Jusqu’à maintenant, on estimait que l’Arctique se réchauffait deux à trois fois plus vite que le reste de la planète. Mais une nouvelle étude vient de changer la donne : il se réchauffe en fait quatre fois plus vite.

Depuis 1970, l’Amplification Arctique (AA), le rapport entre les changements climatiques en Arctique et ceux dans le reste du monde, ne cesse d’augmenter. Et ça continue aujourd’hui : alors que le facteur d’amplification était estimé entre 2 et 3 jusqu’à aujourd’hui, une nouvelle étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters démontre qu’il atteint en fait 4. Cela signifie que l’Arctique se réchauffe quatre fois plus vite que le reste de la planète ! « Les gens font généralement la moyenne de tous les modèles et supposent que l’ensemble est plus fiable que n’importe quel modèle unique. Nous montrons que la moyenne ne fonctionne pas dans ce cas », a déclaré Petr Chylek, premier auteur de l’étude et climatologue au Laboratoire national de Los Alamos.

Deux moments clés, en 1986 et 1999
Les chercheurs ont aussi montré que l’évolution de l’AA avait été marquée par deux étapes clés, en 1986 et 1999. Des étapes délaissées par la plupart des modèles climatiques. Bien que l’étude identifie formellement l’origine de la première, pour la seconde, c’est plus compliqué. « Nous avons attribué la première étape à l’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone et d’autres polluants dans l’atmosphère, car plusieurs modèles le font correctement, a expliqué P. Chylek, mais nous pensons que la seconde étape est due à la variabilité climatique car aucun des modèles ne peut reproduire la seconde étape. »

Tout se serait fait par des boucles de rétroactions : à cause du réchauffement, il se forme moins de glace de mer, ce qui modifie l’albédo de la banquise et tend à réchauffer d’autant plus l’Arctique. De même pour la vapeur d’eau, plus présente alors que la Terre se réchauffe, et qui est un puissant gaz à effet de serre et tend donc à réchauffer d’autant plus la région, et la planète. Mais à l’avenir, cette tendance risque de s’inverser, mais pas pour une bonne raison : si toute la banquise de l’Arctique fond, et dans le pire des scénarios cela se produirait avant 2050, alors il n’y a plus la rétroaction glace-albédo.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/arctique-arctique-rechauffe-quatre-fois-plus-vite-reste-planete-99557/?utm_medium=push&utm_source=web&utm_campaign=edito&xtor=AD-82-edito