En attendant notre live spécial du 5 mai pour débattre du programme « Défense planétaire », auquel vous pouvez participer, nous vous proposons de découvrir une étude très bien documentée sur le risque d’extinction de l’humanité par l’impact d’un objet géant. L’auteur, Jean-Marc Salotti, s’est focalisé principalement sur la probabilité d’impact des astéroïdes géants ou des comètes à longue période (LPC), le temps d’avertissement, la capacité de déviation et le risque d’extinction de l’humanité par impact. Cet article sera complété de l’interview de Jean-Marc Salotti qui sera mise en ligne demain. Elle nous expliquera pourquoi c’en serait fini de la vie sur Terre et pourquoi et comment l’espèce humaine devra coloniser Mars pour survivre.

Il y a 65 millions d’années, une collision entre la Terre et un objet d’environ 10 kilomètres de diamètre aurait entraîné l’extinction du Crétacé provoquant la disparition d’environ 75 % de toutes les formes de vie. Si de nombreuses études sur le risque d’impact des astéroïdes ont été publiées, peu ont abordé le risque posé par les astéroïdes géants ou les comètes géantes de longue période (LPC), c’est-à-dire supérieure à 200 ans. Ces comètes, moins souvent citées que les astéroïdes, représentent une menace majeure pour l’humanité.

En effet, pour les 100 ans à venir, la probabilité d’impact est plus forte avec les comètes à longue période que pour les astéroïdes géants, car aucun parmi les centaines d’astéroïdes recensés n’est sur une trajectoire proche de celle de la Terre, alors que pour les LPC on ne connaît pas leur trajectoire. Néanmoins, elle est beaucoup plus forte sur le long terme, avec près d’un risque sur 10 dans le prochain milliard d’années.

Jean-Marc Salotti, Professeur des Universités à Bordeaux INP, membre de l’International Academy of Astronautics et de l’association Planète Mars, s’est intéressé au risque d’extinction de l’humanité par l’impact d’un objet géant, qui pourrait être un astéroïde ou une comète, dont la taille serait dix fois plus grande que celle de l’astéroïde qui a causé la fin du règne des dinosaures. Si un objet de quelque 100 kilomètres de diamètre venait à impacter la Terre, la planète deviendrait inhospitalière, provoquant ainsi l’extinction de nombreuses formes de vie, dont l’espèce humaine. Dans son étude, Jean-Marc Salotti, aidé par Sean Raymond du Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux, s’est focalisé principalement sur la probabilité d’impact des astéroïdes géants ou des comètes LPC, le temps d’avertissement, la capacité de déviation et le risque d’extinction de l’humanité par impact.

Aujourd’hui, à l’échelle de plusieurs siècles, aucun astéroïde géant connu proche de la Terre ne représente une menace. Mais, certains d’entre eux pourraient voir leur orbite se modifier et donc devenir un risque pour notre Planète bleue et la survie de notre espèce. La possibilité d’un tel événement est tout sauf imaginaire. « La probabilité d’un impact géant est comprise entre 0,03 et 0,3 pour le prochain milliard d’années. » Bien que l’échéance soit très lointaine et incertaine, il faut s’y préparer… au cas où.

Dans le domaine de la défense planétaire, bien que les avancées technologiques permettent désormais d’imaginer certaines contre-mesures, les « options envisagées ne sont guère concluantes ». Comme le montre l’étude de Jean-Marc Salotti, il semble presque « impossible de dévier un astéroïde géant de sa trajectoire de collision ». Oubliez l’idée, popularisée par la littérature et le cinéma, de détruire des astéroïdes qui « n’est pas possible avec les technologies actuelles ». Notre seule arme, est la « petite modification de l’orbite de sorte que théoriquement, un déplacement de seulement 12.000 kilomètres (diamètre de la Terre) serait suffisant pour éviter la collision ». Or, rien n’est moins sûr. Si théoriquement on sait comment dévier un astéroïde, « en pratique c’est une autre paire de manches ».

Étonnamment, être capable de dévier des astéroïdes pourrait ne pas être suffisant en raison de l’incertitude des paramètres orbitaux des objets proches de la Terre dits NEO (Near-Earth Objects). Malgré « nos efforts pour les déterminer avec une grande précision, il existe d’importantes incertitudes sur cette prédiction », notamment parce que « la prédiction du risque de collision se mesure en siècles et l’échelle des distances se compte en millions de kilomètres ».

Dévier les astéroïdes avant qu’ils n’atteignent la Terre
Concrètement, si l’on prend comme exemple l’astéroïde 2021QM1, qui s’est approché de la Terre en 1961 à une « distance de 255.000 kilomètres et devrait s’approcher de nouveau en 2052 avec une distance nominale d’un million de kilomètres », malgré les efforts pour déterminer ses paramètres orbitaux avec une grande précision, il existe « d’importantes incertitudes sur cette prédiction et l’impact est possible avec une probabilité proche de 10-4 ». En d’autres termes, comme les mêmes règles de mécanique céleste s’appliquent à tous les objets, « nous ne serions pas en mesure de prédire dix ans avant l’événement que cet astéroïde éviterait la Terre ou l’impacterait ». Cette incertitude dans la connaissance des paramètres orbitaux a pour conséquence que quelle que soit la méthode de déviation utilisée, « il n’est pas certain que le résultat prévu soit au rendez-vous » ! En effet, si nous essayons de dévier un objet géant bien avant la rencontre rapprochée, et si la déviation n’est qu’un déplacement de quelques milliers de kilomètres, « nous pourrions simplement réduire un peu la probabilité d’impact, mais cela ne garantirait pas un impact nul et nous pourrions aussi bien comprendre quelques années plus tard que la déviation a finalement augmenté la probabilité d’impact ».

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/asteroides-extinction-humanite-impact-asteroide-geant-hypothese-realiste-98257/