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Éruption du Cumbre Vieja à La Palma : une nouvelle bouche éruptive s’ouvre sur le volcan

Avec 67 jours d’intense activité, le Cumbre Vieja bat un record de longévité. Il s’agit désormais de l’éruption la plus longue sur l’île de La Palma depuis 375 ans. Et elle ne semble pas vouloir s’arrêter. Hier, une nouvelle bouche éruptive s’est ouverte sur le côté sud du volcan, provoquant de nouveaux dégâts.

Voilà désormais 67 jours que le Cumbre Vieja déverse ses torrents de lave sur l’île de La Palma, dans l’archipel des Canaries. Le volcan bat ainsi un nouveau record : il s’agit de l’éruption la plus longue sur l’île depuis celle de Fuencaliente, en 1677. Si certains signes ténus laissent penser aux scientifiques que l’éruption est sur un lent déclin (voir notre précédent article, ci-dessous), l’activité éruptive externe ne semble toujours pas refléter cet état de fait.

Une nouvelle bouche éruptive s’est ainsi ouverte ce jeudi, au niveau du cratère secondaire, localisé au sud du cône principal. L’ouverture de cette nouvelle fissure a provoqué immédiatement une nouvelle coulée de lave, qui a dévalé la pente très rapidement, à une vitesse de 600 mètres à l’heure. De nouveaux dégâts sont à déplorer. Le cimetière de Las Machas a notamment été détruit, ainsi que de nombreux bâtiments.

Lent déclin : des signaux ténus mais pas de tendance claire
Il y a quelques jours, une nouvelle coulée avait atteint la mer, entraînant la formation d’un important panache de vapeur et de gaz, ce qui avait contraint les autorités à confiner environ 3.000 personnes dans la partie ouest de l’île.

Plusieurs séismes ont encore été enregistrés ces derniers jours. L’origine de ces tremblements de terre est plutôt profonde, au-delà de 30 kilomètres, ce qui pourrait indiquer un réarrangement des contraintes au niveau de la chambre magmatique. Mais les scientifiques restent prudents sur l’interprétation de cette manifestation sismique. Car si elle peut signifier une vidange du réservoir, il est également possible qu’elle soit le signe d’une nouvelle arrivée de magma. Pour l’instant rien n’est donc certain, d’autant plus que les nouvelles données concernant la déformation en surface des flancs du volcan ne montrent pas de tendance claire. Seule une légère déflation continue à être enregistrée au niveau de quelques stations. Des données qui ne permettent pas pour l’instant de prédire la fin de l’éruption.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/volcan-eruption-cumbre-vieja-palma-nouvelle-bouche-eruptive-ouvre-volcan-5243/

Éruption du #CumbreVieja : les coulées de lave atteignent la mer en émettant des gaz toxiques

Après avoir marqué un court temps de repos, les éruptions du volcan Cumbre Vieja à La Palma ont repris de plus belle et comme prévu, elles ont atteint la mer. Cette arrivée des laves au contact des eaux de l’Atlantique est préoccupante car elle s’accompagne d’un dégagement de gaz toxiques et pour le moins dangereux et désagréables à respirer.

Depuis le 19 septembre nous assistons à une éruption spectaculaire sur l’île de La Palma aux Canaries. Elle aurait sans aucun doute conduit le jeune Haroun Tazieff à se rendre sur place si elle s’était produite de son vivant dans les années 1960 par exemple. Le spectacle ne doit pas nous faire oublier que des centaines de maisons ont été détruites.

Des coulées de lave atteignent la mer
Comme nous l’avons expliqué dans l’un des précédents articles ci-dessous, en consultant les archives des éruptions de l’île, on peut s’attendre à ce que celles du Cumbre Vieja puissent durer de 24 à 84 jours. Or ses laves viennent juste d’atteindre la mer, ce qui est potentiellement inquiétant bien que pas catastrophique. Des laves atteignent ainsi l’océan Pacifique, souvent à Hawaï par exemple.

Comme l’explique aussi la vidéo d’Euronews, ci-dessus, les coulées du Cumbre Vieja ont atteint la mer cette nuit sur la plage de Playa Nueva. En réponse, les autorités locales ont décrété une zone d’exclusion en mer de plus de trois kilomètres de rayon et ont invité une partie des habitants de l’île à rester chez eux.

L’eau de mer contenant notamment des chlorures, on sait que le choc thermique avec la lave à plus de 1.000 °C ne va pas seulement produire des nuages blancs de microscopiques gouttelettes d’eau mais aussi de l’acide chlorhydrique qui est dangereux pour des personnes souffrant déjà de problèmes respiratoires.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/volcan-eruption-cumbre-vieja-coulees-lave-atteignent-mer-emettant-gaz-toxiques-5243/

Éruption aux Canaries : plusieurs quartiers confinés par crainte des gaz toxiques

Les habitants de plusieurs quartiers d’une commune de l’île espagnole de La Palma ont été confinés lundi 27 septembre en raison des craintes d’émanation de gaz toxiques que pourrait provoquer l’arrivée dans la mer de la lave expulsée par le volcan Cumbre Vieja, entré en éruption il y a huit jours.

Les autorités ont «ordonné le confinement (des quartiers) de San Borondon, Marina Alta, Marina Baja et La Condesa» à Tazacorte, «la lave étant susceptible d’atteindre la mer dans les prochaines heures» au niveau de cette commune et d’entraîner l’émanation de «gaz nocifs pour la santé», ont indiqué sur Twitter les services d’urgence des Canaries, l’archipel dont fait partie La Palma. «La population devra suivre les instructions des autorités et rester chez elle, portes et fenêtres fermées, jusqu’à ce que la situation soit évaluée», ont-ils poursuivi.

Quant au trafic aérien, il restait suspendu avec huit vols annulés (départs et arrivées) lundi matin, selon le site de la société gestionnaire des aéroports espagnols (Aena), bien que l’aéroport de La Palma ait rouvert dimanche après avoir été brièvement mis à l’arrêt samedi en raison de l’accumulation de cendres.

«Les vols restent suspendus vers et depuis La Palma jusqu’à 13H00 lundi 27 septembre. Nous évaluons la situation afin de pouvoir reprendre (le trafic) en toute sécurité», a ainsi dit sur Twitter la compagnie aérienne Binter, basée sur les îles Canaries.

Cette éruption n’a pas fait à ce stade de victime, mais a provoqué d’énormes dégâts et a entraîné l’évacuation de plus de 6000 personnes dont certaines ont vu leur domicile entièrement englouti. Près de 500 bâtiments ont été détruits par la lave qui recouvre plus de 212 hectares, dont de nombreuses plantations de bananes, selon les données du système européen de mesures géospatiales Copernicus. Les deux précédentes éruptions à La Palma ont eu lieu en 1971 et 1949. Elles ont fait au total trois morts, dont deux par inhalation de gaz.

Source : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/eruption-aux-canaries-plusieurs-quartiers-confines-par-crainte-des-gaz-toxiques-20210927

Des milliers de super-éruptions volcaniques ont embrasé Mars pendant 500 millions d’années

Sur Mars, il est une région que les astronomes soupçonnaient être la terre de quelques super-volcans explosifs. Ils viennent non seulement de le confirmer. Mais encore de découvrir qu’ils ont été à l’origine de milliers de violentes éruptions.

Dans le Système solaire, certains volcans subissent des éruptions d’une puissance colossale. Des éruptions qui libèrent des masses de poussières et de gaz bloquant la lumière du Soleil. Avec un impact sur le climat de leur planète hôte pendant des dizaines d’années. Et c’est justement les traces de telles éruptions massives que des astronomes de la Nasa viennent de noter dans une région du nord de Mars qu’ils appellent Arabia Terra.

Selon eux, la planète rouge a même été le théâtre de milliers d’éruptions explosives massives sur une période de 500 millions d’années. Le tout il y a environ quatre milliards d’années. « Chacune de ces éruptions aurait pu suffire à perturber le climat de Mars, précise Patrick Whelley, géologue au Goddard Space Flight Center, dans un communiqué de la Nasa. Les modélisateurs doivent maintenant se mettre au travail pour essayer de comprendre l’impact global que cet épisode a pu avoir. »

Ce qui a mis la puce à l’oreille des chercheurs, c’est l’identification de sept structures ressemblant à des caldeiras dans la région d’Arabia Terra. Une caldeira, c’est une dépression à fond plat situé au cœur des super-volcans. Le résultat d’une éruption qui a vidé la chambre magmatique. Et sur Mars, ces dépressions passaient jusqu’alors pour des cratères d’impacts de météorites.

Une activité volcanique massive trahie par des cendres
Pour se faire une idée précise de leur véritable nature, les chercheurs de la Nasa se sont lancés non pas à la recherche des volcans qui auraient pu en être à l’origine, mais des cendres portées par le vent que leurs éruptions auraient immanquablement laissées derrière elles. Ils les ont identifiées grâce au spectromètre de Mars Reconnaissance Orbiter (MRO). Puis, à l’aide des caméras embarquées à bord de la sonde, les astronomes ont établi une carte topographique en 3D d’Arabia Terra. Une carte suivant étonnamment bien les modèles prédisant la répartition des cendres au sol sur les centaines de milliers de kilomètres après de super-éruptions explosives.

En fonction du volume de chaque caldeira identifiée, les chercheurs ont ensuite estimé le nombre d’éruptions nécessaire à produire le tapis de cendres qu’ils ont observé. L’équivalent de pas moins de 400 millions de piscines olympiques de roche en fusion et de gaz d’abord éjectées dans les airs. Résultat : il a fallu pour cela, plusieurs milliers d’éruptions sur un temps géologique relativement court.

Les chercheurs s’interrogent maintenant quant à la répartition des volcans à la surface de Mars. D’autres types de volcans ont en effet déjà été découverts sur la Planète rouge. Mais la région d’Arabia Terra semble être la seule portant de tels volcans explosifs. Sur Terre, ces volcans sont dispersés. Peut-être le résultat d’un déplacement autour du Globe avec la tectonique des plaques. Affaire à suivre…

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-milliers-super-eruptions-volcaniques-ont-embrase-mars-pendant-500-millions-annees-93609/

Un nouveau cycle d’éruptions solaires pourrait mettre le monde à genoux

Comment se préparer à un orage électromagnétique de grande ampleur?

Il est certes l’astre qui offre la vie à toute chose sur Terre. Mais alors qu’il est entré en 2020 dans un nouveau cycle de onze ans d’éruptions majeures, le soleil pourrait aussi être responsable, dans les années qui viennent, de désastres dont notre monde technologique peine encore à imaginer l’ampleur.

Il lui suffit pourtant de regarder l’histoire, plus ou moins proche, pour comprendre les ravages potentiels. Comme le rappelle Bloomberg, le plus puissant des orages électromagnétiques reconnus comme tels par l’humanité remonte à 1859.

Nommé le Carrington Event et décrit comme une «super tempête solaire parfaite», il aurait détruit une grande quantité du précieux ozone stratosphérique et a provoqué une surcharge électrique sur les réseaux télégraphiques nord-américains; certains opérateurs ont rapporté des électrocutions et que certaines stations avaient pris feu.

Plus proche de nous, en mars 1989, une autre de ces éruptions solaires, propulsant «un jet de matière grand comme trente-six fois la Terre à plus de 1,6 million de kilomètres/heure» a plongé pendant neuf heures six millions de Québecois et Québécoises dans le noir et dans le froid.

Les dangers sont donc bien réels, et le sont d’autant plus que depuis 1859 ou 1989, le monde est devenu absolument dépendant d’une fourniture électrique régulière et sans cahot, comme l’a montré le récent désastre texan, ainsi que sur les centaines de technologies et satellites qui règlent chacun des aspects de sa vie quotidienne.

Ces éruptions constituent un danger existentiel pour les satellites orbitant autour de la Terre, notamment pour l’omniprésent et vital global positioning system, pour les grilles et appareils électriques, pour les ondes radio ou pour les équipages d’avion (danger de cataracte pour les pilotes, auquel s’ajoute le risque de fausse-couche pour les femmes).

Bref: une très grosse éruption, comme la Terre en essuie tous les 150 ans selon les scientifiques, serait à même de plonger le monde dans le chaos. Concentrée sur le seul cas des États-Unis, une étude de l’American Geophysical Union parue en 2017 estime qu’un tel événement pourrait toucher 66% de la population américaine et représenter un coût économique de 41,5 milliards de dollars par jour.

Comme le rappelle Bloomberg, les observateurs sur le plancher des vaches peuvent constater, en temps réel, la survenance d’éruptions solaires. Ils ne peuvent en revanche réellement en connaître la nature et la dangerosité que lorsque la vague atteint des satellites spécialisés dans ces menaces, situés à un million de kilomètres de notre planète: à ce point, explique le site, il ne reste que 60 à 90 minutes avant que l’orage ne balaie la Terre.

Comment alors le monde peut-il se préparer à un tel orage? Certaines choses peuvent être imaginées pour en mitiger les effets –modernisation et consolidation des grilles électriques, utilisation généralisée de protections contre leur surcharge, plus grande utilisation de métaux non-magnétiques, etc.

Les scientifiques, appuyés par de récents programmes gouvernementaux renforçant leur rôle, semblent néanmoins s’accorder sur un point. Seule une «météo solaire» plus précise, une plus grande prévisibilité des orages électromagnétiques et une connaissance fine de leurs effets prévisibles peuvent permettre à l’humanité de mieux faire face à ce qu’elle ne peut de toute façon pas maîtriser.

Source : https://korii.slate.fr/tech/technologie-danger-cycle-eruptions-solaires-orages-electromagnetiques-electricite-meteo

Solar Orbiter immortalise sa première éjection de masse coronale

Solar Orbiter, la mission solaire conjointe de la Nasa et de l’Agence spatiale européenne (ESA), ne commencera réellement ses travaux scientifiques qu’en novembre prochain. Mais, en février dernier, alors que l’engin voguait de l’autre côté de notre Soleil, il a surpris sa première éjection de masse coronale.

Les éjections de masse coronale (EMC) sont des phénomènes extrêmement violents. En quelques minutes, ce sont des milliards de tonnes de matière solaire qui peuvent être expulsées dans l’espace. À des vitesses de l’ordre de mille kilomètres par seconde. Avec des impacts potentiels sur Terre. Sous la forme d’orages magnétiques qui peuvent perturber certaines de nos technologies et se révéler dangereux pour les astronautes.

Ainsi, étudier les éjections de masse coronale est l’un des objectifs de la mission Solar Orbiter. En février dernier, justement, l’engin a immortalisé sa première EMC — suivie presque immédiatement d’une seconde. Il croisait alors à environ la moitié de la distance entre la Terre et le Soleil et finissait de passer derrière notre étoile — du point de vue de notre Terre. Une phase pendant laquelle les chercheurs n’avaient pas envisagé d’être en mesure d’enregistrer des données.

La réussite a été de leur côté. Car non seulement Solar Orbiter a été le témoin d’une EMC à ce moment-là, mais ce sont trois de ses instruments qui ont pu l’enregistrer. Offrant des perspectives différentes sur le phénomène. Même si les images restent imparfaites. Car la mission, lancée en février 2020, ne sera pleinement opérationnelle qu’à partir du mois de novembre de cette année.

Les éjections de masse coronale (EMC) sont des phénomènes violents. Et les 12 et 13 février 2021, trois instruments de la mission Solar Orbiter — une mission de la Nasa et de l’Agence spatiale européenne (ESA) — ont immortalisé l’une d’entre elles pour la première fois, à la fois sur des vues rapprochées et plus larges. L’Extreme Ultraviolet Imager (EUI) permet d’abord de découvrir la partie intérieure de la couronne solaire. Le coronographe Metis, en bloquant la lumière de la surface du Soleil, offre ensuite une vue sur la couronne externe. Pour finir, le Solar Orbiter Heliospheric Imager (SoloHI) montre le vent solaire en capturant la lumière diffusée par ses électrons. © Solar Orbiter/ Équipe EUI/ Équipe Metis/ Équipe SoloHI/ ESA & Nasa

Une éjection de masse coronale vue sous tous les angles
Sur les images renvoyées par le Solar Orbiter Heliospheric Imager (SoloHI), les astronomes ont pu voir l’éjection de masse coronale apparaître comme une soudaine rafale se dilatant ensuite dans le vent solaire. L’Extreme Ultraviolet Imager (EUI) — qui avait déjà détecté une éjection de masse coronale dès novembre dernier — a permis de découvrir l’EMC dans la partie intérieure de la couronne solaire. Le coronographe Metis — qui avait aussi déjà observé un tel phénomène à la mi-janvier –, en bloquant la lumière de la surface du Soleil, a, quant à lui, offert une vue de l’EMC sur la couronne externe. La plupart des instruments embarqués à bord de Solar Orbiter ont enregistré une activité à ce moment. Et leurs données sont toujours en cours d’analyse.

L’évènement a également été capturé par trois autres missions solaires : Proba-2 (ESA), Stereo-A (Nasa) — comprenez Solar Terrestrial Relations Observatory –, qui se trouvait plus loin, et l’Observatoire solaire et héliosphérique Soho, placé lui sur la face « avant » du Soleil.

Un ensemble de données qui ont servi au bureau d’étude de la météorologie spatiale de la Nasa pour modéliser la trajectoire de l’éjection de masse coronale à travers le Système solaire. En attendant que Solar Orbiter apporte encore plus de précisions sur ce phénomène, une fois que l’ensemble de ses instruments seront entrés dans leur phase d’exploitation scientifique. Rendez-vous pour cela en novembre prochain.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/soleil-solar-orbiter-immortalise-premiere-ejection-masse-coronale-87486/?utm_source=pushB&utm_medium=sciences&utm_campaign=push

Cette belle éruption solaire a été vue par un « heureux hasard »

L’instrument SoloHI de Solar Orbiter a pu observer sa toute première éruption solaire par un « heureux hasard ». La sonde se trouvait derrière le Soleil en février quand une éjection de masse coronale a été détectée.

L’un des instruments de Solar Orbiter, la sonde de la Nasa et de l’ESA partie observer le Soleil, a vu sa toute première éruption solaire. L’agence spatiale américaine a fait savoir ce 17 mai 2021 que la mission avait assisté à cet événement le 12 février dernier (Solar Orbiter a été envoyé dans l’espace le 10 février 2020). Plus précisément, l’instrument de Solar Orbiter a détecté ce qu’on appelle une éjection de masse coronale (ou EMC), des « sortes de nuages magnétisés qui se propagent dans le milieu interplanétaire », comme le définit l’Observatoire de Paris.

Cette observation a été réalisée avec l’instrument SoloHI (abréviation de « Heliospheric Imager »), un télescope dont les mesures doivent permettre de localiser les éjections de masses coronales. SoloHI est chargé d’observer le vent solaire, la poussière et les rayons cosmiques qui se trouvent entre le Soleil et les planètes, décrit la Nasa dans son communiqué.

EXPLOSION DE PARTICULES
Ce premier aperçu d’une éruption solaire par l’instrument est « une vue brève et granuleuse », prévient l’agence spatiale : cela est dû au fait que Solar Orbiter n’est pas encore entré complètement en mode « science ». Ici, SoloHI n’a utilisé qu’un seul de ses quatre détecteurs, à moins de 15 % de sa cadence normale. La quantité de données récoltées est donc limitée. Néanmoins, on distingue en haut à droite des images capturées une explosion soudaine de particules. Elles s’échappent du Soleil qui se trouve en dehors du champ de la caméra.

La rafale, qui apparaît ici en blanc, est dirigée vers la gauche.

L’éjection de masse coronale vue par Solar Orbiter. // Source : ESA & NASA/Solar Orbiter/SoloHI team/NRL

Détecter cette éjection de masse coronale avec SoloHI est le fruit d’un « heureux hasard », estime la Nasa. Lorsque cette observation a été faite par la sonde, elle se trouvait derrière le Soleil (par rapport à notre planète). Les scientifiques n’envisageaient pas d’obtenir des données à ce moment-là. Il faut préciser que quand la trajectoire de Solar Orbiter l’amène derrière le Soleil, la sonde fonctionne en autonomie et ses données sont stockées, mais cela complique la tâche pour les antennes paraboliques situées sur Terre qui pointent vers Solar Orbiter : l’atmosphère du Soleil perturbe les communications. Cependant, des modifications apportées aux antennes terrestres ont permis d’obtenir des données à des moments où les scientifiques ne l’avaient au départ pas envisagé.

D’AUTRES DÉTECTIONS
SoloHI n’est pas le seul à avoir détecté une éjection de masse coronale à cette période, précise l’ESA dans son propre communiqué. Il y a en fait eu deux éjections vues par trois instruments. En plus de SoloHI, il y avait l’instrument EUI (« EUV Full-Sun and High-Resolution Imager »), qui obtient des images dans l’ultraviolet, ainsi que le coronographe METIS/COR (« Multi Element Telescope for Imaging and Spectroscopy / Coronagraph »), qui observe dans l’ultraviolet et la lumière visible. Encore avant cela, d’autres instruments ont détecté des éjections de masse coronale : METIS en avait vu une en janvier, et EUI en avait repéré en novembre 2020. Mais pour SoloHI, la détection de l’éruption du 12 février était particulièrement inattendue.

Cette éruption a d’ailleurs pu être observée depuis plusieurs points de vue. Pendant que Solar Orbiter la détectait depuis « l’arrière » du Soleil, d’autres vaisseaux ont aussi assisté à l’événement : le satellite PROBA-2 en orbite autour de la Terre (ESA), la sonde spatiale SoHO (Observatoire solaire et héliosphérique) en orbite autour du Soleil (Nasa et ESA), ainsi que STEREO-A (« Observatoire des relations Soleil-Terre ») également en orbite autour du Soleil (Nasa).

La mission scientifique principale de Solar Orbiter commencera en novembre. L’observation des éjections de masse coronale n’est qu’un des aspects de cette mission. Il est aussi prévu de mener des observations rapprochées du Soleil, et d’obtenir des images inédites des régions polaires de l’étoile.

Source : https://www.numerama.com/sciences/711982-cette-belle-eruption-solaire-a-ete-vue-par-un-heureux-hasard.html