Les bombes nucléaires. Elles ne sont, pour l’heure, que deux à avoir été larguées sur des populations faisant des dégâts considérables. Et beaucoup (trop) de morts. C’était en 1945 et la puissance des armes nucléaires aujourd’hui à disposition de quelques pays est sans commune mesure. Alors, imaginons ce qu’il adviendrait de Paris si un tel engin venait à frapper notre Ville lumière.

En août 1945, les forces américaines larguaient une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima. Faisant, d’un coup d’un seul, des dizaines de milliers de morts. Quelque 70.000 pour le Département de l’Énergie des États-Unis (DOE) et jusqu’à 140.000 selon le Musée du mémoriel pour la Paix d’Hiroshima. Et c’est sans compter les victimes ultérieures qui ont fini par succomber à un cancer ou à une autre pathologie causée par l’explosion nucléaire. L’horreur ! Mais il n’en reste pas moins qu’Hiroshima, c’est loin. Dans l’espace. Et dans le temps maintenant. Alors, pour se faire une idée plus précise des dégâts que peut causer une bombe nucléaire, voyons quels seraient ses effets ici et maintenant. Sur la ville de Paris, en 2022.

Si la bombe d’Hiroshima explosait au-dessus de Paris

Entouré de jaune, le « fireball radius ». La boule de feu nucléaire qui apparaît moins d’un millionième de seconde après l’explosion. Entouré de rouge, « heavy blast damage radius ». Entouré de vert, le « radiation radius » qui marque la limite atteinte par les retombées radioactives. Entouré de gris foncé, le « moderate blast damage radius ». Entouré d’orange, le « thermal radiation radius » qui correspond à l’étendue du rayonnement thermique. Entouré de gris clair, enfin, le « light blast damage radius ». © Nukemap

Pour nous aider dans cette triste entreprise, il existe un simulateur baptisé Nukemap. Alors, faisons exploser — virtuellement bien sûr — au-dessus de Paris, à quelque 160 mètres, une bombe atomique semblable à celle qui a touché Hiroshima en 1945 — baptisée Little Boy. Une bombe d’une puissance équivalente à celle de 15 kilotonnes de TNT.

Dans un rayon de 180 mètres — qui correspond au « fireball radius », le périmètre de « la boule de feu » –, tout ce qui vit — et bien sûr, ce qui ne vit pas aussi — serait instantanément… vaporisé ! Mais, c’est plutôt un cercle d’un rayon de 340 mètres — désigné comme le « heavy blast damage radius » — qui serait littéralement rayé de la carte. Avec 100 % de morts sur 0,36 km2. Sur un rayon de 1,2 kilomètre — le « radiation radius » –, les radiations laisseraient encore peu de chances de survie. Sur un rayon de 1,67 kilomètre — le « moderate blast damage radius » –, la plupart des bâtiments seraient encore soufflés et le nombre des victimes étendu. Dans un rayon de 1,91 kilomètre — le « thermal radiation radius » –, les brûlures au troisième degré seraient répandues. Au final, les dégâts matériels et les blessures pourraient s’étendre jusqu’à un rayon de 4,52 kilomètres — le « light blast damage radius ».

On peut estimer qu’une telle bombe explosant au-dessus de Paris ferait de l’ordre de 580.000 morts et plus de 1.000.000 de blessés. Compte tenu de la forte densité de population de la région.

La Tsar Bomba sur Paris

Entouré de vert, le « radiation radius ». De jaune, le « fireball radius ». De rouge, « heavy blast damage radius ». De gris foncé, le « moderate blast damage radius ». De gris clair, le « light blast damage radius ». D’orange, le « thermal radiation radius ». © Nukemap

Ce bilan, pourtant, apparaît dérisoire face à celui qui pourrait être celui d’une bombe nucléaire « plus moderne ». Comme la Tsar Bomba. Celle que les Russes — les Soviétiques, à l’époque — ont testée dans le ciel de Novaya Zemlya en octobre 1961. Pas moins de 3.000 fois plus puissante que Little Boy. Elle a alors provoqué un tremblement de terre de 5 sur l’échelle de Richter. Et absolument tout détruit sur un rayon de 35 kilomètres ! L’équivalent de 50 mégatonnes de TNT. C’est la bombe atomique la plus puissante jamais testée. Mais il en existerait une version de 100 mégatonnes !

Cette explosion nucléaire ferait plus de 6 millions de morts
Dans un rayon de 3,14 kilomètres — qui correspond au « radiation radius » –, les radiations viendraient à bout de toute vie. La « boule de feu nucléaire » s’étirerait, elle, sur un rayon de 4,62 kilomètres — le « fireball radius ». Mais il y a fort à parier qu’il n’y aurait aucun survivant à une telle attaque dans un rayon de 8,91 kilomètres — le « heavy blast damage radius ». Soit sur un territoire de 249 km2. Les bâtiments seraient encore soufflés et le nombre des victimes étendu jusqu’à un rayon de 20,7 kilomètres – le « moderate blast damage radius ». Mais des dégâts et des blessures seraient encore rapportés jusqu’à 54,3 kilomètres — le « light blast damage radius ». Des brûlures au troisième degré pourraient même encore survenir jusqu’à un rayon de 60 kilomètres — le « thermal radiation radius ».

Au total, le simulateur envisage que plus de 11.000 km2 seraient touchés. On atteint presque les villes de Chartres, Beauvais, Compiègne ou encore Château-Thierry. Et on peut estimer que l’explosion nucléaire ferait plus de 6 millions de morts pour plus de 2,5 millions de blessés.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/paris-seraient-degats-si-bombe-nucleaire-tombait-paris-16708/