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Une galaxie sur cinq dans l’Univers se cacherait derrière la poussière cosmique

Grâce à des télescopes de plus en plus performants, on parvient aujourd’hui à détecter des galaxies primitives jusqu’ici peu visibles car cachées derrière un épais rideau de poussière cosmique. Des scientifiques estiment que 10 % à 20 % des galaxies seraient ainsi masquées. Leur étude pourrait permettre de mieux comprendre la formation de l’Univers.

À 29 milliards d’années-lumière de la Terre, deux nouvelles galaxies viennent d’être découvertes par des chercheurs de l’université de Copenhague au Danemark. Cachées derrière une épaisse couche de poussière cosmique, elles étaient jusqu’ici passées totalement inaperçues du télescope Hubble. Mais grâce aux télescopes géants comme celui d’Alma au Chili, ce type de galaxie plus froide et plus sombre est désormais visible. « Nous regardions un échantillon de galaxies très éloignées, dont nous savions déjà qu’elles existaient à partir des images de Hubble. Et puis nous avons remarqué que deux d’entre elles avaient des voisines que nous ne nous attendions pas du tout à trouver là. Comme ces galaxies sont entourées de poussière, une partie de leur lumière est bloquée, ce qui les rend invisibles pour Hubble », explique Pascal Oesch, du Cosmic Dawn Center de l’Institut Niels-Bohr et coauteur de l’étude relatant cette découverte.

Découvrir des galaxies cachées
En comparant ces nouvelles galaxies avec celles connues dans l’univers précoce, c’est-à-dire celles âgées de plus de 13 milliards d’années, les chercheurs ont estimé que 10 % à 20 % seraient cachées dans des rideaux de poussière cosmique et donc encore inconnues.

« Il y a certainement beaucoup plus de galaxies primitives que ce que nous pensions, assure Pascal Oesch. Les nouveaux instruments – comme le télescope James-Webb, beaucoup plus sensible que Hubble et capable d’étudier des longueurs d’onde plus longues – vont constituer une énorme avancée pour la découverte de ces galaxies cachées », poursuit le chercheur. Le James Webb Space Telescope ou JSWT possède en effet des instruments de pointe capable d’observer les objets très lointains, qui ont basculé dans le spectre infrarouge. « L’étude des galaxies primitives telles que celles que nous avons découvertes va nous permettre de compléter le grand puzzle de la formation de l’Univers », certifie Pascal Oesch. Selon les estimations, il existerait entre 100 et 200 milliards de galaxies dans l’Univers.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/galaxie-galaxie-cinq-univers-cacherait-derriere-poussiere-cosmique-95093/

Comment obtient-on les superbes images du télescope Hubble ?

Les inoubliables images de Hubble ont changé la vision de l’astronomie auprès du grand public. Comment sont-elles façonnées ? L’astronome Yaël Nazé détaille leur fabrique, entre techniques numériques et inspiration des peintres du Far West américain, dans The Conversation.

Les images du télescope spatial Hubble, devenues des icônes, ont fait son succès auprès du public. Ces superbes clichés soulèvent beaucoup de questions auprès du public : on me demande souvent s’il s’agit de « vraies » images, par exemple.

Voici un petit tour d’horizon de la fabrique de ces fameuses images… et désormais, de celles des autres télescopes, car si l’équipe du télescope spatial Hubble a été pionnière et a bénéficié du boom d’internet pour la diffusion à grande échelle, sa « grammaire visuelle » a été reprise un peu partout depuis.

AU DÉPART
Première chose à retenir : les images produites par le télescope Hubble (et ses collègues) sont numériques. Aujourd’hui, tout le monde connaît ce genre d’image et en fait avec son appareil photo ou son téléphone, mais les astronomes ont en fait utilisé des détecteurs électroniques des années avant le grand public. Il existe cependant une différence notable entre vos images et celles des astronomes : les vôtres sont en couleurs, alors que celles des astronomes sont monochromatiques.

Vous levez peut-être un sourcil, vu que toutes ces belles images astronomiques regorgent de couleurs. Pour comprendre, revenons à la base. Si vous obtenez des images couleur, c’est parce qu’il y a plusieurs détecteurs côte à côte dans chaque pixel de votre caméra. Cela prend un peu de place, donc rend les images un peu moins détaillées. Cela ne pose pas problème pour la vie courante, mais les astronomes, eux, veulent le plus de détails possible et leurs détecteurs s’alignent donc en rang serré. Comment avoir la couleur dans ces conditions ? C’est simple : il suffit de recommencer l’exposition, en plaçant à chaque fois un filtre différent devant le détecteur. Chaque image astronomique est donc une combinaison d’images monochromatiques prises à la suite et non simultanément comme dans une photo classique.

Comme les instruments ne sont jamais parfaits, il faut ensuite appliquer quelques corrections, pour corriger des différences de sensibilité entre pixels ou encore éliminer les rayons cosmiques qui passaient par là, laissant une trace non désirée dans l’image. Ce n’est pas tout. Il reste en fait à rendre l’image intéressante et pour cela, il faut se souvenir qu’une image numérique est un tableau de chiffres.

UN PETIT COUP DE PHOTOSHOP ?
Première étape : l’astronome va choisir la « zone de brillance » qui l’intéresse. Imaginons une image de galaxie : si l’astronome est intéressé par les fines volutes des nébuleuses, il mettra en valeur les luminosités faibles, car ces objets sont peu brillants ; au contraire, si l’astronome se focalise sur les étoiles, il insistera sur les luminosités élevées. Pour représenter les chiffres de l’image, on peut ainsi utiliser une échelle linéaire, logarithmique ou carrée, chacune mettant l’accent sur des luminosités différentes – la logarithmique, par exemple, va « booster » les luminosités faibles, rendant visible des détails auparavant noyés dans les ténèbres. On peut même décider de ne pas montrer les luminosités extrêmes (trop faibles ou trop élevées), éliminant une partie (inutile) de l’information.

Seconde étape : l’orientation et le cadrage. L’astronome professionnel se contente généralement de zoomer sur la zone du ciel qui l’intéresse, avec une orientation quelconque ou cardinale (nord vers le haut de l’image, par exemple). Mais pour les images destinées au grand public, d’autres critères peuvent entrer en ligne de compte (voir plus loin).

Dernière étape : coloriser. Typiquement, on devrait coloriser en bleu l’image prise avec un filtre bleu, en vert celle prise avec un filtre vert et en rouge celle prise avec un filtre rouge, puis combiner les trois pour avoir une image normale, colorée. Sauf que ce n’est pas si simple… En fait, il est plutôt rare que les filtres soient « juste » rouge-vert-bleu.

Les astronomes utilisent en réalité des filtres permettant d’avoir une information scientifique précise, par exemple la signature de l’oxygène ionisé, et non les trois bandes larges conventionnelles. Les images prises dans ces filtres particuliers permettent de repérer directement des zones intéressantes, plus chaudes, plus denses, ayant subi un choc, etc.

Alors, le graphiste louvoie et utilise de « fausses couleurs », souvent en respectant une convention bien spécifique : ils colorent en bleu la lumière la plus énergétique et en rouge la moins énergétique, reproduisant la différence naturelle entre couleurs. Ainsi, si l’on dispose d’un groupe d’images en orange foncé, rouge clair et rouge foncé, l’orange foncé sera montré en bleu, le rouge clair en vert et le rouge foncé en rouge ; pour un groupe violet-bleu marine-cyan, le violet deviendra bleu, le bleu marine vert et le cyan rouge.

Ce type de convention s’étend à la lumière non visible à l’œil nu : on représentera l’infrarouge proche en bleu, le moyen en vert et le lointain en rouge ; on montrera les rayons X les plus énergétiques en bleu, et les moins énergétiques en rouge.

INSPIRATION…
L’alchimie tout juste décrite est donc capable de produire les fameuses icônes de Hubble. Tout cela est clairement technique et vous semble probablement dénué de l’émotion intense qui vous prend à la vue de ces superbes images célestes… Comment est-ce possible, comment un tel processus génère autant de sentiment ? Cela ne doit rien au hasard et l’équipe du télescope spatial fait ici figure de pionnier : première à diffuser largement des images numériques, elle a tellement marqué le domaine que les autres observatoires ont suivi son exemple. Mais elle avait une source d’inspiration clairement identifiée : les peintures du XIXe siècle de l’Ouest américain.

Des artistes accompagnaient en effet les premières expéditions géologico-géographiques vers le « Far West ». Leur tâche ? Tout d’abord, documenter des phénomènes ou des concrétions remarquables, mais aussi promouvoir les expéditions et leurs résultats, et ainsi obtenir des subsides des parlementaires pour les campagnes suivantes. Elles encouragèrent aussi l’installation dans ces contrées reculées, et suscitèrent des vocations d’explorateurs ou de géologues. Pour y arriver, les paysagistes composèrent des images avec des diagonales fortes ou des contre-jour impressionnants. Le parallèle entre certaines de leurs peintures et les images de Hubble est criant : colonne rocheuse et piliers de la nébuleuse de l’Aigle, montagne avec nuages tempétueux et « montagne mystique »… Les images astronomiques utilisent donc les « trucs » des peintres et photographes pour retenir l’attention et susciter l’émotion.

Far West ou espace, on trouve dans les deux cas l’attrait du spectaculaire, des belles choses jamais vues auparavant, et un rendu parfait capable de titiller à la fois les sens et l’esprit. S’y mêle le rêve romantique des contrées inviolées, jamais encore touchées par l’homme – de nouveaux espaces qui donnent au pionnier le plaisir de découvrir et d’explorer. S’y ajoute la question de la frontière : frontière de nos connaissances, frontière de notre influence, frontière à explorer – puis à dépasser. Ces images rendent finalement l’étrange et l’inaccessible familiers, elles stimulent notre imaginaire, et elles nous suggèrent d’envisager positivement un progrès futur, en ouvrant un… univers de possibilités.

Alors, au final, s’agit-il de « vraies » images ? Oui, puisqu’il s’agit bien de l’enregistrement de la lumière de l’objet, il ne s’agit pas de dessin fictionnel. Pourtant, il est tout aussi clair que notre œil ne pourrait évidemment pas voir la même chose : vu ses limitations, et sans même considérer les traitements appliqués à l’image, il est probable que si l’on regardait ce coin du ciel, même avec un télescope, on ne verrait pas grand-chose, et certainement pas en couleurs vu les limitations de nos yeux (pour les lumières faibles, nous voyons avec les bâtonnets, qui sont monochromatiques).

En nous donnant à voir de vrais signaux astronomiques hors de la portée de nos yeux, les images de Hubble et des autres télescopes astronomiques nous emmènent dans un ailleurs inspirant…

Source : https://www.google.com/amp/s/www.numerama.com/sciences/744148-comment-obtient-on-les-superbes-images-du-telescope-hubble.html/amp

La comète Atlas est-elle ce qu’il reste d’une ancienne comète ?

Drôle de comète que la comète C/2019 Y4 (Atlas). Elle s’est fragmentée au printemps 2020. Avant même d’atteindre le point de son orbite le plus proche du Soleil. Et des astronomes supposent aujourd’hui qu’elle pourrait elle-même avoir été un morceau d’une comète passée par là il y a 5.000 ans.

Elle avait été découverte à la fin de l’année 2019. Et elle avait été annoncée comme la comète de l’année 2020. Voire, comme la comète de la décennie. Les astronomes imaginaient sa luminosité atteindre celle de Vénus. Mais déception au cœur du printemps, C/2019 Y4 (Atlas) s’était finalement fragmentée en plusieurs petits morceaux. Fin du spectacle. Mais pas fin de l’histoire.

Aujourd’hui, la comète Atlas revient sur le devant de la scène grâce aux travaux d’astronomes de l’université du Maryland (États-Unis). S’appuyant sur des observations du télescope spatial Hubble (Nasa), ils avancent qu’elle pourrait, elle-même, avoir été un fragment d’une autre comète ayant traversé le Système solaire il y a environ 5.000 ans. Désintégrée alors qu’elle s’approchait à moins de 40 millions de kilomètres du Soleil.

La comète Atlas, une drôle de comète
Ce qui lui a mis la puce à l’oreille ? Le fait que la comète Atlas suive la même voie qu’une autre comète, passée en 1844 – celle-ci, on ne la reverra pas avant… le cinquantième siècle ! C/2019 Y4 pourrait être sa sœur. Et toutes deux seraient alors issues d’une seule et unique comète mère.

Ce qui étonne les astronomes, c’est que la comète Atlas se soit désintégrée aussi loin du Soleil. Dans ces conditions, comment a-t-elle pu survivre à son dernier passage bien plus près du Soleil ? Des réponses se cachent dans les images de sa fragmentation. Une partie du noyau de la comète s’est en effet désintégré en quelques jours. Une autre a mis plusieurs semaines. Les astronomes pensent que les courants de matière éjectée ont fait tourner Atlas si rapidement que les forces centrifuges ont fini par la déchirer. Autre possibilité : la présence de glaces dites super-volatiles capables de faire exploser la comète, comme un feu d’artifice.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-comete-atlas-elle-ce-quil-reste-ancienne-comete-93101/

Hubble est de retour et voici ses nouvelles images du cosmos

Travaillant depuis le contrôle de mission au Goddard Space Flight Center de la Nasa à Greenbelt, Maryland, ainsi qu’à distance en raison des restrictions imposées par la Covid-19, les ingénieurs de la Nasa ont finalement mené à bien la commutation du télescope Hubble sur un ordinateur de bord de secours. Hubble a repris ce weekend ses observations après un mois d’arrêt, comme le prouvent de nouvelles images.

Sans surprise, les observations du télescope Hubble ont repris ce 17 juillet 2021. Comme Futura l’avait expliqué, l’identification du problème qui paralysait depuis un mois l’ordinateur de bord du télescope, à qui l’on doit la découverte de l’accélération de l’expansion de l’Univers observable et plusieurs des premières analyses de la composition des atmosphères de certaines exoplanètes, avait conduit les ingénieurs de la Nasa a lancé la procédure de commutation de cet artéfact de l’Humanité vers un ordinateur de bord de secours.


Il n’y avait en effet pas d’autre solution depuis que plus aucune navette spatiale n’était disponible pour aller faire des réparations ou des upgrades de Hubble qui orbite à environ 547 kilomètres au-dessus de la Terre. La tâche n’a pas été aisée car il a fallu faire appel à environ 50 personnes pour aboutir à la remise en service de Hubble, en testant par exemple sur un simulateur sur Terre les opérations nécessaires.

Ces images, issues d’un programme dirigé par Julianne Dalcanton de l’Université de Washington à Seattle, démontrent le retour de Hubble à des opérations scientifiques complètes. À gauche, ARP-MADORE2115-273. À droite, ARP-MADORE0002-503, une grande galaxie spirale avec des bras spiraux étonnants. Alors que la plupart des galaxies à disques ont un nombre pair de bras spiraux, celle-ci en a trois. © Science : Nasa, ESA, STScI, Julianne Dalcanton (UW) Traitement d’images : Alyssa Pagan (STScI)

Des galaxies exotiques sous l’œil de Hubble
Pour cela il a également fallu faire revenir les tout premiers scientifiques et ingénieurs qui se sont occupés du télescope il y a une trentaine d’années. En effet, pour réparer cet œil de la Noosphère construit dans les années 1980, il a fallu mobiliser certains des pionniers à la retraite qui avaient participé à cette construction et ceux ayant des décennies d’expertise dans la conduite des missions d’observation avec le vénérable instrument.

Les résultats sont là, comme l’expliquent des communiqués de la Nasa. Dès son retour en mode d’observation, Hubble a été testé en imageant des amas d’étoiles globulaires dans d’autres galaxies et des aurores sur la planète géante Jupiter. Des preuves que Hubble est bien sorti de son coma ont aussi été fournies sous la forme de deux images de galaxies exotiques.

Il y a d’abord ARP-MADORE2115-273, un exemple rare d’une paire de galaxies en interaction observable dans l’hémisphère sud et située à environ 297 millions d’années-lumière de la Voie lactée. Vient ensuite ARP-MADORE0002-503, une grande galaxie spirale avec des bras spiraux étendus inhabituels, à une distance de 490 millions d’années-lumière de notre Galaxie.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/hubble-hubble-retour-voici-nouvelles-images-cosmos-88174/

Bonne nouvelle : Hubble sera bientôt opérationnel à nouveau !

La saga de Hubble n’est pas finie. La Nasa vient de faire savoir qu’elle pensait avoir compris la nature du problème paralysant le vénérable télescope spatial depuis des semaines. Les opérations conduisant à son prompt rétablissement sont en cours.

La Nasa faisait savoir, le 16 juin 2021, qu’elle avait constaté l’arrêt complet de l’ordinateur de bord du télescope Hubble quelques jours auparavant, plus précisément le dimanche 13 juin, peu après 16 heures. Dans les semaines qui allaient suivre, les ingénieurs de la célèbre agence spatiale états-unienne allaient régulièrement rendre compte de leurs tentatives pour identifier l’origine de cet arrêt qui rendait le télescope incapable de conduire des observations alors que ses instruments étaient en aussi bon état de marche que possible.

Le temps passant, l’inquiétude grandissait étant donné qu’il n’est plus possible d’envoyer une mission à destination de cet œil de la noosphère en orbite depuis la fin du programme des navettes spatiales. Toutefois, les concepteurs du télescope gardaient espoir puisqu’ils avaient bien évidemment anticipé ce genre de problème en dotant l’extraordinaire machine de composants redondants pouvant prendre le relais des éléments défectueux.

Un problème de baisse de tension
Ce 14 juillet 2021, la Nasa vient finalement d’annoncer via un communiqué qu’elle pensait avoir enfin déterminé précisément le problème avec l’ordinateur de bord. Il serait situé dans la Science Instrument Command and Data Handling (SI C&DH) unit et, plus exactement, au niveau de l’unité de contrôle de puissance (PCU) alimentant l’ordinateur de bord et sa mémoire en électricité avec une tension de cinq volts. Il se trouve que si cette tension baisse l’ordinateur est prévu pour stopper ses opérations. Or toutes les tentatives pour réinitaliser le PCU ont échoué.

Les ingénieurs de la Nasa ont donc finalement décidé de lancer la procédure de commutation vers la copie de l’ordinateur de bord à savoir, comme l’expliquait Futura dans le précédent article ci-dessous, un autre exemplaire de Nasa Standard Spacecraft Computer-1 (NSSC-1) remontant aux années 1980. La procédure débute ce 15 juillet 2021 et, selon le communiqué de la Nasa, tous les tests des procédures pour le changement et les examens associés ayant déjà été achevés, Hubble devrait pouvoir faire à nouveau des observations d’ici quelques jours seulement.

Ouf !!

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/hubble-bonne-nouvelle-hubble-sera-bientot-operationnel-nouveau-88174/

Quand Hubble s’arrêtera, on ne pourra plus observer dans l’ultraviolet

La panne de l’ordinateur de bord du télescope spatial Hubble oblige actuellement la Nasa à suspendre ses observations. Le célèbre observatoire a une particularité : il est le seul télescope à permettre actuellement d’observer dans l’ultraviolet.

En 31 ans passés dans l’espace, le télescope Hubble rencontre un problème inédit. Cette fois-ci, la panne concerne son ordinateur de bord, chargé de contrôler les instruments. Depuis le 13 juin 2021, les observations scientifiques sont suspendues. La Nasa était encore en train de faire ses diagnostics et de préparer des opérations de mise en route de l’ordinateur de secours, à la date du 30 juin.

La pouponnière d’étoiles N159 vue par Hubble. Elle contient des étoiles jeunes et chaudes, qui émettent de la lumière ultraviolette. // Source : Flickr/CC/ESA/Hubble & NASA (photo recadrée)

Cette panne suscite inévitablement des inquiétudes dans la communauté des astronomes. À chaque souci de fonctionnement, ces scientifiques redoutent la perte de l’observatoire mythique, dont la longévité est déjà impressionnante. Une catégorie d’astronomes doit particulièrement surveiller l’évolution de la situation : celles et ceux qui ont besoin d’observer dans le domaine de l’ultraviolet (UV). « Une particularité de Hubble est d’être le seul télescope qui permet de faire des observations dans l’ultraviolet, explique à Numerama Élodie Choquet, astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille. Pour cela, il faut être dans l’espace, et il n’y a pas d’autre télescope ou d’autres missions qui font cela. Toute une partie de notre communauté, qui dépend des observations en ultraviolet, utilise beaucoup Hubble, car cela ne peut pas être fait depuis le sol. »

L’ATMOSPHÈRE TERRESTRE EST OPAQUE AUX UV
Pour observer au-delà du violet, il faut nécessairement aller à plus de 35 kilomètres d’altitude. La faute à l’atmosphère terrestre, nous indique la spécialiste : « Notre atmosphère est opaque aux UV. La couche d’ozone, qui nous protège des rayons UV du Soleil, nous empêche par contre d’observer le reste de l’Univers dans l’ultraviolet avec les télescopes sur Terre. » C’est pourquoi il faut envoyer ce type de télescopes au-dessus de l’atmosphère terrestre, afin de réaliser de telles observations.

Un autre télescope est bien en préparation du côté de la Nasa (avec une participation des agences spatiales européenne et canadienne), le JWST, pour James Webb Space Telescope. Il doit être lancé dans l’espace à la fin de l’année 2021, et est particulièrement attendu des astronomes. Cependant, il ne pourrait pas prendre la relève de Hubble, si celui-ci venait à cesser de fonctionner, dans le domaine de l’ultraviolet. « Le gros télescope suivant, le JWST, n’est pas prévu pour fonctionner dans l’ultraviolet. Il est optimisé pour l’infrarouge, et observe un peu dans le visible, mais absolument pas dans l’ultraviolet. Quand ça sera fini pour Hubble, ça en sera aussi fini pour cette partie-là de la science qu’il permet de faire », détaille la spécialiste.

« ON ESPÈRE TOUS QUE LA NASA SÉLECTIONNE UN GRAND PROJET »
D’autres projets pour pouvoir continuer à observer dans l’ultraviolet par d’autres moyens existent. Plusieurs missions ballon ont déjà eu lieu, dès 2007 et 2009. Ces missions « consistent à envoyer un petit télescope en haut de l’atmosphère terrestre, pour faire des observations. Néanmoins, cela restera très petit comparé à Hubble, l’envergure de la science que l’on pourra faire n’est pas la même », fait remarquer Élodie Choquet.

Des suggestions sont faites auprès de la Nasa pour concevoir un futur télescope, qui observerait dans le visible et dans l’ultraviolet, comme Hubble. « On parle plutôt de télescopes qui seraient là dans les années 2035 », précise Élodie Choquet. Pour l’instant, l’agence spatiale américaine n’a pas indiqué si elle souhaitait ou non concrétiser un projet de ce genre.

Beaucoup d’astronomes souhaitent que la réponse soit positive. « On espère tous qu’ils sélectionnent un grand projet ambitieux avec un grand télescope, de l’ordre d’une dizaine de mètres de diamètre, qui soit capable de couvrir les longueurs d’onde entre l’UV et l’infrarouge. Cela couvrirait la science que fait Hubble, avec un diamètre de télescope plus grand, avec une meilleure résolution sur nos images et une sensibilité encore plus importante », espère Élodie Choquet.

Source : https://www.numerama.com/sciences/723521-quand-hubble-sarretera-on-ne-pourra-plus-observer-dans-lultraviolet.html

Une planète de la taille de Neptune avec une atmosphère riche en eau

Proche de la Terre, cette planète un peu plus petite que Neptune aurait une atmosphère riche en eau.

TOI-1231 b est une exoplanète nouvellement découverte qui orbite en 24 jours autour d’une naine rouge, une étoile plus petite et plus froide que le Soleil. Elle est située à environ 90 années-lumière de la Terre, ce qui en termes cosmiques en fait une presque voisine. Son étude programmée dans les prochains mois devrait livrer d’intéressantes conclusions sur son atmosphère.

Une sous-Neptune pas si chaude
La planète a été repérée grâce au télescope TESS par la méthode des transits qui consiste à détecter la baisse de luminosité de l’étoile quand sa planète passe devant elle. Une fois repérée, son existence a été confirmée par le télescope Magellan Clay au Chili qui avec son spectrographe a pu mesurer l’influence gravitationnelle qu’elle exerce sur son étoile. Ces deux instruments ont permis à Jennifer Burt, du Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, associée à une équipe internationale, d’en dresser un portrait robot qui sera publié dans la revue The Astronomical Journal.

Ainsi on sait que TOI-1231 b fait le tour de son étoile en 24,6 jours et étant donné que celle-ci est moins chaude que le Soleil, elle doit avoir une température de surface relativement clémente autour de 60°C. C’est peu par rapport à d’autres mondes encore plus près de leurs astres qui peuvent atteindre des centaines de degrés comme LTT 9779 b, une Neptune ultrachaude également dénichée par TESS. L’exoplanète fait environ 3,65 fois la taille de la Terre, elle est donc légèrement plus petite que Neptune. Et sa masse est de 15,5 masses terrestres. Au vu de sa densité, les scientifiques suspectent qu’elle soit gazeuse comme Neptune et elle pourrait être entourée d’une atmosphère étendue peut-être avec des nuages de vapeur d’eau ou d’hydrogène, mais les observations préliminaires ne permettent pas de l’affirmer.

Candidate à de nouvelles études
Justement une grande partie de l’article à paraître revient sur les futures possibilités d’analyses approfondies de cet astre. La planète étant proche de la Terre, elle est accessible aux télescopes spatiaux comme Hubble et le prochain observatoire de la Nasa, le James Webb qui est profilé pour étudier, entre autres, les atmosphères planétaires. TOI-1231 b devait également être scrutée tout prochainement pas le télescope Hubble, mais l’engin est victime d’une panne depuis le 13 juin et les ingénieurs de la Nasa œuvrent encore à le réparer.

Autre aspect intéressant, le système TOI-1231 s’éloigne de la Terre à grande vitesse. Il sera donc possible de distinguer les atomes d’hydrogène émanant de la planète (et qui auront aussi une forte vélocité) des atomes d’hydrogène du milieu interstellaire moins rapides qui pourraient parasiter les observations. Ainsi, les astronomes pourront être sûrs que s’ils observent de l’hydrogène autour de la planète, ce sera bien un produit de cette dernière.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/espace/voie-lactee/une-neptune-chaude-avec-une-atmosphere-de-vapeur-d-eau_155337