L’Agence spatiale européenne a annoncé avoir fait appel à un consortium d’experts pour élaborer une mission robotisée vers la Lune. Elle aura pour objectif d’explorer les cavités se dissimulant sous la surface lunaire afin d’en apprendre plus sur sa structure.

Si la surface de la Lune est sillonnée par des appareils robotiques et des Hommes depuis plus de 60 ans, les souterrains de notre satellite naturel n’ont en revanche jamais été explorés. L’agence spatiale européenne (ESA) publiait un communiqué le 16 mars expliquant que l’institution travaillait à un projet d’exploration souterraine de la Lune.

L’ESA souhaite développer deux robots qui seraient capables d’évoluer dans les cavités formées à divers endroits du sol lunaire : RoboCrane et Daedalus. L’objectif est de recueillir des données viables sur l’environnement des couches internes de la Lune, en parallèle des missions Artemis.

Des robots sous la Lune
Selon l’ESA, la croûte de la Lune s’étendrait sur environ 50 kilomètres, parsemée de cratères et de tunnels. Ces derniers se sont formés lorsque la Lune connaissait une activité géologique intense, il y a plus de 3 milliards d’années. À cette époque, des flots de lave ont creusé les tunnels que l’Agence spatiale européenne souhaite aujourd’hui explorer.

L’ESA a engagé les préparatifs d’une telle opération en 2019, dans le cadre de la mission de la Concurrent Design Facility (CDF). Elle nécessiterait donc le déploiement de deux robots grâce au futur European Large Logistics Lander 3 (EL3), qui n’en est qu’au stade de projet. RoboCrane serait chargé de déposer le rover Deadalus dans une aspérité menant aux tunnels, aujourd’hui refroidis et creux. Dans un rapport publié sur son site le 25 février 2022, l’agence spatiale exposait les détails de l’hypothétique mission, en précisant même le point d’entrée de Daedalus. Le rover pourrait pénétrer les entrailles de la Lune par le gouffre de Marius Hills, situé dans l’océan des Tempêtes.

Les instruments de Daedalus permettraient aux ingénieurs d’obtenir des renseignements valables sur l’histoire géologique de la Lune, ainsi que de cartographier le réseau de tunnels s’étendant au travers de la croûte lunaire.

Étudier la Lune sous toutes ses coutures
De prime abord, la mission de Daedalus sera d’ordre géologique avec une étude de ces tunnels encore inexplorés. Le rover sera en capacité d’effectuer des modélisations 3D des lieux visités, ou encore des stratigraphies des parois de lave refroidie. En s’enfonçant dans les méandres de la croûte lunaire, Daedalus pourra évaluer les températures et le taux de radiations dans les tunnels. Ces éléments permettront aux chercheurs d’avoir une vision sur l’histoire et l’évolution de la Lune.Mais ces projets de robots lunaires bénéficient aussi de l’impulsion initiée en 2017 par les États-Unis de renvoyer des équipages humains explorer les plaines de régolithe. Ainsi, Daedalus pourrait aussi indiquer aux opérateurs terrestres si les sous-sols de la Lune peuvent servir de refuge. Les agences spatiales envisagent la possibilité d’habitats souterrains pour protéger les astronautes des flux de radiations émis par le Soleil.

Pour l’heure, la mission de RoboCrane et Daedalus reste un projet lointain. Malgré cela, l’ESA a donné des dates : les rovers pourraient décoller à bord d’une Ariane 6 pour atteindre la Lune à l’horizon 2033.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/lune-daedalus-robot-explorer-cavites-souterrains-lune-97422/