La comète Leonard : retenez bien son nom car elle va faire parler d’elle en décembre et jusqu’au début de l’année 2022. Découverte il y a un an, elle s’annonce comme la comète de l’année ! Voici comment, quand et où l’observer ?

C/2021 A1 (Leonard), ou pour faire plus simple, la comète Leonard, s’annonce comme très prometteuse pour une visibilité à l’œil nu ces prochains jours. Venu des confins du Système solaire, l’astre est à présent en visite dans les parages des planètes voisines et (presque) jumelles, la Terre et Vénus.

Sa plus petite distance avec notre Planète était ce dimanche 12 décembre à 13 h 52 TU précisément, soit 14 h 52 heure de Paris, elle était alors à quelque 35 millions de kilomètres, ce qui reste très éloigné, et donc sans aucun risque pour nous, Terriens. Quelques jours plus tard, le 17-18 décembre, ce sera au tour de Vénus de l’accueillir dans son voisinage, et cette fois pour l’effleurer puisqu’elle ne passera qu’à quatre petits millions de kilomètres de sa surface ! On n’ose imaginer le spectacle qui sera visible de là-bas.

Ensuite, la comète poursuivra son chemin jusqu’au périhélie, le point de son orbite le plus proche du Soleil, qu’elle atteindra le 3 janvier 2022, pile un an après sa découverte par l’astronome Gregory J. Leonard – qui lui a naturellement donné son nom – à l’observatoire du mont Lemmon. C/2021 A1 passera alors à 92 millions de kilomètres de notre Étoile (soit 60 % de la distance entre la Terre et le Soleil), ce qui est beaucoup, et réduit donc les risques qu’elle se désintègre. Quoiqu’il ne soit pas exclu que cela se produise ; cela dépend naturellement de la cohésion de son noyau de glace et de poussière. Le risque qu’il se disloque est toujours grand pour une comète, lors de ses passages dans la région la plus chaude du Système solaire. Espérons que cela n’arrivera pas, afin que l’on puisse profiter au maximum du spectacle de sa visite dans le ciel du matin, puis du soir. Car ce sera la dernière fois qu’elle passera par ici : les chercheurs estiment en effet que, par sa vitesse élevée, elle sera éjectée de notre Système solaire dans quelques milliers d’années. « C’est la dernière fois que nous allons la voir » assure Gregory Leonard (chercheur au Lunar and Planetary Laboratory de l’université de l’Arizona), qui rappelle aussi au passage combien les comètes sont imprévisibles : « Un sage et célèbre découvreur de comètes avait dit un jour : « les comètes sont comme des chats, les deux ont une queue et tous les deux font exactement ce qu’ils veulent » ! ».

Où est la comète Leonard ?
Les spécialistes prédisent que la comète Leonard pourrait rester sous la barre de la magnitude 6 (limite en dessous laquelle un astre est visible à l’œil nu) plusieurs jours, et peut-être flirter avec la magnitude 4, à la faveur de son passage au plus près de la Terre. Tout indique que son éclat va culminer entre le 11 et le 13 décembre (vu de la Terre, toujours). Est-elle pour autant bien visible dans le ciel ? La réponse est oui dans certaines conditions car elle va bientôt disparaître du ciel du matin pour émerger dans celui du soir. Comme l’astre est diffus — non ponctuel comme une étoile ou une planète –, il n’est pas facile de la distinguer à l’œil nu. Il est nécessaire pour cela de bien connaître sa position et de redoubler d’attention. Pour maximiser les chances de l’admirer, il est vivement conseillé de vous munir d’une paire de jumelles ou d’un instrument collectant plus de lumière (télescope ou lunette astronomique), si vous en possédez un (ou connaissez quelqu’un qui en a un). Vous pourrez alors apprécier la beauté de son noyau nimbé de gaz, sa chevelure et sa longue queue qui s’étend dans l’espace interplanétaire, à l’opposé du Soleil.

Depuis des semaines, la comète est suivie par nombre d’astronomes amateurs dans le monde entier qui partagent sur les réseaux sociaux les photos de leurs chasses. Parmi les plus belles et spectaculaires, citons celles où C/2021 A1 s’affiche devant des galaxies, situées à l’arrière-plan, à des dizaines de millions d’années-lumière de la Terre. Plus récemment, ce 3 décembre, la comète Leonard a frôlé l’amas globulaire Messier 3 (M3). En apparence bien sûr, car M3 est en réalité à plus de 35.000 années-lumière de nous, et de la comète.

La comète Leonard est visible au crépuscule
Début décembre, la comète Leonard est visible bien haute dans le ciel en seconde partie de nuit jusqu’à l’aube, passant des Chiens de Chasse au Bouvier, au sud-est. Sa vélocité importante (254.000 km/h) lui fait parcourir la voûte céleste à grands pas par rapport aux étoiles « fixes » (qui nous apparaissent fixes). Au fil des nuits, l’astre va perdre de la hauteur dans le ciel et se rapprocher de l’horizon, à mesure qu’elle avance vers la Terre. Le 9 décembre, elle est entrée dans la constellation du Serpentaire et va bientôt disparaîtra du ciel du matin (avant l’aube, le 13 décembre), pour glisser dans le ciel du soir, le 14 décembre. Elle sera alors devant la Voie lactée. Mais il faudra la chercher dans les lueurs du crépuscule, très bas au-dessus de l’horizon sud-ouest.

Le 16 décembre, au soir, on pourra l’admirer devant le Sagittaire. Les 17 et 18 décembre, dans le voisinage de l’étincelante Vénus. L’occasion de rappeler que ces belles soirées d’hiver seront agrémentées par l’alignement de notre voisine avec Saturne et Jupiter. Et à cela s’ajoutent les Géminides, la plus belle pluie d’étoiles filantes de l’année dont le pic d’activité coïncide avec la nuit de la plus petite distance de la comète avec la Terre.

On ne saurait donc que trop vous conseiller de sortir profiter de ces beaux spectacles célestes au cœur des nuits les plus longues de l’année. En tournant le dos, comme toujours, à la pollution lumineuse, afin d’admirer tous ces objets qui remplissent l’obscurité. La comète Leonard sera sans doute la comète de l’année si son éclat continue d’augmenter comme annoncé, alors si vous la ratez, il vous faudra patienter 35.000 ans pour la revoir (estimations de sa période orbitale).

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-comete-leonard-va-etre-visible-soir-ce-seront-dernieres-fois-nous-pourrons-voir-95275/