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Pourquoi Perseverance a-t-il pris 2 échantillons dans le même rocher sur Mars ?

Le rover Perseverance de la Nasa a collecté son cinquième échantillon martien dans une roche qu’il avait déjà forée. Ce double prélèvement est justifié par une caractéristique prometteuse de cette cible.

« Ce rocher est tellement sympa que je l’ai échantillonné deux fois ! » En ces quelques mots, la Nasa a annoncé le 24 novembre sur Twitter que son rover Perseverance vient d’obtenir son cinquième échantillon de Mars. Le prélèvement a bien été bouché et scellé dans un tube, renfermant désormais un deuxième morceau d’une roche dans laquelle l’astromobile avait déjà foré.

UNE ROCHE CONTENANT « UN MINÉRAL VERDÂTRE »
Pourquoi avoir creusé deux fois dans la même roche ? « Je double les échantillons sur certaines cibles prioritaires comme celle-ci », précise le tweet de @NASAPersevere. Quelques jours plus tôt, le 16 novembre, la Nasa avait rapporté que le rover avait prélevé un morceau d’une « roche chargée d’olivine, un minéral verdâtre » qui intéressait apparemment beaucoup les chercheurs.

Sur Terre, l’olivine (qui doit son nom à sa couleur vert olive) est un minéral que l’on retrouve dans les péridotites, des roches constituant l’essentiel du manteau terrestre. Pour l’instant, la Nasa ne donne pas d’indication précise sur l’origine que pourrait avoir l’olivine sur cette roche martienne. « Les hypothèses fusent ! » se contente de mentionner le tweet.

DANS LE VENTRE DU ROVER, DES TAS DE TUBES À REMPLIR
Le sujet semble en tout cas avoir un intérêt scientifique, pour que l’astromobile réalise deux forages dans la même cible. Perseverance a commencé ses premiers prélèvements fin septembre 2021, dans une roche qui avait reçu le surnom de « Rochette ». Au total, le robot embarque 43 tubes, qu’il doit progressivement remplir au fur et à mesure de son exploration du cratère Jezero, où il s’est posé en février. L’objectif est de faire revenir un jour ces tubes sur la Terre — ce qui n’a pas toujours été le cas. Perseverance les déposera à la surface de Mars, afin qu’un autre robot vienne les chercher.

L’analyse de ces prélèvements sur Terre est très attendue, car pour l’instant seuls des échantillons de la Lune, ainsi que des prélèvements de comète et d’astéroïde, ont été rapportés de l’espace. Pour la première fois, le retour d’échantillons sera organisé dans une perspective microbiologique, c’est-à-dire avec l’intention de rechercher d’éventuelles traces de vie. Il faut cependant garder à l’esprit que confirmer une telle découverte pourrait s’avérer très complexe.

Source : https://www.numerama.com/sciences/758260-pourquoi-perseverance-a-t-il-pris-2-echantillons-dans-le-meme-rocher-sur-mars.html

Comment obtient-on les superbes images du télescope Hubble ?

Les inoubliables images de Hubble ont changé la vision de l’astronomie auprès du grand public. Comment sont-elles façonnées ? L’astronome Yaël Nazé détaille leur fabrique, entre techniques numériques et inspiration des peintres du Far West américain, dans The Conversation.

Les images du télescope spatial Hubble, devenues des icônes, ont fait son succès auprès du public. Ces superbes clichés soulèvent beaucoup de questions auprès du public : on me demande souvent s’il s’agit de « vraies » images, par exemple.

Voici un petit tour d’horizon de la fabrique de ces fameuses images… et désormais, de celles des autres télescopes, car si l’équipe du télescope spatial Hubble a été pionnière et a bénéficié du boom d’internet pour la diffusion à grande échelle, sa « grammaire visuelle » a été reprise un peu partout depuis.

AU DÉPART
Première chose à retenir : les images produites par le télescope Hubble (et ses collègues) sont numériques. Aujourd’hui, tout le monde connaît ce genre d’image et en fait avec son appareil photo ou son téléphone, mais les astronomes ont en fait utilisé des détecteurs électroniques des années avant le grand public. Il existe cependant une différence notable entre vos images et celles des astronomes : les vôtres sont en couleurs, alors que celles des astronomes sont monochromatiques.

Vous levez peut-être un sourcil, vu que toutes ces belles images astronomiques regorgent de couleurs. Pour comprendre, revenons à la base. Si vous obtenez des images couleur, c’est parce qu’il y a plusieurs détecteurs côte à côte dans chaque pixel de votre caméra. Cela prend un peu de place, donc rend les images un peu moins détaillées. Cela ne pose pas problème pour la vie courante, mais les astronomes, eux, veulent le plus de détails possible et leurs détecteurs s’alignent donc en rang serré. Comment avoir la couleur dans ces conditions ? C’est simple : il suffit de recommencer l’exposition, en plaçant à chaque fois un filtre différent devant le détecteur. Chaque image astronomique est donc une combinaison d’images monochromatiques prises à la suite et non simultanément comme dans une photo classique.

Comme les instruments ne sont jamais parfaits, il faut ensuite appliquer quelques corrections, pour corriger des différences de sensibilité entre pixels ou encore éliminer les rayons cosmiques qui passaient par là, laissant une trace non désirée dans l’image. Ce n’est pas tout. Il reste en fait à rendre l’image intéressante et pour cela, il faut se souvenir qu’une image numérique est un tableau de chiffres.

UN PETIT COUP DE PHOTOSHOP ?
Première étape : l’astronome va choisir la « zone de brillance » qui l’intéresse. Imaginons une image de galaxie : si l’astronome est intéressé par les fines volutes des nébuleuses, il mettra en valeur les luminosités faibles, car ces objets sont peu brillants ; au contraire, si l’astronome se focalise sur les étoiles, il insistera sur les luminosités élevées. Pour représenter les chiffres de l’image, on peut ainsi utiliser une échelle linéaire, logarithmique ou carrée, chacune mettant l’accent sur des luminosités différentes – la logarithmique, par exemple, va « booster » les luminosités faibles, rendant visible des détails auparavant noyés dans les ténèbres. On peut même décider de ne pas montrer les luminosités extrêmes (trop faibles ou trop élevées), éliminant une partie (inutile) de l’information.

Seconde étape : l’orientation et le cadrage. L’astronome professionnel se contente généralement de zoomer sur la zone du ciel qui l’intéresse, avec une orientation quelconque ou cardinale (nord vers le haut de l’image, par exemple). Mais pour les images destinées au grand public, d’autres critères peuvent entrer en ligne de compte (voir plus loin).

Dernière étape : coloriser. Typiquement, on devrait coloriser en bleu l’image prise avec un filtre bleu, en vert celle prise avec un filtre vert et en rouge celle prise avec un filtre rouge, puis combiner les trois pour avoir une image normale, colorée. Sauf que ce n’est pas si simple… En fait, il est plutôt rare que les filtres soient « juste » rouge-vert-bleu.

Les astronomes utilisent en réalité des filtres permettant d’avoir une information scientifique précise, par exemple la signature de l’oxygène ionisé, et non les trois bandes larges conventionnelles. Les images prises dans ces filtres particuliers permettent de repérer directement des zones intéressantes, plus chaudes, plus denses, ayant subi un choc, etc.

Alors, le graphiste louvoie et utilise de « fausses couleurs », souvent en respectant une convention bien spécifique : ils colorent en bleu la lumière la plus énergétique et en rouge la moins énergétique, reproduisant la différence naturelle entre couleurs. Ainsi, si l’on dispose d’un groupe d’images en orange foncé, rouge clair et rouge foncé, l’orange foncé sera montré en bleu, le rouge clair en vert et le rouge foncé en rouge ; pour un groupe violet-bleu marine-cyan, le violet deviendra bleu, le bleu marine vert et le cyan rouge.

Ce type de convention s’étend à la lumière non visible à l’œil nu : on représentera l’infrarouge proche en bleu, le moyen en vert et le lointain en rouge ; on montrera les rayons X les plus énergétiques en bleu, et les moins énergétiques en rouge.

INSPIRATION…
L’alchimie tout juste décrite est donc capable de produire les fameuses icônes de Hubble. Tout cela est clairement technique et vous semble probablement dénué de l’émotion intense qui vous prend à la vue de ces superbes images célestes… Comment est-ce possible, comment un tel processus génère autant de sentiment ? Cela ne doit rien au hasard et l’équipe du télescope spatial fait ici figure de pionnier : première à diffuser largement des images numériques, elle a tellement marqué le domaine que les autres observatoires ont suivi son exemple. Mais elle avait une source d’inspiration clairement identifiée : les peintures du XIXe siècle de l’Ouest américain.

Des artistes accompagnaient en effet les premières expéditions géologico-géographiques vers le « Far West ». Leur tâche ? Tout d’abord, documenter des phénomènes ou des concrétions remarquables, mais aussi promouvoir les expéditions et leurs résultats, et ainsi obtenir des subsides des parlementaires pour les campagnes suivantes. Elles encouragèrent aussi l’installation dans ces contrées reculées, et suscitèrent des vocations d’explorateurs ou de géologues. Pour y arriver, les paysagistes composèrent des images avec des diagonales fortes ou des contre-jour impressionnants. Le parallèle entre certaines de leurs peintures et les images de Hubble est criant : colonne rocheuse et piliers de la nébuleuse de l’Aigle, montagne avec nuages tempétueux et « montagne mystique »… Les images astronomiques utilisent donc les « trucs » des peintres et photographes pour retenir l’attention et susciter l’émotion.

Far West ou espace, on trouve dans les deux cas l’attrait du spectaculaire, des belles choses jamais vues auparavant, et un rendu parfait capable de titiller à la fois les sens et l’esprit. S’y mêle le rêve romantique des contrées inviolées, jamais encore touchées par l’homme – de nouveaux espaces qui donnent au pionnier le plaisir de découvrir et d’explorer. S’y ajoute la question de la frontière : frontière de nos connaissances, frontière de notre influence, frontière à explorer – puis à dépasser. Ces images rendent finalement l’étrange et l’inaccessible familiers, elles stimulent notre imaginaire, et elles nous suggèrent d’envisager positivement un progrès futur, en ouvrant un… univers de possibilités.

Alors, au final, s’agit-il de « vraies » images ? Oui, puisqu’il s’agit bien de l’enregistrement de la lumière de l’objet, il ne s’agit pas de dessin fictionnel. Pourtant, il est tout aussi clair que notre œil ne pourrait évidemment pas voir la même chose : vu ses limitations, et sans même considérer les traitements appliqués à l’image, il est probable que si l’on regardait ce coin du ciel, même avec un télescope, on ne verrait pas grand-chose, et certainement pas en couleurs vu les limitations de nos yeux (pour les lumières faibles, nous voyons avec les bâtonnets, qui sont monochromatiques).

En nous donnant à voir de vrais signaux astronomiques hors de la portée de nos yeux, les images de Hubble et des autres télescopes astronomiques nous emmènent dans un ailleurs inspirant…

Source : https://www.google.com/amp/s/www.numerama.com/sciences/744148-comment-obtient-on-les-superbes-images-du-telescope-hubble.html/amp

Inspiration4 : Elon Musk envoie quatre touristes en orbite

A 2h02 le 16 septembre 2021, la mission Inspiration4, effectuée par Space X, est partie pour un vol orbital de trois jours. C’est la toute première mission spatiale 100% touristique de l’histoire.
Depuis quelques heures, quatre astronautes d’un genre nouvau goûtent aux joies de l’apesanteur. Aucun d’eux n’avait volé dans l’espace auparavant. Et aucun d’eux n’avait suivi la longue et difficile formation d’astronaute professionnel. Mais grâce à la société Space X, ils ont pu obtenir leur billet à bord d’une capsule Crew Dragon qui, propulsée par une fusée Falcon 9, a décollé le 16 septembre à 2h02, de cap Canaveral en Floride. Cette mission baptisée Insipration4 s’est élancée depuis le mythique du pas de tir 39A, utilisé par les astronautes d’Apollo 11 il y a 52 ans.

Le vol, prévu pour durer trois jours, propulse les quatre touristes-astronautes à 585 km d’altitude. Ils voleront ainsi un peu plus haut que la station spatiale internationale, qui évolue à 400 km du sol.

L’équipage a embarqué à bord d’une capsule Crew Dragon réutilisable. Celle-ci a déjà volé dans l’espace. Elle est revenue sur Terre le 2 mai 2021 avec les quatre astronautes professionnels de la mission Crew-1. Une autre capsule Crew Dragon utilisée notamment par Thomas Pesquet est actuellement amarrée à la station. Ce vol s’effectue en mode automatique. Les passagers ont néanmoins suivi un entrainement de 5 mois pour apprendre à vivre à bord et parer aux imprévus.

Le nez de la capsule a été modifié pour mettre un dôme panoramique à la place de la baie d’amarrage à l’ISS. La mode du selfie touristique s’exporte jusque dans l’espace puisqu’une webcam externe permettra de filmer les astronautes avec la terre en arrière-plan. Un futur hit sur les réseaux sociaux.

Qui sont les passagers à bord d’Insipiration4 ?
Les quatre places à bord ont été financées par le milliardaire Jared Isaacman, PDG de Shift4 Payment pour un montant inconnu mais estimé à 200 millions de dollars. Il profite de ce vol pour faire de la promotion pour le St. Jude Children’s Research Hospital, centre pédiatrique de cancérologie de pointe située à Memphis, dans le Tennessee. Le milliardaire a invité Hayley Arceneaux, une jeune femme de 29 ans, employée de l’hôpital, et rescapée d’un grave cancer des os lorsqu’elle était enfant. Elle devient la plus jeune Américaine à aller dans l’espace. Sian Proctor, 51 ans, professeur en géologie et ancienne candidate astronaute de la Nasa, a été désignée « pilote ». Elle a été choisie par Jared Isaacman à l’issue d’une sélection. Et enfin Chris Sembroski, 42 ans, est un vétéran de l’armée de l’air américaine et ingénieur en données aérospatiales. Il a profité d’un tirage au sort parmi les donateurs participants au financement de l’hôpital.

Un record de 14 astronautes dans l’espace
Jusqu’ici, il y avait eu jusqu’à 13 astronautes simultanément dans l’espace. Le record est battu avec Insipiration4 car il y a actuellement avec un équipage international de quatre astronautes dont Thomas Pesquet parti à bord d’un Crew Dragon vers l’ISS et de trois cosmonautes russes ayant voyagé en Soyouz. À ceux-là, il faut ajouter trois taïkonautes en mission dans la toute nouvelle station spatiale chinoise véhiculés par la capsule Shenzhou 12. Cette situation est éphémère car les Chinois, qui ont quitté leur station une heure après le lancement d’Inspiration4, reviennent sur Terre le 17 septembre 2021 au matin.

Une première mais pas tout à fait
Inspiration4 est le tout premier vol orbital de l’histoire 100% touristique. Elon Musk s’est néanmoins fait devancer dans le domaine par son grand concurrent Jeff Bezos le 20 juillet avec sa fusée New Shepard, et par Richard Branson le 11 juillet avec son avion Spaceship Two. Mais il s’agissait dans les deux cas de brefs sauts de puce jusqu’aux la portes de l’espace, et non de mises en orbite. En revanche, d’autres touristes se sont déjà mis en orbite, en voyageant avec des Soyouz à destination de l’ISS. Et ça ce n’est vraiment pas nouveau puisque le voyage du pionnier Denis Tito a eu lieu il y a tout juste 20 ans.

Ce que change vraiment l’offre de Space X est de permettre d’envisager de tels vols de façon routinière. Et permettre à un plus grand nombre de personnes d’y accéder. D’ailleurs, l’aventurier Philippe Croizon amputé des quatre membres était présent au moment du lancement. Elon Musk lui a promis de l’envoyer dans l’espace d’ici deux ou trois ans. Tout était parti d’un tweet dans lequel ce sportif qui a traversé la Manche à la nage exhortait le milliardaire : « Hello @elonmusk, je suis un aventurier français célèbre sans bras ni jambes ! Envoyez-moi dans l’espace pour montrer une fois de plus que tout est possible !» Message entendu.

Source : https://www.cieletespace.fr/actualites/inspiration4-elon-musk-envoie-quatre-touristes-en-orbite

Surprise, la mission de l’hélico Ingenuity ne s’arrêtera pas : « Maintenant c’est un vol après l’autre »

La mission d’Ingenuity est loin d’être terminée. L’hélicoptère de la Nasa poursuit inlassablement son péril sur Mars et ne compte pas encore s’arrêter. Les vols sont un tel succès qu’il a été décidé d’en faire un allié de Perseverance tant qu’il continue de bien fonctionner.

Il avait tout pour être un second rôle idéal, mais il est en train de voler la vedette au personnage principal. Ingenuity multiplie les prouesses depuis son arrivée sur Mars et ce n’est pas près de s’arrêter. Après désormais une douzaine de vols, le petit hélicoptère qui accompagnait le rover Perseverance est en pleine forme et dépasse toutes les attentes. « Un seul vol aurait été un succès, raconte Nacer Chahat, ingénieur français au JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la Nasa qui a travaillé sur les antennes et tout le système de communication. Donc là c’est bien au-delà des espérances et les missions sont de plus en plus complexes. »

Ingenuity a appris à aller plus haut, plus loin, et il a désormais volé sur plus d’un kilomètre de distance au total. Un succès tel que désormais, à la Nasa, on ne parle plus du tout de fin de mission pour lui. Mars va bientôt passer derrière le Soleil et la communication va être interrompue, mais dès le retour il va pouvoir continuer. « Maintenant c’est un vol après l’autre, précise Nacer Chahat. Tant que le système est fiable, on continue. »

PROCHAINE ÉTAPE : AIDER PERSEVERANCE (À MOINS D’UN KILOMÈTRE)
On continue, certes, mais pour quoi faire ? Ingenuity a cumulé bien assez de données pour tester tous ses composants et pour apprendre à voler dans toutes les circonstances. Il a rempli son cahier des charges. La prochaine étape est donc d’aider Perseverance. « Maintenant nous pouvons aider les scientifiques, et pas seulement apprendre à voler, assure Nacer Chahat. Ingenuity peut aller voir des zones inaccessibles pour le rover et prendre des photos. C’est une nouvelle mission avec de nouvelles contraintes. »

Ces contraintes, elles sont liées au point faible d’Ingenuity : il ne fonctionne qu’en liaison avec le rover. Les deux engins ne doivent pas être séparés de plus d’un kilomètre, sinon la communication ne passe plus et l’hélicoptère ne peut plus être contrôlé. Les ingénieurs sont très prudents avec cette limite, car Ingenuity n’a jamais dépassé les 625 mètres de distance pour l’instant.

Mais rester dans cette zone de confort va devenir un peu plus compliqué maintenant, confie Nacer Chahat : « Au début, le rover restait où ça nous arrangeait pour les premiers vols, mais désormais c’est à nous de nous adapter à lui. Il nous faut le suivre partout. » Perseverance constitue bel et bien le cœur de la mission et le rover doit maintenant se contenter d’être son assistant. Ce qui veut dire voler dans des endroits parfois plus accidentés, aller chercher des images de lieux choisis pour leur potentiel intérêt scientifique. Bref, Ingenuity va devoir faire preuve de flexibilité et se plier aux exigences des scientifiques, et non plus seulement des ingénieurs. Les prochains vols ne seront donc pas des démonstrations techniques, toujours plus loin, toujours plus haut, mais seront avant tout utiles.

INGENUITY AD VITAM ETERNAM
À quoi ressemblera le dernier vol d’Ingenuity, et quand aura-t-il lieu ? Personne ne peut le dire actuellement. Mais quoi qu’il en soit Nacer Chahat et les autres ingénieurs du JPL travaillent déjà sur un successeur.

« Nous en sommes pour l’instant au développement du concept, mais le principal défi sera de faire un hélicoptère plus gros et plus lourd. » Le potentiel Ingenuity 2 sera trop gros pour partir avec un rover, et il devra transporter des instruments scientifiques d’au moins 20 kg, ce qui implique des pales plus grosses et sans doute plus rapides. Un défi non négligeable à relever, puisque la principale difficulté pour faire voler Ingenuity était la rareté de l’air sur Mars qui obligeait les pâles à tourner bien plus vite que sur Terre. Il faudra donc faire encore plus la prochaine fois.

Mais l’équipe peut compter sur des mois d’expériences avec le succès du premier appareil. Et d’ici quelques années un autre engin volant devrait parcourir un autre astre : Dragonfly est en préparation pour aller visiter Titan, le satellite de Saturne. « Nous pouvons aider, considère Nacer Chahat, car nous savons comment faire pour opérer les vols, nous pouvons donner des conseils, mais les problématiques ne sont pas du tout les mêmes, l’atmosphère sur Titan est beaucoup plus dense. » L’équipe qui travaille sur Dragonfly sera donc confrontée à des défis très différents, mais espère connaître le même succès.

Source : https://www.numerama.com/sciences/735128-surprise-la-mission-de-lhelico-ingenuity-ne-sarretera-pas-maintenant-cest-un-vol-apres-lautre.html

La lune Déimos se cache dans ces images du ciel martien prises par Perseverance

Le rover Perseverance a photographié le ciel martien. Un autre élément s’est glissé dans ces images : arrivez-vous à y repérer Déimos, la plus petite des lunes de Mars ?

En observant le ciel martien, le rover Perseverance a repéré un autre élément, en plus des nuages de la planète rouge. Si vous regardez attentivement les images prises par le rover, vous y distinguerez aussi un petit point brillant. « L’observation du ciel est amusante, peu importe où vous êtes. J’ai pris cette courte vidéo pour regarder les nuages, et j’ai capturé autre chose : regardez de près et vous verrez Déimos, l’une des deux lunes de Mars », a tweeté la Nasa le 20 août 2021 (l’autre lune de Mars est baptisée Phobos).

Les images brutes prises par le rover, sur lesquelles ont peut distinguer Déimos, sont également disponibles sur le site de la mission. Ces clichés ont été pris le 15 août, soit lors du 173e sol (le nom du jour sur Mars) de la mission du rover, en fin de journée. C’est l’une des deux Navcam, les caméras de navigation installées au sommet du mât de Perseverance, qui a immortalisé le ciel martien.

LA PLUS PETITE LUNE DE MARS
Déimos est la plus petite des deux lunes de Mars. Elle mesure 15 kilomètres de long et tourne autour de la planète rouge en 30 heures environ. C’est un petit corps sombre qui possède beaucoup de cratères (dont les diamètres n’excèdent pas 2,5 kilomètres). La composition de sa surface semble comparable à celle d’astéroïdes, qui évoluent dans la ceinture principale d’astéroïdes (une zone du système solaire entre Mars et Jupiter).

L’origine de Phobos et Déimos n’est pas bien comprise. Leurs caractéristiques pourraient laisser penser que ce sont deux astéroïdes jadis capturés par Mars, mais la forme de leur orbite ne correspond pas à ce scénario. Il n’est pas impossible que les lunes soient un vestige d’un ancien impact entre Mars et un autre corps céleste.

Ce n’est pas la première fois qu’une lune martienne passe ainsi dans le champ de vision d’un robot posé à la surface de la planète. Curiosity a déjà eu l’occasion d’immortaliser des éclipses solaires, lors du passage de Déimos et de Phobos devant notre étoile. Depuis l’orbite martienne, des images colorées de Phobos avaient aussi été obtenues grâce à la sonde 2001 Mars Odyssey.

Source : https://www.numerama.com/sciences/734027-la-lune-deimos-se-cache-dans-ces-images-du-ciel-martien-prises-par-perseverance.html

Quel est ce cyclindre étrange que le rover Perseverance a enfoncé sur Mars ?

Le rover Perseverance a pris une photo intrigante : on y voit un objet cylindrique qu’il a déposé à la surface de la planète rouge. De quoi s’agit-il exactement ?

Le rover Perseverance a déposé quelque chose à la surface de Mars. Cette fois, ce n’est pas une plaque protégeant son système de stockage d’échantillons ou un hélicoptère que l’astromobile a largué. Sur plusieurs photos prises la semaine dernière (celle illustrant cet article a été prise le 20 juillet 2021), on distingue un objet cylindrique enfoncé dans la roche. « Quelle est cette chose, et pourquoi sort-elle d’un rocher martien ? (Et non, ce n’est pas une poignée de sabre laser.) Laissez-moi vous expliquer », a tweeté la Nasa via le compte @NASAPersevere le 23 juillet.

L’agence spatiale poursuit, dans un fil de publications, toujours en faisant parler son astromobile : « J’ai apporté dix forets sur Mars. La plupart sont destinés à la collecte d’échantillons ; d’autres, comme celui-ci, servent à abraser des roches (à en broyer la surface extérieure). » C’est le principal objectif poursuivi par la Nasa avec ce rover : récupérer des échantillons de la surface de Mars, destinés à revenir un jour sur Terre — ce qui n’était pas prévu à l’origine. Même si l’ambition exobiologique (l’étude la possibilité que la vie existe dans l’Univers en dehors de la Terre) de la mission Mars 2020 est souvent évoquée, il faut garder en tête que Perseverance lui-même n’est pas capable d’identifier une forme de vie.

Afin de récupérer des prélèvements martiens, Perseverance a donc été équipé d’un système de collecte et de stockage complexe. Les équipements nécessaires sont dans le « ventre » du rover, dont une roue qui contient différents types de forets, ainsi que 43 tubes vides. Le gros bras de Perseverance peut percer la surface de Mars, tandis qu’un plus petit bras robotique situé sous le ventre de l’astromobile ramasse et déplace les tubes (vers la perceuse quand ils sont vides, puis vers le système de stockage quand ils sont pleins).

UN MODÈLE « DE VOL », POUR QUE LA FOREUSE NE RESTE PAS VIDE
Le foret que l’on voit enfoncé dans la roche martienne semble avoir été installé pour servir de protection. Comme le fait remarquer Thomas Appéré, docteur en planétologie, sur Twitter, Perseverance n’a donc pas perdu sa tête de forage (ouf). Celle qui est enfoncée dans le sol est le modèle « de vol », qui avait été installé sur la foreuse pour qu’elle ne reste pas vide. « Pour faire des analyses scientifiques de façon propre et nette, je le laisse de côté avant de commencer à collecter des échantillons avec de nouveaux forets vierges », décrit la Nasa sur Twitter. Le rover a utilisé ce « foret abrasif » pour creuser dans la roche, et il sera abandonné là.

Le tout premier prélèvement réalisé sur Mars par le rover devrait avoir lieu prochainement. La Nasa a choisi la zone dans laquelle Perseverance devra le récupérer. La procédure prend plusieurs jours en tout, car l’astromobile ne se contente pas de forer le sol. Il doit, entre autres activités, scruter la zone avec ses caméras ainsi que son laser et étudier un « double géologique » de la roche à prélever.

Source : https://www.numerama.com/sciences/728967-quel-est-ce-cyclindre-etrange-que-le-rover-perseverance-a-enfonce-sur-mars.html