L’actualisation des prévisions saisonnières est valable pour le printemps en France métropolitaine et en Europe, concernant les mois de mars, avril et mai. Le scénario le plus probable laisse apparaître un trimestre plus chaud que les moyennes sur la France et plus sec que la normale à l’échelle de l’hexagone. Voici le détail mensuel de ces prévisions à long terme.

L’hiver météorologique se termine le 28 février. Il aura été un peu plus doux que les moyennes en France avec des précipitations s’équilibrant à l’échelle du trimestre, mais très hétérogènes avec, notamment, une situation de sécheresse hivernale au sud-est. Cette évolution globale avait été correctement anticipée par notre modèle saisonnier. Le printemps météorologique débute le 1er mars. Il s’annonce globalement sec et doux sur notre pays, laissant planer le spectre d’une sécheresse plus généralisée pour ces prochains mois. 

Prévisions saisonnières pour le mois de mars

Par rapport à notre précédent bulletin, la prévision saisonnière pour le mois de mars présente peu de différence concernant les températures, qui devraient se situer au-dessus des moyennes de saison de l’ordre de +1,5°C à l’échelle de l’hexagone, ce qui serait assez notable. Les précipitations seraient déficitaires de 10 à 30% sur les deux tiers du pays, mais supérieures aux normales au sud-est, ce qui stopperait l’engrenage de la sécheresse hivernale qui régnait en décembre et janvier. La configuration météorologique générale à l’échelle de l’Europe serait majoritairement anticyclonique sur le continent, et légèrement dépressionnaire sur la Méditerranée. Cette configuration serait responsable d’un temps souvent beau et sec sur la France, avec de la douceur printanière mais des nuits claires et parfois froides. Le pourtour de la Méditerranée connaîtrait alors  un changement de régime, avec des précipitations supérieures aux normales de saison sur le quart sud-est. Cette évolution serait bénéfique pour enrayer la sécheresse hivernale et apporter de la neige tardive sur les Alpes du sud et sur les Pyrénées. A contrario, les régions de la moitié nord et du nord-est de la France connaîtraient un déficit pluviométrique marqué. 

Prévisions saisonnières pour le mois d’avril

La situation amorcée en mars se prolongerait en avril, avec la prédominance des hautes pressions sur l’Europe de l’ouest, sur la France et les îles britanniques. Cette configuration serait propice à un beau temps sec sur l’hexagone, déficitaire en précipitation. La sécheresse printanière se poursuivrait alors sur notre pays, avec cependant de possibles précipitations dans l’extrême sud, en particulier sur les Pyrénées. L’anticyclone garantirait du beau temps doux majoritaire sur notre pays. Les températures pourraient se situer entre +1° et +1,5°C au-dessus des moyennes, tandis que les précipitations seraient déficitaires d’environ -20% à l’échelle du territoire (jusqu’à 30 à 40% au nord-ouest). Cette configuration anticyclonique serait propice à des journées parfois assez chaudes, mais aussi à des nuits dégagées possiblement froides, avec un risque non négligeable de gelées tardives. 

Prévisions saisonnières pour le mois de mai

L’évolution pour le mois de mai présenterait, à ce jour, une rupture dans ce printemps très doux, avec un décalage des centres d’action. Les hautes pressions seraient plutôt positionnées sur le large Atlantique tandis que des dépressions circuleraient sur l’Europe centrale. Cette configuration serait propice à des flux orientés fréquemment au secteur nord à nord-est sur la France. À cette époque de l’année, une telle situation n’apporte pas de froid, mais peut limiter la hausse des températures et favoriser l’instabilité. Un temps changeant pourrait alors caractériser ce mois de mai, avec des averses orageuses plutôt dans l’est et sur nos régions montagneuses, ce qui est fréquent à cette époque de l’année. Notre modélisation envisage donc des températures proches des moyennes, ou légèrement supérieures, avec des précipitations encore un peu déficitaires, mais éparses et aléatoires au gré des averses orageuses. Compte tenu de l’échéance lointaine, il conviendra d’affiner cette évolution dans notre prochaine mise à jour du 10 mars.

En conclusion, il y a un signal assez marqué en faveur d’un printemps très doux et très sec, notamment en mars et en avril. Le mois de mai pourrait présenter une évolution un peu différente en devenant plus instable. Dans cette configuration, une sécheresse printanière se ferait sentir sur les deux tiers nord de la France, tandis que le quart sud-est, soumis à une sécheresse hivernale, pourrait retrouver des pluies pendant le mois de mars. Au total, le bilan pluviométrique deviendrait assez homogène sur l’hexagone. Cette évolution pourrait poser problème si l’été devait être sec et chaud. Cette perspective sera évoquée dans la prochaine actualisation du 10 mars.

Source : https://actualite.lachainemeteo.com/actualite-meteo/2022-02-10/previsions-saisonnieres-pour-le-printemps-50090