Des astronomes ont identifié un trou noir à la croissance surprenante. Ce spécimen croît en avalant d’imposantes quantités de matière : l’équivalent de notre planète, la Terre, est consommé en à peine une seconde.

Jamais un trou noir avec une croissance aussi fulgurante n’avait encore été découvert. Il n’a aucun équivalent connu dans ces derniers neuf milliards d’années, annoncent des astronomes le 15 juin 2022. Leurs travaux, soumis à la revue scientifique Publications of the Astronomical Society of Australia, sont déjà disponibles dans une version prépubliée.

Chaque seconde, ce spécimen avale l’équivalent de notre planète, la Terre. Le trou noir est quant à lui aussi massif que 3 milliards de soleils. Il est 500 fois plus grand que Sagittarius A*, le trou noir central de la Voie lactée. Toutes les orbites des planètes du système solaire pourraient entrer à l’intérieur de sa « frontière », l’horizon des événements — la limite au-delà de laquelle aucune matière tombant dans le trou noir ne peut s’échapper.

Sa brillance est également 7 000 fois plus intense que celle de toute notre galaxie. Pourtant, cet astre extrêmement lumineux avait réussi à passer inaperçu jusqu’à présent — alors que d’autres trous noirs moins brillants ont été repérés.

Un trou noir vorace et aberrant
Ce trou noir est au centre de J1144, un quasar, c’est-à-dire un astre ressemblant à une étoile et particulièrement lumineux. Les quasars sont généralement décrits comme des galaxies actives, situées très loin de nous, dont nous percevons le noyau visible. L’énergie impressionnante des quasars est associée à la présence d’un trou noir particulièrement massif en leur cœur : c’est le gaz tombant vers ce trou noir qui émet ce rayonnement caractéristique.

Ce qui intrigue les scientifiques ici, c’est que tous les trous noirs aussi lointains n’ont pas continué de croitre aussi rapidement. Leur croissance a fini par s’arrêter. Les astronomes aimeraient donc découvrir pourquoi le trou noir de J1144 semble différent des autres. « Ce trou noir est tellement aberrant que, même s’il ne faut jamais dire jamais, je ne pense pas que nous en trouverons un autre comme celui-ci », commente Christian Wolf, astronome et professeur à l’Université nationale australienne, co-signataire de l’étude, dans le communiqué annonçant la découverte.

Une piste serait que deux galaxies soient entrées en collision. Leur rencontre aurait déversé une très importante quantité de matière sur le trou noir. Les astronomes le verraient alors en train de savourer ce grand festin de matière.

Source : https://www.numerama.com/sciences/1005920-ce-trou-noir-gobe-lequivalent-de-la-terre-chaque-seconde.html