Les naines blanches deviennent magnétiques en vieillissant

Parfois, pour mieux comprendre un phénomène, il suffit d’élargir son spectre. C’est ce que des astronomes ont fait. Ils ont observé des naines blanches de tous les âges et de toutes les masses pour découvrir que ces étoiles en fin de vie acquièrent leur champ magnétique au cours de leur phase de refroidissement.

Dans notre Voie lactée, presque toutes les étoiles finiront leur vie en naine blanche. Des objets bien plus denses que les étoiles classiques. Les astronomes estiment même qu’une cuillère à café de naine blanche pourrait peser jusqu’à une tonne ! Et s’ils savent que ces objets possèdent un champ magnétique, ils ignorent encore à quel moment de leur évolution il paraît, comment il se modifie pendant la phase de refroidissement de la naine blanche ou même, quels sont les mécanismes qui en sont à l’origine.

Pour avancer dans notre compréhension de la physique des naines blanches, des astronomes de l’observatoire d’Armagh (Irlande du Nord) et de l’université de Western Ontario (Canada) ont décidé de chercher, dans le catalogue Gaïa, toutes les naines blanches situées dans un volume d’environ 65 années-lumière autour de notre Soleil. Toutes, y compris les moins lumineuses. Et donc aussi les plus anciennes.

Car il faut savoir que les naines blanches refroidissent au fil du temps. Elles deviennent de moins en moins lumineuses. Ainsi, en favorisant jusqu’à présent l’étude des naines blanches les plus lumineuses, les astronomes se sont aussi concentrés sur les plus jeunes d’entre elles. Et les moins massives. Mais, dans le catalogue Gaïa, les chercheurs ont observé une centaine de nouvelles naines blanches — soit les deux tiers de leur échantillon, tout de même. Des objets qu’ils ont étudiés à l’aide d’un spectropolarimètre — sachant que de simples techniques spectroscopiques ne seraient pas assez sensibles — afin d’en mesurer le champ magnétique.

Encore des réponses à trouver
Les astronomes notent que les champs magnétiques sont rares au début de la vie d’une naine blanche. Et qu’ils ne montrent aucun signe évident de décroissance. Des signes que les champs magnétiques ne sont pas des caractéristiques intrinsèques des naines blanches. Mais qu’ils sont soit générés, soit amenés vers la surface au cours de la phase de refroidissement de l’étoile mourante.

Les chercheurs montrent par ailleurs que la fréquence de présence d’un champ magnétique augmente avec la masse de l’étoile et que les champs apparaissent plus fréquemment après que le noyau carbone-oxygène a commencé à cristalliser. Les champs magnétiques les plus faibles observés sur des naines blanches peuvent être expliqués par un mécanisme dynamo. Le mécanisme pourrait aussi produire des champs plus forts que ne le pensaient les chercheurs.

Mais, problème : la rotation rapide que nécessite l’effet dynamo n’est généralement pas observée sur les naines blanches. Et les champs magnétiques observés atteignent parfois plusieurs centaines de millions de Gauss. Or les physiciens savent que le phénomène de dynamo ne peut pas être invoqué pour des champs magnétiques de plus de 0,1 million de Gauss. Ainsi, d’autres études devront tenter de démêler le problème.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/etoile-naines-blanches-deviennent-magnetiques-vieillissant-93912/

Il y aurait environ 200 000 000 000 000 000 000 000 étoiles dans l’Univers

Les astronomes ne peuvent évidemment pas compter une par une les étoiles présentes dans l’Univers. Mais il est possible d’estimer leur nombre. Combien y a-t-il d’étoiles dans l’espace ?

L’Univers contient un nombre fini d’étoiles, c’est d’ailleurs une manière de résoudre le paradoxe d’Olbers (qui explique pourquoi le ciel est noir la nuit). Mais combien y a-t-il exactement d’étoiles dans l’espace ? L’astronome Brian Jackson, de l’université d’État de Boise aux États-Unis, a expliqué comment on pouvait estimer ce nombre dans The Conversation le 20 septembre 2021.

Évidemment, il n’est pas possible de les compter en contemplant la voûte céleste. « Regardez le ciel par une nuit claire et vous verrez des milliers d’étoiles — environ 6 000. Mais ce n’est qu’une infime fraction des étoiles. Les autres sont bien trop loin pour que nous puissions les voir », constate le scientifique. Il est cependant possible de parvenir à une estimation, indique-t-il : il y a 200 000 000 000 000 000 000 000 étoiles dans l’Univers. Soit 200 trilliards d’étoiles, ou 200 mille trillions.

PREMIÈRE ÉTAPE : COMBIEN Y A-T-IL DE GALAXIES DANS L’UNIVERS ?
Comment les astronomes parviennent-ils à ce résultat vertigineux ? Avant de « compter » les étoiles, ils doivent estimer combien de galaxies il y a dans l’Univers. « Pour ce faire, ils prennent des photos très détaillées de petites parties du ciel et comptent toutes les galaxies qu’ils voient sur ces photos. Ce nombre est ensuite multiplié par le nombre de photos nécessaires pour photographier tout le ciel », indique Brian Jackson.

On sait ainsi qu’il y a environ 2 000 000 000 000 galaxies dans notre Univers — soit 2 billions.

ENSUITE : COMBIEN Y A-T-IL D’ÉTOILES DANS LA VOIE LACTÉE ?
Il reste encore à savoir combien d’étoiles contiennent toutes ces galaxies, ce que l’on ne peut évidemment pas compter précisément, puisque ces galaxies sont pour la plupart très éloignées. Par contre, il est possible d’estimer combien d’étoiles contient notre propre galaxie, la Voie lactée. On connaît leur diversité : il y a des naines jaunes, comme notre Soleil ; des étoiles plus grosses qui tendent vers le bleu, comme Véga ; ou des étoiles plus petites, plutôt rouges, comme Proxima Centauri. Or, on peut mesurer la quantité de lumière que ces différentes sortes d’étoiles émettent, ce qui permet d’estimer le nombre d’étoiles que la Voie lactée contient.

Cette méthode permet de dire qu’il y a 100 000 000 000 étoiles dans la Voie lactée — 100 milliards.

ENFIN, ON MULTIPLIE
En se servant de la Voie lactée comme base, on peut enfin multiplier le nombre d’étoiles d’une galaxie par le nombre de galaxies dans l’Univers, soit :

100 000 000 000 x 2 000 000 000 000 = 200 000 000 000 000 000 000 000

« Le nombre est si grand qu’il est difficile à imaginer. Mais essayez ceci : c’est environ 10 fois le nombre de verres d’eau dans tous les océans de la Terre », compare l’astronome. Si vous n’avez pas encore le tournis, songez que ces 200 trilliards d’étoiles évoluent dans un Univers âgé de 14 milliards d’années (les astronomes tombent d’accord sur le nombre), en expansion (mais il y a un problème dans les mesures) et dont on n’est pas tout à fait sûr de la forme.

Source : https://www.numerama.com/sciences/743640-il-y-aurait-environ-200-000-000-000-000-000-000-000-etoiles-dans-lunivers.html

Pourquoi ce grand trou découvert dans la Voie lactée est important pour les astronomes ?

Comment le milieu interstellaire diffus forme-t-il des nuages moléculaires denses capables de donner naissance à des étoiles ? Des astronomes viennent de mettre à jour un gigantesque trou de matière qui pourrait bien les mettre sur la voie de la réponse à cette question essentielle.

Pour comprendre comment les étoiles se forment, les astronomes doivent impérativement comprendre d’abord comment les nuages moléculaires qui s’effondrent pour leur donner naissance se forment à partir d’un milieu interstellaire diffus. Pour cela, ils comptent aujourd’hui sur les progrès de l’instrumentation. Ceux offerts par la mission Gaïa de l’ESA, l’Agence spatiale européenne, par exemple. Son objectif : mesurer les distances de plus d’un milliard d’étoiles dans notre Voie lactée. Et grâce à des mesures réalisées au fil du parcours de la Terre sur son orbite, de rendre une image en trois dimensions de notre Galaxie. Le tout avec une précision incroyable de 20 microarcsecondes. C’est l’angle que ferait une pièce d’un euro si vous la voyiez à quelque 100.000 kilomètres de distance !

C’est grâce à cette précision que des astronomes de l’université de Harvard (États-Unis) viennent de découvrir un gigantesque espace vide. Une cavité. Un trou de matière béant s’étendant sur près de 500 années-lumière. Ils étudiaient les formes et les dimensions des nuages moléculaires les plus proches de nous. Celui qui se trouve dans la constellation de Persée et celui qui se trouve dans la constellation du Taureau, en l’occurrence. Des régions où se forment beaucoup d’étoiles.

Dans notre vision en deux dimensions de l’espace, ces deux nuages moléculaires semblent presque se toucher. Pourtant, la cartographie en trois dimensions établie par les astronomes montre qu’ils semblent en réalité former la coquille de l’espace vide évoqué par les chercheurs. « Des centaines d’étoiles se forment ou existent déjà à la surface de cette bulle », souligne Shmuel Bialey, astrophysicien, dans un communiqué de l’université de Harvard.

Quand la théorie se frotte à l’observation
Ce trou de matière pourrait avoir été créé par l’explosion d’une étoile en supernova — ou d’une série de supernovae –, il y a dix millions d’années. Le choc aurait poussé les poussières et les gaz vers l’extérieur. Ainsi les nuages de Persée et du Taureau ne seraient pas étrangers l’un à l’autre. Ils seraient ce qu’il reste de cette colossale explosion. Ils se seraient donc formés ensemble, à partir d’une même onde de choc.

D’autres nuages moléculaires, des régions dans lesquelles les gaz sont plus denses que dans le milieu interstellaire diffus, apparaissent également sur la cartographie tirée des données de la mission Gaïa. Tous sont comme déposés sur la surface de la fameuse cavité. Un indice de la façon dont la mort d’une étoile peut conduire à la formation de nombreuses nouvelles étoiles.

« Il existe de nombreuses théories différentes sur la façon dont le gaz se réorganise pour former des étoiles, explique Catherine Zucker, astronome. Les chercheurs ont déjà testé ces idées théoriques à l’aide de simulations, mais c’est la première fois que nous pouvons utiliser des vues 3D réelles — et non simulées — pour comparer la théorie à l’observation et évaluer les théories qui fonctionnent le mieux ».

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/formation-etoiles-ce-grand-trou-decouvert-voie-lactee-important-astronomes-93757/

Quand un trou noir déchiquette une étoile, il livre une partie de ses secrets

Les trous noirs ont la fâcheuse tendance à avaler tout ce qui passe à leur proximité. Fâcheuse ? Pas tant que ça. Car les chercheurs peuvent profiter de l’occasion pour percer quelques-uns de leurs secrets.

De petits morceaux de pâtes collés dans de la sauce tomate. Quelques éclaboussures de yaourts. Autant d’indices laissés sur une chaise haute qui peuvent vous aider à savoir de quoi était fait le repas du petit dernier… Pour un trou noir, c’est un peu pareil, nous apprennent les chercheurs aujourd’hui. Le déferlement de rayonnements qui se produit lorsqu’un tel objet déchire une étoile avant de l’engloutir peut fournir aux astronomes des informations précieuses sur sa nature. Les chercheurs parlent d’événement de rupture par effet de marée. Et la lumière qui est alors émise peut éclipser celle de toutes les étoiles de la galaxie hôte du trou noir pendant des mois. Voire des années.

Un tel événement a été enregistré sous le nom de J2150. « Le fait que nous ayons pu attraper un trou noir alors qu’il dévorait une étoile offre une opportunité remarquable d’observer ce qui serait autrement invisible », souligne Ann Zabludoff, astronome, dans un communiqué de l’université de l’Arizona (États-Unis). C’est plus précisément le rayonnement X émis à ce moment qui a été, ici, étudié par les chercheurs.

Notez que des dizaines d’événements de rupture par effet de marée ont déjà été observés par les scientifiques au centre de galaxies de taille semblable ou plus grande que notre Voie lactée et qui hébergent des trous noirs supermassifs. Ceux-ci font entre 1 million et 10 milliards de fois la masse de notre Soleil. Et lorsqu’ils avalent de la matière, c’est un véritable cataclysme.

Un trou noir intermédiaire trahit par son appétit
L’événement de rupture par effet de marée J2150 correspond, quant à lui, à la rencontre malchanceuse d’une étoile avec un trou noir de masse intermédiaire. Un trou noir qui ne pèse pas plus que 10.000 fois la masse de notre Soleil. C’est ce que les astronomes ont appris de leur analyse. De la manière dont les débris de l’étoile morte ont émis des rayons X. Le tout passé au crible de quelques modèles théoriques sophistiqués.

Ce n’est pas la première fois qu’un événement de rupture par effet de marée est observé dans une galaxie réputée trop modeste pour héberger un trou noir supermassif — les plus grandes galaxies abritent en effet les trous noirs supermassifs les plus imposants. Mais jusqu’alors, aucune donnée n’avait été suffisamment détaillée pour prouver que l’événement était alimenté par un trou noir de masse intermédiaire.


Nous savons encore très peu de choses sur ces trous noirs intermédiaires.

« Nous savons encore très peu de choses sur l’existence de trous noirs au centre de galaxies plus petites que la Voie lactée, remarque Peter Jonker, chercheur à l’université Radboud (Pays-Bas). En raison des limitations d’observation, il est difficile d’observer, au centre des galaxies, des trous noirs beaucoup plus petits qu’un million de masses solaires ». Mieux comprendre les populations de trous noirs intermédiaires par ce type d’études pourrait mettre les astronomes sur la piste des origines des trous noirs supermassifs. Certains imaginent en effet que les premiers se développent en les seconds avec le temps.

Des indices sur la matière noire
Mais les chercheurs de l’université de l’Arizona ne se sont pas arrêtés là. Ils ont aussi réussi à mesurer, grâce à cet événement de rupture par effet de marée, la manière dont ce trou noir intermédiaire tourne sur lui-même. Ils espèrent en tirer des informations sur la croissance de ces objets étonnants. « Nous excluons aujourd’hui que ce trou noir ait pu se développer sur une longue période. Mais il est possible qu’il se soit formé ainsi sans beaucoup changer depuis. Ou qu’il soit le résultat de la fusion de deux autres trous noirs intermédiaires », explique Ann Zabludoff, à partir de la mesure de la « rotation rapide, mais pas la plus rapide possible » du trou noir étudié.

Les astronomes soulignent aussi que leurs résultats exclus une large classe de bosons ultralégers comme candidats particules de matière noire. Ceux-ci empêcheraient en effet un trou noir intermédiaire de tourner aussi vite que ce qu’ils ont mesuré. Mais pour préciser tout cela, les chercheurs auront encore besoin d’étudier bien d’autres événements de rupture par effet de marée. Grâce, ils l’espèrent, à une nouvelle génération d’instruments.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/trou-noir-trou-noir-dechiquette-etoile-il-livre-partie-secrets-93652/

Les sursauts radio rapides signent-ils l’existence de surprenantes étoiles magnétiques ?

Pour les 20 ans de Futura, Françoise Combes, astrophysicienne médaille d’or 2020 du CNRS, s’associe à la rédaction pour vous proposer, tout au long de cette journée particulière, des sujets qui agitent la communauté des astronomes. Ici, les sursauts radio rapides. Depuis près de 15 ans que les astrophysiciens les étudient, ils en ont déjà beaucoup appris sur ces phénomènes extrêmes. Mais ils restent malgré tout l’un des plus grands mystères de notre Univers.

C’est en 2007 que le tout premier sursaut radio rapide a été repéré. Dans les archives des données collectées par le radiotélescope de Parkes (Australie). Un Fast Radio Burst (FRB), comme disent les Anglophones. Un flash d’ondes radio, donc, qui dure seulement quelques millisecondes. Mais qui dégage autant d’énergie que notre Soleil en plusieurs années.

Les astronomes ont rapidement compris que l’événement s’était produit au-delà de la Voie lactée. Bien au-delà, même. Dans une galaxie située à des milliards d’années-lumière de la nôtre. Laquelle exactement ? C’était impossible à dire.

Il aurait fallu, pour cela, détecter ce sursaut radio rapide à l’aide d’un interféromètre radio. Comprenez, un réseau d’antennes réparties sur au moins quelques kilomètres. De manière à produire suffisamment de détails pour identifier sa galaxie d’origine.

Le premier FRB qui a ainsi pu être localisé, les astronomes l’ont baptisé FRB 121102. Il provenait d’une source qui a émis plusieurs flashs. Ce qui a permis aux astronomes de le situer dans une galaxie naine, à quelque 3 milliards d’années-lumière de la Voie lactée.

Le mystère de l’origine des sursauts radio rapides
Des sursauts radio rapides répétitifs comme celui-ci, les astronomes en connaissent désormais plusieurs. Mais à des luminosités et à des fréquences de répétition parfois très différentes. Peut-être le signe qu’ils se cachent dans des galaxies très différentes les unes des autres. D’ailleurs, les chercheurs sont, depuis, parvenus à situer une douzaine de sursauts radio rapides dans des galaxies de toutes sortes. Des jeunes et des plus âgées. Des grandes et des plus petites. Même dans une galaxie spirale comme notre Voie lactée.

Et par un beau jour du mois d’avril 2020, le télescope spatial Swift a détecté un flash de rayons X provenant d’une étoile à neutrons située dans notre propre Galaxie. Deux autres instruments – Chime (Canada) et le réseau Stare2 (États-Unis) – ont observé un sursaut radio rapide juste après et dans la même direction. Le premier FRB détecté dans notre Galaxie. Moins intense que ses cousins extragalactiques, mais tout de même un indice de taille pour les astronomes qui ignoraient toujours la nature de la source de ces mystérieux phénomènes radio.

Beaucoup d’hypothèses avaient en effet circulé à ce sujet. Des plus exotiques – comme l’hypothèse d’explosions d’étoiles de Planck ou celle faisant intervenir des étoiles axioniques, de trous noirs en collision avec de la matière noire – aux plus fantasques – comme l’hypothèse de manifestations de civilisations extraterrestres – en passant par les plus basiques – comme l’hypothèse de supernovae ou de paires d’étoiles.

Récemment, une équipe française suggérait que les sursauts radio rapides pouvaient tirer leur origine d’une étoile à neutrons entourée d’une ceinture d’astéroïdes. Le phénomène serait causé par l’interaction de ces astéroïdes avec le vent de plasma très énergétique soufflé par l’étoile à neutrons.

Des magnétars se cachent-ils derrière les FRB ?
Le FRB découvert en 2020 dans la Voie lactée, lui, semble avoir ouvert la voie à une autre hypothèse prometteuse : celle d’un phénomène généré par un magnétar, un type particulier d’étoiles à neutrons jeunes et qui s’accompagne d’un champ magnétique extrêmement intense. Une hypothèse compatible avec les dernières observations du télescope spatial Hubble qui ont permis de préciser que les sursauts radio rapides observés dans des galaxies spirales se sont produits dans des régions de formation de nouvelles étoiles.

Les astronomes attendent maintenant avec impatience de nouvelles données. Car plus ils auront de sursauts radio rapides à étudier, y compris lointains, mieux ils pourront comprendre les mécanismes qui se cachent derrière. Et enfin, élucider le mystère de leur source.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-sursauts-radio-rapides-signent-ils-existence-surprenantes-etoiles-magnetiques-93238/

Une nova est visible la nuit en ce moment

La nova RS Ophiuchi, située dans la constellation du Serpentaire, a connu un soudain gain de luminosité, devenant visible à l’œil nu. Cet évènement attire les astronomes amateurs et professionnels, le dernier phénomène similaire s’étant produit il y a 15 ans.

Une étoile éphémère est apparue dans le ciel nocturne. Les astronomes du monde entier ont constaté un soudain gain de lumière provenant de la nova RS Ophiuchi, située à environ 4.500 années-lumière. L’astre, d’une magnitude apparente de 12,5, connait depuis le 8 août un accroissement de luminosité augmentant sa magnitude à 4,8 et la rendant ainsi observable à l’œil nu. Ce phénomène est une rareté pour observateurs, la dernière éruption de la naine blanche ayant eu lieu il y a 15 ans, en 2006.

Une naine blanche vorace
Si l’on pourrait s’attendre de prime abord aux prémices d’une supernova, RS Opiuchi n’implosera pas, du moins pas dans les jours à venir. L’étoile est une naine blanche, un astre de taille réduite comparable au diamètre de la Terre mais dont la masse et la densité atteignent celles du Soleil. RS Ophiuchi possède cependant une particularité : elle se classe dans la catégorie des novae. Généralement peu lumineuses, les novae ont une magnitude inférieure à 10, sont invisibles à l’œil nu et difficilement perceptibles avec des télescopes amateurs.

La nova RS Ophiuchi. © ESO, Digitized Sky Survey

Une nova connait périodiquement de fortes croissances lumineuses, telles que RS Ophiuchi ces derniers jours. Ce gain de 8 degrés de magnitude provient d’une réaction thermonucléaire. La naine blanche fait partie d’un système stellaire double, gravitant autour d’une géante rouge. Cette dernière, dont la taille peut atteindre 1.000 fois celle du Soleil, est drainée de sa matière par sa jumelle. L’hydrogène et l’hélium vont être capturés et s’accumuler à la surface de la naine blanche et son intense gravité va provoquer une réaction en chaîne chauffant les atomes et provoquant une explosion thermonucléaire.

La surbrillance de RS Ophiuchi n’est cependant que temporaire. Le gain de luminosité de l’astre a déjà atteint son pic luminosité et va peu à peu se réduire jusqu’à atteindre de nouveau sa magnitude habituelle de 12,5.

Vie et mort d’une nova
Malheureusement pour les chasseurs de supernovae, RS Ophiuchi n’est actuellement pas dans sa phase de vie finale. En se basant sur les observations précédentes (1898, 1933, 1958, 1967, 1985 et 2006), la prochaine éruption stellaire devrait prendre place dans 15 ou 20 ans. Mais la nova connaîtra néanmoins une implosion puissante qui la transformera en supernova, et devrait se dérouler lorsque sa voisine géante arrivera à court de matière.

Le déclin de la luminosité de RS Ophiuchi durera un mois, l’étoile perdant 0,1 degré de magnitude par jour pendant 40 jours. Les chercheurs devraient se pencher sur l’observation de la naine blanche, tandis que des astronomes amateurs du monde entier s’affairent à pointer leurs objectifs vers la nova. C’est par ailleurs un amateur irlandais, Keith Geary, qui a été le premier à rapporter le phénomène à l’Association américaine des observateurs d’étoiles variables (AAVSO).

L’étoile devrait encore être visible à l’œil nu durant quelques jours. Elle se situe à proximité de Ο Serpentis, dans le Serpentaire. Son ascension droite est de 17 h 50 m 13.17 s et sa déclinaison de -06° 42′ 28.6″.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/etoile-nova-visible-nuit-ce-moment-92935/

À quoi ressemblait le Soleil jeune ? Cette étoile voisine peut aider à le découvrir

Comment étudier le passé de notre étoile ? Des scientifiques se sont intéressés à une autre étoile comparable, plus jeune que le Soleil. À l’aide d’un modèle, ils estiment que l’on peut ainsi se servir de cet astre pour comprendre la jeunesse du Soleil.

De quoi avait l’air le Soleil quand il était encore tout jeune ? Si l’on sait déterminer par quelles étapes l’astre passera avant de mourir, son passé n’est pas forcément parfaitement connu. Grâce à une étoile voisine, les scientifiques disposent en quelque sorte d’un analogue du Soleil, lorsqu’il était encore jeune. La manière dont cette étoile peut servir de comparaison a été explorée dans The Astrophysical Journal ce 3 août 2021 (le texte entier est accessible en prépublication). L’étude a été relayée par la Nasa.

Mieux comprendre la jeunesse du Soleil est important pour savoir comment il a pu contribuer à façonner l’atmosphère de la Terre et, donc, l’émergence de la vie sur notre planète. Actuellement, le Soleil est âgé de 4,65 milliards d’années : il est au milieu de sa vie. Comment savoir ce qui s’est passé avant ? En examinant les caractéristiques d’une jeune étoile semblable à la nôtre. C’est en tout cas ainsi que les scientifiques ont utilisé l’étoile Kappa 1 Ceti, telle une « machine à voyager dans le passé » de notre propre étoile.

UN MODÈLE ÉTABLI À PARTIR DE DONNÉES SUR LE SOLEIL
Cette étoile se trouve à environ 30 années-lumière de nous. Son âge est estimé entre 600 et 750 millions d’années, soit l’âge que devait avoir le Soleil au moment où la vie est apparue sur la Terre. En outre, la masse et la température de Kappa 1 Ceti correspondent à celles du Soleil. Mais il restait des caractéristiques importantes à estimer : pour cela, les scientifiques ont travaillé sur un modèle existant, qui est utilisé pour étudier le Soleil. Le modèle a été établi à partir de données provenant de missions spatiales comme celles du télescope spatial Hubble, de TESS (le « Satellite de recensement des exoplanètes en transit ») ou l’observatoire XMM-Newton.

On sait que notre étoile émet ce qu’on appelle le vent stellaire (ou solaire dans le cas du Soleil), un plasma qui s’écoule continuellement. Les étoiles jeunes ont tendance à émettre des vents stellaires plus chauds et plus puissants que les étoiles plus âgées, ce qui peut avoir des conséquences sur les planètes qui les entourent. Si nous avons des moyens d’observer le vent solaire, il est plus complexe de faire de même avec le vent stellaire d’autres étoiles plus éloignées. D’où l’intérêt d’utiliser un modèle qui fonctionne pour notre Soleil, et de l’appliquer à Kappa 1 Ceti, pour en déduire les propriétés de son vent stellaire… et donc les potentielles propriétés que le vent solaire devait avoir dans la jeunesse du Soleil.

Ainsi, il devient en quelque sorte possible d’observer le passé du Soleil, à travers d’autres étoiles plus jeunes. Les scientifiques espèrent appliquer leur modèle à d’autres étoiles que Kappa 1 Ceti, afin de petit à petit retracer l’évolution qu’à pu connaître notre Soleil au fil du temps.

Source : https://www.numerama.com/sciences/730650-a-quoi-ressemblait-le-soleil-jeune-cette-etoile-voisine-peut-aider-a-le-decouvrir.html

Voilà à quoi ressemble l’onde de choc d’une supernova

Le télescope spatial Chandra a pu observer l’onde de choc provoquée par l’explosion d’une étoile. La nébuleuse qui s’est formée est ralentie par un « mur de gaz » voisin.

Il a fallu 14 ans de données pour immortaliser l’onde de choc de cette supernova. Grâce à l’observatoire Chandra, des astronomes ont pu capturer le mouvement de cette onde, évoluant à près de 14 millions de kilomètres par heure. Ces images remarquables ont été diffusées le 24 juin 2021 sur le site de la Nasa consacré au télescope spatial Chandra, qui observe dans le rayonnement X.

Le résidu formé par l’explosion de cette supernova a été baptisé « MSH 15-5 », et semble bien être le plus jeune connu dans la Voie lactée. La lumière de cette supernova a atteint la Terre il y a environ 1 700 ans. Lors de la mort de cette étoile, l’explosion a créé un pulsar, un astre dense et magnétisé.

MSH 15-52 observé par Chandra. // Source : NASA/SAO/NCSU/Borkowski et al.

RALENTIE PAR UN « MUR DE GAZ »
« Cette structure en forme de main est une nébuleuse d’énergie et de particules soufflées par un pulsar résiduel après l’explosion de l’étoile », décrit l’observatoire dans son communiqué. On peut voir que cette onde s’éloigne de la zone de l’explosion, puis qu’elle est ralentie par la présence d’un « mur de gaz » issu d’un nuage voisin de l’événement.

Au fur et à mesure que le reste de la supernova, formé des débris de l’ancienne étoile et de l’onde de l’explosion, s’est étendu vers l’extérieur dans l’espace, sa forme a été modifiée. Avec un peu d’imagination, on peut effectivement y voir la forme de doigts et d’une paume de main. Cette vue complète de la « main » n’est pas nouvelle : le phénomène avait déjà été observé en 2009.

CERTAINS DÉBRIS AVANCENT JUSQU’À 17 MILLIONS DE KM/H
Ce qui est nouveau, en revanche, est d’avoir identifié la vitesse à laquelle ce reste de supernova se déplace, soit environ 14 millions de km/h, tandis qu’il se heurte au nuage de gaz (qui a été baptisé RCW 89). Certains des débris sont encore plus rapides, avec une vitesse estimée à 17 millions de km/h. Le bord intérieur du nuage se trouve à environ 35 années-lumière du centre de l’explosion de l’ancienne étoile.

C’est grâce aux données obtenues avec l’observatoire Chandra, en 2004, puis 2008, puis fin 2017-début 2018, que le mouvement a pu être suivi. Les vitesses estimées peuvent paraître impressionnantes, mais elles représentent un fait un ralentissement des résidus de cette supernova. En se heurtant au nuage RCW 89, la vitesse du matériau a été diminuée. Selon les chercheurs, il faudrait que le matériau voyage à environ 48 millions de km/h pour atteindre le bord du nuage le plus éloigné.

Source : https://www.numerama.com/sciences/722159-voila-a-quoi-ressemble-londe-de-choc-dune-supernova.html