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Une comète aurait explosé au-dessus du Chili il y a 12.000 ans

Des études géologiques menées par des chercheurs de l’Université Brown dans le désert d’Atacama au Chili ont démontré que plusieurs roches et minéraux seraient issus de l’explosion d’une comète au-dessus de la région, il y a 12.000 ans.

C’était un mystère qui durait depuis 12.000 ans, que les géologues de l’Université Brown (États-Unis) viennent de résoudre. Dans une étude publiée le 2 novembre dans Geology, une équipe de chercheurs menés par Peter Schultz exposent les conclusions d’analyses réalisées sur des roches prélevées dans le désert d’Atacama, au Chili. Les minéraux seraient issus de la déflagration provoquée par la désintégration d’un bolide en basse altitude. L’explosion aurait touché une zone de 75 kilomètres de diamètre autour de la ville de Pica, au nord du pays.

D’une oasis au désert
Les scientifiques ont récolté 300 roches dans la région de Pica, leurs compositions étant analysées en laboratoire grâce à des microscopes et spectroscopies. La plupart des minéraux prélevés sont des cristaux de silicate, parfois mêlés à des résidus d’argile. Des traces d’autres composants tels que de la buchwaldite ou encore de la chlorapatite ont ainsi été retrouvées.

Douze mille en ans en arrière, cette zone située à l’est de la pampa de Tamarugal était florissante et accueillait plusieurs espèces de plantes et d’animaux. Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer l’assèchement de la région et la présence de ces minéraux autour de Pica. Si la thèse d’une possible activité volcanique a rapidement été écartée, les chercheurs ont penché pour la propagation d’incendies massifs ayant provoqué une altération des terrains. Mais pour le docteur Schultz et ses collègues, la théorie d’un gigantesque feu ne saurait suffire à expliquer les profondes transformations géologiques de la région.

Certains minéraux ont ainsi subi une telle chaleur qu’ils auraient commencé à fondre, et se seraient tordus ou déformés en étant projetés par des vents violents. En parallèle, des cristaux de zircon se seraient transformés en baddeleyite, résultant d’une température supérieure à 3.000 °C.

Dévastation venue du ciel
Les données obtenues par les géologues leur ont permis de détecter la présence de minéraux d’origine extraterrestre. Des composants tels que la troïlite, la cubanite ou encore des inclusions minérales riches en calcium et aluminium ont été comparés aux échantillons de la comète 81P/Wild (ou Wild 2), collectés par la sonde Stardust. Lancée en 1999, cette dernière avait pour mission de capturer et stocker de la poussière émanant de la queue de l’objet céleste.

En trouvant des similitudes dans la composition des minéraux de Pica et de la comète Wild 2, les scientifiques retracent ainsi l’histoire de cette région du Chili et de ses bouleversements géologiques induits par l’explosion d’une comète en basse altitude. Pour l’heure, les minéraux issus du bolide n’ont pas encore été datés, mais l’évènement aurait pu avoir un impact sur la chute de la biodiversité en Amérique du Sud. Les datations obtenues coïncident en effet avec l’extinction du Quaternaire, durant laquelle de nombreuses espèces animales se sont éteintes. Si cela n’est actuellement qu’une supposition, de plus amples études devraient permettre d’en apprendre plus sur la mystérieuse comète ayant explosé au-dessus du désert d’Atacama et de son impact sur la région.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-comete-aurait-explose-dessus-chili-il-y-12000-ans-94605/

Des chercheurs pensent avoir détecté le tremblement de terre le plus profond du monde

Un séisme, situé à 750 km de profondeur, s’est produit en 2015 au large du Japon. Ce serait le premier tremblement de terre connu dans le manteau terrestre inférieur, un phénomène que les scientifiques ont encore du mal à expliquer.

Le 30 mai 2015, les habitants du Japon ont ressenti une secousse sismique d’une puissance extraordinaire qui a été ressentie dans l’ensemble des 47 préfectures du pays, une première depuis l’enregistrement des observations en 1884. Pourtant, malgré une magnitude de 7,9 et un épicentre situé dans l’archipel Ogasawara, à 900 km des côtes japonaises, aucun dommage majeur n’a été constaté. Et pour cause : le séisme s’est produit à 680 km de profondeur. Mais ce record, déjà connu et fort documenté, pourrait bien avoir encore été battu par une réplique, qui aurait été enregistrée à 750 km sous terre, dans le manteau profond, là où les chercheurs pensaient jusqu’ici que les tremblements de terre étaient impossibles.

Les tremblements de terre profonds, des événements rares et mystérieux
La grande majorité des tremblements de terre touchent en effet la croûte terrestre, où les plaques tectoniques accumulent le stress jusqu’à ce que le sol se fracture ou se déplace le long des failles. Mais, au-delà de 100 km de profondeur, là où commence l’asthénosphère, il n’existe aucun phénomène de ce type. Avec la pression et la température, les roches sont très visqueuses et fortement comprimées, ce qui empêche les craquements et glissements tels que ceux observés en surface. Les tremblements de terre profonds sont donc très rares : sur les 56.832 tremblements de terre modérés à important enregistrés entre 1976 et 2020, seulement 18 % étaient plus profonds que 70 kilomètres et à peine 4 % avaient un épicentre situé en-dessous de 300 km (le seuil considéré pour parler de séisme profond), selon le National Geographic.

Dans le manteau supérieur, les scientifiques pensent que ces tremblements de terre sont liés au changement de phase de l’olivine qui, lorsqu’elle atteint un point critique en température et en pression, passe d’une structure cristalline à une autre. Le minéral se compacte alors brutalement, ce qui peut provoquer des séismes importants (lire article ci-dessous). Mais, dans le manteau profond — qui commence à environ 700 km sous le Japon –, point d’olivine : celui-ci est principalement composé de bridgmanite, une forme de pérovskite silicatée.

Une réplique ultraprofonde à 750 km sous terre
Éric Kiser et ses collègues de l’université d’Arizona apportent pourtant de nouvelles preuves d’un séisme ultraprofond lors de la secousse de 2015. Les chercheurs ont examiné les données sismiques relatives au séisme pour détecter d’éventuelles répliques. Après un événement d’une telle puissance, les sismométries enregistrent de nombreux signaux dus à l’énergie qui se propage dans le sol. Pour différencier une réplique au milieu de ce bruit, ils ont utilisé une méthode appelée rétroprojection, qui consiste à empiler les données de plusieurs sismographes vers une grille d’emplacements de sources potentielles. Ils ont ainsi pu déterminer que le séisme principal avait donné lieu à quatre répliques situées entre 695 et 715 km de profondeur, ainsi qu’une autre enregistrée à 751 km, soit la secousse la plus profonde jamais enregistrée.

Un léger tassement de la dalle sous-marine
Pour expliquer ce séisme, les chercheurs avancent une nouvelle idée. Le choc de la secousse principale aurait diminué la contrainte élastique de résistance de la dalle sous-marine, ce qui aurait abouti à son tassement. Ce très léger déplacement aurait suffi à concentrer les contraintes exercées sur la dalle et provoquer un mouvement des roches, expliquent les auteurs dans leur article publié dans la revue Geophysical Research Letters.

Il est toutefois possible que la méthode utilisée produise des « fausses répliques », causées par le rebondissement des ondes sismiques sur les structures internes. La limite du manteau profond, estimée à 700 km, n’est pas non plus certaine. Néanmoins, s’il est avéré, un tremblement de terre situé dans le manteau inférieur obligerait à repenser le fonctionnement interne de notre Planète.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/geologie-chercheurs-pensent-avoir-detecte-tremblement-terre-plus-profond-monde-49134/

Comment la Terre s’est-elle remise du dernier réchauffement climatique important ?

Le Maximum Thermique de la transition Paléocène-Éocène, il y a 55,9 millions d’années, représente l’une des plus importantes crises climatiques que la Terre ait connue. Une nouvelle étude parue dans Science Advances montre que ce réchauffement climatique extrême a été associé à une augmentation de l’érosion et de l’altération des roches continentales. Ces processus auraient notamment permis de capturer une part significative de CO2 atmosphérique, stabilisant ainsi le climat.

Le système terrestre possède plusieurs mécanismes qui influencent, dans un sens ou dans l’autre, les variations climatiques. Les processus de surface, comme l’érosion mécanique et l’altération chimique des roches, sont des mécanismes désormais bien connus pour leur capacité à limiter la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère.

Altération des roches silicatés : une pompe à CO2
Parmi ces processus de surface, les réactions d’altération qui attaquent les minéraux silicatés, les transformant en argile, consomment du CO2. Les rivières se chargent alors de transporter les résidus carbonés vers les océans, où ils seront utilisés par les organismes marins pour se développer et produire la calcite formant leurs coquilles.

Lorsque ces animaux meurent et se déposent sur le fond, le carbone stocké dans leur biomasse et dans leurs coquilles est alors enfoui dans les sédiments. Sur de très longues périodes de temps — de l’ordre de dizaines à centaines de milliers d’années –, cette chaîne de réactions permet d’extraire efficacement le CO2 de l’atmosphère et de le stocker au fond des océans, permettant ainsi la régulation du climat.

Ce qui est en revanche encore mal compris, c’est la vitesse à laquelle l’altération, l’érosion et l’enfouissement du carbone peuvent répondre face à de grands changements environnementaux, comme celui que nous sommes en train de connaître. Une façon d’appréhender cette question est de regarder dans le passé de la Terre pour trouver un analogue naturel à ce qui se passe aujourd’hui.

Un réchauffement climatique extrême il y a 56 millions d’années
L’histoire géologique de la Terre a, en effet, enregistré plusieurs événements associés à des perturbations majeures du cycle du carbone. Ces crises sont caractérisées par des périodes de réchauffement climatique extrême. C’est le cas du Maximum Thermique de la transition Paléocène-Éocène (PETM), qui a eu lieu il y a 55,9 millions d’années. Les origines de cette crise sont encore débattues mais l’on sait qu’à cette époque, une grande quantité de carbone a été relâchée très rapidement dans l’atmosphère terrestre (en moins de 5.000 ans), engendrant un réchauffement rapide du globe et, notamment, une augmentation de 8 °C de la température de l’eau.

Une façon d’appréhender cette question est de regarder dans le passé de la Terre pour trouver un analogue naturel à ce qui se passe aujourd’hui

Cette crise climatique a duré environ 100.000 ans, puis il faudra encore 50.000 à 100.000 ans pour qu’elle se résorbe. Cette phase de résilience intéresse particulièrement les scientifiques qui tentent de savoir si les taux d’érosion ont pu être suffisamment importants pour aider le climat à se rétablir sur une relativement courte période de temps.

Des taux d’érosion 2 à 3 fois plus importants
Pour étudier l’importance des processus de surface à cette époque, les chercheurs ont utilisé les isotopes du lithium pour quantifier les taux d’érosion et d’altération chimique des roches. Le lithium a en effet 2 isotopes : 6Li et 7Li. Le point intéressant est que le rapport entre ces deux isotopes (δ7Li) peut varier en fonction des réactions chimiques. Dans l’eau de mer, ce ratio est fortement affecté par la formation d’argile, ce qui fait du δ7Li un bon traceur des taux d’érosion et d’altération.

Des échantillons datant de la période du PETM ont été analysés. Les mesures du δ7Li suggèrent que le cycle de l’eau a été amplifié de façon significative durant cette crise climatique. Les précipitations ont ainsi été plus importantes, augmentant le taux d’érosion mécanique et d’altération chimique des roches continentales. La modélisation effectuée par les auteurs de l’étude suggère que les taux d’érosion étaient alors 2 à 3 fois supérieurs durant le PETM en comparaison des taux précédant la crise.

L’apport massif de nutriments dans les océans aurait ainsi favorisé la production de matière organique, en parallèle de la précipitation de carbonates. L’enfouissement rapide du carbone piégé dans les organismes marins et dans les roches carbonatées a certainement été le paramètre d’influence principal facilitant la rééquilibration du climat et la fin de cet événement climatique extrême.

Ces résultats, publiés dans Science Advances, pourraient permettre de comprendre comment le système terrestre dans sa globalité peut et pourra répondre dans le futur aux changements climatiques. De ce point de vue, il est même possible d’envisager des solutions pour aider ce processus naturel de captation du carbone afin de lutter contre le changement climatique en cours.

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/geologie-terre-elle-remise-dernier-rechauffement-climatique-important-94277/

« Fréquence vibratoire de la Terre » : attention à cette théorie fumeuse des blogs de pseudo-science

L’acteur Guillaume Canet a récemment tenu à la radio un étrange discours sur la fréquence vibratoire de la Terre. Des déclarations qui viennent rappeler le risque des courants pseudo-scientifiques.

« On sait que la Terre vibre, et d’ailleurs sa vibration est en train d’exploser. » Voilà ce qu’a déclaré l’acteur Guillaume Canet, le 18 octobre, à une heure de grande écoute sur France Inter. « Elle vibrait à 6 000 hertz en 2011, et elle était à plus de 150 000 hertz fin décembre », a poursuivi le comédien. Or, s’il y a bien une chose que l’on sait, au contraire, c’est que cette affirmation est fausse. Aucune documentation scientifique ne vient en effet mentionner ce dont parle Guillaume Canet. Contactée par Numerama, la chercheuse spécialiste en géophysique Kristel Chanard estime que ce type de propos appartiennent au domaine de la pseudo-science.

Il est vrai que la planète vibre : « La Terre est un solide qui, lorsqu’elle est soumise à un choc, entre en vibration et émet un son à certaines fréquences, comme les cordes d’une guitare », explique la chercheuse. Ces vibrations proviennent à la fois de causes naturelles, comme « les séismes, les éruptions volcaniques (…) l’impact des vagues sur les côtes ou du vent sur les arbres », mais aussi des activités humaines telles que le trafic routier et ferroviaire. « C’est l’ensemble de ces vibrations que l’on appelle le ‘bruit sismique’, et que les sismologues mesurent à l’aide de sismomètres. On observe par exemple un bruit sismique plus fort le jour que la nuit, et plus faible le week-end que la semaine. »

Cependant, Kristel Chanard pose une nuance de taille : la fréquence de ce bruit se situe entre 0.1 et 100 Hz. Elle est donc « pour l’essentiel imperceptible par l’oreille humaine, qui perçoit des plutôt des fréquences entre 20 Hz et 20 kHz ».

Mais alors sur quoi l’acteur peut-il bien se baser ? Une brève recherche permet d’identifier la source la plus probable : les blogs de « soins énergétiques bien-être ». C’est à ces endroits que la théorie d’une « fréquence vibratoire » est de plus en plus fréquemment évoquée. C’est en particulier le cas du site de Luc Bodin, un homme qui déjà été mentionné dans un rapport du Miviludes, l’organisme français de lutte contre les dérives sectaires.

UNE UNITÉ QUI N’EXISTE PAS N’EST PAS UNE UNITÉ VALABLE
Luc Bodin, sur son blog, affirme que « le niveau vibratoire de la Terre s’élève de manière extraordinaire ». Il donne des chiffres : on serait selon lui passé, en 30 ans, d’une vibration de 6 000 UB à une vibration de 115 000 UB. Sauf que les UB, acronyme d’« unité Bovis », n’existent tout bonnement pas. Dans Wiktionnaire, l’unité est rangée dans la catégorie occultisme : « Unité de mesure pseudo-scientifique qui permettrait de mesurer un supposé taux vibratoire ou la supposée énergie cosmo-tellurique d’un lieu ou d’un corps. »

Si cette mesure n’est absolument pas utilisée en science et n’a pas de fondement, c’est parce qu’elle se base sur un ressenti purement arbitraire et une échelle que l’utilisateur peut adapter à sa convenance. L’auteur du blog justifie ses calculs ainsi : « Il n’existe pas d’appareil scientifique qui indique le niveau vibratoire terrestre. Celui-ci se mesure de manière empirique par la radiesthésie, le test énergétique, les baguettes coudées, le ressenti, le clair-savoir, etc. Ce n’est donc pas scientifique. »

Il n’y a, en effet, rien de scientifique dans tout cela. En revanche, bien sûr que des appareils existent et que le sujet est largement traité par la science. Les « vibrations » de la Terre sont, comme le rappelait la chercheuse Kristel Chanard, au début de cet article, une donnée largement surveillée par de véritables appareils — les sismomètres. Il s’agit d’études constantes, maîtrisées et d’instruments avec une grande sensibilité. Par exemple, durant les confinements liés à la pandémie, la réduction des activités humaines a causé une réduction du bruit sismique des activités humaines. Cela a été l’occasion, pour les sismologues, de mesurer plus précisément certaines ondes naturelles par compensation.

Par ailleurs, il n’y a rien d’empirique dans ce que décrit le blog, contrairement à ce qu’il prétend. Une preuve empirique — obtenue par l’observation et/ou l’expérience — ne peut faire l’économie de la méthode scientifique pour être valide (hypothèse, plan d’expériences, évaluation par les pairs, examen contradictoire, reproduction…).

LES PSEUDO-SCIENCES ET LES DÉRIVES SECTAIRES
Ces théories fallacieuses relèvent de la pseudo-science, c’est-à-dire une démarche qui consiste à présenter des idées comme relevant de faits scientifiques, alors qu’il n’en est rien. C’est ce qui a poussé un acteur pour Guillaume Canet à commencer son affirmation, probablement lue sur internet, par « on sait que ». À cette image, tout en affirmant ne pas relever de la science, le blog de Luc Bodin — et d’autres qui sont dans la même mouvance — fait régulièrement référence à des termes et à des éléments issus de la science (« champ magnétique terrestre », « photons », etc.). Mais ces éléments sont mal utilisés et ne servent qu’à tenter de donner une apparence sérieuse à des affirmations qui ne reposent sur aucune preuve.

Le problème est que les théories pseudo-scientifiques usent de ces mécanismes pour faire croire qu’elles portent des vérités absolues. C’est alors que s’insinue le risque des dérives sectaires. Le blog que nous avons évoqué est sous surveillance du Miviludes, qui, dans un rapport, indique ceci : « M. Luc Bodin est un ancien médecin inscrit à l’Ordre des médecins du Pacifique-Sud en qualité de médecin non exerçant. Bien qu’ayant pris la décision de ne plus exercer la médecine, il propose des stages et des publications en prenant soin de faire référence à sa qualité de docteur en médecine. En réalisation de ce qu’il appelle sa ‘mission’, M. Bodin a mis en œuvre un dispositif commercial de vente de formations dont les théories et les pratiques s’inscrivent dans le vaste courant des approches dites ‘énergétiques’ du corps et de la santé, inclus lui-même dans une vision ‘énergétique’ globale de l’univers. »

Un des exemples relevés par le Miviludes est révélateur de la relation d’autorité que ces sites cherchent à construire, vis-à-vis de leur lectorat : « De nouvelles énergies arrivent sur la Terre, elles vont pousser le monde humain vers une évolution merveilleuse et obligatoire… oui, vous avez bien lu : OBLIGATOIRE. » L’usage d’une notion d’obligation n’a évidemment rien d’anodin dans ce contexte. Pareillement, lorsqu’il vend ses « soins », Luc Bodin écrit : « Tout le monde peut (devrait) faire ces soins. » La parenthèse à l’impératif est, là encore, un indice problématique.

Le risque de dérive sectaire avec ces pratiques pseudo-scientifiques réside dans la vente — à des tarifs élevés qui plus est — de « soins » qui se présentent comme des pratiques médicales, sans en être réellement. Cela peut pousser certaines personnes atteintes de pathologies graves à ne plus se soigner avec de la médecine conventionnelle. Pour contourner tout risque de poursuite judiciaire, les praticiens comme Luc Bodin précisent toujours sur leur site que leurs formules ne dispensent pas de recourir aux soins conventionnels.

Toutefois, « des personnes atteintes par des maladies graves et soumises à des traitements conventionnels très éprouvants peuvent être incitées à abandonner ces traitements, au risque d’une aggravation de leur état de santé, par un excès de confiance vis-à-vis de traitements ‘énergétiques’ ou autres, dénués de toute validation scientifique », alerte le Miviludes. Attention, donc, aux discours pseudo-scientifiques, qui peuvent avoir des conséquences graves, en particulier lorsqu’ils servent à vendre des pratiques ou des produits.

Source : https://www.numerama.com/politique/749372-frequence-vibratoire-de-la-terre-attention-a-cette-theorie-fumeuse-des-blogs-de-pseudo-science.html

Les pôles magnétiques de la Terre vont s’inverser, mais nous survivrons

Pas d’apocalypse géomagnétique à l’horizon mais des phénomènes scientifiques fascinants.

Plusieurs fois dans l’histoire de notre planète, le magnétisme des pôles s’est inversé, laissant ainsi les boussoles pointer l’Antarctique comme étant le nord, au lieu de l’Arctique. Cela peut sembler étrange mais c’est une singularité assez prévisible. Déclenché par la dynamique centrifuge du noyau de la Terre, ce processus d’inversement géomagnétique a lieu depuis la nuit des temps sans qu’on en parle réellement.

Il y a trois ans, la parution d’un livre qui tentait d’expliquer ce phénomène a généré de nombreux articles de presse en ligne, qui tous annonçaient que l’apocalypse était proche. Une apocalypse géomagnétique qui généraliserait les tumeurs cancéreuses, ferait tomber les satellites du ciel et où la vie sur Terre telle que nous la connaissons cesserait d’être.

Il est certain que la vie sur Terre sera sûrement très différente dans quelques milliers d’années. Mais ces acrobaties polaires auront-elles vraiment une influence sur cette évolution ?

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Première chose : allons-nous tous mourir ?
Oui.



Attendez, quoi ? Comment ça ?
Nous allons effectivement tous mourir. Mais le fait est que nous n’allons pas périr au prochain inversement géomagnétique, que ce soit maintenant ou plus tard.



Tant mieux. Alors en quoi consiste cet inversement géomagnétique ?
Si l’histoire géologique se répète, les pôles magnétiques de la Terre pourraient bien s’inverser. C’est indéniable. À partir des empreintes magnétiques incrustées dans les pierres anciennes, nous savons que durant les 20 derniers millions d’années, le sud et le nord magnétique ont basculé tous les 200 000 à 300 000 ans (la périodicité n’a pas toujours été constante). Le dernier inversement majeur a eu lieu il y a 780 000 ans. Cependant, la position des pôles évolue également entre ces grands changements.

L’inversement géomagnétique a donc pris du retard. Mais des données suggèrent qu’il serait imminent. Cela ne signifie pas pour autant qu’une inversion des pôles va avoir lieu demain ou dans les mois à venir. Je miserais d’ailleurs une belle somme sur le fait que l’Arctique restera le nord encore un bon moment. Aucun de nous n’a cependant de certitudes sur la date du prochain inversement total.

D’accord. Mais si cela arrivait bientôt, serait-ce un problème ?
Rien n’est sûr. Les scientifiques estiment que les retournements des pôles passés ont été plutôt lents, le sud et le nord échangeant leurs places sur plusieurs milliers d’années. C’est aussi bon que mauvais si vous êtes inquiets de l’effet que l’inversement géomagnétique pourrait avoir sur la vie sur Terre.

La lenteur du phénomène est positive car elle nous laisse du temps pour nous préparer et anticiper tous les désagréments possibles. L’aspect négatif, c’est que le champ magnétique de notre planète nous protège des radiations cosmiques et solaires. Une inversion prolongée pourrait nous exposer aux radiations plus longtemps que ce qui est aujourd’hui recommandé.

Mais ce n’est pas si dramatique : vous n’allez pas vous réveiller un matin et vous apercevoir que votre smartphone localise la maison du Père Noël dans l’hémisphère sud.



Dommage, tout cela paraît bien ennuyeux. Donc qu’est-ce qui sera concrètement observable ?
Le seul effet majeur, qui sera observable avec certitude lorsque l’inversement sera terminé, sera votre boussole vous indiquant que le nord est en Antarctique et que le sud est proche du Canada.

Une autre conséquence intéressante sera pour les animaux qui se servent du champ magnétique pour s’orienter, comme les oiseaux, les saumons ou les tortues de mer. Ils risquent de se perdre dans leur routine. Mais ils s’adapteront certainement pour retrouver un équilibre et la vie suivra son cours. Beaucoup de prophètes de l’apocalypse ont essayé d’associer l’inversement magnétique à une extinction de masse. Mais rien ne permet de le penser, les données ne sont pas là.



Donc il ne faut s’inquiéter de rien ?
Pas exactement. Il est vrai que lorsque les pôles s’inversent, le champ magnétique de la Terre peut s’affaiblir. Mais sa puissance est déjà relativement variable donc ce n’est pas si inhabituel. Et d’après la NASA, rien ne laisse penser qu’il pourrait disparaître complètement. Tout simplement parce que ça n’a jamais été le cas.

Cependant, si le champ magnétique s’affaiblit sensiblement et qu’il reste ainsi pendant un certain temps, la Terre sera moins protégée des multiples particules à forte énergie qui flottent en permanence dans l’espace. Ce qui signifie que tout sur la planète sera exposé à de plus grandes quantités de radiation. Au fil du temps, cette exposition pourrait engendrer une augmentation des maladies comme le cancer, et endommager les engins spatiaux et les réseaux électriques.

Ce sont des conséquences pour lesquelles nous pouvons nous préparer. Et tant que la stratosphère est intacte, notre atmosphère peut également faire office de bouclier.

Pour le moment, des toxines cancérigènes sont tous les jours introduites dans notre environnement et la façon dont fonctionne notre écosystème est altérée. Il y a donc de plus graves problèmes dont nous devrions nous inquiéter à court terme.

Maintenant que tout ceci est dit : le bonus de l’affaiblissement de notre champ magnétique est que les aurores boréales seront visibles en basse latitude. Nous aurons un ciel nocturne encore plus magique.

Source : https://www.nationalgeographic.fr/espace/2021/06/les-poles-magnetiques-de-la-terre-vont-sinverser-mais-nous-survivrons