Les vents s’accélèrent sur les bords de la Grande Tache rouge de Jupiter

C’est la plus grande tempête de notre Système solaire. La Grande Tache rouge. Des astronomes nous apprennent aujourd’hui que ses vents — au moins ceux situés à sa limite — sont en train de s’accélérer.

La Grande Tache rouge, c’est une figure presque légendaire de Jupiter. Son signe distinctif. Un gigantesque anticyclone qui s’étend dans l’atmosphère de la planète géante sur plus de 15.000 kilomètres de long et près de 12.000 kilomètres de large. C’est donc un peu plus que la taille de notre propre Terre ! Et les vents y sont réputés souffler à des vitesses folles, supérieures à 640 kilomètres par heure.

Mais aujourd’hui, des astronomes de l’université de Californie à Berkeley (États-Unis) rapportent que la vitesse moyenne des vents juste à l’intérieur des limites de la Grade Tache rouge a augmenté de 8 % entre 2009 et 2020. Alors même que dans la région centrale de l’anticyclone, les vents soufflent beaucoup plus tranquillement.

Ce résultat, les chercheurs l’ont obtenu grâce à la couverture temporelle — plus de 30 ans maintenant — et à la résolution spatiale — l’engin peut distinguer, sur Jupiter, des caractéristiques ne mesurant que 170 kilomètres de diamètre — du télescope spatial Hubble. Et à un logiciel qui a permis de suivre des centaines de milliers de vecteurs vents à chaque fois que Hubble observait la plus grande planète du Système solaire. « Le télescope spatial est le seul capable de capturer les vents de Jupiter avec autant de détails », raconte Amy Simon, du Goddard Space Flight Center de la Nasa, dans un communiqué de l’ESA. L’évolution dont il est question ici reste en effet faible. Moins de 2,5 kilomètres par heure et par année terrestre.

Comprendre la physique de la Grande Tache rouge
Les astronomes doivent maintenant s’atteler à comprendre ce que signifie cette augmentation de la vitesse des vents. Une tâche plus ardue, car Hubble ne peut pas bien voir les dessous de l’anticyclone. Mais les chercheurs sont enthousiastes. « C’est une pièce intéressante du puzzle qui peut nous aider à comprendre ce qui alimente la Grande Tache rouge et comment elle maintient son énergie. »

Rappelons que celle-ci intrigue les astronomes depuis les années 1870. Depuis, ils ont compris qu’elle présentait une structure en gâteau de mariage. Plusieurs étages avec des nuages hauts au centre qui tombent en cascade sur les extérieurs. Les chercheurs ont aussi noté que la Grande Tache rouge de Jupiter diminuait en taille et qu’elle devenait plus circulaire avec le temps.

Sur d’autres planètes, comme sur Neptune, les astronomes notent que les tempêtes ont tendance à disparaître en seulement quelques années. La Grande Tache rouge fait donc figure d’exception. Mais ces derniers travaux devraient aider les scientifiques à élucider les mécanismes physiques qui permettent de former et d’entretenir de telles tempêtes sur les planètes du Système solaire.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/jupiter-vents-accelerent-bords-grande-tache-rouge-jupiter-93820/

Les deux soirs où il faut absolument observer Jupiter !

Le 29 août et le 5 septembre 2021, la planète Jupiter se montre sous son meilleur jour. En l’observant à la lunette ou au télescope à ces deux dates, il est possible de voir transiter deux de ses satellites devant sa surface nuageuse, suivis de leur ombre, en même temps que la Grande Tache rouge se montre.
Le 29 août a lieu l’une des plus belles configurations des satellites de Jupiter pour cette opposition 2021. À 21 h 43 TU (23 h 43, heure légale française), Io émerge de l’ombre de Jupiter au moment où Ganymède commence à passer devant le disque de la planète. Europe est déjà bien installé à l’avant-plan de Jupiter et projette déjà son ombre sur ses nuages.

Alors qu’Europe quitte l’avant-plan de Jupiter à 22 h 47 TU, l’ombre de Ganymède, plus large, s’installe au côté opposé.

À ce moment-là, l’ombre d’Europe est toujours visible et le reste jusqu’à 23h17 TU.

Ces ombres très contrastées sont discernables même dans un petit instrument de 60 mm de diamètre avec un grossissement de 100x. En utilisant des télescopes de 200 mm et plus, la taille apparente des satellites est perceptible. Avec des télescopes de 250 à 300 mm, on parvient même à voir des nuances sur les satellites les plus contrastés comme Ganymède et Io. Sur Europe, c’est plus difficile.

On profite également ce soir-là de la présence de la Grande Tache rouge qui franchit le méridien central de la planète vers 22h35 TU et se trouve juste au sud de Ganymède (au-dessus sur les images inversées des instruments d’astronomie). Certains satellites sont parfois discrets quand ls passent devant la planète, mais ce n’est pas le cas de Ganymède. Sa surface est suffisamment sombre pour qu’il se détache bien.

Cession de rattrapage le 5 septembre
Si la météo ne se prête pas à cette observation, rendez-vous le 5 septembre. Ce soir-là, à 22h09 TU, Europe commence à passer devant Jupiter. À 22h59 TU, c’est au tour de son ombre. Le phénomène est classique. Notez néanmoins que la Grande Tache rouge se trouve juste sous l’ombre d’Europe. C’est à 23h38 TU que le tableau commence à devenir franchement intéressant. Io émerge de l’ombre de Jupiter non loin de Ganymède, qui lui est en train de se rapprocher de la planète géante.

Les deux satellites se croisent à seulement 5’’ à 23h54 TU. Le clou du spectacle a lieu le 6 septembre, à 1h TU.

Europe émerge au limbe de Jupiter pendant que Ganymède entre de l’autre côté. Les deux satellites forment alors pendant un instant comme deux oreilles minuscules à la planète géante. À 1h52 TU, l’ombre d’Europe quitte Jupiter et celle de Ganymède arrive à son tour à 2h41 TU. Mais Jupiter est déjà trop basse pour être observée dans de bonnes conditions. Ces deux rendez-vous sont les plus beaux pour les observateurs situés en Europe.

Le grand rendez-vous passé… du 15 août
Les observateurs situés à des longitudes plus orientales ont bénéficié d’une configuration encore plus spectaculaire. Le 15 août 2021, ils ont pu suivre un passage simultané de Ganymède et d’Europe devant Jupiter, assorti d’une éclipse du second par le premier. Notez la présence en plus de Callisto et de Io sur la première image de la séquence. Il est rarissime de voir les quatre satellites ainsi groupés autour de la planète. L’amateur philippin Christopher Go a pris une série de photos incroyables à cette occasion.

Source : https://www.cieletespace.fr/actualites/les-deux-soirs-ou-il-faut-absolument-observer-jupiter

COMMENT PHOTOGRAPHIER LES PLANÈTES AVEC UN PETIT TÉLESCOPE

Réaliser de belles images avec un petit télescope ? C’est possible ! Rencontre avec James Dias, un astronome amateur qui aime les défis.

La tête dans les étoiles :
À 53 ans, James Dias (sa page Facebook) regarde toujours le ciel avec des yeux d’enfant. Lui qui petit voulait devenir astronome ou astronaute a gardé intact son émerveillement pour l’espace. Il y a un peu plus de deux ans, il a décidé de se lancer dans la photographie du ciel nocturne sans se ruiner. Une démarche courageuse, sachant qu’il habite dans le centre-ville de Toulon et ne peut observer que d’une fenêtre la plupart du temps !

La plupart des astronomes vous diront qu’un gros télescope installé dans un site dégagé est indispensable en astrophotographie. En particulier pour l’imagerie planétaire, domaine très exigeant qui demande un instrument parfaitement réglé et une atmosphère calme.

Patience et apprentissage :
Quand on regarde les clichés réalisés par James Dias, on ne peut s’empêcher de penser à la formule attribuée à l’écrivain américain Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ». L’astronome toulonnais est en effet passé maître dans l’art de photographier Saturne, Jupiter ou encore la Lune depuis sa fenêtre.

Il nous explique sa démarche : ” Je voulais un télescope principalement dédié à l’observation planétaire, avec une optique performante. J’ai opté pour un petit Maksutov-Cassegrain, un Celestron 127 SLT Nexstar Goto (589 euros). Ayant découvert les images planétaires d’autres astronomes amateurs, j’ai eu envie de m’y mettre. Après quelques lectures et visionnages de tutoriels (ceux de La Chaîne Astro par exemple), j’ai acheté une caméra ZWO ASI 290 MC couleur non refroidie (360 euros), un filtre IR-UV Cut Baader (59 euros) ainsi qu’un correcteur de dispersion atmosphérique ADC ZWO (140 euros). Pour traiter mes images, j’ai choisi AutoStakkert, très simple à mettre en œuvre pour faire le tri des bonnes images puis les empiler. Le résultat final est ensuite optimisé avec le logiciel Astrosurface “.

Les clichés obtenus prouvent que James Dias a réussi son pari. De quoi donner des idées à ceux qui voudraient se lancer dans la photographie planétaire !

Source : https://blogs.futura-sciences.com/feldmann/2021/08/19/on-peut-photographier-les-planetes-avec-un-petit-telescope/

Un astronome amateur découvre une nouvelle lune de Jupiter

Avec plus de 70 lunes officiellement reconnues, Jupiter est une planète géante bien entourée. Cependant, cela n’empêche pas pour autant les astronomes de continuer d’en découvrir, y compris des astronomes amateurs. En effet, l’astronome amateur qui a retrouvé l’année dernière quatre lunes joviennes perdues de vue est devenu le premier amateur à découvrir un satellite naturel jusqu’alors inconnu. Kai Ly a signalé la découverte à la Minor Planet Mailing List le 30 juin et l’a soumise pour publication en tant que Minor Planet Electronic Circular.

La quête de Ly était la continuité de l’identification antérieure d’images de lunes joviennes récemment découvertes, notamment Valetudo, Ersa et Pandia, lors de l’examen des données prises en 2003 avec le télescope Canada-France-Hawaii (CFHT) de 3,6 mètres. David Jewitt et Scott Sheppard (Université d’Hawaï) avaient dirigé un groupe qui a utilisé ces images pour découvrir 23 nouvelles lunes. Les images restaient disponibles en ligne et Ly a pensé que davantage de lunes non découvertes pourraient se cacher dans l’ensemble de données de 2003.

Une traque patiente et minutieuse
Après avoir planifié ses recherches en mai, Ly a commencé début juin à examiner des images prises en février 2003, lorsque Jupiter était en opposition et que ses lunes étaient les plus brillantes. Les astronomes ont examiné trois images couvrant la même région du ciel à différents moments dans la nuit du 24 février et ont trouvé trois satellites naturels potentiels se déplaçant à 13 à 21 secondes d’arc par heure pendant la nuit. Ly n’a pas pu retrouver deux des lunes potentielles sur d’autres nuits, mais a trouvé la troisième, temporairement désignée EJc0061, sur des observations du 25 au 27 février et sur des images prises avec le télescope Subaru les 5 et 6 février. Cela a établi un 22 jour d’arc, qui suggérait que l’objet était lié à Jupiter.

Ly disposait donc de suffisamment d’informations pour tracer l’orbite de la lune sur des images d’observation du 12 mars au 30 avril. « À partir de là, la qualité de l’orbite et des éphémérides était suffisamment décente pour que je puisse commencer à rechercher des observations au-delà de 2003 », explique Ly. Son équipe et lui ont trouvé la lune près de sa position prévue dans des images ultérieures des observatoires interaméricain de Subaru, CFHT et Cerro Tololo prises jusqu’au début de 2018. La lune varie en magnitude de 23.2 à 23.5.

Le résultat final était un arc de 76 observations sur 15.26 ans (5574 jours), suffisant pour que Ly considère son orbite bien sécurisée pendant des décennies. Les données traquent la lune — provisoirement désignée S/2003 J 24 en attente de publication — à travers près de huit orbites de Jupiter de 1.9 an, indique David Tholen (Université d’Hawaï), plus que suffisant pour montrer qu’il s’agit d’une lune. Tholen n’a pas vérifié les images, mais dit que les preuves semblent solides : « Il serait presque impossible pour les artefacts de s’adapter à une orbite jovicentrique sur autant de nuits différentes en utilisant différentes caméras ».

Une lune appartenant au groupe de Carme
« Je suis fier de dire que c’est la première lune planétaire découverte par un astronome amateur ! », déclare Ly. Mais, admettent-ils, « il s’agit juste d’un membre typique du groupe Carme rétrograde ». Ce groupe comprend 22 autres petites lunes en orbite autour de Jupiter dans le sens inverse de sa rotation avec des périodes d’environ deux ans. Leurs orbites sont suffisamment similaires pour suggérer qu’elles étaient toutes des fragments d’un seul impact. Ce sont probablement des morceaux de Carme, le premier du groupe à être découvert et avec 45 kilomètres de diamètre, de loin le plus grand.

De telles petites lunes rétrogrades joviennes peuvent se trouver en encore plus grand nombre. L’année dernière, Edward Ashton, Matthew Beaudoin et Brett J. Gladman (Université de la Colombie-Britannique, Canada) ont repéré quelque quatre douzaines d’objets de 800 mètres de diamètre, qui semblaient être en orbite autour de Jupiter. Ils ne les ont pas suivis assez longtemps pour prouver que les objets étaient des lunes joviennes, mais à partir de leurs observations préliminaires, ils ont suggéré que Jupiter pourrait avoir quelque 600 satellites d’au moins 800 mètres de diamètre. Le développement de télescopes plus grands et plus sensibles fera de la place pour de nouvelles découvertes.

Source : https://trustmyscience.com/astronome-amateur-decouvre-nouvelle-lune-jupiter/

L’atmosphère de Jupiter s’est formée à l’ombre du Soleil

La composition de l’atmosphère de Jupiter a longtemps intrigué les astronomes. Il y a quelque temps, elle les a même poussés à imaginer une profonde migration de la planète la plus grosse de notre Système solaire. Mais des chercheurs proposent aujourd’hui une explication plus simple. Une ombre gigantesque a pu être jetée sur l’orbite de Jupiter au moment de sa formation.

Les planètes du Système solaire se sont formées à partir du disque de gaz et de poussières qui tournait alors autour de notre Soleil nouveau-né. Les astronomes supposent que la composition de notre étoile est le reflet de celle de ce disque protoplanétaire. Ainsi, la composition de l’atmosphère de Jupiter — dans laquelle entrent principalement de l’hydrogène et de l’hélium — devrait-elle ressembler, en proportion de gaz, à celle de notre Soleil. Pourtant, ce n’est pas le cas. L’azote, l’argon, le krypton et le xénon sont environ trois fois plus présents, par rapport à l’hydrogène, sur Jupiter que dans le Soleil.

Des chercheurs de l’université de Californie à Santa Cruz (États-Unis) et de l’Observatoire astronomique national du Japon ont peut-être une explication. Jupiter pourrait s’être formée « dans une ombre ». Une région dans laquelle la température aurait été plus froide que celle qui règne du côté de Pluton. Et qui aurait permis à la plus grosse planète de notre Système solaire de construire l’atmosphère que nous lui connaissons aujourd’hui.

Pour comprendre leur raisonnement, il faut préciser qu’à des températures inférieures à -243 °C, les éléments en question — l’azote, l’argon, le krypton et le xénon — apparaissent à l’état solide. Or, pour une planète en formation, il est plus facile d’accréter des solides que des gaz. Ainsi, si Jupiter se trouvait dans un environnement aussi froid — aujourd’hui, elle évolue à quelque -213 °C, une température à laquelle les éléments cités sont bien sous une forme gazeuse –, la planète a pu s’enrichir en ces éléments assez aisément.

Une mission vers Saturne pour le confirmer
Des astronomes avaient déjà suggéré que Jupiter avait pu se former plus loin du Soleil, au-delà même de l’orbite de Neptune et de Pluton, puis migrer vers son orbite actuelle. L’idée était séduisante. Une telle migration après la formation de Jupiter restait toutefois difficile à imaginer.

Aujourd’hui, donc, les chercheurs avancent une autre possibilité. Un amas de poussières situé entre celle qui deviendrait la plus grosse planète de notre Système solaire et le Soleil aurait projeté une ombre et fait baisser la température sur l’orbite de Jupiter. L’idée pourrait être vérifiée en étudiant de plus près l’atmosphère de Saturne. Les astronomes estiment en effet que l’ombre dans laquelle s’est formée Jupiter ne devait pas atteindre la planète aux anneaux. Ainsi son atmosphère ne devrait-elle pas être enrichie en azote, en argon, en krypton et en xénon.

Malheureusement, la mission Cassini qui a rendu récemment visite à Saturne n’a renvoyé que des mesures incertaines. Des mesures qui ne permettent pas de conclure. C’est pourquoi les astronomes espèrent pour bientôt, une mission semblable à la mission Galileo, qui plongerait littéralement dans l’atmosphère de Saturne pour en éclairer la composition.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/jupiter-atmosphere-jupiter-formee-ombre-soleil-92411/

Comment naissent les aurores sur Jupiter ? Le mystère est résolu

Les astronomes ont réussi à retracer la « magnifique chaîne d’événements » expliquant les aurores à rayons X sur Jupiter. Il se trouve que les ions surfent sur les lignes du champ magnétique de la géante.

Les aurores n’apparaissent pas que sur Terre. Depuis près de 40 ans, les astronomes planétaires étudient également les « émissions aurorales de rayons X » visibles sur Jupiter. Elles apparaissent lorsque les ions (atomes chargés électriquement) entrent en collision avec l’atmosphère jupitérienne. C’est là une part de l’explication. Mais le mystère est ailleurs : comment les ions atteignent-ils cette atmosphère ?

Grâce à l’analyse des données de la sonde Juno de la Nasa en orbite autour de la planète, et du télescope à rayons X (XMM-Newton) de l’ESA, une nouvelle étude publiée ce vendredi 9 juillet 2021 dans Science Advances fait le jour sur ce phénomène. Pour la première fois, les ions ont été observés en train de « surfer » sur la magnétosphère de Jupiter et ses ondes électromagnétiques.

Propulsé par HelloAsso

UNE « MAGNIFIQUE CHAÎNE D’ÉVÉNEMENTS »
La piste vers une réponse est apparue lorsque les astronomes, notamment l’auteur en chef de cette étude Zhongua Yao, ont repéré ce qui n’était pas habituel dans ces aurores, en comparaison de ce qu’il se passe sur Terre. Effectivement, sur notre planète, les aurores ne peuvent être observées qu’à des angles spécifiques : à 65 et 80 degrés de latitude au niveau des pôles magnétiques. À une latitude plus élevée, les aurores disparaissent, car elles ne peuvent plus se former : les lignes du champ magnétique se désalignent de la Terre pour se connecter aux vents solaires. Cela signifie que, du point de vue de notre connaissance d’un champ magnétique planétaire, il ne devrait pas y avoir d’aurores dans la plus haute latitude de Jupiter.

Pourtant, les émissions aurorales à rayons X de Jupiter ont bien lieu dans ces latitudes qui contredisent les prédictions. Cela signifie que le champ magnétique est « fermé » : les lignes du champ magnétique se désalignent à un pôle, et se connectent non pas aux vents solaires, mais à nouveau à la planète, à l’autre pôle. Pour investiguer de ce côté, Zhongua Yao et son équipe ont lancé des simulations informatiques, qui ont permis de déterminer que les aurores à plusieurs champs magnétiques fermés de ce type, mais qui s’étendent sur des millions de kilomètres dans l’espace, faisaient une boucle lointaine avant de revenir vers le « corps » de Jupiter.

Ce début de réponse restait insuffisant. Les astronomes ont donc utilisé le fameux téléscope XMM-Newton, pour observer Jupiter en continu pendant 26 heures. En parallèle, la sonde Juno a survolé les zones où l’équipe prédisait l’origine des aurores. Le couplage des données a permis de découvrir que cette origine est à trouver dans les fluctuations mêmes du champ magnétique jupitérien. Quand la planète tourne, elle entraîne son champ magnétique dans ce mouvement et celui-ci est frappé par le vent solaire, qui est un flux de plasma en grande partie composé d’ions. Ces particules chargées électriquement sont alors entrainées et comprimées contre le champ magnétique. Au cours de ce processus, se créent des ondes électromagnétiques qui vont « caler » les ions sur les lignes du champ.

Comme l’illustre l’Agence spatiale européenne dans un commentaire de la découverte, il faut imaginer que les ions « surfent » sur les lignes du champ magnétique, au sein de ces ondes électroniques. Ils sont entrainés sur des milliers de kilomètres, puis, en suivant le mouvement, sont ramenés vers Jupiter et percutent l’atmosphère. C’est ce qui crée les aurores de rayons X. Il s’agit, selon les auteurs de la découverte, d’une « magnifique chaîne d’événements ».

Comme à chaque fois qu’un mystère est résolu, ce sont plein de nouveaux mystères qui sont également découverts, ouvrant de nouvelles pistes de recherche, aussi bien pour étudier les champs magnétiques d’autres planètes que des aurores très particulières sur Terre appelées aurores ioniques. Plus largement, les ondes électromagnétiques à l’origine des aurores jupitériennes pourraient bien jouer « un rôle important dans le transfert d’énergie d’un endroit à l’autre du cosmos ».

Source : https://www.numerama.com/sciences/725432-comment-se-creent-les-aurores-sur-jupiter-le-mystere-est-resolu.html

Admirez les premières images de Ganymède, la plus grosse lune de Jupiter, prises par Juno

Elle a été lancée en 2011. Depuis 2016, elle est en orbite autour de Jupiter. Et ce lundi 7 juin 2021, la mission Juno est passée tout près de Ganymède, la plus grosse lune de la plus grosse planète de notre Système solaire. La Nasa dévoile aujourd’hui les premières images de ce survol rapproché.

Voilà c’est fait. Ce lundi 7 juin 2021, la mission Juno est passée à seulement 1.038 kilomètres au-dessus de Ganymède. Plus de vingt ans après le survol rapproché de la sonde Galileo. À une vitesse de quelque 66.800 km/h, elle n’a eu que 25 minutes pour immortaliser le moment. Et Juno a déjà renvoyé vers la Terre deux images montrant la surface de la plus grande lune de Jupiter sur lesquelles apparaissent des détails remarquables. Des cratères, un terrain sombre et un terrain lumineux clairement distincts et des structures qui pourraient être liées à des failles tectoniques.

L’image de Ganymède telle qu’enregistrée par le filtre vert de la JunoCam. Pour obtenir une telle image d’un objet en rotation alors que l’imageur a un champ de vision fixe, la caméra a acquis une bande à la fois, au fur et à mesure que la lune traversait son champ de vision. Les bandes d’images capturées à l’aide des filtres rouge et bleu ne sont pas encore disponibles. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI, MSSS

« Nous allons prendre notre temps pour tirer des conclusions scientifiques. En attendant, nous nous émerveillons devant ce spectacle céleste », commente Scott Bolton, chercheur principal de la mission Juno, dans un communiqué de la Nasa. Plus d’images sont attendues dans les prochains jours. Et elles devraient donner des informations sur la composition de Ganymède, son ionosphère, sa magnétosphère et la couche de glace qui la couvre.

D’autres images de Ganymède à venir
À l’aide de son filtre vert, l’imageur à lumière visible JunoCam a capturé presque tout un côté de la lune recouverte de glace d’eau avec une résolution d’environ un kilomètre par pixel. Plus tard, lorsque des versions de la même image seront disponibles, intégrant les filtres rouge et bleu de la caméra, les experts en imagerie seront en mesure de fournir un portrait en couleur de Ganymède.

De plus, la caméra de navigation de Juno, celle qui maintient le cap de l’engin spatial et qui est capable de fonctionner à faible luminosité, a profité de conditions idéales pour fournir une image en noir et blanc du côté obscur de Ganymède — le côté opposé au Soleil — alors qu’il était baigné d’une faible lumière diffusée par Jupiter. La résolution de l’image est comprise entre 600 à 900 mètres par pixel.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/ganymede-admirez-premieres-images-ganymede-plus-grosse-lune-jupiter-prises-juno-87853/

Une sonde spatiale de la Nasa va survoler la plus grande lune du Système solaire ce soir

Il y a plus de 20 ans, la sonde Galileo s’approchait comme jamais de Ganymède. Aujourd’hui, l’aventure est relancée. La mission Juno s’apprête à survoler la plus grande lune de Jupiter à seulement 1.038 kilomètres d’altitude. Les astronomes sont impatients d’en recevoir les données.

En mai 2000, la sonde de la Nasa Galileo nous offrait les images les plus proches jamais obtenues de Ganymède. Ce lundi soir, à 19 h 35, heure de Paris, la mission Juno rendra une nouvelle visite rapprochée à la plus grande lune de Jupiter. Elle la survolera à seulement 1.038 kilomètres d’altitude. Et les astronomes en attendent beaucoup. Car la sonde Juno est équipée d’instruments sensibles, capables de voir Ganymède comme jamais auparavant.

C’est d’abord la croûte de glace d’eau de Ganymède qui sera observée. Le radiomètre à micro-ondes (MWR) embarqué à bord de Juno montrera comment la composition et la structure de cette glace varient en fonction de la profondeur. Pour mieux comprendre les motifs clairs et sombres que les astronomes ont déjà notés sur la surface. Le tout en attendant l’étude approfondie du Jupiter Icy Moons Explorer (Juice, ESA) qui viendra se mettre en orbite autour de Ganymède en 2032.

Propulsé par HelloAsso

De précieuses données à venir
Juno enregistrera aussi des données sur l’ionosphère ténue de la plus grande lune de Jupiter. Grâce à de petits changements de fréquence dans les signaux radio qui auront traversé cette couche externe de l’atmosphère de Ganymède alors que la sonde passera derrière la lune. Objectif : comprendre le lien entre l’ionosphère de Ganymède, son champ magnétique intrinsèque et la magnétosphère de Jupiter.

Juno recueillera aussi des informations sur l’environnement dans lequel la sonde évoluera à ce moment-là. Elle mesurera les particules de haute énergie pour établir un diagnostic des niveaux de rayonnements.

La JunoCam fournira, elle, des images probablement à couper le souffle de Ganymède. Un régal pour les yeux, mais qui aidera aussi les astronomes à identifier des changements qui ont pu intervenir à la surface de la lune depuis les images renvoyées par Voyager et Galileo.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/ganymede-sonde-spatiale-nasa-va-survoler-plus-grande-lune-systeme-solaire-ce-soir-87853/

Ils ont recréé l’intérieur de Jupiter en laboratoire !

Des astrophysiciens ont utilisé une installation laser pour reproduire en laboratoire les conditions dantesques de température et de pression régnant à l’intérieur de la plus grande planète du Système solaire. Plongée au coeur du monstre…

La planète Jupiter est 378 fois plus massive que la Terre. (NOIRLab/Cover Images/SIPA)

L’intérieur de la géante gazeuse Jupiter (378 fois plus massive que la Terre) est un enfer auprès duquel celui de Dante fait pâle figure : imaginez un tout « petit » noyau rocheux (à peine plus grand que la Terre, mais dix fois plus massif qu’elle tant la densité en est élevée) autour duquel s’étend, sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, une atmosphère composée essentiellement d’hydrogène et d’hélium.

Si la plus haute couche de nuages affiche une température de -150 °C, ce froid glacial se transforme vite, sous l’effet de la pression, en chaleur infernale, qui a tôt fait de dépasser celle régnant à la surface du Soleil. Impossible dans ces conditions d’y faire descendre une sonde pour en étudier les caractéristiques.

Source : https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/ils-ont-recree-linterieur-de-jupiter-en-laboratoire-1320814