Les échantillons de l’astéroïde Ryugu commencent à révéler leurs secrets

décembre 28, 2021 0 Par Astro Photo Météo 53

Il y a à peine plus d’un an, la sonde Hayabusa-2 nous rapportait des échantillons de l’astéroïde Ryugu. Les premières analyses de ce matériau nous révèlent des informations inattendues, questionnant notre connaissance de l’histoire du Système solaire.

La sonde Hayabusa-2, en orbite autour de (162173) Ryugu de juin 2018 à novembre 2019, nous a rapporté le 5 décembre 2020 des échantillons de cet astéroïde. Cette semaine, les deux premiers articles concernant l’analyse de ce matériau ont été publiés dans Nature Astronomy.

Ryugu est un astéroïde de type C, c’est-à-dire un corps rocheux et sombre riche en carbone et en eau. Les chondrites carbonées, météorites qui proviendraient de tels astéroïdes, présentent de nombreuses caractéristiques indiquant qu’elles ont été altérées par des fluides. Ces corps, qui se seraient formés aux confins de la ceinture d’astéroïdes, contenaient de la glace mélangée à la roche. Une partie de la glace a fondu, ce qui a produit des minéraux argileux et des carbonates (sels).

L’un des objectifs de la mission Hayabusa-2 était d’étudier le lien entre les astéroïdes de type C et les chondrites carbonées. C’est important car les chondrites carbonées sont probablement le genre d’objets qui ont apporté de l’eau et des composés organiques sur Terre, permettant à la vie d’y émerger.

De la poussière moins dense qu’attendu

Hayabusa-2 a collecté 5,4 grammes de poussières, l’équivalent d’une cuillère à café. Ça peut paraître peu, mais ce sont tout de même plusieurs milliers de grains qui peuvent être analysés individuellement. Pour rappel, l’objectif initial était de prélever 0,1 gramme. Comme ces échantillons sont irremplaçables, les analyses ont commencé par des observations non invasives et non destructives et sont actuellement suivies de mesures complexes qui nécessitent la manipulation et la préparation des spécimens.

De la poussière moins dense qu’attendu

Hayabusa-2 a collecté 5,4 grammes de poussières, l’équivalent d’une cuillère à café. Ça peut paraître peu, mais ce sont tout de même plusieurs milliers de grains qui peuvent être analysés individuellement. Pour rappel, l’objectif initial était de prélever 0,1 gramme. Comme ces échantillons sont irremplaçables, les analyses ont commencé par des observations non invasives et non destructives et sont actuellement suivies de mesures complexes qui nécessitent la manipulation et la préparation des spécimens.

Les auteurs avancent deux raisons complémentaires à cela. Les météorites qui ont fini sur Terre ont auparavant été éjectées par collision de leur astéroïde parent. Contrairement au matériau de Ryugu, qui était protégé par sa capsule, leur plongeon dans l’atmosphère terrestre a provoqué leur fragmentation. Ainsi, les météorites qui arrivent sur Terre ont connu au moins un événement supplémentaire qui pourrait faire diminuer leur porosité. Ryugu pourrait également contenir plus de matériaux de faible densité, comme des molécules organiques, que de telles météorites. C’est important car cela implique que le matériau de Ryugu a conservé de la matière carbonée que nous n’avons pas pu étudier auparavant. Cela devrait nous permettre d’en apprendre davantage sur les éléments constitutifs primordiaux de la vie.

Analyse préliminaire des grains

La composition de nombreux grains de Ryugu a également été évaluée par spectroscopie. Ce n’est pas la technique la plus courante pour l’analyse compositionnelle préliminaire, mais elle a été utilisée car elle est non destructive, ne nécessite aucune préparation d’échantillons et permet une comparaison directe des grains avec les mesures prises à la surface de Ryugu par Hayabusa-2.

Sans grosse surprise, les grains et la surface de l’astéroïde ont des spectres très similaires, avec tous deux la même empreinte de l’eau (sous forme d’hydroxyde, OH). L’analyse plus détaillée en laboratoire, à des longueurs d’onde plus élevées que celles mesurées sur l’astéroïde, a révélé des caractéristiques supplémentaires, dont une identifiée comme provenant d’un composant azoté qui, selon les auteurs, pourrait provenir de minéraux argileux contenant de l’ammonium ou d’un matériau organique riche en azote. Ceci dit, une technique d’analyse différente sera nécessaire pour déterminer l’abondance des composés organiques dans les échantillons.

Les auteurs ont également trouvé un énorme grain de carbonate d’environ un demi-millimètre de long qui pourrait être riche en fer, très caractéristique de ce type de météorites.

Bien qu’il s’agisse d’une analyse préliminaire, ces articles montrent que le matériau de Ryugu est primitif et suffisamment différent des météorites connues pour nous questionner sur la mesure dans laquelle les météorites sont représentatives des astéroïdes. Cela pourrait changer certains aspects de notre vision de l’histoire du Système solaire.

Source ://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/hayabusa-2-echantillons-asteroide-ryugu-commencent-reveler-leurs-secrets-95775/