D’après de récentes observations, la comète Bernardinelli-Bernstein, la plus grosse jamais détectée, est active depuis plus longtemps qu’on ne le pensait. La découverte pourrait permettre aux scientifiques de déterminer sa composition chimique, et pourrait fournir un aperçu sur les conditions de formation d’une chevelure cométaire.

C’est le plus gros corps céleste de ce type jamais découvert à ce jour : avec un diamètre d’environ 100 kilomètres — la plupart des comètes connues présentent des diamètres généralement de l’ordre du kilomètre –, Bernardinelli-Bernstein est une comète du nuage de Oort se déplaçant sur une orbite très elliptique : en été 2021, elle se trouvait à 20 unités astronomiques (ua) du Soleil (environ 3 milliards de kilomètres), et continue à s’en approcher pour atteindre son périhélie (point le plus proche du centre de l’orbite) en 2031, à 10,9 ua (1,6 milliard de kilomètres) du Soleil.

Les astronomes prévoient son aphélie (point le plus éloigné du centre de l’orbite) à une distance de 55.000 ua (soit près d’une année-lumière !) du Soleil. Les comètes sont généralement comparées à des « boules de neige sales », car composées d’une grande partie de matière gelée (eau, dioxyde de carbone, méthane, etc) ainsi que de matières météoritiques agglomérées.

Une énorme comète qui voyage sur d’énormes distances
Lors de sa découverte, en 2014, la comète se trouvait à une distance d’environ 29 ua du Soleil, presque aussi loin que Neptune, mais son activité cométaire n’avait pas pu être observée, faute d’une résolution suffisante : l’objet avait alors été classé conformément aux conventions de désignation provisoire des planètes mineures.

Cette activité cométaire, prenant place lorsque la proximité au Soleil permet la sublimation des glaces composant la comète, est habituellement visible grâce à un échappement gazeux entraînant avec lui des poussières. Ces caractéristiques permettent généralement d’observer la formation d’une chevelure (pouvant être comparée à une atmosphère de gaz et de poussières, entourant et issus du noyau de la comète), et d’une queue de poussières s’étirant dans la direction opposée à la trajectoire de la comète, permettant l’identification de l’objet.

Une activité cométaire pourtant bien présente
En combinant plusieurs jeux de données réalisés grâce à différents instruments d’observation, l’équipe d’astronomes de l’Université du Maryland, dirigée par Tony Farnham, a pu affirmer la présence d’une chevelure autour de la comète Bernardinelli-Bernstein. À cette distance au Soleil, les scientifiques étaient assez surpris d’observer une activité cométaire : d’après Tony Farnham, « ces observations repoussent les distances auxquelles les comètes peuvent être actives bien plus loin que ce que l’on pensait précédemment » ; l’eau gelée ne pourrait pas sublimer, amenant les astronomes à décrire le noyau de la comète Bernardinelli-Bernstein comme composé d’un mélange de glace de monoxyde et de dioxyde de carbone.

Au regard de cette découverte, les astronomes cherchent à savoir s’il serait possible de déterminer une distance limite au Soleil à laquelle une comète pourrait présenter une activité, en fonction de sa composition. Les scientifiques espèrent de plus pouvoir observer la formation d’une chevelure dans un futur proche, grâce à des observations plus nombreuses et plus précises de comètes relativement éloignées du Soleil.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-plus-grosse-comete-jamais-decouverte-serait-active-depuis-plus-longtemps-quon-ne-pensait-88192https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-plus-grosse-comete-jamais-decouverte-serait-active-depuis-plus-longtemps-quon-ne-pensait-88192//