Archives de catégorie : météo

Éruption du Cumbre Vieja à La Palma : une nouvelle bouche éruptive s’ouvre sur le volcan

Avec 67 jours d’intense activité, le Cumbre Vieja bat un record de longévité. Il s’agit désormais de l’éruption la plus longue sur l’île de La Palma depuis 375 ans. Et elle ne semble pas vouloir s’arrêter. Hier, une nouvelle bouche éruptive s’est ouverte sur le côté sud du volcan, provoquant de nouveaux dégâts.

Voilà désormais 67 jours que le Cumbre Vieja déverse ses torrents de lave sur l’île de La Palma, dans l’archipel des Canaries. Le volcan bat ainsi un nouveau record : il s’agit de l’éruption la plus longue sur l’île depuis celle de Fuencaliente, en 1677. Si certains signes ténus laissent penser aux scientifiques que l’éruption est sur un lent déclin (voir notre précédent article, ci-dessous), l’activité éruptive externe ne semble toujours pas refléter cet état de fait.

Une nouvelle bouche éruptive s’est ainsi ouverte ce jeudi, au niveau du cratère secondaire, localisé au sud du cône principal. L’ouverture de cette nouvelle fissure a provoqué immédiatement une nouvelle coulée de lave, qui a dévalé la pente très rapidement, à une vitesse de 600 mètres à l’heure. De nouveaux dégâts sont à déplorer. Le cimetière de Las Machas a notamment été détruit, ainsi que de nombreux bâtiments.

Lent déclin : des signaux ténus mais pas de tendance claire
Il y a quelques jours, une nouvelle coulée avait atteint la mer, entraînant la formation d’un important panache de vapeur et de gaz, ce qui avait contraint les autorités à confiner environ 3.000 personnes dans la partie ouest de l’île.

Plusieurs séismes ont encore été enregistrés ces derniers jours. L’origine de ces tremblements de terre est plutôt profonde, au-delà de 30 kilomètres, ce qui pourrait indiquer un réarrangement des contraintes au niveau de la chambre magmatique. Mais les scientifiques restent prudents sur l’interprétation de cette manifestation sismique. Car si elle peut signifier une vidange du réservoir, il est également possible qu’elle soit le signe d’une nouvelle arrivée de magma. Pour l’instant rien n’est donc certain, d’autant plus que les nouvelles données concernant la déformation en surface des flancs du volcan ne montrent pas de tendance claire. Seule une légère déflation continue à être enregistrée au niveau de quelques stations. Des données qui ne permettent pas pour l’instant de prédire la fin de l’éruption.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/volcan-eruption-cumbre-vieja-palma-nouvelle-bouche-eruptive-ouvre-volcan-5243/

La pollution lumineuse en France a augmenté de 94 % en 30 ans !

Depuis quand n’avez-vous pas eu le plaisir de voir la voûte étoilée ? En dehors de ce simple plaisir, la pollution lumineuse représente une réelle menace pour la biodiversité, d’autant que le phénomène est en constante progression dans des proportions inquiétantes.

Environ 85 % du territoire métropolitain français subit des pressions dues à la pollution lumineuse, dont plus de 20 % à de forts niveaux. Sans surprise, les zones urbaines sont les plus mauvaises élèves, mais le problème est bien plus vaste. Ce constat alarmant est celui de l’observatoire français de la biodiversité (OFB) qui vient de publier son bilan annuel de l’observatoire national de la biodiversité 2021. Le plus inquiétant, c’est que cette représentation ne donne à voir qu’une partie du problème : les données utilisées ne rendent compte que de la fraction de la pollution lumineuse qui est renvoyée vers le ciel, en cœur de nuit et par temps dégagé. Par exemple, par temps couvert, la lumière artificielle est réfléchie par les nuages, amplifiant le phénomène.

Une menace pour les rythmes biologiques et les comportements
En dehors du simple plaisir de pouvoir observer la voûte étoilée, cette pollution lumineuse, induite par les éclairages artificiels, représente un vrai danger pour de nombreuses espèces animales et végétales, sachant que près d’un tiers des vertébrés et de deux tiers des invertébrés sont nocturnes. Au niveau des insectes, la lumière artificielle est d’ailleurs la deuxième cause d’extinction après les pesticides. Ces nuisances ont notamment des conséquences majeures sur la production de mélatonine, l’hormone produite naturellement par l’organisme qui régule les rythmes biologiques. Elles modifient aussi sensiblement le comportement des espèces dans leur orientation, que ce soit pour les oiseaux migrateurs ou les batraciens qui ne parviennent plus à distinguer leurs proies. L’éclairage nocturne met aussi à mal les continuités écologiques avec une fragmentation des milieux naturels. Il constitue une sorte de barrière parfois infranchissable pour des espèces obligées de vivre dans des habitats plus petits et morcelés.

La quantité de lumière a augmenté de 94 % depuis 1990
Le phénomène a malheureusement tendance à s’amplifier. Selon l’association nationale pour la protection de la nuit (ANPCEN), le nombre de points lumineux de l’éclairage public a augmenté de 89 % depuis les années 1990 quand la quantité de lumière émise a, elle, connu une croissance infernale de 94 %. Et encore, ne sont pas pris en compte dans ces calculs les publicités lumineuses, les vitrines, les illuminations, les bureaux vides mais éclairés, les parkings… Désormais, pas moins de 11 millions de lampadaires et plus 3,5 millions d’enseignes de magasins s’allument chaque soir pour éclairer les étoiles jusqu’au petit matin. Bien entendu, les zones urbanisées connaissent des qualités de nuit particulièrement médiocres, ou au mieux moyennes, et génèrent des halos lumineux à très forte distance.

Les paysages nocturnes : un patrimoine de la Nation
Pour autant, les impacts de la pollution lumineuse, notamment sur la biodiversité, ont mis du temps à être pris en compte par le pouvoir législatif. Ce n’est qu’en 2009, avec l’article 41 de la loi du 3 août 2009 dite Grenelle 1 que des premières préconisations sont émises : « Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore, aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l’observation du ciel nocturne feront l’objet de mesures de prévention, suppression ou de limitation. » En 2013, une première réglementation limite les durées d’éclairement superflu pour les façades, vitrines et bureaux non occupés. Des mesures qui seront ensuite étendues en 2018, avec un arrêté qui interdit par exemple l’éclairage en direction du ciel ou fixe des seuils de températures de couleur à respecter. Entretemps, les paysages nocturnes ont été reconnus, en 2016, comme « patrimoine de la Nation » dans la loi sur la reconquête de la biodiversité et des paysages.

La trame noire
En parallèle, de nombreuses pistes sont explorées pour lutter contre cette pollution lumineuse. Par exemple, la mise en place d’une « trame noire », sur le même modèle que ses sœurs bleue et verte pour une continuité écologique des espaces respectivement aquatique et terrestre afin d’enrayer le déclin de la biodiversité. La France est plutôt en avance sur le sujet, notamment grâce aux travaux de l’Office français de la biodiversité (OFB). De nombreuses organisations en France, comme à l’international, ont vu aussi le jour comme l’International Dark-Sky Association, qui œuvre en faveur de zones protégées de la pollution lumineuse, notamment le pic du Midi de Bigorre et le parc national du Mercantour, ou encore l’ANPCEN et son initiative de labels Villes et villages étoilés.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-pollution-lumineuse-france-augmente-94-30-ans-94682/

Les bords de mer deviennent de plus en plus sombres et cela est préoccupant

Sur les côtes, l’eau est de moins en moins claire. Chargée en matière organique, en boue ou en sédiments, elle ne laisse plus suffisamment passer la lumière, ce qui menace les organismes marins, notre santé et même le climat.

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué lors de vos dernières vacances au bord de la mer, mais l’eau sur les côtes est de plus en plus sombre. Ce phénomène, appelé obscurcissement côtier, est dû notamment à la pollution par les engrais, qui entraîne une prolifération d’algues bloquant la lumière, ou aux bateaux qui remuent le limon lorsqu’ils se déplacent. Lors de fortes pluies, la matière organique du sol peut également pénétrer dans l’océan et causer son assombrissement. Or, le réchauffement climatique aboutit à une intensification des pluies, ce qui renforce le phénomène. Selon une étude de 2020, toute cette matière organique supplémentaire entraîne un assombrissement de l’eau pouvant atteindre 86 %. Parfois, ce sont les feuilles des arbres en bordure de mer qui en tombant couvrent la surface et empêchent le soleil de pénétrer dans l’eau. En Norvège par exemple, les efforts de reforestation ont paradoxalement abouti à l’assombrissement des eaux des fjords. Enfin, l’aggravation de l’érosion côtière contribue à la turbidité de l’eau en projetant du sable et des sédiments dans l’eau.

Des poissons aveuglés et incapables de se nourrir
Tout cela peut sembler anecdotique. L’assombrissement côtier a pourtant des conséquences très dommageables pour l’avenir de notre Planète. De nombreuses études ont ainsi mis en évidence la façon dont cette moindre luminosité affecte les organismes marins, et notamment le phytoplancton. L’étude de 2020 montre par exemple que la biomasse de phytoplancton diminue et change de composition lorsque la lumière disponible diminue. « Au fil du temps, l’obscurcissement des côtes pourrait avoir des effets bien au-delà des micro-organismes », prévient Oliver Zielinski, qui dirige le projet Coastal Ocean Darkening à l’université d’Oldenburg en Allemagne, sur le site du magazine Hakai. « Cela va par exemple profiter aux animaux qui ne dépendent pas de la vue pour chasser, tels que les méduses, et gêner des espèces telles que les poissons qui ont besoin d’une bonne visibilité pour trouver leur nourriture ».

Des algues qui fixent 4,7 fois de carbone en moins
Une autre étude de 2019 rapporte que le brunissement de l’eau sur les côtes a retardé de trois semaines l’efflorescence des algues durant le XXe siècle, ce qui là encore pourrait avoir des conséquences sur les poissons qui dépendent de cette ressource pour se reproduire à une période précise. Pire encore : il pourrait aggraver le réchauffement climatique en empêchant les algues de faire de la photosynthèse. « Une réduction de luminosité de 63 % diminue de 95 % la productivité des algues varech », explique ainsi Caitlin Blain, écologiste à l’université d’Auckland en Australie, dans une étude publiée en août 2021. Les algues situées dans les eaux claires fixent ainsi 4,7 fois plus de carbone que celles situées dans les zones assombries. Les forêts de varech, qui sont un puits de carbone majeur dans les océans, pourraient ainsi voir leur action largement entravée, préviennent les chercheurs. Enfin, la baisse de luminosité affecte aussi la composition de l’eau. Selon une étude du Norwegian Institute for Water Research (NIVA), le manque de lumière empêche le processus de décomposition chimique de certains polluants tels que le méthylmercure. « Au final, cela pourrait présenter un risque pour la santé humaine », mettent en garde les auteurs.

Comme on l’a vu, l’obscurcissement de l’eau est un phénomène complexe, lié à la fois à des causes naturelles et anthropiques contre lesquelles il est parfois difficile de lutter. Dans certaines régions, comme en Méditerranée, les eaux retrouvent cependant un peu de clarté grâce aux efforts pour limiter la quantité d’engrais et la pollution déversée dans la mer. L’interdiction du développement urbain à proximité des zones sensibles ou la lutte contre l’érosion côtière sont d’autres mesures possibles.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-bords-mer-deviennent-plus-plus-sombres-cela-preoccupant-94806/

De la pluie sur commande dans les déserts : quand l’Homme prend le contrôle de la météo

Transformation de la grêle en pluie, augmentation des précipitations par l’ensemencement des nuages : ces techniques de bouleversements météorologiques plus ou moins modernes se diversifient. Avancées technologiques ou portes ouvertes à l’incontrôlable ?

Partout dans le monde, les épisodes de sécheresse se multiplient. Les climats arides mettent à mal les productions agricoles. La grêle, quant à elle « détruit en quelques minutes le fruit d’un travail de plusieurs années » explique Claude Berthet, directrice de l’Anelfa, Association Nationale d’Étude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques. Alors, les pays investissent, testent et pensent des solutions et des systèmes pour contrer les intempéries, les pénuries d’eau. Aujourd’hui, la porte est ouverte, ou plutôt entrouverte, à tous les possibles.

En France depuis 1951, l’Association Nationale d’Étude et de Lutte contre les Fléaux Atmosphériques, répond à une demande de terrain. La grêle est un fléau pour les cultures depuis les années 1950 et l’Anelfa en a fait son principal sujet de recherches. En travaillant en étroite collaboration avec des physiciens des nuages, docteurs et scientifiques, mais aussi agriculteurs et agronomes, l’association a mis au point un système de transformation de la grêle en pluie.

Utilisés depuis près de soixante-dix ans, les générateurs de l’Anelfa sont déjà mis en place dans plusieurs départements français. Claude Berthet, directrice de l’Anelfa, décrit « des appareils relativement simples et volontairement assez rustiques pour qu’ils puissent être installés chez des opérateurs bénévoles qui vont mettre en route ces dispositifs sur alertes météorologiques ».

TRANSFORMER LES NUAGES

La grêle est toujours produite par celui que l’on nomme « le roi des nuages », le « cumulonimbus ». « À l’intérieur de ces nuages, on peut trouver des températures positives et des températures négatives. Naturellement, l’eau quand elle est pure, même à température négative, peut se retrouver sous forme liquide. C’est ce que l’on appelle l’eau surfondue » souligne Claude Berthet.

« C’est la présence, à l’intérieur d’un nuage, d’eau surfondue et de certaines particules qui va permettre, par des échanges entre l’eau sous forme vapeur, l’eau sous forme liquide et l’eau sous forme solide, de former la grêle ». Les particules, sont « des noyaux de condensation, pour former des gouttelettes d’eau » et « des noyaux de congélation, qui vont former des particules glacées ».

Ces différents éléments s’allient et se mêlent pour créer l’ennemi des viticulteurs français. « On sait qu’un facteur favorable au grossissement de la grêle, c’est quand il y a peu de noyaux de congélation dans l’atmosphère ». Alors quelle solution pour réduire, voire éliminer la grêle ? Ajouter des noyaux de congélation artificiels.

Pour ce faire, l’Anelfa utilise de l’iodure d’argent. « À partir d’un gramme d’iodure d’argent, on est capable de fabriquer 200 milliards de particules par seconde, avec notre générateur. La technique s’est basée sur l’ensemencement des nuages. […] Nous, on a choisi de produire [les noyaux de congélation] au niveau du sol, parce que l’on sait qu’ensuite, un nuage d’orage va pomper la chaleur et l’humidité du sol. Donc, il va pomper les particules qui auront été produites » indique Claude Berthet.

Aux Émirats arabes unis, une technique d’ensemencement des nuages par drone est encore en phase de test. Le drone serait envoyé directement à la base du nuage pour mesurer différents facteurs tels que « les processus microphysiques, la force des courants ascendants et les mesures des gouttelettes de nuage » explique Alya Al Mazrouei, Directrice du programme de valorisation de la pluie des Émirats Arabe Unis. Les différents projets et investissement dans les technologies d’ensemencement de nuages permettent de prévenir des situations de sécheresse et de pénurie d’eau. Leur objectif est de « recharger les eaux souterraines et les aquifères. »

Andrea Flossmann, co-présidente du groupement d’experts de la modification du temps de l’Organisation météorologie mondiale (OMM) reste sceptique quant à la multiplication des systèmes de modification de la météo. « Le problème, c’est qu’en ce moment, il se passe tout et n’importe quoi. Certains pays ont reçu l’information comme quoi il suffirait de jeter un produit dans les nuages pour qu’il pleuve et que ça y est, ce soit le déluge. Cela ne marche pas comme ça. […] Les énergies associées à ces nuages ont l’ordre de grandeur des bombes atomiques ! C’est une énergie colossale. [Pour] les faire bouger, ce n’est pas en jetant une pierre ou un canon, […] il faut vraiment une intervention chirurgicale, si je puis dire, pour identifier les points faibles et attaquer ».

PRÉVENIR LES PÉNURIES D’EAU

À Abou Dabi, dans le Centre national de météorologie (CNM), l’atmosphère est surveillée toutes les heures pour contrôler l’avancée des opérations d’ensemencement des nuages, l’amélioration des précipitations. Le CNM est en charge du programme avec un budget de 1 295 000 euros sur trois ans afin de « présenter les propositions de recherche les plus innovantes au profit des générations futures qui risquent de manquer d’eau » indique Alya Al Mazrouei, directrice du programme de valorisation de la pluie des Émirats.

Andrea Flossmann indique qu’à ce jour, l’OMM a scientifiquement confirmé pour la première fois que les systèmes d’ensemencement fonctionnaient, particulièrement sur les nuages orographiques, notamment en Australie et aux États-Unis. « L’objectif, c’est d’augmenter les chutes de neige dans ces régions, qui sont aussi des réservoirs d’eau […] pour l’été. On a pu prouver scientifiquement que cela pouvait augmenter la progression nuageuse de 10 à 15 %. Ce n’est pas énorme, mais on a là un signal vérifiable scientifiquement ».

La question se pose quant aux produits utilisés et à l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’environnement, la biodiversité et les sols.

« Pour l’instant, les recherches qui sont faites montrent que l’augmentation des précipitations [en France] est de l’ordre de 10 %. Dans la mesure où c’est pratiqué à l’instant où l’on manque de précipitations, l’impact est positif » répond Claude Berthet, directrice de l’Anelfa. « Toutes les études menées n’ont pas mis en évidence un effet significatif sur l’environnement. Les quantités diffusées sont relativement faibles, à l’échelle des surfaces concernées ». Alya Al Mazrouei abonde : « l’ensemencement des nuages n’a aucun impact négatif sur l’environnement, parce que les matériaux naturels dispersés dans les nuages sont adéquats dans l’atmosphère ».

Faut-il instaurer des contrôles, des lois ou bien des limites à la modification de la météo ? Selon Andrea Flossmann, des chartes de contrôle seraient les bienvenues. Aujourd’hui, des conflits entre pays voisins éclatent lorsque l’un d’eux annonce exercer des tests pour modifier son climat. Dès lors qu’apparaît une situation anormale, ils s’empressent d’accuser leurs homologues. « C’est déjà le cas avec l’Iran et la Palestine qui se plaignent de se faire voler leur eau par Israël. Même débat au Maroc, aux États-Unis, au Mexique, en Chine, en Espagne […]. Pourtant, ça n’est pas encore possible, les rendements ne sont pas assez importants pour voler l’eau de son voisin ». 

Source : https://www.nationalgeographic.fr/environnement/de-la-pluie-sur-commande-dans-les-deserts-quand-lhomme-prend-le-controle-de-la-meteo?fbclid=IwAR0EKKxEN4JlbiHeqp87QlneOW4nZ_Ux4njHk09SLQNEdttIPtf0fJH5hjI

Le réchauffement climatique au cœur de la géopolitique mondiale ?

L’espace terrestre est partagé en quelque deux cents États et pour que la Terre trouve son équilibre environnemental, une coopération internationale semble plus que jamais nécessaire. La responsabilité humaine dans le réchauffement climatique n’est plus à démontrer. Aujourd’hui, l’enjeu économique, social et politique est de garder notre Planète en bonne santé !

Article de Rodolphe Desbordes, Professeur d’économie, SKEMA Business School et Frédéric Munier, Professeur affilié de géopolitique, SKEMA Business School

Le dernier rapport du Giec, publié le 9 août 2021, esquisse des perspectives d’avenir inquiétantes, en soulignant notamment la hausse alarmante des températures malgré les engagements des gouvernements.

Plus que jamais, il est clair que l’action – ou l’inaction – des États est décisive en la matière. S’il est courant de lire des analyses sur les conséquences géopolitiques du réchauffement climatique – pensons par exemple aux migrations climatiques qui ne manqueront pas d’engendrer des crises internationales -, ne faudrait-il pas alors inverser l’ordre des termes : n’est-ce pas finalement la géopolitique qui détermine le changement climatique ?

En effet, le bouleversement d’ampleur planétaire auquel nous faisons face ne pourra être ralenti qu’au prix d’une action globale et concertée de l’ensemble des pays, notamment les plus riches et les plus pollueurs. Une telle coopération internationale, si elle a lieu, sera motivée par des intérêts nationaux plutôt que par une vision cosmopolite.

Un état des lieux inquiétant
Le rapport du Giec qui, rappelons-le, fait la somme de plus de 14.000 publications scientifiques relatives au climat, marque une nouvelle étape dans l’appréciation du changement climatique, ses déterminants et ses conséquences potentielles.

Les travaux compilés vont tous dans le même sens, en établissant que c’est bien l’action humaine qui explique le réchauffement sans précédent qu’a connu notre Planète durant la dernière décennie. Les facteurs dits « naturels », comme l’activité solaire ou le volcanisme, n’ont qu’un très faible impact sur le climat, contrairement à l’activité humaine.

Autre enseignement du rapport, la hausse de température a déjà atteint 1,1 degré par rapport à l’ère préindustrielle et devrait dépasser 1,5 degré dès 2030. Rappelons que l’objectif de la COP21 était de limiter la hausse de température moyenne sur terre à 2 voire 1,5 degré d’ici… à la fin du siècle ! Il apparaît également que la décennie qui vient de s’écouler a été la plus chaude depuis 100.000 ans.

Un atlas interactif pour visualiser les risques
L’une des difficultés pour appréhender ces changements globaux et massifs est d’une part leur hétérogénéité géographique et d’autre part leur déploiement dans un futur qui semble lointain. Pour bien des personnes, notamment dans les pays riches, le réchauffement peut se résumer en deux formules lapidaires justifiant l’inaction présente : « C’est pour les autres ! » et « Après moi le déluge ! »

C’est pour lutter contre cette posture que le Giec met à disposition un nouvel outil, un atlas interactif qui permet de visualiser de façon régionale comment les différentes composantes du climat (températures, précipitations…) risquent d’évoluer dans les décennies qui viennent, donnant ainsi une vision concrète des changements à venir.

Cette simulation graphique révèle que le réchauffement est plus rapide dans certains espaces que d’autres, notamment dans les régions arctiques et antarctiques ou encore en Méditerranée où les épisodes de sécheresse auront des conséquences potentiellement dramatiques en matière de sécurité alimentaire.

En ce domaine, rappelons que les évènements extrêmes – canicule, tempêtes, inondations – sont très sensibles à de faibles variations de température globale. Voilà pourquoi nous ne vivons plus en 2021 dans le même monde climatique que celui de 2010.

Cinq scénarios climatiques
Afin d’éviter un effet de pétrification face à ces annonces – qui entraînerait à coup sûr fatalisme et inaction – le rapport du Giec propose des « narratifs », des scénarios, non pas seulement géoclimatiques mais socio-économiques.

Ils reposent sur l’idée résolument optimiste selon laquelle l’humanité n’est pas impuissante face aux mutations du climat. Le rapport insiste sur le fait que l’inertie du système climatique est moins importante qu’on ne le croyait.

Et même si l’évolution des décennies à venir est déjà largement écrite – du fait de l’accumulation existante de gaz à effet de serre dans l’atmosphère -, l’humanité peut infléchir sérieusement la situation… ou la laisser filer selon le degré de volontarisme et de cohérence que les dirigeants de la planète sauront donner aux politiques climatiques.

Parmi ces cinq scénarios, seul l’un d’eux (dit « SSP1-1.9 ») permettrait d’atteindre les objectifs de la COP21 ; il nécessite de parvenir à la neutralité carbone en 2050. Dans le pire des scénarios, les émissions sont triplées par rapport au niveau actuel, entraînant une hausse de température de 4,4 degrés. À titre de comparaison, seuls 5 degrés (en plus) nous séparent aujourd’hui de la dernière ère glaciaire…

L’action concertée, principal défi
La réussite des politiques de limitation du réchauffement climatique repose sur une action commune, concertée à l’échelle globale. Là est tout l’enjeu… et la difficulté.

Les sciences sociales, s’appuyant sur les outils de la « théorie des jeux », soulignent qu’une politique qui maximise l’intérêt commun est extrêmement difficile à mettre en place lorsque la rationalité individuelle entre en conflit avec la rationalité collective.

Ainsi, il est dans l’intérêt de tous d’empêcher le réchauffement climatique mais chacun préfère que ce soit les autres qui subissent les coûts, notamment si le rapport bénéfices-coûts individuel semble défavorable.

Quelles sont alors les solutions pour sortir de cette impasse, fréquemment exprimée à l’aide du célèbre « dilemme des prisonniers » ?

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-rechauffement-climatique-coeur-geopolitique-mondiale-94604/

UN MYSTÉRIEUX « TROU NOIR » AU MILIEU DE L’OCÉAN DÉCOUVERT SUR GOOGLE MAPS

Ce « trou noir » de forme triangulaire, qui a affolé les internautes, est en réalité l’île de Vostok et appartient à la République de Kiribati.

Le « triangle des Bermudes », un « trou noir », une zone « censurée », l’île de « Lost »… Sur Reddit, certains internautes se sont lancés dans des théories farfelues au sujet d’une île qui ressemble, sur Google Maps, à un trou noir triangulaire, au mieux de l’océan Pacifique.

Postée mercredi 13 octobre, la capture écran Google Maps a déclenché de nombreuses suppositions. Elle montre les pourtours d’une île, léchés par ce qui semble être de l’écume, et son centre est constitué d’une zone entièrement obscure.

L’image est vite devenue virale sur le réseau social, où les internautes ont échafaudé des théories plus ou moins réalistes. Du portail vers un « monde parallèle » au « volcan en éruption » en passant par la classique « base militaire secrète ».

Google Maps et les lieux censurés
L’île « semble censurée pour une raison quelconque », écrit ainsi l’utilisateur de Reddit KorvisKhan. « Cela semble presque délibérément modifié », ajoute un autre, cartoonsandbeers. Une opinion partagée par Jazzlike_Log_709, qui explique que sa « première pensée a été que l’île était censurée. Cela n’aurait aucun sens qu’une formation naturelle soit noire comme ça dans une île aussi petite ».

La censure n’est pas une pratique méconnue du côté de Google Maps. En effet, le service de cartographie en ligne camoufle régulièrement des sites sensibles avec un floutage ou une zone censurée. C’est le cas de la prison des Beaumettes par exemple ou encore de l’iconique zone 51, dans le Nevada, qui déchaîne régulièrement l’imagination des internautes.

Une île inhabitée
Quant au « trou noir » découvert par les internautes de Reddit, il s’agit en réalité de l’île de Vostok, un atoll inhabité des Kiribati, dans l’océan Pacifique. Découverte en 1820 par l’explorateur russe Fabian Gottlieb von Bellingshausen, elle fait seulement 1,3 kilomètre de long. L’île voisine la plus proche de Vostok, appelée aussi île Bostock, Leavitts, Reaper ou Anne, est située à 158 kilomètres.

L’impression de voir un trou noir pourrait venir d’un défaut dans l’imagerie satellite, voire peut-être d’une sous-exposition du centre de l’île, recouvert d’arbres. Mardi soir, un utilisateur du réseau social a posté de nouvelles photographies de l’île en précisant dans son titre qu’il ne s’agissait « pas d’un trou noir ».

Source : https://www.bfmtv.com/societe/insolite/un-mysterieux-trou-noir-au-milieu-de-l-ocean-decouvert-sur-google-maps_AN-202111030162.html

« Bien modéliser les nuages est une des clés pour prévoir le changement climatique »

Dans le cadre de la COP26 qui se tient à Glasgow jusqu’au 12 novembre, Futura vous propose une série d’entretiens avec des experts du climat pour décrypter le réchauffement climatique en cours, ses causes et ses conséquences, les risques auxquels nous devrons faire face si nous ne parvenons pas à maîtriser la hausse des températures et à ne pas dépasser les 1,5 °C, les solutions qui existent et celles à mettre en place. L’urgence climatique n’est pas un vain mot ! Aujourd’hui, nous donnons la parole à Frédéric Hourdin, chercheur du CNRS au Laboratoire de météorologie dynamique.

Frédéric Hourdin, chercheur du CNRS au Laboratoire de météorologie dynamique nous explique l’importance des nuages dans le changement climatique.

Futura : Vous coordonnez le développement d’un des deux modèles globaux atmosphériques français, celui de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL). Il en existe une vingtaine dans le monde. Pourquoi d’un modèle à l’autre, pour un même scénario d’émissions de CO2, y a-t-il un facteur deux dans les prévisions d’augmentation de température ?

Frédéric Hourdin : Une grosse partie des incertitudes de nos modèles climatiques vient de la représentation des nuages. Sous l’effet de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, la température du globe augmente modifiant le climat et en particulier la couverture nuageuse. En retour, le changement de couverture nuageuse a un impact sur la température globale. Dans notre jargon, on appelle cela une rétroaction climatique. Cela produit deux effets opposés, plus ou moins importants selon la zone du globe : une plus grande couverture nuageuse réfléchit plus l’énergie du Soleil et inversement, produit plus d’effet de serre. C’est essentiellement sur ces rétroactions que les modèles divergent.

Futura : Comment procédez-vous pour représenter les nuages ?
Frédéric Hourdin : C’est un point clé. Nous résumons l’ensemble des nuages à quelques équations valables à l’échelle des mailles de nos modèles actuels, autrement dit, sa résolution. Actuellement, ces mailles sont des sortes de gros cubes de 100 kilomètres de côté sur un kilomètre de hauteur. Or l’échelle à laquelle se passent ces phénomènes est tout autre : les nuages prennent naissance à partir de gouttes d’eau qui se forment sur les impuretés de l’atmosphère, sont transportés par les vents, puis cette eau se condense, précipite sous forme de pluie, s’évapore, etc. La physique des nuages est très complexe. Nous utilisons les mêmes modèles de nuages que pour les prévisions météorologiques. Nous faisons aussi des simulations très réalistes de formation de nuages à l’échelle de cubes de 50 mètres par 50 mètres. C’est à partir de cela que nous développons les modèles de nuages et que nous calons les paramètres de notre modèle global. Avec des modèles à résolution intermédiaire (typiquement 10 kilomètres) on raffine localement ces simulations globales pour en déduire les conséquences locales du changement climatique.

Futura : A-t-on clairement établi un lien entre l’augmentation des gaz à effet de serre et la couverture nuageuse ?
Frédéric Hourdin : On n’en a pas encore une vision très complète mais on sait par exemple que les nuages tropicaux sont particulièrement importants car c’est là que la Terre reçoit le plus d’énergie lumineuse. Et certaines tendances sont claires : la surface couverte par des nuages bas dans les tropiques se réduit, ce qui limite la réflexion de l’énergie solaire et augmente la température globale.

Futura : Qu’attendez-vous de la COP26 ou de décisions politiques ?
Frédéric Hourdin : Il y a de grosses tensions en ce moment en Europe dans la communauté des sciences du climat car l’Europe envisage de financer des modèles globaux de climat de très haute résolution, typiquement kilométrique, dans le cadre d’un ambitieux projet de modélisation numérique de la Terre baptisé « Destination Earth ». Un article est paru dans la revue Nature à ce sujet, qui est d’une malhonnêteté absolue ! Avec la plupart des modélisateurs, nous pensons que c’est une impasse et que cela n’a aucun sens. Cela montre aussi à quel point les fondements de la modélisation sont encore mal compris. Comme je l’ai dit, pour simuler précisément les nuages afin de les paramétrer correctement dans les modèles de climat, c’est à une échelle de 50 mètres qu’il faut travailler. Des mailles d’un kilomètre ne serviront à rien pour simuler le comportement de certains nuages comme les cumulus de beau temps. Le modèle global doit rester à des mailles grossières pour pouvoir faire des multitudes de simulations à coût numérique et énergétique raisonnable.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/rechauffement-climatique-bien-modeliser-nuages-cles-prevoir-changement-climatique-94551/

Des chercheurs pensent avoir détecté le tremblement de terre le plus profond du monde

Un séisme, situé à 750 km de profondeur, s’est produit en 2015 au large du Japon. Ce serait le premier tremblement de terre connu dans le manteau terrestre inférieur, un phénomène que les scientifiques ont encore du mal à expliquer.

Le 30 mai 2015, les habitants du Japon ont ressenti une secousse sismique d’une puissance extraordinaire qui a été ressentie dans l’ensemble des 47 préfectures du pays, une première depuis l’enregistrement des observations en 1884. Pourtant, malgré une magnitude de 7,9 et un épicentre situé dans l’archipel Ogasawara, à 900 km des côtes japonaises, aucun dommage majeur n’a été constaté. Et pour cause : le séisme s’est produit à 680 km de profondeur. Mais ce record, déjà connu et fort documenté, pourrait bien avoir encore été battu par une réplique, qui aurait été enregistrée à 750 km sous terre, dans le manteau profond, là où les chercheurs pensaient jusqu’ici que les tremblements de terre étaient impossibles.

Les tremblements de terre profonds, des événements rares et mystérieux
La grande majorité des tremblements de terre touchent en effet la croûte terrestre, où les plaques tectoniques accumulent le stress jusqu’à ce que le sol se fracture ou se déplace le long des failles. Mais, au-delà de 100 km de profondeur, là où commence l’asthénosphère, il n’existe aucun phénomène de ce type. Avec la pression et la température, les roches sont très visqueuses et fortement comprimées, ce qui empêche les craquements et glissements tels que ceux observés en surface. Les tremblements de terre profonds sont donc très rares : sur les 56.832 tremblements de terre modérés à important enregistrés entre 1976 et 2020, seulement 18 % étaient plus profonds que 70 kilomètres et à peine 4 % avaient un épicentre situé en-dessous de 300 km (le seuil considéré pour parler de séisme profond), selon le National Geographic.

Dans le manteau supérieur, les scientifiques pensent que ces tremblements de terre sont liés au changement de phase de l’olivine qui, lorsqu’elle atteint un point critique en température et en pression, passe d’une structure cristalline à une autre. Le minéral se compacte alors brutalement, ce qui peut provoquer des séismes importants (lire article ci-dessous). Mais, dans le manteau profond — qui commence à environ 700 km sous le Japon –, point d’olivine : celui-ci est principalement composé de bridgmanite, une forme de pérovskite silicatée.

Une réplique ultraprofonde à 750 km sous terre
Éric Kiser et ses collègues de l’université d’Arizona apportent pourtant de nouvelles preuves d’un séisme ultraprofond lors de la secousse de 2015. Les chercheurs ont examiné les données sismiques relatives au séisme pour détecter d’éventuelles répliques. Après un événement d’une telle puissance, les sismométries enregistrent de nombreux signaux dus à l’énergie qui se propage dans le sol. Pour différencier une réplique au milieu de ce bruit, ils ont utilisé une méthode appelée rétroprojection, qui consiste à empiler les données de plusieurs sismographes vers une grille d’emplacements de sources potentielles. Ils ont ainsi pu déterminer que le séisme principal avait donné lieu à quatre répliques situées entre 695 et 715 km de profondeur, ainsi qu’une autre enregistrée à 751 km, soit la secousse la plus profonde jamais enregistrée.

Un léger tassement de la dalle sous-marine
Pour expliquer ce séisme, les chercheurs avancent une nouvelle idée. Le choc de la secousse principale aurait diminué la contrainte élastique de résistance de la dalle sous-marine, ce qui aurait abouti à son tassement. Ce très léger déplacement aurait suffi à concentrer les contraintes exercées sur la dalle et provoquer un mouvement des roches, expliquent les auteurs dans leur article publié dans la revue Geophysical Research Letters.

Il est toutefois possible que la méthode utilisée produise des « fausses répliques », causées par le rebondissement des ondes sismiques sur les structures internes. La limite du manteau profond, estimée à 700 km, n’est pas non plus certaine. Néanmoins, s’il est avéré, un tremblement de terre situé dans le manteau inférieur obligerait à repenser le fonctionnement interne de notre Planète.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/geologie-chercheurs-pensent-avoir-detecte-tremblement-terre-plus-profond-monde-49134/

Comment la Terre s’est-elle remise du dernier réchauffement climatique important ?

Le Maximum Thermique de la transition Paléocène-Éocène, il y a 55,9 millions d’années, représente l’une des plus importantes crises climatiques que la Terre ait connue. Une nouvelle étude parue dans Science Advances montre que ce réchauffement climatique extrême a été associé à une augmentation de l’érosion et de l’altération des roches continentales. Ces processus auraient notamment permis de capturer une part significative de CO2 atmosphérique, stabilisant ainsi le climat.

Le système terrestre possède plusieurs mécanismes qui influencent, dans un sens ou dans l’autre, les variations climatiques. Les processus de surface, comme l’érosion mécanique et l’altération chimique des roches, sont des mécanismes désormais bien connus pour leur capacité à limiter la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère.

Altération des roches silicatés : une pompe à CO2
Parmi ces processus de surface, les réactions d’altération qui attaquent les minéraux silicatés, les transformant en argile, consomment du CO2. Les rivières se chargent alors de transporter les résidus carbonés vers les océans, où ils seront utilisés par les organismes marins pour se développer et produire la calcite formant leurs coquilles.

Lorsque ces animaux meurent et se déposent sur le fond, le carbone stocké dans leur biomasse et dans leurs coquilles est alors enfoui dans les sédiments. Sur de très longues périodes de temps — de l’ordre de dizaines à centaines de milliers d’années –, cette chaîne de réactions permet d’extraire efficacement le CO2 de l’atmosphère et de le stocker au fond des océans, permettant ainsi la régulation du climat.

Ce qui est en revanche encore mal compris, c’est la vitesse à laquelle l’altération, l’érosion et l’enfouissement du carbone peuvent répondre face à de grands changements environnementaux, comme celui que nous sommes en train de connaître. Une façon d’appréhender cette question est de regarder dans le passé de la Terre pour trouver un analogue naturel à ce qui se passe aujourd’hui.

Un réchauffement climatique extrême il y a 56 millions d’années
L’histoire géologique de la Terre a, en effet, enregistré plusieurs événements associés à des perturbations majeures du cycle du carbone. Ces crises sont caractérisées par des périodes de réchauffement climatique extrême. C’est le cas du Maximum Thermique de la transition Paléocène-Éocène (PETM), qui a eu lieu il y a 55,9 millions d’années. Les origines de cette crise sont encore débattues mais l’on sait qu’à cette époque, une grande quantité de carbone a été relâchée très rapidement dans l’atmosphère terrestre (en moins de 5.000 ans), engendrant un réchauffement rapide du globe et, notamment, une augmentation de 8 °C de la température de l’eau.

Une façon d’appréhender cette question est de regarder dans le passé de la Terre pour trouver un analogue naturel à ce qui se passe aujourd’hui

Cette crise climatique a duré environ 100.000 ans, puis il faudra encore 50.000 à 100.000 ans pour qu’elle se résorbe. Cette phase de résilience intéresse particulièrement les scientifiques qui tentent de savoir si les taux d’érosion ont pu être suffisamment importants pour aider le climat à se rétablir sur une relativement courte période de temps.

Des taux d’érosion 2 à 3 fois plus importants
Pour étudier l’importance des processus de surface à cette époque, les chercheurs ont utilisé les isotopes du lithium pour quantifier les taux d’érosion et d’altération chimique des roches. Le lithium a en effet 2 isotopes : 6Li et 7Li. Le point intéressant est que le rapport entre ces deux isotopes (δ7Li) peut varier en fonction des réactions chimiques. Dans l’eau de mer, ce ratio est fortement affecté par la formation d’argile, ce qui fait du δ7Li un bon traceur des taux d’érosion et d’altération.

Des échantillons datant de la période du PETM ont été analysés. Les mesures du δ7Li suggèrent que le cycle de l’eau a été amplifié de façon significative durant cette crise climatique. Les précipitations ont ainsi été plus importantes, augmentant le taux d’érosion mécanique et d’altération chimique des roches continentales. La modélisation effectuée par les auteurs de l’étude suggère que les taux d’érosion étaient alors 2 à 3 fois supérieurs durant le PETM en comparaison des taux précédant la crise.

L’apport massif de nutriments dans les océans aurait ainsi favorisé la production de matière organique, en parallèle de la précipitation de carbonates. L’enfouissement rapide du carbone piégé dans les organismes marins et dans les roches carbonatées a certainement été le paramètre d’influence principal facilitant la rééquilibration du climat et la fin de cet événement climatique extrême.

Ces résultats, publiés dans Science Advances, pourraient permettre de comprendre comment le système terrestre dans sa globalité peut et pourra répondre dans le futur aux changements climatiques. De ce point de vue, il est même possible d’envisager des solutions pour aider ce processus naturel de captation du carbone afin de lutter contre le changement climatique en cours.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/geologie-terre-elle-remise-dernier-rechauffement-climatique-important-94277/

« Les priorités ne sont pas les bonnes et c’est inquiétant », confie Thomas Pesquet, témoin des catastrophes sur Terre

Du haut de la Station spatiale internationale, à 400 km d’altitude, Thomas Pesquet a observé les dernières catastrophes survenues sur Terre ces six derniers mois : ouragans, feux de forêt et colonnes de fumée ininterrompues. Pour la seconde fois, il constate le changement climatique à l’œuvre et exhorte les gouvernements à écouter les experts.

Depuis la Station spatiale internationale, l’ISS, où il termine sa deuxième mission, l’astronaute français a confié à l’AFP ses inquiétudes pour l’avenir de la Planète bleue, à l’approche de la COP26.

Quelles images de catastrophes naturelles vous ont le plus marqué ?
Les ouragans et les feux de forêts. Je n’avais jamais assisté à ça, des feux d’une ampleur incroyable, avec des colonnes de fumée qu’on voyait depuis l’espace pendant des jours et des jours… C’était impressionnant de se dire l’énergie qui était dégagée et les dégâts provoqués pour les gens qui avaient la malchance d’être sur la trajectoire.

On a aussi vu une succession de tempêtes tropicales, extrêmement impressionnantes, on pouvait quasiment regarder dans l’œil du cyclone. Ce sont des murs de nuages d’une puissance phénoménale, de plus en plus fréquents, de plus en plus destructeurs.

Voir la Terre d’en haut une deuxième fois, à cinq années d’écart, a-t-il renforcé votre conscience de sa fragilité ?
Oui, clairement. Voir la Planète depuis son hublot, ça fait réfléchir. Mais il suffit de la voir une fois en fait : on peut séjourner seulement deux jours dans l’espace, le simple fait de prendre du recul, de voir la fragilité de l’atmosphère, cette bulle de savon qui nous préserve de l’impossibilité de la vie en milieu spatial, cette oasis incroyable… Ça marque à vie.

Et quand on voit les changements sur le temps long — évidemment il faut parfois plus de cinq ans — on ne peut pas ne pas se sentir concernés. C’est pourquoi j’ai essayé de m’engager encore plus pour l’environnement, en devenant ambassadeur de la FAO pour la protection de la Planète, et de me faire l’avocat de toutes ces causes…

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus à court terme ? Quelles sont les mesures d’urgence à prendre contre le réchauffement climatique ?
Ce qui m’inquiète le plus, c’est que l’on n’arrive pas à s’entendre au niveau international, et que les questions économiques priment toujours sur les questions environnementales. Or, c’est un raisonnement « court-termiste » puisque sur le long terme, les profits des entreprises sont directement menacés par le changement climatique.

Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les questions économiques priment toujours sur les questions environnementales

Quand on voit que la Grande Barrière de corail australienne n’a pas été placée sur la liste des sites en péril (du patrimoine mondial de l’Unesco, ndlr) suite à la pression du gouvernement australien, on se dit que les priorités ne sont pas les bonnes et c’est inquiétant.

La première chose à faire, c’est d’écouter les experts, pour qui c’est le travail d’une vie entière d’apporter des réponses, au niveau local, régional, national, global. Il faut essayer de les mettre en œuvre.

L’urgence, c’est de sortir du tout carbone. Il faut donner la priorité à l’énergie renouvelable ou décarbonnée… Et puis, il faut des mesures contraignantes, à savoir des engagements internationaux auxquels les pays sont tenus. C’est à ça que sert un forum comme la Cop26.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/changement-climatique-priorites-ne-sont-pas-bonnes-cest-inquietant-confie-thomas-pesquet-temoin-catastrophes-terre-94493/