Il a encore fallu mener une manœuvre pour que la Station spatiale internationale évite un débris spatial. Des mois après un test de missile antisatellite russe, ces fragments représentent toujours un danger pour l’ISS.

La Station spatiale internationale a encore dû changer sa trajectoire pour éviter un débris spatial. La manœuvre d’évitement a eu lieu le 16 juin 2022, a repéré Space le 19 juin. Le débris qui représentait un risque est issu d’un test de missile antisatellite russe, qui avait déjà suscité des inquiétudes auparavant.

Ce test de missile antisatellite russe avait eu lieu le 15 novembre 2021. Il visait un ancien satellite soviétique Cosmos 1408, lancé en 1982, qui n’était plus opérationnel. Le tir mené en novembre a détruit ce satellite, créant un gigantesque nuage de débris, dont 1 500 fragments suffisamment gros pour être tracés. En plus d’entrainer, déjà à l’époque, une manœuvre d’évitement, l’incident avait obligé les astronautes présents dans l’ISS à se retrancher à cause des débris spatiaux.

La Russie reconnaît que le débris est le sien
C’est à l’aide de Progress 81, un vaisseau spatial russe de ravitaillement amarré à l’ISS, que la nouvelle manœuvre d’évitement a été menée le 16 juin. Une vidéo montrant comment le vaisseau a été utilisé, filmée par le cosmonaute Sergueï Korsakov (qui est dans la station depuis mars), a été partagée sur Telegram par Dmitri Rogozine, le directeur général de Roscosmos. L’agence spatiale russe confirme également que le débris spatial dangereux est bien le sien, ce qui est plutôt inhabituel. En novembre 2021, l’armée russe avait gardé le silence pendant un jour, avant de reconnaître avoir mené le test de missile antisatellite.

« Les propulseurs du vaisseau Progress 81 de la Station spatiale internationale ont été mis à feu pendant 4 minutes et 34 secondes dans le cadre d’une manœuvre prédéterminée d’évitement des débris », indique la Nasa dans une publication de blog. La station a pris un peu plus d’altitude lors de la manœuvre. L’agence spatiale ajoute que « l’équipage n’a jamais été en danger et la manœuvre n’a eu aucun impact sur les opérations de la station ». Si cette manœuvre d’évitement n’avait pas été réalisée, la Nasa estime que le débris spatial serait passé à une distance d’environ 800 mètres de l’ISS.

Quelques mois après le tir du 15 novembre, cette nouvelle manœuvre d’évitement réalisée par l’ISS souligne bien que les débris créés par le missile russe sont une menace au long terme. Globalement, les débris spatiaux qui jonchent l’orbite terrestre sont un danger pour l’ISS. Ils risquent de blesser un membre de l’équipage lors d’une sortie extravéhiculaire, ou d’endommager les modules de la station.

Source : https://www.numerama.com/sciences/1009984-liss-est-toujours-menacee-par-les-debris-du-tir-de-missile-russe-7-mois-apres.html