Curiosity a photographié une petite et étonnante concrétion minérale à la surface de Mars, dont le processus de formation serait assez similaire aux roses des sables terrestres.

Il y a quelques jours, le rover Curiosity, toujours en activité sur Mars, a pris une photographie bien étrange : sur le sol sableux battu par les vents martiens se dresse une minuscule concrétion minérale en forme de fleur. D’à peine 1 cm de large, la concrétion possède plusieurs bras, reliés à la base.

Ce n’est cependant pas la première fois que Curiosity photographie ce genre de formation. Pour les scientifiques, elles résultent d’un processus diagenétique, ce qui signifie qu’elles sont issues d’un réarrangement in-situ de minéraux, menant à la croissance d’un nouveau cristal. La formation de ce type de structure est notamment associée à la présence d’eau saturée en sulfates.

Un analogue martien de nos roses des sables
En ce sens, il pourrait s’agir de l’analogue martien de nos roses des sables. L’aspect de la formation fait en effet penser à une concrétion évaporitique. Sur Terre, les évaporites sont des roches sédimentaires issues de dépôts qui précipitent lors du processus d’évaporation d’un liquide sursaturé en chlorures ou en sulfate (saumure). Le sel gemme est l’évaporite la plus connue, mais le gypse ou l’anhydrite font également partie de cette classe de minéraux. Les évaporites se forment donc généralement dans des bassins peu profonds, soumis à une forte évaporation et à un régime hydrologique déficitaire, comme les lagunes ou la mer Morte.

Les bien connues roses des sables se forment, quant à elles, dans des conditions particulières. Ces magnifiques roches à la couleur orangée sont des cristallisations de gypse au sein d’un milieu généralement sableux. Les roses des sables ne se forment donc pas tout à fait de la même manière que le gypse en milieu lacustre. Les cristaux de gypse grandissent à l’intérieur même d’un milieu non consolidé (comme le sable ou l’argile), imbibé par une nappe phréatique riche en sulfate de calcium. Au fur et à mesure de l’évaporation, la nappe se concentre en ions, jusqu’à ce que la saturation permette la cristallisation des minéraux. Les cristaux grandissent en repoussant le sable qui les entoure. On trouve ainsi les roses des sables dans les déserts, enfouies sous quelques mètres de sable.

Une petite fleur minérale mis au jour par l’érosion
Un processus similaire pourrait être à l’origine de la fine concrétion martienne nommée Blackthorn Salt. De précédentes études portant sur des concrétions similaires montrent que les cristaux auraient grandi au sein du sol. Mais comment expliquer leur présence en surface aujourd’hui ? Simplement par le processus d’érosion. Au fil du temps, les vents martiens ont abrasé la roche, jusqu’à mettre au jour ces petites concrétions. Plus résistante à l’érosion du fait de sa nature, cette concrétion se retrouve donc désormais sur le sol, telle une petite fleur minérale à la surface de Mars.

Sur un autre site martien étudié par Curiosity, la composition de ce type de concrétion a été analysée grâce aux instruments ChemCam/LIBS et APXS. Il apparait, pour ce site du moins, que les concrétions sont particulièrement enrichies en magnésium (Mg) et en plusieurs variétés de sulfure (S). La composition chimique serait principalement MgSO4, ce qui différencie ces concrétions du gypse terrestre, de composition CaSO4.

Ce type de concrétion donne ainsi de nombreuses informations sur l’environnement passé de Mars, et notamment sur la présence d’eau sous forme de saumure dans son sous-sol.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-curiosity-decouvert-fleur-minerale-mars-97017/