Cette étoile envoie un signal d’alarme à la vie sur Terre

Des éjections de masse coronale, les astronomes en ont observé beaucoup sur notre Soleil depuis les années 1970. Aujourd’hui, ils rapportent avoir pu étudier le phénomène sur une autre étoile, une sorte de petite sœur de la nôtre. EK Draconis leur a offert un spectacle époustouflant. Comme une fenêtre ouverte sur le passé de notre Système solaire mais aussi un avertissement pour la vie sur Terre.

Notre Soleil, nous le savons, a parfois des réactions violentes. De brutales éruptions. Ce que les astronomes appellent des éjections de masse coronale (CME). Des nuages magnétisés de particules extrêmement chaudes et énergétiques projetés à travers le Système solaire à des vitesses dépassant les mille kilomètres par heure. Le phénomène peut avoir des effets sur notre Terre et nos sociétés. Il peut être à l’origine de merveilleuses aurores polaires. Mais aussi, toucher nos satellites, perturber nos réseaux électriques ou encore nos systèmes de communication. Certains imaginent même les CME capables de provoquer un black-out du réseau internet.

En 2019, des astrophysiciens de l’université du Colorado (États-Unis) avaient montré que les jeunes étoiles semblables à notre Soleil subissent une multitude de ces sortes de super éruptions stellaires. Des dizaines, voire des centaines de fois plus puissantes que celles que nous connaissons à notre Étoile. Le résultat, notamment, d’une vitesse de rotation encore importante compte tenu de leur jeune âge. Et comme les éjections de masse coronale se produisent généralement juste après de grosses éruptions, les astronomes se demandaient depuis si ces super éruptions stellaires pourraient être à l’origine de super CME.

À l’aide du satellite Transiting Exoplanet Survey (Tess) de la Nasa et du télescope Seimei de l’université de Tokyo, pendant plusieurs mois, les chercheurs de l’université du Colorado ont cette fois observé, à une centaine d’années-lumière de notre Terre, une étoile en particulier : EK Draconis. Parce qu’elle est très semblable, en taille et en masse à notre Soleil. Elle n’est toutefois âgée que de 100 millions d’années. Une toute petite sœur, en somme, pour notre Étoile, vieille déjà de quelque 4,5 milliards d’années.

Un regard sur le passé… et le futur ?
En avril 2020, ils ont enfin surpris une super éruption sur EK Draconis. Et, à peine une demi-heure plus tard, ils ont été témoins d’une colossale éjection de masse coronale. Un nuage de plasma de plusieurs milliards de kilogrammes. Plus de dix fois plus que la CME la plus importante jamais enregistrée sur n’importe quelle autre étoile semblable à la nôtre. Avec des particules se déplaçant à plus de 1,5 million de kilomètres par heure.

La découverte suggère que notre Soleil a pu, par le passé, être lui aussi à l’origine de telles CME extrêmement violentes. Aux débuts de notre Système solaire, notamment. De quoi, peut-être, mieux comprendre certaines de ces caractéristiques d’aujourd’hui. Comme le fait que l’atmosphère de Mars soit réduite à son plus strict minimum après avoir été plus épaisse à une période de son évolution.

Les astronomes avancent également que ce type d’événement majeur pourrait toujours se produire sur notre Soleil. Avec le risque, cette fois, de porter atteinte non plus seulement à la structure de nos sociétés, mais peut-être aussi plus directement aux êtres vivants sur notre Planète. Heureusement, comme les super éruptions stellaires, de telles éjections de masse coronale sont probablement très rares — à l’échelle humaine en tout cas puisque les chercheurs s’attendent à une super éruption pouvant menacer notre Terre tous les 10.000 ans environ, même si certains les imaginent plus fréquentes — pour une étoile de l’âge de la nôtre.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/soleil-cette-etoile-envoie-signal-alarme-vie-terre-60796/

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