Jamais on n’avait vu un blazar d’aussi près !

janvier 31, 2022 0 Par Astro Photo Météo 53

Au cœur de la galaxie OJ 287 – un blazar, comme l’appellent les chercheurs -, il y a un trou noir supermassif qui émet de puissants jets de matière. Un ? Peut-être deux estiment aujourd’hui des astronomes après être allés voir de près ce qu’il s’y passe.

Dans l’immensité de notre Univers, il est des galaxies dont le trou noir supermassif central est dit actif. Parce qu’il engloutit les gaz et les étoiles environnants et émet, ce faisant, de puissants jets de matière. Lorsque ces jets sont dirigés directement sur notre Terre, les astronomes qualifient la galaxie en question de blazar. Et c’est l’un de ces objets remarquables, la galaxie OJ 287, qu’une équipe internationale de chercheurs vient de cartographier avec la plus haute résolution pouvant être obtenue avec des observations astronomiques, soit une résolution angulaire de 12 microsecondes d’arc dans la gamme radio.

Ils ont pour cela mobilisé la puissance exceptionnelle de l’interférométrie à très longue distance. Combinant les signaux reçus par douze radiotélescopes – dont un embarqué à bord d’un satellite russe -, ils ont en effet construit un immense télescope virtuel d’un diamètre de pas moins de 193.000 kilomètres !

Un trou noir supermassif ou peut-être deux
Ces images interférométriques prises dans quatre longueurs d’onde différentes apportent aux chercheurs des informations sur la nature du blazar OJ 287. Plusieurs nœuds d’émission dans le jet, une courbure qui augmente avec l’augmentation de la résolution angulaire, une polarisation du rayonnement qui trahit un champ magnétique à prédominance toroïdale, un évasement de certaines parties du jet interne de plasma.

Toutes ces données semblent indiquer que la galaxie OJ 287 cache en réalité non pas un, mais bien deux trous noirs supermassifs tournant l’un autour de l’autre. Le trou noir secondaire se trouvant sur une orbite elliptique très étroite et traversant le disque d’accrétion du trou noir primaire deux fois tous les douze ans. Les partenaires de ce système binaire suspecté sont aujourd’hui tellement proches l’un de l’autre qu’ils devraient émettre des ondes gravitationnelles susceptibles de devenir bientôt détectables. Mais les chercheurs ne perdent pas de vue que leurs observations pourraient également être causées par d’autres effets. Affaire à suivre, donc…

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-jamais-on-navait-vu-blazar-aussi-pres-15419/