Une troisième exoplanète a été découverte autour de l’étoile la plus proche du Soleil, la naine rouge Proxima Centauri. Voilà de quoi faire rêver les fans de science-fiction et les exobiologistes qui se préparent à analyser les éventuelles atmosphères d’exoplanètes rocheuses à la recherche de biosignatures avec le télescope James-Webb.

Le système triple d’Alpha du Centaure fait rêver les exobiologistes et, en particulier, les auteurs de science-fiction depuis longtemps. Non seulement parce qu’il s’agit des étoiles les plus proches du Soleil mais aussi en raison des caractéristiques des étoiles de son sous-système double Alpha Centauri AB. En effet, Alpha Centauri A est une étoile de type spectral G2, c’est-à-dire une naine jaune très semblable au Soleil, et Alpha Centauri B, un peu moins lumineuse, est de type spectral K1, donc d’un type proche du Soleil. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux récits de SF fassent état de planètes habitables avec des formes de vie extraterrestres autour d’une des étoiles d’Alpha du Centaure.

Alpha Centauri C, ou Proxima Centauri, est, quant à elle, une naine rouge de classe M, non visible à l’œil nu bien qu’elle soit l’étoile la plus proche du Soleil à une distance de 4,24 années-lumière en raison de sa faible luminosité. Depuis quelques années, les astrophysiciens découvrent des exoplanètes autour de Proxima Centauri. Proxima Centauri b, la première découverte, est très intéressante car sa masse est proche de celle de la Terre et elle se trouve à une distance de son étoile qui pourrait la rendre habitable.

Ces découvertes raisonnent dans l’esprit de tout ceux qui ont été marqués il y a des décennies par la publication du mythique ouvrage Vaisseaux de l’espace de l’an 2000 à l’an 2100, de Stewart Cowley. Avec des illustrations de peintres, ce livre, le premier d’une série, raconte l’histoire de la découverte en 2036 des civilisations d’Alpha, puis de Proxima du Centaure, et de la guerre qui s’est ensuivie avec cette dernière. Regroupant ces illustrations à la façon d’un livre d’histoire présentant des avions de la Seconde Guerre mondiale (l’ouvrage date de 1978), il laisse songeur quand on pense aux dernières découvertes sur les exoplanètes.

Une exoplanète rocheuse du quart de la masse de la Terre
Autant dire qu’une fois de plus, la découverte d’une troisième exoplanète autour de Proxima Centauri que vient d’annoncer une équipe d’astronomes utilisant le Very Large Telescope de l’Observatoire européen austral (VLT de l’ESO) au Chili ne peut que faire monter l’excitation des fans de l’ouvrage de Stewart Cowley.

Le communiqué de l’ESO, qui vient de rendre publique la découverte de Proxima Centauri c, annonce également qu’il s’agit d’une des exoplanètes les plus légères détectées à ce jour en orbite autour d’une étoile. Comme l’explique la publication au sujet de cette découverte dans le célèbre journal Astronomy & Astrophysics, c’est grâce à la méthode des vitesses radiales qu’on le sait, méthode qui a été mise en pratique en mesurant des décalages spectraux par effet Doppler à l’aide de l’instrument Espresso (pour Echelle SPectrograph for Rocky Exoplanets and Stable Spectroscopic Observations) équipant le VLT.

Toujours dans le communiqué de l’Eso, João Faria, chercheur à l’Instituto de Astrofísica e Ciências do Espaço, au Portugal et auteur principal de l’étude publiée, explique que : « Cette découverte montre que notre voisin stellaire le plus proche semble regorger de nouveaux mondes intéressants, à portée d’études et d’exploration futures ».

Son collègue Pedro Figueira, chargé de l’instrument Espresso, ajoute quant à lui que « cette découverte est extrêmement importante. Elle montre que la technique des vitesses radiales a le potentiel de dévoiler une population de planètes légères, comme la nôtre, qui devraient être les plus abondantes dans notre galaxie et qui peuvent potentiellement accueillir la vie telle que nous la connaissons ».

Aux précisions des mesures faites à ce jour, Proxima Centauri b semble avoir une masse équivalente à un quart de celle de la Terre. Elle tourne en 5 jours environ autour de Proxima Centauri à une distance d’environ quatre millions de kilomètres, — soit moins d’un dixième de la distance de Mercure au Soleil — et en dehors de la zone habitable définie de la façon la plus naïve qui soit en l’absence d’informations sur l’existence et les caractéristiques d’une atmosphère pouvant ou non générer un effet de serre — la zone autour d’une étoile où de l’eau liquide peut exister à la surface d’une planète.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exoplanetes-3e-planete-rocheuse-decouverte-autour-proxima-centaure-etoile-plus-proche-soleil-57481/