premier vol suborbital du SpaceShipTwo en configuration opérationnelle avec un équipage au complet, Richard Branson a volé à plus de 85 kilomètres d’altitude. La durée de ce vol, du décollage au retour sur la terre ferme, a été d’environ 70 minutes.

À bord de l’avion, deux pilotes d’essais et trois employés de Virgin Galactic. Au côté de Branson, on comptait Beth Moses, instructeur en chef des astronautes, Colin Bennett, ingénieur en chef des opérations, Sirisha Bandla, vice-présidente des affaires gouvernementales. Les pilotes d’Unity étaient Dave Mackay et Michael Masucci, tandis que Kelly Latimer et C.J. Sturckow pilotaient Eve, l’avion porteur.

En franchissant les 80 kilomètres d’altitude, la frontière de l’espace reconnue par la Nasa, la Federal Aviation Administration (FAA), la National Oceanic and Atmospheric Administration (Noaa) et l’U.S. Air Force, les quatre passagers du vol se verront remettre les fameuses « ailes », un insigne américain décerné aux astronautes. Cela dit, cette frontière de l’espace ne fait pas consensus. La Fédération aéronautique internationale (FAI) la fixe à 100 kilomètres d’altitude, aussi appelée ligne de Kármán, du nom du physicien hongrois Theodore von Kármán. À cela s’ajoute que pour devenir astronaute la réalisation d’au moins une orbite complète autour de la Terre devrait être une condition sine qua non.

Ce vol a aussi permis d’atteindre un certain nombre d’objectifs liés à l’utilisation et l’ergonomie de la cabine et à l’expérience client avec un équipage au complet. Il a également permis de vérifier l’efficacité du programme de formation de prévôt d’une durée de cinq jours en matière de sécurité et de l’apesanteur entre autres.

Une expérience unique dans une vie
Une fois le moteur de l’avion coupé, les quatre passagers ont pu se détacher de leur siège pour flotter quelques minutes en apesanteur, et admirer la courbure de la Terre depuis l’un des 12 hublots de la cabine. À bord d’Unity comme dès son retour au sol, Richard Branson s’est montré très enthousiasmant déclarant « avoir rêvé de ce moment depuis tout petit, mais rien ne pouvait me préparer à la vue de la Terre depuis l’espace » et d’ajouter, c’est « une expérience unique dans une vie ».

Enfin, Richard Branson a aussi indiqué que le secteur spatial est « à l’avant-garde d’une nouvelle ère spatiale ». À ce sujet, l’activité commerciale de Virgin Galactic devrait débuter dans le courant de l’année 2022, dès que les deux derniers vols d’essais prévus auront été réalisés, notamment pour qualifier les ailes cantilever dont l’angle peut être modifié. À terme, 400 vols sont prévus depuis Spaceport America, au Nouveau-Mexique. À ce jour, quelque 600 billets ont déjà été vendus à des personnes de 60 pays différents pour un prix compris entre 200.000 et 250.000 dollars.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/tourisme-spatial-richard-branson-gagne-son-pari-vole-quelques-minutes-sous-frontiere-espace-87903/

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