La Nasa va forer en 2022 la glace lunaire proche du cratère Shackleton

C’est presque de la science-fiction et on se demande si l’on ne va pas assister au premier pas de la réalisation des prophéties d’Arthur Clarke et Gerard O’Neill. Une mission lunaire de la Nasa devrait forer le sol lunaire en 2022, aux abords des cratères du pôle Sud de notre satellite à la recherche de glace et donc d’eau pour une base lunaire permanente dans un futur proche.

La Lune comme vous ne l’avez jamais vue ! Découvrez la Lune en 4K à travers les yeux de la sonde LRO. Cette dernière, qui vient de fêter ses 10 ans, nous livre des images très détaillées de plusieurs régions de notre satellite. Ici, le cratère Tycho et les pentes de sa montagne centrale surmontée d’un rocher solitaire ; là, le vaste réseau de cratères au pôle sud, à l’intérieur du plus ancien bassin d’impact de la Lune. Un régal pour les yeux. Une balade à savourer en plein écran.

C’est presque de la science-fiction et on se demande si l’on ne va pas assister au premier pas de la réalisation des prophéties d’Arthur Clarke et Gerard O’Neill. Une mission lunaire de la Nasa devrait forer le sol lunaire en 2022, aux abords des cratères du pôle Sud de notre satellite à la recherche de glace et donc d’eau pour une base lunaire permanente dans un futur proche.

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Arthur Clarke a échoué à prédire le futur de la conquête spatiale pour le début du XXIe siècle il y a 50 ans, mais ses prédictions à ce sujet ne sont-elles pas fausses uniquement du point de vue du calendrier ? Après tout, il a tout de même déjà correctement prédit le monde des télécommunications qui est le nôtre, comme Futura l’avait rappelé le 12 mars 2019, à l’occasion des 30 ans de la naissance du Web au Cern.

Rappelons déjà que dans son roman 2001 : l’Odyssée de l’espace, Arthur Clarke situe précisément la base lunaire permanente des États-Unis dans le cratère Clavius au pôle Sud de la Lune. Ce n’est pas un hasard car on spéculait déjà dans les années 1960, sur la possibilité que de l’eau gelée, vestige d’un intense bombardement cométaire, pouvait se trouver au niveau des pôles au fond de certains cratères lunaires perpétuellement dans l’ombre et donc bien au-dessous de 0 °C depuis des milliards d’années. Cela a été confirmé par des missions lunaires comme celle de Chandrayaan-1 ou Lcross (Lunar Crater Remote Observation and Sensing Satellite) et même carrément au niveau de Clavius il y a quelques années, comme le montre la vidéo ci-dessous.

Une mission sur le sol lunaire pour 2022
Même s’il existe encore des incertitudes sur la date précise de la mission Artemis III qui marquera le grand retour des Homo sapiens sur la Lune avec les premiers pas d’une femme sur le sol lunaire, on peut raisonnablement affirmer que cela se produira à répétition au cours de la seconde moitié des années 2020. Or on sait déjà que l’alunissage est prévu dans une région du pôle Sud de notre satellite. Ce n’est évidemment pas un hasard.

Ce n’est pas non plus un hasard si la Nasa vient de faire savoir qu’une mission destinée à forer le régolite lunaire à la recherche de glace d’eau devrait bien s’élancer vers la Lune à la fin de l’année 2022 et surtout que le site d’alunissage de cette mission a été sélectionné.

C’est Nova-C, un atterrisseur développé par la société privée Intuitive Machines pour déposer des charges utiles à la surface de la Lune dans le cadre du programme Artemis, qui emportera avec lui Polar Resources Ice-Mining Experiment-1 (Prime-1). Prime-1 percera jusqu’à environ un mètre sous la surface du régolite lunaire et il mesurera avec un spectromètre de masse la quantité de glace dans l’échantillon, perdue par sublimation lorsque la glace passe d’un solide à une vapeur dans le vide de l’environnement lunaire. Des versions de la perceuse de Prime-1 et de son spectromètre de masse équiperont également Viper, un robot mobile, lointain cousin du Lunokhod russe, et qui recherchera également de la glace au pôle Sud lunaire en 2023.

Ne faisons pas durer le mystère plus longtemps, Nova-C se posera donc au niveau de la « Shackleton connecting ridge », une crête connectant les cratères Shackleton et de Gerlache. Ce dernier a été nommé en l’honneur de l’explorateur belge de l’Antarctique, Adrien de Gerlache. La Shackleton connecting ridge est prometteuse en ce qui concerne des sources de glace et donc d’eau et de carburant pour une station lunaire permanente.

De la glace et de la 4G lunaire avec Nokia ?
La région est suffisamment proche du cratère Shackleton pour que l’on puisse espérer trouver de la glace en profondeur malgré le fait qu’elle soit souvent exposée aux rayons du Soleil. C’est d’ailleurs ce qui permettra à la mission de disposer de suffisamment de lumière du soleil pour alimenter les dispositifs de l’atterrisseur pour une mission d’environ 10 jours, tout en offrant également une ligne de vue dégagée vers la Terre, assurant ainsi pendant ce temps des communications constantes.

Il y a bien sûr The Regolith Ice Drill for Exploring New Terrain (Trident), la foreuse du module mais il y a aussi un petit rover développé par Intuitive Machines pouvant effectuer des excursions dans des petits cratères proches. Ce sera aussi l’occasion d’essayer des dispositifs de transmission d’images et de sons préfigurant ceux que pourront utiliser des colons lunaires sous la forme d’un réseau de communication 4G/LTE développé par Nokia pour cette mission.

Ce seront peut-être les premiers pas vers la réalisation des projets de colonies spatiales issus des travaux de Gerard Kitchen O’Neill (6 février 1927 – 27 avril 1992) qui a marqué le grand public avec un livre publié en 1976 sur les colonies spatiales et dont le titre en anglais est The High Frontier. On peut prendre connaissance de la vision du futur qu’avait O’Neill au début des années 1980 avec un autre ouvrage en accès libre sur la toile : 2081: a hopeful view of the human future.

Des explications pas trop techniques, mais avec calculs, peuvent se trouver dans un article publié en 1974 par Gerard O’Neill dans Physics Today. La construction de ces colonies repose en effet sur des matériaux extraits du sol lunaire par des colons.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-nasa-va-forer-2022-glace-lunaire-proche-cratere-shackleton-39552/

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