Comment photographier la Voie lactée ?

mai 20, 2022 0 Par Astro Photo Météo 53

On peut l’admirer lors des nuits étoilées, lorsqu’il y a très peu de pollution lumineuse. Elle ressemble à un chemin laiteux qui traverse le ciel, d’où son nom : la Voie lactée. Mais attention, en raison de sa luminosité faible, la photographier demande du matériel spécifique !

La Voie lactée désigne la galaxie dans laquelle nous nous trouvons, une galaxie spirale : plus précisément, nous sommes dans l’un de ses bras appelé Orion, à 27.000 années-lumière du centre où se trouve le fameux trou noir Sagittarius A* récemment photographié.

Tout le ciel que l’on observe correspond en fait à la Voie lactée vue de l’intérieur, mais cette pâle traînée blanche que l’on associe à ce nom est l’une des parties les plus denses de la galaxie, et contient en réalité des milliers d’étoiles et d’objets du ciel profond ! La photographier en capturant tous ces petits points lumineux requiert d’abord un long temps de pose, afin d’obtenir l’image la plus nette possible, mais aussi une grande ouverture de l’objectif. Mais pas besoin de matériel professionnel, il est tout à fait possible de réaliser une belle photo avec un appareil photo grand public, voire un smartphone !

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Les réglages à faire
Tout d’abord, il faut pouvoir faire des réglages manuels, donc que cela soit sur votre smartphone ou votre appareil photo, il faut un mode M ou équivalent qui permet de régler chaque paramètre soi-même. Ensuite, viennent les différents réglages :

La focale : c’est elle qui définit l’angle de vue de la photo : plus la focale est basse, plus votre angle de vue est large et vous permettra de prendre la Voie lactée dans son ensemble.
Pour l’ouverture : elle définit la quantité de lumière que votre appareil laissera entrer. Pour un objet aussi peu lumineux que la Voie lactée, il la faut donc au maximum. En pratique, l’ouverture est définie dans votre appareil par un rapport F/N : plus N est petit et plus l’ouverture sera grande. Ainsi, une ouverture de f/1.8 serait l’idéal mais jusqu’à f/3.5 vous avez une chance d’obtenir une très belle photo !

Vient ensuite le temps de pose, ou vitesse d’obturation : un temps de 15 à 30 secondes est recommandé, le tout avec un trépied ou un appui suffisamment fixe pour s’assurer que l’appareil ou le smartphone ne bougera pas. Cela permettra d’attraper bien plus de détails qu’avec une photo instantanée. Attention, un temps trop long rendra la photo floue à cause de la rotation de la Terre. Pour avoir la valeur idéale, on peut utiliser la règle des 500 : 500/longueur focale = temps d’exposition maximum.
Pour la sensibilité ISO, le mieux est de la régler non pas au maximum car cela apportera du bruit numérique, mais de la mettre suffisamment haute pour qu’elle apporte des détails lumineux : entre 1600 et 6400. Mais si d’autres sources lumineuses que les étoiles sont présentes (la Lune, ou des lampadaires ou autres éléments artificiels), l’ISO ne doit pas être trop élevé afin de ne pas trop accentuer ces sources lumineuses.

Enfin, dernier réglage mais pas des moindres : la mise au point. Deux possibilités s’offrent à vous : une mise au point dite « à l’infini » si elle est possible, et dans le cas contraire, la mise au point se fait sur l’étoile la plus lumineuse. Pour ça, il faut zoomer au maximum sur l’étoile, puis faire la mise au point manuellement, c’est-à-dire ajuster jusqu’à ce qu’elle apparaisse la plus petite et nette possible.
Une fois la photo effectuée, selon la zone de la Voie lactée ciblée, vous la verrez peut-être en couleurs, car la partie la plus dense regorge de nuages moléculaires qui apparaissent ternes à l’œil nu, mais colorés dans l’appareil ! Sinon, des retouches sont faisables afin de vivifier les teintes de la photo, mais pour ça, il est nécessaire d’avoir en premier lieu un fichier en .RAW.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/voie-lactee-photographier-voie-lactee-16974/