Le bras galactique contenant la Terre serait deux fois plus vaste que prévu

Alors que les débats relatifs à la structure prise par les bras spiraux de la Voie lactée persistent depuis près d’un siècle, le satellite Gaia remet en question nos modèles élémentaires en étalant ses dernières observations.

Propulsé par HelloAsso

Voir la Voie lactée… un autoportrait sans miroir
Les astronomes sont confrontés à plusieurs contraintes naturelles difficilement surmontables. En effet, notre localisation au sein même de la Voie lactée (dans le plan médian de la galaxie, loin du centre) nous empêche de distinguer ses structures. De plus, la présence d’épais nuages sombres dans le disque galactique entrave la lumière des étoiles pour parvenir jusqu’à nous. En outre, les étoiles appartenant aux bras spiraux voisins sont si éloignées que même la plus proche nous est distante de plus de 4.000 années-lumière. Par conséquent, l’ambition de tracer une visualisation fidèle et complète de notre spirale de gaz et de poussière semble loin d’être concrétisable.

Les chercheurs misent alors sur le développement de modèles galactiques. Basés sur la mesure de distance aux sources et confrontés en parallèle aux observations, ils permettent de remonter à l’allure de la Voie lactée et de démêler son brouhaha galactique.

Fin 2020, les spécialistes du domaine ont dressé une synthèse de toutes les informations (directes et indirectes) appréhendées depuis soixante-cinq ans au sujet de la morphologie et de la dynamique de notre Galaxie. Ils avancent qu’elle se compose de quatre bras spiraux principaux, s’articulant autour d’une concentration lumineuse en forme de barre. À l’embranchement des bras Perseus et Sagittarius-Carina, se distingue une extension mineure appelée bras local (ou encore bras d’Orion) où se niche le Système solaire.

Gaia corrige nos attentes sur l’ampleur des bras spiraux
L’équipe d’Eloisa Poggio a recouru au troisième catalogue Gaia pour sonder la répartition des étoiles de type OB et la confronter à la dispersion des jeunes Céphéides dans le disque galactique. Cette distribution a ainsi mis en évidence une géométrie bien différente de celle issue des modèles de référence.

L’étude publiée au printemps 2021 démontre qu’en réalité le bras Perseus suit davantage une tout autre configuration, celle proposée par Levine et al. (2006). La disposition des Céphéides semble raisonnablement suivre et prolonger à grande échelle la région de surdensité des étoiles de type OB. Le second résultat, plus surprenant encore, est que le bras local paraît s’étendre jusqu’au quadrant galactique III, soit bien au-delà de l’étendue couramment délimitée. Sa longueur serait alors deux fois plus importante que ce qui était admis auparavant, comparable à la distance Soleil-centre galactique. Ces deux constats se sont vus confortés d’autant qu’ils apportent un éclaircissement au grand vide énigmatique logé au sein du bras Perseus.

« Au regard de nos cartes, ce vide s’expliquerait plus naturellement comme étant simplement la région inter-bras entre Perseus, tel que tracé par Levine et al., et le bras local s’étendant dans le quadrant III », ont conclu les auteurs de l’article. Les prochains relevés de Gaia permettront d’utiliser des astres ayant des éclats plus faibles, dans des zones plus reculées de notre Galaxie, pour dresser de nouvelles cartographies d’une résolution époustouflante.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-bras-galactique-contenant-terre-serait-deux-fois-plus-vaste-prevu-93670/

Laisser un commentaire