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Découverte de la plus ancienne galaxie spirale connue

Pour mieux comprendre l’origine des galaxies, les cosmologistes et les astrophysiciens repoussent sans cesse les limites de leurs instruments. L’un des derniers en date, Alma, leur a permis de débusquer une galaxie spirale déjà bien développée alors que le cosmos observable n’avait que 1,4 milliard d’années.

On doit à Edwin Hubble une classification des galaxies qu’il a proposée et développée avant la seconde guerre mondiale. Elle comporte trois grands types. Il y a les spirales, contenant d’importantes quantités de gaz et de poussières, avec un disque où l’on trouve de jeunes étoiles et un bulbe plus ou moins important contenant des vieilles étoiles. Viennent ensuite les elliptiques, principalement constituées de vieilles étoiles et pauvres en gaz et poussières, qui ont une structure sphéroïdale. Et enfin les irrégulières, de plus petite taille et riches en jeunes étoiles.

Hubble avait aussi proposé une séquence d’évolution reliant ces galaxies qui aujourd’hui n’est plus acceptée. Le modèle simple qu’il avait avancé pour expliquer la naissance des galaxies et leur structure en disque et que l’on peut, par exemple, retrouver présenté dans le célèbre cours de l’Université de Berkeley sur la mécanique a gardé toutefois une certaine pertinence.

Bien sûr, de nos jours, nous avons des modèles beaucoup plus sophistiqués de la naissance des galaxies (proposés et développés par exemple par le prix Nobel de physique James Peebles), notamment parce que nous disposons d’un océan de données observationnelles dont Hubble et ses contemporains ne disposaient pas et qu’il nous est possible de les traiter avec des ordinateurs ou simplement des simulateurs autrement plus puissants que de son temps également.

Reste qu’il existe encore des énigmes concernant la naissance et l’évolution des galaxies, même si des perspectives nouvelles ont émergé depuis une décennie au point de constituer le paradigme dominant de nos jours, comme l’a expliqué à Futura le cosmologiste Romain Teyssier.

Le cosmos observable il y a 12,4 milliards d’années
Pour résoudre ces énigmes, on cherche donc à observer le tout début de la formation des galaxies et donc à remonter de plus en plus loin dans le passé à l’aide d’observations. L’une des dernières en date n’est autre qu’un record de distance pour une galaxie spirale cataloguée sous le nom de BRI 1335-0417.

C’est une équipe d’astrophysiciens japonais qui a récemment annoncé sa découverte via notamment un article dans Science et qui explique que la galaxie a été découverte grâce à l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (Alma). Le réseau de radiotélescopes a capté des photons provenant de BRI 1335-0417 qui ont été émis alors que le cosmos observable n’était âgé que de 1,4 milliard d’années, il y a donc 12,4 milliards d’années, ce qui bat le précédent record dont Futura avait parlé dans le précédent article ci-dessous.

La taille de BRI 1335-0417 est intrigante, elle est déjà d’au moins 30.000 années-lumière de diamètre, soit un tiers de celle notre Galaxie qui est aussi une spirale. On peut suspecter qu’elle est encore plus grande et que nous n’avons pas encore la puissance pour observer ses bords externes car la formation stellaire y serait moins importante, ce qui les rendrait moins lumineux. Les chercheurs estiment toutefois que la jeune galaxie était déjà presque aussi massive que la Voie lactée.

De nouveau, on est confronté au problème de la croissance rapide des galaxies, ce qui a des implications sur les modèles qui peuvent en rendre compte. On sait notamment que le modèle avec des filaments de matière noire froide canalisant des courants d’hydrogène et d’hélium produit par le Big Bang permet justement de faire croître plus vite des galaxies que si l’on suppose que leur croissance se produit à l’occasion de fusion entre des galaxies naines, donnant des galaxies plus massives qui vont accréter à leur tour des galaxies naines et parfois entrer en collision avec d’autres galaxies géantes.

Ce qui est sûr, c’est que BRI 1335-0417 forme activement des étoiles et contient d’importantes quantités de poussières. Mais se pose alors le problème de savoir ce qu’elle est devenue de nos jours. Si les galaxies spirales sont des objets fondamentaux dans l’Univers, représentant jusqu’à 70 % du nombre total de galaxies, on pense toujours qu’à la suite de collisions elles deviennent des galaxies elliptiques pauvres en gaz et en poussières, ce qui stoppe la formation de nouvelles étoiles.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/hubble-decouverte-plus-ancienne-galaxie-spirale-connue-40258/https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/hubble-decouverte-plus-ancienne-galaxie-spirale-connue-40258/

Un nouveau cycle d’éruptions solaires pourrait mettre le monde à genoux

Comment se préparer à un orage électromagnétique de grande ampleur?

Il est certes l’astre qui offre la vie à toute chose sur Terre. Mais alors qu’il est entré en 2020 dans un nouveau cycle de onze ans d’éruptions majeures, le soleil pourrait aussi être responsable, dans les années qui viennent, de désastres dont notre monde technologique peine encore à imaginer l’ampleur.

Il lui suffit pourtant de regarder l’histoire, plus ou moins proche, pour comprendre les ravages potentiels. Comme le rappelle Bloomberg, le plus puissant des orages électromagnétiques reconnus comme tels par l’humanité remonte à 1859.

Nommé le Carrington Event et décrit comme une «super tempête solaire parfaite», il aurait détruit une grande quantité du précieux ozone stratosphérique et a provoqué une surcharge électrique sur les réseaux télégraphiques nord-américains; certains opérateurs ont rapporté des électrocutions et que certaines stations avaient pris feu.

Plus proche de nous, en mars 1989, une autre de ces éruptions solaires, propulsant «un jet de matière grand comme trente-six fois la Terre à plus de 1,6 million de kilomètres/heure» a plongé pendant neuf heures six millions de Québecois et Québécoises dans le noir et dans le froid.

Les dangers sont donc bien réels, et le sont d’autant plus que depuis 1859 ou 1989, le monde est devenu absolument dépendant d’une fourniture électrique régulière et sans cahot, comme l’a montré le récent désastre texan, ainsi que sur les centaines de technologies et satellites qui règlent chacun des aspects de sa vie quotidienne.

Ces éruptions constituent un danger existentiel pour les satellites orbitant autour de la Terre, notamment pour l’omniprésent et vital global positioning system, pour les grilles et appareils électriques, pour les ondes radio ou pour les équipages d’avion (danger de cataracte pour les pilotes, auquel s’ajoute le risque de fausse-couche pour les femmes).

Bref: une très grosse éruption, comme la Terre en essuie tous les 150 ans selon les scientifiques, serait à même de plonger le monde dans le chaos. Concentrée sur le seul cas des États-Unis, une étude de l’American Geophysical Union parue en 2017 estime qu’un tel événement pourrait toucher 66% de la population américaine et représenter un coût économique de 41,5 milliards de dollars par jour.

Comme le rappelle Bloomberg, les observateurs sur le plancher des vaches peuvent constater, en temps réel, la survenance d’éruptions solaires. Ils ne peuvent en revanche réellement en connaître la nature et la dangerosité que lorsque la vague atteint des satellites spécialisés dans ces menaces, situés à un million de kilomètres de notre planète: à ce point, explique le site, il ne reste que 60 à 90 minutes avant que l’orage ne balaie la Terre.

Comment alors le monde peut-il se préparer à un tel orage? Certaines choses peuvent être imaginées pour en mitiger les effets –modernisation et consolidation des grilles électriques, utilisation généralisée de protections contre leur surcharge, plus grande utilisation de métaux non-magnétiques, etc.

Les scientifiques, appuyés par de récents programmes gouvernementaux renforçant leur rôle, semblent néanmoins s’accorder sur un point. Seule une «météo solaire» plus précise, une plus grande prévisibilité des orages électromagnétiques et une connaissance fine de leurs effets prévisibles peuvent permettre à l’humanité de mieux faire face à ce qu’elle ne peut de toute façon pas maîtriser.

Source : https://korii.slate.fr/tech/technologie-danger-cycle-eruptions-solaires-orages-electromagnetiques-electricite-meteo

Les habitants du Pacifique prêts pour l’éclipse de la « super Lune »

Les astronomes de la région Pacifique auront les yeux rivés au ciel mercredi soir pour observer une « super Lune » de couleur rougeâtre à l’occasion d’une éclipse totale, la première éclipse totale lunaire depuis deux ans.

Ce spectacle exceptionnel se produira au moment où la lune sera à son périgée, point le plus proche de la Terre. Du Pacifique à l’Ouest de l’Amérique du Nord, les amateurs pourront découvrir cette énorme lune de couleur rouge-orange.

Cet événement exceptionnel se produira entre 11H11 et 11H25 GMT, soit dans la soirée à Sydney et avant l’aube à Los Angeles, c’est-à-dire au moment où la Lune sera dans l’ombre de la Terre.

A ce moment là, la couleur de l’astre lunaire va foncer pour devenir rouge, rappelant les lueurs à l’heure du lever ou du coucher du soleil.

A la différence d’une éclipse solaire, ce phénomène ne présente aucun danger pour la vue.

Cette éclipse sera différente car elle coïncide avec une « super Lune » c’est-à-dire que la pleine lune apparaîtra relativement plus grosse que la moyenne car elle sera assez proche de la Terre, à 358.000 km, ce qui lui vaut ce qualificatif.

À ce moment-là, la lune apparait 30% plus lumineuse et 14% plus grande qu’à son point le plus éloigné.

« C’est très important », souligne Andrew Jacobs conservateur de l’astronomie à l’Observatoire de Sydney qui réunira des amateurs et des experts lors d’une soirée pour l’événement.

« Je m’attends à une nuit claire », a-t-il ajouté.

L’événement sera retransmis en direct et 20.000 personnes se sont déjà inscrites.

Pour ceux qui souhaitent profiter de ce spectacle exceptionnel, M. Jacobs estime que c’est en « Australie, Nouvelle-Zélande et dans une grande partie du Pacifique » que la vue sera la plus saisissante.

« Le continent américain pourra l’observer tôt le matin mais (ils) ne verront pas nécessairement toutes les parties de l’éclipse ».

Cette « super Lune », ne devrait pas être observable depuis l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Dans l’histoire, les éclipses qu’elles soient lunaires ou solaires étaient de mauvaise augure, notamment chez les Incas.

Certaines communautés Aborigènes australiennes y voyaient le signe que quelqu’un qui était parti avait été blessé ou tué.

Ceux qui rateront le spectacle de mercredi devront attendre 2033 pour assister à la prochaine « Lune de sang », comme la désignent les Américains.

Source : https://actu.orange.fr/societe/high-tech/les-habitants-du-pacifique-prets-pour-l-eclipse-de-la-super-lune-CNT000001Bee0Q.html

L’AFA appelle les astronomes amateurs à observer le transit de l’exoplanète WASP-148b

Dans la nuit du 26 au 27 juin en France métropolitaine, l’exoplanète WASP-148b passera devant son étoile. En invitant les astronomes amateurs à filmer ce transit, l’Association française d’astronomie (AFA) encadre en 2021 son premier projet de science participative.

« Aux astres, citoyens ! » C’est par ce slogan que nous vous présentons des projets d’astronomie participative dans notre bimestriel, depuis notre numéro 576. C’est par ce même slogan que l’AFA (Association française d’astronomie), éditrice du magazine Ciel & Espace, a appelé fin avril les amateurs et amatrices d’astronomie à prendre part à la recherche scientifique. Dans la nuit du 26 au 27 juin, les détenteurs d’un télescope doté d’une caméra sont invités à filmer le transit de l’exoplanète WASP-148b devant son étoile. De magnitude 12 et située dans la constellation d’Hercule, l’astre compte au moins deux compagnes. Deux planètes géantes en orbite découvertes en juillet 2020 par une équipe d’astronomes professionnels, mais aussi amateurs, menée par l’astrophysicien Guillaume Hébrard (Institut d’astrophysique de Paris).

Deux exoplanètes, un transit

Si la première planète, WASP-148b, a été vue pour la première fois par la méthode des transits, grâce à l’instrument SuperWASP depuis les îles Canaries, la seconde, WASP-148c a été décelée par « variations de chronométrage » (ou TTV, pour Transit timing variations en anglais). Un phénomène qui survient lorsqu’une forte interaction gravitationnelle existe entre plusieurs planètes d’un même système. Dans le cas présent, l’existence de WASP-148c, dont on estime que la masse se situe entre 40 et 60% de celle de Jupiter (quand WASP-148b en vaut 29%), déclenche un effet de freinage et d’accélération mutuels, entre les 2 planètes sur leurs orbites respectives. C’est ainsi que le transit de WASP-148b, qui survient tous les 8,8 jours, peut se produire avec près de 15 minutes d’avance ou de retard sur son heure de passage attendue.

« On connait peu de systèmes planétaires ayant deux planètes en forte interaction. Qui plus est, celui-ci est le premier, et le seul à l’heure actuelle, à avoir été détecté depuis le sol, et à être accessible par des amateurs » note Guillaume Hébrard, premier auteur de la publication dans Astronomy & Astrophysics ayant officialisé l’existence des deux exoplanètes. « De nouvelles données permettront d’améliorer la mesure des masses des planètes, l’excentricité de leurs orbites, et peut-être même de découvrir des planètes supplémentaires que le système est susceptible d’héberger » ajoute l’astrophysicien. Si ces planètes sont nombreuses, toutes ne garantissent pas de passer devant leur étoile hôte, du point de vue de la Terre. Ça n’est par exemple pas le cas pour la seconde exoplanète déjà découverte autour de WASP-148. Plus éloignée que la première et ne tournant qu’en 34,5 jours, WASP-148c passe au-dessus ou en-dessous de son étoile, n’obstruant aucune forme de lumière.

Matériel minimal

Par cet appel aux citoyens, l’AFA poursuit l’objectif qu’elle s’est fixée à partir de 2021 : promouvoir et accompagner des actions de science participative dans le domaine de l’astronomie. Les astronomes amateurs ici concernés doivent avant tout posséder une caméra pour enregistrer les données. Par sa faible luminosité, mais aussi la modeste chute de lumière engendrée – légèrement inférieure à 1% – la cible WASP-148 est idéalement destinée aux personnes équipées d’un télescope dont le diamètre vaut 200mm a minima. Et puisque le transit de WASP-148b dure environ 3h, une monture équatoriale motorisée pour suivre la course de l’étoile dans la nuit du 26 juin est recommandée. D’ouverture plus petite mais entièrement automatisés, les télescopes eVscope de la marque Unistellar participeront à ce projet. Si un seul de ces instruments ne saura distinguer le transit, la mise en commun de ces surfaces collectrices de 114 mm de diamètre, réparties en France métropolitaine, peut in fine faire apparaître un creux dans la courbe de lumière de l’étoile – soit la représentation de son éclat en fonction du temps. Une semaine après l’appel de l’AFA, 15 de détenteurs et détentrices d’eVscope ont répondu présent. L’association a pour l’heure recueilli les inscriptions de près de 75 participants. Avant le 26 juin 2021, le dernier transit de WASP-148b visible depuis l’Hexagone aura lieu dans la nuit du 13 au 14 mai.

Pour vous inscrire à cette opération de science citoyenne, rendez-vous sur : https://www.afastronomie.fr/transit-wasp-148b

Impression par la tranche des 2 planètes connues du système WASP-148, situé à 803 années-lumière de nous.
Capture prise via le logiciel Eyes on Exoplanets.

Source : https://www.cieletespace.fr/actualites/l-afa-appelle-les-astronomes-amateurs-a-observer-le-transit-de-l-exoplanete-wasp-148b?fbclid=IwAR3UyM-DiAj-GyXvp2ja9im68sXvnqpJ3aUcdlTe_-89LzVf3egcV0-H5Ic