Dans leur quête pour comprendre les origines de la vie, les scientifiques s’interrogent notamment sur les conditions propices à son émergence. Beaucoup d’hypothèses ont déjà été formulées. Et aujourd’hui, des chercheurs avancent que la vie sur Terre pourrait avoir reçu un petit coup de pouce de supernovae apparues ces derniers milliards d’années.

Selon l’expression consacrée, nous serions issus « de poussières d’étoiles ». Mais le scénario précis de l’apparition de la vie sur Terre reste à écrire. Aujourd’hui, des chercheurs de l’université du Danemark viennent en écrire une nouvelle page. Elle raconte le lien étroit qui existerait entre la vie sur Terre et le nombre d’étoiles qui explosent en supernovae à proximité de notre Planète.

Les chercheurs ont en effet observé une corrélation entre la part de matière organique enfouie dans les sédiments et les changements dans l’occurrence des supernovae. Ils rapportent que cette corrélation se retrouve dans les données sur les 3,5 derniers milliards d’années. Un peu plus encore sur les 500 derniers millions d’années. Elle pourrait faire la preuve que les explosions d’étoiles en supernovae ont participé à l’établissement de conditions propices à l’apparition de la vie sur Terre.

Comment ? Par un effet des rayons cosmiques sur les nuages et sur le climat de notre Planète. Car rappelons que lorsque des étoiles massives explosent en supernovae, elles produisent des rayons cosmiques qui transportent des particules de hautes énergies. Lorsque les rayons cosmiques arrivent dans les environs du Système solaire et qu’ils se heurtent à la Terre, ils provoquent une certaine ionisation de notre atmosphère.

Un effet sur le climat et l’oxygène
Or des études antérieures de la même équipe de chercheurs avaient pu montrer que les ions participent à la formation et à la croissance des aérosols. Avec pour effet d’influencer aussi, la formation de nuages. Et les nuages, c’est une évidence, jouent sur la quantité d’énergie solaire qui peut arriver jusqu’à la surface de la Terre. Des preuves empiriques confirment qu’il existe bien un lien important entre rayonnement cosmique et climat. À l’échelle géologique, le nombre de supernovae à l’origine de ces rayons cosmiques peut varier de plusieurs centaines de pour cent. Avec donc, des effets non négligeables sur notre climat.

Ainsi, au cours des périodes qui ont vu s’allumer le plus de supernovae, le climat sur Terre s’est refroidi. Des différences de températures importantes se sont créées entre l’équateur et les pôles. Des vents forts ont soufflé. Et les océans se sont mélangés. Permettant de fournir et de disperser beaucoup de nutriments. Résultat : une plus grande bioproductivité et plus de matière organique dans les sédiments.

Les chercheurs soulignent que l’enfouissement de la matière organique dans les sédiments permet aussi de produire un oxygène indispensable à la vie. Celui-ci est en effet classiquement fabriqué par photosynthèse à partir d’eau, de lumière et de dioxyde de carbone (CO2). Mais si l’on imagine que la matière organique n’est pas dirigée vers les sédiments, il est retransformé — avec la matière organique en question — en CO2 et en eau. Une autre manière pour les supernovae d’influencer l’évolution de la vie sur notre Terre.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-evolution-vie-terre-supernovae-seraient-etroitement-liees-95938/