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Ingenuity va « voler plus loin, plus vite et plus longtemps » au-dessus de Mars

La Nasa a décidé de prolonger la mission d’Ingenuity de 30 jours et d’ajouter plusieurs autres vols à son programme. Une extension de mission qui doit notamment démontrer tout l’intérêt de combiner un rover avec un véhicule aérien en prévision des futures missions martiennes. La Nasa passe donc d’une démonstration technologique à une démonstration opérationnelle.

Le quatrième vol d’Ingenuity a bien eu lieu le 30 avril. L’hélicoptère s’y est pris à deux fois pour décoller.

Comme l’indique le communiqué de la Nasa/JPL, Ingenuity a « volé plus loin, plus vite et plus longtemps que lors des trois vols précédents ». L’hélicoptère s’est contenté de voler à la « même altitude que lors des vols 2 et 3, soit environ cinq mètres de hauteur », nous explique Jeff Delaune, chercheur en robotique spatiale et membre de l’équipe GNC d’Ingenuity (Guidage, Navigation and Control, le système qui assure le contrôle du vol de l’hélico), mais il a parcouru une « distance aller-retour d’environ 266 mètres » et atteint la vitesse « record » de presque 13 kilomètres par heure. « C’est quasiment deux fois plus vite que lors du deuxième vol ! »

Autre performance, « en volant pendant deux minutes » au-delà des marges de sécurité initiales qui « limitaient les vols d’Ingenuity à moins de 90 secondes », l’hélicoptère démontre la robustesse de son architecture et sa conception. Pour ce quatrième vol, les responsables de la mission ont « poussé les marges de sécurité appliquées à la batterie et au vol ».

Des images inédites pour explorer le site
Lors de ce vol, plusieurs dizaines d’images en couleur et en noir et blanc ont été acquises et « seulement » 60 ont été conservées et seront téléchargées par le JPL. Ces images fournissent une perspective aérienne inédite et seront utiles pour tracer la route du rover et étudier les caractéristiques géologiques du terrain entourant Perseverance. Certaines des images en noir et blanc ont été converties en image en 3D, ce qui donne d’autres informations, comme le relief, et sont donc très utiles pour cartographier les terrains et les structures géologiques survolés. L’ajout de cette dimension aux futures missions pourrait offrir un large éventail de possibilités d’observation et d’étude dans des régions inaccessibles aux rovers, voire mal définies, en matière de finesse et de résolution, par les images satellites.

Alors que les deux objectifs principaux d’Ingenuity ont été atteints, la Nasa a décidé de prolonger sa mission de 30 jours pour démontrer les possibilités de coopération avec le rover Perseverance. Le premier était de réaliser le « premier vol contrôlé sur Mars en atterrissant en position stable et en sécurité » et le second « consistait à retourner sur Terre les données d’ingénierie des vols pour améliorer les futures missions ariennes dans le ciel martien ». Le but de cette extension de la mission est de voir « comment l’utilisation combinée d’un rover et d’un véhicule aérien pourrait bénéficier à l’exploration future de Mars et d’autres mondes ».

Des vols moins conservateurs en sécurité
Cette nouvelle phase de la mission débutera lors du vol 6. Maintenant que les deux principaux objectifs d’Ingenuity ont été réalisés, la Nasa va pousser « l’hélicoptère à la limite de ses marges de sécurité mais toujours avec le souci de récupérer à chaque fois toutes les données du vol ». Dit autrement, éviter le crash de l’hélicoptère ou trop l’éloigner de Perseverance, ce qui empêcherait le téléchargement de ces données.

Cette décision a été prise en raison du bon fonctionnement, au-delà de toute attente, des systèmes de l’hélicoptère (énergie, télécommunication et navigation en vol). À cela s’ajoute qu’il aurait été dommage de ne pas profiter d’Ingenuity aussi longtemps que possible. Cette décision n’aura pas d’impact sur les opérations scientifiques de Perseverance.

La transition d’Ingenuity, d’une démonstration technologique vers une démonstration opérationnelle, entraîne une nouvelle enveloppe de vol. En plus des vols à sens unique, il y aura plus de manœuvres de précision, une plus grande utilisation de ses capacités d’observation aérienne et plus de risques pris dans l’ensemble. La Nasa envisage des vols avec atterrissage à proximité du rover ou à la position future attendue de Perseverance.

Améliorer les plans de navigation des rovers
Cette extension de la mission a notamment pour but de vérifier si le rendement du déplacement des rovers pourrait être fortement amélioré par l’augmentation de la visibilité sur la planète, permettant aux équipes de planifier les mouvements des rovers sur une grande distance. Il faut savoir qu’actuellement les déplacements du rover sont planifiés chaque jour en tenant compte des données fournies par ses caméras mais aussi celles des orbiters. Pour améliorer ce rendement, l’idée est qu’un point de vue intermédiaire (un véhicule aérien) pouvant se projeter en avant du rover permettrait de reconstruire le chemin à parcourir avec plus de précision. Autre utilité, identifier des sites d’intérêt ou accéder à des terrains à proximité et à fort dénivelé.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/ingenuity-ingenuity-va-voler-plus-loin-plus-vite-plus-longtemps-dessus-mars-86747/

La naissance d’une planète géante sous l’œil aiguisé d’Hubble

Des milliers d’exoplanètes ont été identifiées par les astronomes depuis octobre 1995 et l’annonce fracassante de la découverte de la première d’entre elles, 51 Pegasi b. Mais les chercheurs ignorent toujours les détails du processus de croissance des planètes géantes. De nouvelles images offertes par le télescope spatial Hubble pourraient changer la donne.

« Nous ne savons tout simplement pas grand-chose sur la croissance des planètes géantes », reconnaît Brendan Bowler, chercheur à l’université du Texas à Austin (États-Unis), dans un communiqué de la Nasa. « Ce système planétaire nous donne la première occasion de voir du matériel tomber sur une planète. » Ce système dont parle l’astronome, c’est celui que vient d’observer le télescope spatial Hubble. Un système dans lequel une planète de la taille de Jupiter est encore en formation. Se nourrissant de la matière qui entoure sa jeune étoile hôte.

Rappelons que parmi les plus de 4.000 exoplanètes découvertes à ce jour par les chercheurs, seulement une quinzaine ont pu être imagées directement. Apparaissant en général comme de simples points lumineux. Mais, plus de 30 ans après son lancement, les chercheurs ont trouvé une nouvelle manière d’utiliser Hubble pour obtenir des images directes des planètes en dehors de notre Système solaire.

Les astronomes ont visé PDS 70, une étoile naine orange située à quelque 370 années-lumière de la Terre. Parce qu’elle est connue pour cacher deux exoplanètes en formation dans un énorme disque de poussière et de gaz qui l’entoure. PDS 70 b, celle observée par Hubble, n’est âgée que de cinq millions d’années. Elle est toujours en train d’accréter de la matière.

Une exoplanète qui grossit moins vite aujourd’hui
Grâce à des observations dans le domaine des ultraviolets et à un soigneux nettoyage de la lumière émise par PDS 70, le télescope spatial Hubble a offert aux chercheurs des images uniques du rayonnement des gaz chauds qui tombent sur la planète géante. De quoi même estimer la vitesse à laquelle cette dernière grossit. Les astronomes affirment que l’exoplanète a déjà accumulé cinq fois la masse de Jupiter. Mais son taux d’accrétion a diminué. S’il restait ce qu’il est aujourd’hui pendant encore un million d’années, elle ne grossirait plus que d’environ un centième de la masse de Jupiter.

Même si les données indiquent que la planète géante en est à la fin de son processus de formation, elles n’en restent pas moins des mesures instantanées. Il en faudrait d’autres aux chercheurs pour savoir réellement comment ce taux d’accrétion évolue actuellement dans le temps.

Selon les astronomes, l’exoplanète PDS 70 b est entourée d’un disque circumplanétaire qui siphonne le disque beaucoup plus grand qui entoure son étoile hôte. Des lignes de champ magnétique qui s’étendent de son propre disque de gaz et de poussière jusqu’à son atmosphère acheminent de la matière jusqu’à la surface de la planète. Provoquant des points que les chercheurs semblent avoir observés sur les images de Hubble comme particulièrement brillants.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/hubble-naissance-planete-geante-sous-oeil-aiguise-hubble-61109/

«Si on aime les sensations fortes, c’est ce qu’on peut faire de mieux» : Thomas Pesquet raconte son décollage

Une semaine après son décollage, Thomas Pesquet a donné une conférence de presse depuis l’ISS ce vendredi.

Sommeil, « colocation » à onze dans l’ISS… Près d’une semaine après son arrivée sur la Station spatiale internationale, l’astronaute Thomas Pesquet a répondu à plusieurs questions sur sa vie dans l’espace ce vendredi, lors d’une conférence de presse toute en apesanteur.

Heureux d’avoir retrouvé ses sensations, l’astronaute a raconté le décollage spectaculaire de la fusée SpaceX vendredi dernier. « Je n’avais pas vécu ça depuis quatre ans. C’était un peu différent de Soyouz, mais vraiment si on aime les sensations fortes, c’est ce qu’on peut faire de mieux. L’accélération, la vibration, c’était un grand moment. On riait tous dans la capsule. Ces sensations sont phénoménales », a-t-il assuré, sourire aux lèvres.

Revenant sur le décès de Michaël Collins, qui avait été deux fois dans l’espace, notamment pour la mission Appollo 11, au cours de laquelle, pour la première fois, des hommes se sont posés sur la Lune, Thomas Pesquet a fait part de ses ambitions pour l’avenir. « On est la première génération qui n’a pas connu l’alunissage de 69 car on n’était pas nés, on n’a pas ça dans le rétroviseur. Et en même temps on a une chance raisonnable de retourner sur la Lune. On a beaucoup de respect pour nos prédécesseurs mais on est tourné entièrement vers l’avenir », a-t-il assuré.

« Il y a du monde partout »
En attendant la Lune, durant les six prochains mois Thomas Pesquet et ses collègues devront réaliser 232 expériences à bord, dont l’une que le Français avec impatience : celle menée sur des « mini-cerveaux », qui sont en réalité des cellules souches de cerveaux humains dans des boîtes de Petri. « On va étudier les cellules souches pour voir leur comportement à bord », a-t-il détaillé.

Avec une difficulté supplémentaire pour l’instant, la vie à onze dans l’ISS. Depuis samedi et l’amarrage de la capsule Crew Dragon Endeavour de SpaceX, la station st désormais habitée par onze personnes. Une logistique au quotidien selon Thomas Pesquet. « On a que six couchettes pour 11 membres d’équipage, il y a cinq qui campent. Il y a du monde partout, on essaie de faire attention », a raconté l’astronaute, qui confie très bien dormir.

La station spatiale internationale est inhabituellement peuplée car les nouveaux venus vont vivre pendant quelques jours avec l’équipe de Crew-1, mission précédente de SpaceX, avant que cette dernière ne rentre sur Terre.

Source : https://www.leparisien.fr/sciences/si-on-aime-les-sensations-fortes-cest-ce-quon-peut-faire-de-mieux-thomas-pesquet-raconte-son-decollage-30-04-2021-A4FUI6VZMVB6HFQZ5XXTOTDMLE.php#xtor=AD-1481423552

Des anti-étoiles candidates découvertes dans la Voie lactée !

On considère généralement qu’il n’existe pas d’astres constitués d’antimatière dans l’Univers observable. Toutefois, autant de matière que d’antimatière aurait dû être produite pendant le Big Bang, ce qui conduit les astrophysiciens à chercher depuis des décennies où cette antimatière pourrait être passée. Des chercheurs de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap), du Cnrs à Toulouse, ont ainsi tout de même débusqué en rayons gamma des candidats au titre d’anti-étoile dans la Voie lactée.

Rappelons que, pour un astrophysicien ou un cosmologiste, la théorie du Big Bang affirme simplement que l’Univers observable était plus chaud, plus dense, et constitué d’un plasma de nucléons, d’électrons, de neutrinos et de photons sans atomes il y a entre 10 et 20 milliards d’années. Il n’est nullement question d’un temps zéro absolu et l’on n’est pas obligé d’admettre l’existence d’une densité infinie à ce moment-là. Il pourrait donc y avoir un pré-Big Bang ou bien des régions de l’espace suffisamment loin qui n’étaient ni en expansion ni avec un contenu similaire.

La théorie du Big Bang ainsi exposée est aussi solide que la rotondité de la Terre ou l’héliocentrisme. L’énergie noire et la matière noire pourraient très bien ne pas exister, cela ne la réfuterait nullement. Mais il faut bien dire que le modèle cosmologique standard est loin de répondre de façon complètement satisfaisante à toutes les questions cosmogoniques que l’on peut se poser sur le cosmos observable.

Il y a par exemple l’énigme de l’antimatière cosmologique.

Une émulsion d’antimatière et de matière laissée par le Big Bang ?
Le modèle standard en physique des particules nous dit qu’à la « naissance » de l’Univers observable, si l’on suppose ce modèle valide, autant de particules de matière que d’antimatière auraient dû exister. La charge électrique se conserve, on ne peut donc pas créer des particules d’un signe de charge donné sans créer autant d’antiparticules de charge opposée de sorte que la somme totale des charges reste nulle. Enfin, il existe aussi une loi de conservation d’une quantité que l’on appelle le nombre baryonique, et qui n’est pas nul pour les protons et les neutrons, qui sont des baryons (les électrons et les neutrinos ne le sont pas). Il faudrait donc un modèle de baryogenèse pour expliquer pourquoi nous voyons des protons et quasiment pas d’antiprotons ou d’antineutrons sur Terre, dans le Système solaire et bien au-delà.

Des conditions générales pour expliquer pourquoi un peu plus de matière que d’antimatière aurait été produite pendant le Big Bang — alors que des parts égales de matière et d’antimatière se seraient annihilées à la fin du Big Bang laissant les photons du rayonnement fossile et également un fond diffus de neutrinos — ont été énoncées il y a plus de 50 ans par le célèbre physicien Andrei Sakharov. Elles font intervenir de la nouvelle physique qui échappe toujours jusqu’à présent aux expériences de laboratoire.

Mais il y a plus de 50 ans également, lorsque la théorie du Big Bang a commencé à être accréditée avec la découverte du rayonnement fossile, d’autres solutions à l’énigme de l’antimatière cosmologique avaient été avancées. On pouvait par exemple supposer que, pour des raisons inconnues, matière et antimatière avaient bien été produites en quantités égales globalement mais pas localement. Le cosmos observable était peut-être une sorte d’émulsion de matière et d’antimatière avec des régions majoritairement constituées de l’une ou de l’autre. Il y avait donc peut-être des anti-étoiles côtoyant des étoiles dans la Voie lactée, à moins que la différence ne soit notable qu’au niveau des galaxies, voire des amas de galaxies. Ces anti-étoiles devraient se comporter en tout point comme des étoiles, au signe de charge près, puisque les lois de la théorie quantique des champs relativistes nous disent que particules de matière et d’antimatière devraient avoir les mêmes propriétés.

Des astrophysiciens de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP1-CNRS/CNES/UT3 Paul Sabatier) viennent d’apporter une nouvelle pièce à ce débat, comme ils l’expliquent dans un article publié par la célèbre et très sérieuse Physical Review D et que l’on peut consulter en accès libre sur arXiv.

Simon Dupourqué, Luigi Tibaldo, et Peter von Ballmoos ont revisité des travaux et des idées dont une bonne présentation se trouve dans l’article écrit en 1976 par le célèbre et hélas défunt astrophysicien et cosmologiste Gary Steigman qui a été un des pionniers de l’énigme de l’antimatière en cosmologie ainsi que de la théorie de la nucléosynthèse primordiale. On lui doit aussi, avec ses collègues James Gunn et David Schramm, une prédiction spectaculaire (vérifiée) à partir de cette théorie concernant le nombre d’espèces de neutrinos légers dans l’Univers observable, une prédiction que l’on pouvait tester avec le Lep au Cern avec des collisions d’électrons et de positrons et en étudiant la désintégration du boson Z de la théorie électrofaible.

Des flux anormaux de rayons gamma et des anti-noyaux dans les rayons cosmiques ?
L’idée principale est la suivante (en supposant que la théorie de l’émulsion pour la matière et l’antimatière soit la bonne et pertinente à l’échelle d’une galaxie). En utilisant la théorie de l’accrétion sphérique de Bondi-Hoyle-Littleton avec de la matière interstellaire normale tombant sur la surface d’une anti-étoile sous l’effet de la gravitation, on peut calculer un flux caractéristique de rayons gamma produit par l’annihilation des protons avec les antiprotons de l’étoile. La signature résultante, la seule signalant une différence entre le comportement d’une anti-étoile et celui d’une étoile, pouvait être chassée dans la décennie d’observations faites avec le télescope gamma Fermi de la Nasa et qui est archivée.

Au final, 14 candidats au titre d’anti-étoiles ont été trouvés par les chercheurs. Statistiquement, en l’état, cela suggère qu’il pourrait donc exister environ une anti-étoile pour 300.000 étoiles dans la Voie lactée. Certaines seraient dans son disque mais il pourrait en exister dans son halo, notamment certains types d’anti-étoiles prédites par des scénarios de baryogenèse et qui seraient plus difficiles à découvrir en gamma mais dont l’existence est contrainte par des effets de micro-lentilles gravitationnelles.

Mais les chercheurs sont bien conscients des limites de cette interprétation car des pulsars et des trous noirs accrétant de la matière pourraient peut-être parfois produire une signature ressemblant à celle d’une anti-étoile.

Il est intéressant de se souvenir que, comme l’expliquait Futura dans le précédent article ci-dessous, des anti-étoiles produiraient un flux d’anti-noyaux pouvant survivre un certain temps lors de leur voyage dans le milieu interstellaire sans rencontrer de matière normale. Ils seraient donc détectables dans le rayonnement cosmique primaire hors de l’atmosphère. Or le détecteur AMS à bord de l’ISS a peut-être découvert certains de ces anti-noyaux, ceux d’antihélium 3.

Toutefois, il faut savoir aussi que des arguments ont été donnés il y a des années dans le but de montrer que l’existence d’une émulsion d’antimatière conduirait tout de même à des rencontres bien trop fréquentes entre matière et antimatière dans l’Univers observable et donc à des émissions de rayons gamma que l’on n’observe pas.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/cosmologie-anti-etoiles-candidates-decouvertes-voie-lactee-67072/

NASA : l’hélicoptère Ingenuity n’a pas réussi à décoller sur Mars pour son quatrième vol

L’hélicoptère Ingenuity de la NASA n’a pas réussi son quatrième vol sur Mars. Ses deux rotors n’ont pas démarré et il n’a donc pas pu décoller. Il s’agissait d’un bug logiciel et non d’un problème technique. Un deuxième essai est prévu aujourd’hui.

Premier échec rencontré pour l’hélicoptère Ingenuity de la NASA. Après avoir réalisé un premier vol historique sur Mars le 19 avril dernier, le petit hélicoptère de 2 kilos en a réalisé un deuxième le 22 avril puis un troisième encore plus impressionnant le 25 avril. En effet, Ingenuity a volé plus loin et plus vite sur Mars qu’il ne l’a jamais fait sur Terre. Il s’était envolé à 5 mètres de hauteur sur une distance de 50 mètres avec une vitesse maximale de 2 mètres par seconde.

Le quatrième vol d’Ingenuity sur Mars était prévu hier, jeudi 29 avril, mais il ne s’est malheureusement pas déroulé comme prévu. Ingenuity n’a pas réussi à décoller de la surface puisque ses deux rotors n’ont pas démarré. Selon l’agence spatiale américaine, un bug logiciel est à l’origine de l’échec, et non un problème technique au niveau de l’hélicoptère.

Un bug logiciel a empêché Ingenuity de décoller pour son quatrième vol
Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) ont confirmé que l’hélicoptère Ingenuity est « en sécurité et en bonne santé ». Un deuxième essai du quatrième vol de l’hélicoptère sur Mars est prévu pour aujourd’hui, vendredi 30 avril 2021.

Le bug logiciel est survenu au moment du test des rotors dans la période prévol qui se déroule avant le vol en lui-même. Il a donc empêché l’hélicoptère de passer en mode vol. Les ingénieurs ont récemment déployé une mise à jour d’Ingenuity. Ils avaient annoncé un taux d’échec de 15 % qui l’empêcherait de décoller.

Le décollage du deuxième essai est prévu pour 16h46, heure française. Les données devraient parvenir aux équipes du JPL d’ici ce soir à 19h39, heure française également. Le quatrième vol est encore plus ambitieux que le dernier. Ingenuity devrait décoller à 5 mètres de hauteur pour un vol encore plus long d’une durée de 117 secondes. Sa vitesse maximale devrait atteindre 3,5 mètres par seconde et il devrait parcourir une distance de 133 mètres à la surface de Mars.

Bien entendu, Ingenuity profitera de l’occasion pour prendre de nouveaux clichés de la planète rouge. Pour le moment, les équipes espèrent fortement que l’hélicoptère Ingenuity réussisse à décoller d’ici quelques heures.

Source : Digital Trends https://www.tomsguide.fr/nasa-lhelicoptere-ingenuity-na-pas-reussi-a-decoller-sur-mars-pour-son-quatrieme-vol/

Thèmes : #Espace, #mars, #NASA

Mars : ces nuages l’auraient rendu habitable plus longtemps

La planète Mars que nous connaissons est froide et sèche. Autrefois, des rivières coulaient à sa surface et la température était plus agréable. Des chercheurs suggèrent aujourd’hui que des nuages de glace d’eau formés dans la haute atmosphère de la planète rouge ont pu être à l’origine de ce climat plus doux.

Perseverance, Ingenuity. Depuis quelques semaines, la planète Mars fait la Une. Et aujourd’hui encore. Mais cette fois, c’est son climat qui est à nouveau mis en avant. Car il n’a pas toujours été aussi froid et sec. Les chercheurs le savent depuis quelque temps. Pourtant ils ignorent toujours par quel processus exactement un climat doux a pu, par le passé, s’établir sur la planète rouge. Alors même qu’elle reçoit moins d’un tiers de l’énergie solaire que nous recevons sur Terre. Des planétologues de l’université de Chicago (États-Unis) suggèrent que des nuages de glace d’eau pourraient avoir aidé.

« Il existe une déconnexion embarrassante entre nos preuves et notre capacité à les expliquer en termes de physique et de chimie », raconte Edwin Kite, chercheur, dans un communiqué« Notre hypothèse contribue à combler cet écart. » Son modèle informatique valide en effet cette explication prometteuse : une fine couche de nuages de glace de haute altitude a pu se former dans l’atmosphère de Mars par le passé, provoquant un effet de serre.

Rappelons que d’autres idées ont été avancées par les astronomes au fil des années. Une collision avec un énorme astéroïde qui aurait libéré suffisamment d’énergie pour réchauffer la planète rouge, par exemple. Mais les calculs ont rapidement montré les limites de ces propositions.

Un modèle cohérent en attendant les preuves de Perseverance

Selon les chercheurs de l’université de Chicago, même une petite quantité de nuages dans la haute atmosphère d’une planète peut, en revanche, augmenter considérablement sa température. Le même genre d’effet qu’a le dioxyde de carbone (CO2) sur l’atmosphère de notre Terre aujourd’hui. L’idée avait déjà été soulevée il y a presque dix ans. Mais là encore, les modèles ne fonctionnaient pas.

Le paramètre que les chercheurs ont aujourd’hui ajouté, c’est la quantité de glace au sol. Ils supposent que si seuls les régions polaires et les sommets des montagnes étaient recouverts de glace, l’air au sol pourrait avoir été suffisamment sec pour favoriser la formation de nuages d’altitude. « Notre modèle suggère qu’une fois l’eau déplacée dans l’atmosphère martienne primitive, elle y resterait assez longtemps pour créer les conditions favorables à des nuages de haute altitude à longue durée de vie », précise Edwin Kite. À l’inverse finalement de ce qui se passe sur Terre, où la grande quantité d’eau de surface entraîne une circulation rapide entre les océans et l’atmosphère.

Le rover Perseverance devrait pouvoir tester le modèle proposé par les chercheurs de l’université de Chicago. En analysant les cailloux pour reconstruire la pression atmosphérique passée sur Mars, par exemple. Car la question est importante à plus d’un titre. Elle pourrait éclairer la recherche d’autres mondes habitables. Mais aussi permettre de comprendre comment la stabilité climatique d’une planète peut s’effondrer et remettre en cause son habitabilité.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-mars-ces-nuages-auraient-rendu-habitable-plus-longtemps-87035/

La Chine lance le premier module de sa future station spatiale

Il s’agit du premier des trois éléments de l’ambitieux projet de Pékin qui devrait lui permettre, à partir de 2022, de disposer d’astronautes en permanence dans l’espace.

La Chine poursuit sa conquête spatiale avec le lancement, jeudi 29 avril, du premier des trois éléments de sa station spatiale, dont l’assemblage devrait s’étaler sur plus d’un an avec une dizaine de missions successives (dont quatre habitées).

Le module central Tianhe (« Harmonie céleste ») a été propulsé par une fusée Longue-Marche 5B depuis le centre de lancement de Wenchang, sur l’île tropicale de Hainan (sud), selon la télévision publique CCTV. L’ambitieux projet de Pékin, qui doit lui permettre à terme d’avoir des astronautes en permanence dans l’espace, devrait être pleinement opérationnel en 2022.

Aucun calendrier précis n’a été communiqué, mais les prochaines étapes sont connues : un vaisseau cargo, Tianzhou-2, devrait être lancé et s’arrimer à Tianhe, a priori en mai. Puis la mission habitée Shenzhou 12 doit emmener en juin des astronautes à bord de cette CSS en construction.

Nommée en anglais par son acronyme CSS – China Space Station, « Station spatiale chinoise » –, elle évoluera en orbite terrestre basse (entre 340 et 450 km d’altitude) et ressemblera à l’ancienne station russe Mir (1986-2001). Sa durée de vie prévue sera de dix à quinze ans. Elle devrait peser au total plus de 90 tonnes. A titre de comparaison, elle sera environ trois fois plus petite que la Station spatiale internationale (ISS) dans laquelle se trouve actuellement l’astronaute français Thomas Pesquet.

La CSS, dont le nom chinois est Tiangong (« Palais céleste »), cohabitera en orbite autour de la Terre avec l’ISS – laquelle devrait être opérationnelle encore plusieurs années. D’une longueur de 16,6 mètres et d’un diamètre de 4,2 mètres, le module Tianhe, qui sera la partie centrale de la CSS, sera le lieu de vie des astronautes et le centre de contrôle de la station.

Ouverte aux collaborations avec l’étranger
Si la station chinoise n’a pas vocation à devenir un lieu de coopération internationale au même titre que l’ISS, la Chine a déclaré qu’elle était ouverte aux collaborations avec l’étranger. Des scientifiques chinois et des Nations unies ont ainsi sélectionné des expériences de chercheurs étrangers, qui seront menées dans la future CSS.

« Ces visiteurs réaliseront des expériences mais ils seront davantage des touristes que des partenaires dans le fonctionnement de la station, contrairement par exemple au rôle plus actif qu’ont les astronautes japonais et européens dans l’ISS », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l’astrophysique, à Cambridge, dans le Massachusetts.

Jadis pauvre, la Chine investit depuis quelques décennies des milliards dans son programme spatial pour rattraper Européens, Russes et Américains. Le géant asiatique avait envoyé son premier astronaute dans l’espace en 2003.

La Chine a posé début 2019 un engin sur la face cachée de la Lune – une première mondiale. L’an passé, elle a rapporté des échantillons de Lune. Elle prévoit de faire atterrir en mai un petit robot à roues sur Mars. L’agence spatiale chinoise a également annoncé le mois dernier son projet de construction d’une base lunaire avec la Russie.

Source :https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/29/espace-la-chine-lance-le-premier-module-de-sa-future-station-spatiale_6078449_3210.html

La vie pourrait exister sur Mars aujourd’hui

La vie a-t-elle existé sur Mars ? La question reste posée. Mais des chercheurs avancent que si elle a existé, elle pourrait avoir subsisté jusqu’à aujourd’hui, dans des poches d’eau sous la surface de la Planète rouge.

En février dernier, Perseverance, le dernier rover de la Nasa, se posait sur le sol de Mars. Avec pour principal objectif : chercher des traces de vie passée sur la planète rouge. Pour les premiers résultats, il faudra encore patienter un peu. Mais sans plus attendre, des chercheurs de l’université Brown (États-Unis) avancent aujourd’hui que des formes de vie microbiennes pourraient toujours exister dans le sous-sol martien.

Ils s’appuient pour cela sur des données du rover Curiosity et d’autres engins spatiaux en orbite autour de Mars et sur une analyse de la composition chimique de météorites martiennes. Des roches arrachées de la surface de la planète rouge et arrivées jusqu’à notre Terre. Et a priori représentatives d’une grande partie de la croûte martienne. Selon les chercheurs, ces roches, mises en contact constant avec de l’eau, seraient capables de produire l’énergie chimique nécessaire à soutenir des communautés microbiennes. Un peu comme cela se produit dans les profondeurs de la Terre.

« Nous ne savons toujours pas s’il y a eu de la vie sous la surface de Mars. Nous disons seulement qui si ça a été le cas, nous pensons qu’il y aurait aussi sur place, suffisamment d’énergie pour la maintenir jusqu’à aujourd’hui », précise Jesse Tarnas, aujourd’hui chercheur au Jet Propulsion Laboratory (États-Unis), dans un communiqué de l’université Brown.

Dans le sous-sol de Mars, les éléments nécessaires à entretenir la vie
Rappelons que sur Terre, où plus exactement, sous terre, dans les profondeurs de notre planète, se cache un vaste biome. Il évolue sans lien direct avec notre monde d’en haut. Les créatures qui le peuplent manquent de lumière, mais elles tirent leur énergie de sous-produits de réactions chimiques déclenchées au contact des roches avec l’eau. La radiolyse, par exemple, qui se produit lorsque des éléments radioactifs émettent des rayonnements qui séparent l’eau en oxygène et en hydrogène. Ce dernier se dissout dans les eaux restantes. L’oxygène, lui, est absorbé par des minéraux comme la pyrite. Il se forme alors des minéraux sulfatés. Les microbes peuvent, d’une part, ingérer l’hydrogène comme carburant et, d’autre part, utiliser l’oxygène stocké dans les sulfates pour « brûler » ce carburant.

Les chercheurs espéraient donc trouver dans le sol martien, les ingrédients nécessaires à la radiolyse. Des éléments radioactifs comme le thorium, l’uranium ou le potassium. Mais également des minéraux sulfurés susceptibles d’être convertis en sulfates. Et des unités de roche comprenant un espace poreux capable de piéger de l’eau.

C’est ce qu’ils ont trouvé dans différents types de météorites martiennes. Notamment dans des brèches de régolithe — des roches composées de morceaux cimentés par un matériau plus fin — vieilles de plus de 3,6 milliards d’années et provenant de la croûte de la planète rouge. « Nous avons étudié l’atmosphère de Mars, cartographié sa surface à différentes longueurs d’onde et atterri dans une demi-douzaine d’endroits. Ce travail continue de nous en dire long sur le passé de la planète rouge. Mais si nous voulons réfléchir à la possibilité d’une vie actuelle, le sous-sol est sans contexte l’endroit où nous devons chercher », conclut Jack Mustard, chercheur à l’université de Toronto (Canada).

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-vie-pourrait-exister-mars-aujourdhui-35263/