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Qu’est-ce qu’une extinction de masse ?

Au cours des 500 derniers millions d’années, la vie sur Terre a dû se remettre de cinq extinction de masse. La sixième, d’origine anthropique, est en cours.

Plus de 99 % de tous les organismes ayant vécu sur Terre sont aujourd’hui éteints. À mesure que de nouvelles espèces évoluent pour s’adapter à leur environnement, des espèces plus anciennes disparaissent. Mais le taux d’extinction est loin d’être constant. Par cinq fois au cours des 500 derniers millions d’années, 75 % à plus de 90 % de toutes les espèces terrestres ont disparu en un clin d’œil géologique dans des catastrophes que nous appelons « extinctions de masse ».

Bien que les extinctions de masse soient des événements mortels, elles ouvrent la voie à de nouvelles formes de vie. L’extinction de masse la plus étudiée, qui a marqué le passage du Crétacé au Paléogène il y a environ 66 millions d’années, a tué les dinosaures non aviaires et a permis aux mammifères et aux oiseaux d’évoluer rapidement.

L’extinction du Crétacé-Paléogène a selon toute vraisemblance été causée par un énorme astéroïde, ce qui en fait une exception. Les principales causes des extinctions massives semble être des changements majeurs dans le cycle du carbone terrestre, telles que les grandes éruptions dans les provinces ignées, d’énormes volcans qui ont inondé des centaines de milliers de kilomètres carrés de lave. 

Ces éruptions ont projeté des quantités massives de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, entraînant un réchauffement planétaire incontrôlable et des effets secondaires tels que l’acidification des océans et une perte d’oxygène dans l’eau.

EXTINCTION ORDOVICIEN-SILURIEN – IL Y A 444 MILLIONS D’ANNÉES

La période ordovicienne, il y a 485 à 444 millions d’années, a été une période de changements dramatiques pour la vie sur Terre. Sur une période de 30 millions d’années les espèces se sont diversifiées, mais la fin de la période a été marquée par la première extinction de masse connue. À cette époque, un épisode de glaciation a emprisonné d’énormes quantités d’eau dans une calotte glaciaire qui recouvrait en partie une grande masse continentale du pôle sud. L’épisode glacial a peut-être été déclenché par la formation des Appalaches en Amérique du Nord. L’altération à grande échelle de ces roches fraîchement sorties de terre a aspiré le dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère et a considérablement refroidi la planète.

En conséquence, le niveau de la mer a chuté de plusieurs dizaines de mètres. Les créatures vivant dans les eaux peu profondes ont vu leurs habitats se refroidir et se rétrécir considérablement. Quelles qu’aient été les formes de vie qui restaient alors, elles ont dû faire face à un autre défi de taille : une fois que le niveau de la mer a recommencé à augmenter, les niveaux d’oxygène marin ont chuté, ce qui a permis aux océans de retenir plus facilement les métaux toxiques dissous.

Deuxième plus importante extinction de masse connue à jour, cette période a tué environ 85 % de toutes les espèces terrestres. Les organismes marins tels que les coraux et les brachiopodes ont été les plus touchés.

EXTINCTION DU DÉVONIEN – IL Y A 383-359 MILLIONS D’ANNÉES

Commençant il y a 383 millions d’années, cette extinction de masse a éliminé environ 75 % de toutes les espèces terrestres sur une période d’environ 20 millions d’années.

Au cours de plusieurs impulsions à travers le Dévonien, les niveaux d’oxygène dans les océans ont chuté de manière abrupte, ce qui a mis à mal les populations de conodontes et de goniatites, ancêtres des calmars et des poulpes. La pire de ces impulsions, appelée événement de Kellwasser, est survenue il y a environ 372 millions d’années. Les roches de la période prélevées dans ce qui est aujourd’hui l’Allemagne montrent que lorsque les niveaux d’oxygène ont chuté, de nombreuses créatures bâtisseuses de récifs se sont éteintes, y compris un groupe important d’éponges de mer appelées stromatoporoïdes.

Il a été difficile de déterminer la cause des impulsions qui ont ponctué l’extinction du Dévonien tardif, mais le volcanisme est un possible déclencheur : quelques millions d’années après l’événement de Kellwasser, une grande province ignée appelée pièges de Viluy a propulsé 1 million de kilomètres cubes de lave dans l’actuelle Sibérie. Avec pour corollaires l’émanation de gaz à effet de serre et de dioxyde de soufre, qui peuvent provoquer des pluies acides. Les astéroïdes peuvent également avoir joué un rôle dans cette extinction. Le cratère Siljan de 51 kilomètres de large en Suède, l’un des plus grands cratères d’impact connus de la Terre, s’est formé il y a environ 377 millions d’années.

Bien que cela puisse paraître surprenant, les plantes terrestres peuvent aussi avoir aggravé la situation. Au cours du Dévonien, les plantes ont réussi à s’adapter, notamment grâce à la lignine, un composé renforçant les tiges, et une structure vasculaire à part entière. Ces caractéristiques ont permis aux plantes de devenir plus grosses – et de s’enraciner plus profondément, ce qui aurait augmenté le taux d’altération des roches.

Plus les roches s’altèrent rapidement, plus les nutriments excédentaires s’écoulent de la terre vers les océans. L’afflux aurait déclenché la croissance des algues, et lorsque ces algues sont mortes, leur décomposition a éliminé l’oxygène des océans pour former ce que l’on appelle des zones mortes. De plus, la propagation des arbres aurait eu pour conséquence d’aspirer le CO2 présent dans l’atmosphère, ouvrant potentiellement la voie à un refroidissement global.

Dernière pièce de ce casse-tête : non seulement certaines créatures se sont éteintes à la fin du Dévonien, mais la diversification des espèces a ralenti durant cette période. Le ralentissement peut avoir été causé par la propagation d’espèces invasives, car le niveau élevé de la mer permet aux créatures d’habitats marins auparavant isolés de se mélanger, ce qui permet aux écosystèmes du monde entier de s’homogénéiser.

EXTINCTION PERMIEN-TRIAS – IL Y A 252 MILLIONS D’ANNÉES

Il y a 252 millions d’années, la vie sur Terre était confrontée à la « grande mort » : l’extinction du Permien-Trias. Ce cataclysme a été le pire événement que la vie sur Terre ait jamais connu. Sur environ 60 000 ans, 96 % de toutes les espèces marines et environ trois espèces sur quatre sur Terre se sont éteintes. Les forêts ont été anéanties et n’ont repris leurs étendues passées qu’environ 10 millions d’années plus tard. Des cinq extinctions de masse, le Permien-Trias est le seul ayant anéanti un grand nombre d’espèces d’insectes. Selon les estimations, les écosystèmes marins ont mis entre 4 et 8 millions d’années à se rétablir. 

L’extinction Permien-Trias peut principalement être expliquée par les pièges sibériens, un immense complexe volcanique qui a projeté plus de 3 millions de kilomètres cubes de lave à travers l’actuelle Sibérie. L’éruption a déclenché la libération d’au moins 14 500 milliards de tonnes de carbone, plus de 2,5 fois ce qui serait libéré si chaque milligramme de combustible fossile terrestre était déterré et brûlé. Le magma des pièges sibériens s’est ensuite infiltré dans les bassins houillers en direction de la surface, libérant probablement encore plus de gaz à effet de serre tels que le méthane.

Le réchauffement climatique qui en a résulté était littéralement infernal. Dans le million d’années suivant, les températures de l’eau de mer et du sol ont augmenté de plusieurs degrés. Il y a 250,5 millions d’années, les températures de surface de la mer à l’équateur atteignaient 40°C, la température maximale standard d’un bain à remous. À l’époque, presque aucun poisson ne vivait près de l’équateur.

À mesure que les températures augmentaient, les roches terrestres ont été plus rapidement altérées, notamment à cause des pluies acides renvoyant sur terre du soufre volcanique. Tout comme à la fin du Dévonien, une altération accrue aurait provoqué une anoxie qui a étouffé les océans. Les modèles climatiques suggèrent qu’à l’époque, les océans ont perdu environ 76 % de leur oxygène. Ces modèles suggèrent également que le réchauffement et la perte d’oxygène expliquent la plupart des pertes d’espèces durant cette extinction.

 

EXTINCTION TRIAS-JURASSIQUE – IL Y A 201 MILLIONS D’ANNÉES

La vie a mis du temps à se remettre de cette Grande Mort. Mais après avoir trouvé un chemin, elle s’est rapidement diversifiée. Différentes créatures bâtisseuses de récifs ont commencé à s’installer et une végétation luxuriante a recouvert la Terre, ouvrant la voie à un groupe de reptiles appelés les archosaures : les précurseurs des oiseaux, des crocodiliens, des ptérosaures et des dinosaures non aviaires. Mais il y a environ 201 millions d’années, la vie sur Terre a subi un autre coup dur : la perte soudaine de jusqu’à 80 % de toutes les espèces terrestres et marines.

À la fin du Trias, la Terre s’est réchauffée, ce qui a eu pour effet un quadruplement des niveaux de CO2 atmosphérique. Cela a probablement été déclenché par d’énormes quantités de gaz à effet de serre provenant de l’Atlantique central, une grande province ignée du centre de la Pangée, le supercontinent de l’époque. Les vestiges de ces anciennes coulées de lave sont maintenant répartis dans l’est de l’Amérique du Sud, l’est de l’Amérique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. La province magmatique de l’Atlantique Central était énorme. Son volume de lave pourrait couvrir les États-Unis continentaux.

La hausse du CO2 a acidifié les océans du Trias, empêchant les créatures marines de former leurs coquilles à partir de carbonate de calcium. Sur terre, les vertébrés dominants étaient les crocodiliens, qui étaient plus gros et bien plus diversifiés qu’ils ne le sont aujourd’hui. Beaucoup d’entre eux se sont éteints. Dans leur sillage, les premiers dinosaures, petites créatures agiles de la périphérie écologique, se sont rapidement diversifiés

EXTINCTION CRÉTACÉ-PALÉOGÈNE – IL Y A 66 MILLIONS D’ANNÉES

L’extinction du Crétacé-Paléogène est l’extinction de masse la plus récente et la seule liée à un impact majeur d’astéroïde. Quelque 76 % de toutes les espèces de la planète, y compris tous les dinosaures non aviaires, se sont éteintes.

Un jour, il y a environ 66 millions d’années, un astéroïde d’environ 12 kilomètres de diamètre s’est écrasé dans les eaux au large de ce qui est aujourd’hui la péninsule du Yucatán, au Mexique. L’impact a projeté d’énormes volumes de poussière, de débris et de soufre dans l’atmosphère, provoquant un refroidissement mondial. Des incendies de forêt ont enflammé n’importe quelle terre à moins de 1 400 kilomètres de l’impact, et un énorme tsunami s’est propagé. Du jour au lendemain, les écosystèmes qui abritaient les dinosaures non aviaires ont commencé à s’effondrer. 

Le réchauffement climatique alimenté par les éruptions volcaniques des plaines du Deccan en Inde pourrait avoir aggravé la situation. Certains scientifiques soutiennent même que certaines des éruptions du Deccan Flats pourraient avoir été déclenchées par l’impact.

L’EXTINCTION EN COURS

La Terre traverse actuellement une crise de la biodiversité. Des estimations récentes suggèrent que l’extinction menace jusqu’à un million d’espèces de plantes et d’animaux, en grande partie à cause des activités humaines telles que la déforestation, la chasse et la surpêche. D’autres menaces sérieuses incluent la propagation d’espèces invasives et de maladies causées par le commerce humain, ainsi que la pollution et le changement climatique d’origine anthropique. 

Aujourd’hui, les extinctions se produisent des centaines de fois plus vite qu’elles ne le feraient naturellement. Si toutes les espèces actuellement désignées comme étant en danger critique d’extinction, menacées d’extinction ou vulnérables s’éteignent au cours du prochain siècle, et si ce taux d’extinction se poursuit sans ralentissement, nous pourrions approcher le niveau d’une extinction massive d’ici 240 à 540 ans .

Le changement climatique représente une menace à long terme. Le recours aux combustibles fossiles nous a permis d’imiter chimiquement de grandes provinces ignées, en injectant chaque année des milliards de tonnes de dioxyde de carbone et d’autres gaz dans l’atmosphère terrestre. En volume total, ces anciens volcans ont émis bien plus que les humains aujourd’hui ; les pièges sibériens ont libéré plus de 1 400 fois plus de CO 2 que les humains en 2018 en brûlant des combustibles fossiles pour produire de l’énergie. Cependant, les humains émettent des gaz à effet de serre aussi rapidement, voire plus rapidement, que les pièges sibériens, et le climat de la Terre change rapidement en conséquence.

Comme nous le montrent les extinctions massives, un changement climatique soudain peut être profondément perturbateur. Et bien que nous n’ayons pas encore franchi le seuil des 75 % caractérisant les extinctions de masse, cela ne veut pas dire que les choses vont bien. Bien avant d’atteindre ce triste pourcentage, les dommages plongeraient les écosystèmes que nous connaissons dans le chaos, mettant en péril les espèces du monde entier. Y compris la nôtre.

Source : https://www.nationalgeographic.fr/sciences/culture-quest-ce-quune-extinction-de-masse?fbclid=IwAR0YZ8qU8RkrMonKix-45EvbHVTcbl30udayNAVuGV9neE1GAv3GlI9-HN

Comment la fonte de l’Arctique met le feu aux États-Unis

Dans l’Arctique, la glace fond. Dans l’ouest américain, les feux de forêt se font de plus en plus violents. Le tout, à cause du réchauffement climatique anthropique. Des chercheurs montrent aujourd’hui comment les deux phénomènes sont étroitement liés.

Robert Frost, c’est un poète américain. Au nom prédestiné. Parce que oui, en anglais, « frost » veut dire « gel ». Et c’est donc en évoquant les écrits de Robert Frost que des chercheurs du Pacific Northwest National Laboratory (États-Unis) introduisent aujourd’hui leurs récents travaux. « Certains pensent que le monde finira dans le feu. Certains pensent qu’il finira dans la glace. »

Mais les chercheurs soulignent qu’en matière de climat, les choses ne sont pas aussi binaires. Entre le feu et la glace, ils envisagent plutôt une sorte de relation donnant-donnant. Dans leur étude, ils montrent qu’à mesure que la glace de mer fond dans l’Arctique, le soleil réchauffe un peu plus la région ce qui conduit à des conditions propices aux feux de forêt dans les lointains états de Californie, de Washington et de l’Oregon. L’existence de cette relation étroite entre les deux phénomènes était déjà connue. Aujourd’hui, les chercheurs en présentent le mécanisme.

« C’est un peu comme avec l’effet papillon », commente Hailons Wang, géologue au Pacific Northwest National Laboratory, dans un communiqué. Celui qui avance que le battement d’aile d’un papillon peut déclencher une tornade à l’autre bout du monde. « La région arctique et l’ouest des États-Unis sont liés par une telle relation. Le réchauffement de la surface des terres et des mers dans la région arctique causé par la perte de glace de mer déclenche, au loin, des conditions plus chaudes et plus sèches dans l’ouest des États-Unis plus tard dans l’année. »

Moins de glace, plus d’incendies
Ce qui se passe exactement, c’est qu’avec le réchauffement climatique anthropique, la glace de mer notamment, fond. Du côté de l’Arctique, les eaux se réchauffent. Et les différences de pression avec l’atmosphère au-dessus de la région augmentent. Le tout entretient un vortex qui tourne sur l’Arctique dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Un vortex qui souffle de l’air chaud vers l’ouest des États-Unis. Un vortex tellement puissant qu’il parvient à incurver le courant-jet polaire. Celui-là même qui, en principe, amène de l’humidité sur la côte américaine.

À ce stade, un second vortex se forme. Sur les États-Unis et tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, lui. Résultat, au lieu de profiter d’un air frais et humide, l’ouest du pays connait alors un ciel clair et des conditions sèches. Une situation particulièrement propice au déclenchement de feux de forêt. Et avec le réchauffement climatique qui se poursuit, la situation ne devrait qu’empirer.

Depuis le début des enregistrements à la fin des années 1970, la couverture de glace de mer ne cesse de diminuer dans l’Arctique. Les chercheurs envisagent désormais même des périodes libres de glace avant les années 2050. Dans le même temps, les feux et méga-feux de forêt se font de plus en plus fréquents et violents sur l’ouest des États-Unis. En 2021, ce ne sont pas moins de 1,2 million d’hectares qui sont partis en fumée du côté de la Californie ou de l’Oregon.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-fonte-arctique-met-feu-etats-unis-95664/

Évolution de la vie sur Terre et supernovae seraient étroitement liées

Dans leur quête pour comprendre les origines de la vie, les scientifiques s’interrogent notamment sur les conditions propices à son émergence. Beaucoup d’hypothèses ont déjà été formulées. Et aujourd’hui, des chercheurs avancent que la vie sur Terre pourrait avoir reçu un petit coup de pouce de supernovae apparues ces derniers milliards d’années.

Selon l’expression consacrée, nous serions issus « de poussières d’étoiles ». Mais le scénario précis de l’apparition de la vie sur Terre reste à écrire. Aujourd’hui, des chercheurs de l’université du Danemark viennent en écrire une nouvelle page. Elle raconte le lien étroit qui existerait entre la vie sur Terre et le nombre d’étoiles qui explosent en supernovae à proximité de notre Planète.

Les chercheurs ont en effet observé une corrélation entre la part de matière organique enfouie dans les sédiments et les changements dans l’occurrence des supernovae. Ils rapportent que cette corrélation se retrouve dans les données sur les 3,5 derniers milliards d’années. Un peu plus encore sur les 500 derniers millions d’années. Elle pourrait faire la preuve que les explosions d’étoiles en supernovae ont participé à l’établissement de conditions propices à l’apparition de la vie sur Terre.

Comment ? Par un effet des rayons cosmiques sur les nuages et sur le climat de notre Planète. Car rappelons que lorsque des étoiles massives explosent en supernovae, elles produisent des rayons cosmiques qui transportent des particules de hautes énergies. Lorsque les rayons cosmiques arrivent dans les environs du Système solaire et qu’ils se heurtent à la Terre, ils provoquent une certaine ionisation de notre atmosphère.

Un effet sur le climat et l’oxygène
Or des études antérieures de la même équipe de chercheurs avaient pu montrer que les ions participent à la formation et à la croissance des aérosols. Avec pour effet d’influencer aussi, la formation de nuages. Et les nuages, c’est une évidence, jouent sur la quantité d’énergie solaire qui peut arriver jusqu’à la surface de la Terre. Des preuves empiriques confirment qu’il existe bien un lien important entre rayonnement cosmique et climat. À l’échelle géologique, le nombre de supernovae à l’origine de ces rayons cosmiques peut varier de plusieurs centaines de pour cent. Avec donc, des effets non négligeables sur notre climat.

Ainsi, au cours des périodes qui ont vu s’allumer le plus de supernovae, le climat sur Terre s’est refroidi. Des différences de températures importantes se sont créées entre l’équateur et les pôles. Des vents forts ont soufflé. Et les océans se sont mélangés. Permettant de fournir et de disperser beaucoup de nutriments. Résultat : une plus grande bioproductivité et plus de matière organique dans les sédiments.

Les chercheurs soulignent que l’enfouissement de la matière organique dans les sédiments permet aussi de produire un oxygène indispensable à la vie. Celui-ci est en effet classiquement fabriqué par photosynthèse à partir d’eau, de lumière et de dioxyde de carbone (CO2). Mais si l’on imagine que la matière organique n’est pas dirigée vers les sédiments, il est retransformé — avec la matière organique en question — en CO2 et en eau. Une autre manière pour les supernovae d’influencer l’évolution de la vie sur notre Terre.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/univers-evolution-vie-terre-supernovae-seraient-etroitement-liees-95938/

Vers un retour du phénomène climatique El Niño en 2022

Alors que le phénomène La Niña atteint actuellement son pic d’intensité, le retour de son homologue « chaud », El Niño, semble se dessiner pour le début de l’été prochain avec des conséquences complètement différentes sur le climat mondial en 2022.

La Niña et El Niño sont deux phénomènes climatiques caractérisés par une anomalie de température d’une partie des eaux de l’océan Pacifique : on parle d’une « année La Niña » lorsque l’eau est plus froide que la moyenne, à l’inverse on parle d’une « année El Niño » lorsque l’eau est plus chaude que la moyenne. La différence de température océanique entre les deux phases peut atteindre 10 °C d’écart entre El Niño et La Niña. Ces différences au niveau des températures de l’eau ont des conséquences sur le climat des mois suivants, particulièrement sur le continent américain, africain et asiatique, beaucoup moins en Europe. En dehors de l’impact sur les précipitations et sur les températures, ces phénomènes sont connus pour leur effet sur l’intensité de la saison cyclonique.

Des phases climatiques de 1 à 3 ans
Ces deux phénomènes fonctionnent par phase, durant chacune un à trois ans. Le début d’une nouvelle phase se produit généralement au cours de l’été, voire de l’automne. Mais il arrive très souvent qu’une phase « froide » se prolonge plusieurs années de suite, c’est ce qui s’est produit avec La Niña, qui a marqué le climat de l’hiver précédent et de celui en cours. Les dernières projections des modèles climatiques envisagent un affaiblissement de La Niña à partir de février-mars, suivi d’une période neutre au printemps, puis du retour d’El Niño à partir de juin. L’Organisation météorologique mondiale précise que « grâce aux progrès scientifiques réalisés en matière de compréhension et de modélisation de ce phénomène, nos compétences en matière de prévision se sont améliorées et il est désormais possible de prévoir l’occurrence du phénomène à des échéances d’un à neuf mois, ce qui permet à la société de se préparer aux dangers qui y sont associés, tels que les fortes pluies, les inondations et la sécheresse ». Cependant, il faut préciser que la science a encore beaucoup de mal à comprendre ce qui déclenche l’apparition d’un cycle ou l’autre, et les causes qui le font durer l’espace d’une année, ou plus. De même, en dehors du continent américain, les conséquences de ces deux cycles sont encore mal cernées sur beaucoup de régions du globe.

Les conséquences du retour d’El Niño
Rappelons que la fin d’automne et le début d’hiver derniers ont été marqués par les conséquences typiques d’une phase La Niña : chaleur et sécheresse dans le sud des États-Unis, tornades violentes en décembre sur le centre des États-Unis, un grand nombre de phénomènes cycloniques dans l’Atlantique (21 dont 7 ouragans), de fortes précipitations en Indonésie et au Brésil, ainsi qu’un temps un peu plus frais que la moyenne sur l’Europe de l’Ouest (France comprise).

Lors d’une phase El Niño, on retrouve un système dépressionnaire persistant sur le Pacifique Nord, qui pousse le courant jet très au nord. Par conséquent, de l’air chaud se trouve régulièrement bloqué sur le nord des États-Unis et l’ouest du Canada, avec un risque de neige plus réduit. De l’autre côté, de l’air plus froid gagne le sud des États-Unis, ainsi que de fortes précipitations. Cette configuration entraîne en général un plus faible nombre de tornades que la moyenne sur le centre et le sud des États-Unis ; lors des années El Niño, le risque de neige abondante est par contre plus présent sur l’est du pays, dont New York. Concernant les cyclones dans l’Atlantique Nord, ils sont généralement moins nombreux que la moyenne en phase El Niño, car la température de l’eau, dans la zone tropicale où se forment les dépressions, est un peu plus faible. Les cyclones sont par contre plus nombreux dans l’océan Pacifique. La sécheresse frappe en général l’ouest du Pacifique (Indonésie, Philippines, Australie) et les précipitations sont fortes, voire diluviennes sur l’ouest de l’Amérique du Sud.

Les conséquences en Europe sont par contre très atténuées, voire nulles. Certains climatologues estiment tout de même qu’El Niño peut avoir des conséquences sur l’hiver au nord de l’Europe, sur les îles britanniques et la Méditerranée, mais de manière très faible : en modifiant la position du jet-stream, ce courant modifie à son tour le « rail des dépressions atlantiques » qui occasionnent pluie et vent en Europe de l’Ouest l’hiver.

Le retour d’El Niño pour l’été et l’automne 2022 reste à ce jour une hypothèse qui mérite d’être confirmée au cours des prochains mois, mais dont la probabilité semble se renforcer de plus en plus.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-vers-retour-phenomene-climatique-el-nino-2022-95744/

Le réchauffement climatique est en train de transformer radicalement la surface des océans

Avec le réchauffement climatique et l’acidification des océans qui l’accompagne, les écosystèmes marins sont sous tension. Des chercheurs nous préviennent aujourd’hui que cela pourrait ne faire que commencer. Car nos émissions de gaz à effet de serre semblent vouloir totalement bouleverser l’équilibre de la surface des océans.

Les scientifiques définissent le climat de la surface des océans à partir de la température de l’eau, du pH et de la concentration en aragonite, un minéral composé essentiellement de carbonate de calcium (CaCO3) que les coraux et autres organismes utilisent pour former des coquillages. Et une équipe montre aujourd’hui qu’une part plus ou moins importante des climats que les surfaces des océans ont connu au XXe siècle pourrait disparaître d’ici 2100. Une part dépendant de l’évolution de nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Des climats inédits pourraient même faire leur apparition.

Les chercheurs de l’université Northeastern (États-Unis) ont modélisé pour cela les climats océaniques à l’échelle mondiale au début et à la fin du XXe siècle ainsi qu’à la fin du XXIe siècle. Le tout selon deux scénarios d’émissions de GES, l’un présentant un pic en 2050, l’autre en 2100.

Des conséquences sur les écosystèmes
Selon ces modélisations, entre 35,6 et 95 % — sous le scénario d’émissions de GES le moins favorable — des climats que les surfaces des océans ont connus au XXe siècle pourraient disparaître à la fin du XXIe siècle. Entre 10,3 et 82 % de l’océan mondial pourrait connaître un nouveau climat, avec des températures plus élevées, un pH plus acide et une concentration plus faible en aragonite.

Les chercheurs soulignent l’importance de leur découverte. En effet, certaines espèces marines suivent actuellement le rythme du changement climatique en se dispersant dans de nouveaux habitats. Mais si les climats océaniques traditionnels disparaissent, cela pourrait leur devenir tout simplement impossible. Contraignant les espèces à s’adapter très rapidement ou… à s’éteindre !

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-rechauffement-climatique-train-transformer-radicalement-surface-oceans-93205/