Le rover Perseverance roule bel et bien sur un ancien lac martien

Les images obtenues par le rover Perseverance confirment qu’un lac existait dans le cratère Jezero sur Mars, il y a 3,6 milliards d’années. Sa hauteur se trouvait 100 mètres plus bas que le laissaient penser les données obtenues depuis l’orbite.

Les premiers résultats du rover Perseverance confirment à quel point le cratère Jezero, où s’est posée la mission sur Mars, était prometteur. Le site d’atterrissage de l’astromobile a bien abrité un lac autrefois, il y a 3,6 milliards d’années. Ce lac faisait 35 kilomètres de diamètre et plusieurs dizaines de mètres de profondeur. L’annonce, relayée par le CNRS, fait l’objet d’une publication dans la revue Science le 7 octobre 2021.

« Les observations d’engins spatiaux orbitaux ont montré que le cratère Jezero de Mars contient un corps proéminent de roche sédimentaire en forme d’éventail déposé à sa marge ouest », rappellent ces scientifiques. Les images de sondes en orbite autour de Mars avaient laissé présager la complexité géologique et l’histoire de ce bassin. L’intérêt de la zone est maintenant confirmé par l’instrument SuperCam du rover : le cratère Jezero renfermait un lac alimenté par une rivière, via un delta (une embouchure de forme triangulaire).

LE LAC ÉTAIT 100 MÈTRES PLUS BAS
« Nos images de rover contraignent l’évolution hydrologique du cratère Jezero et potentiellement le climat et l’habilité de la jeune Mars », écrivent les chercheurs. La qualité des images prises par Perseverance a permis d’interpréter la géologie du lieu. Elles ont pourtant été prises à distance, à plus de 2 kilomètres des formations géologiques étudiées.

L’astromobile a ainsi observé, après son arrivée sur la planète rouge en février 2021, « un ensemble de strates sédimentaires inclinées, prises en sandwich entre des strates horizontales », décrit le CNRS dans son communiqué transmis à la presse. Cette géométrie est semblable à ce que l’on connait des deltas sur Terre et l’équipe a pu s’en servir pour déterminer la forme du lac, son altitude et le type de dépôts.

Résultat : la hauteur du lac se trouvait 100 mètres du bas que ce que suggéraient les données orbitales. Les scientifiques ont pu déterminer qu’il s’agissait d’un lac fermé, dont le niveau a fluctué. Un avantage de cette structure en lac clos est que les dépôts qui ont pu se former ont sans doute été bien préservés. Cependant, il n’est pas exclu que l’on soit donc face à un lac moins dynamique, avec moins d’activité hydrologique, qu’un lac ouvert.

ET SI PERSEVERANCE GRIMPAIT SUR LE DELTA ?
Les images du rover ont aussi aidé à voir des strates situées au-dessus des dépôts du lac. Leurs caractéristiques sont différentes, avec la présence de gros galets et de blocs de roche. Ce pourrait être un signe de crues soudaines, peut-être d’un changement climatique important, à la fin de la période où le cratère Jezero abritait le lac. Pour l’heure, les scientifiques ne savent pas quel contexte a pu entraîner un changement dans le rythme fluvial.

« Nos résultats donnent des informations pour les stratégies d’échantillonnage par Perseverance dans le cratère Jezero », anticipent les auteurs. L’idéal serait de faire monter le rover sur le delta, pour s’approcher des blocs rocheux. La zone pourrait être pertinente afin de prélever quelques-uns des échantillons de la mission, qui devront un jour rentrer sur Terre.

Source : https://www.numerama.com/sciences/745879-il-y-avait-bien-un-lac-dans-le-cratere-ou-perseverance-roule-sur-mars.html

Perseverance apporte la preuve irréfutable d’un lac sur Mars il y a 3,6 milliards d’années !

Depuis son arrivée en février dernier, le rover Perseverance continue son travail d’investigation sur le sol martien. Le but de ses recherches : comprendre l’évolution géologique et climatique de la Planète rouge et, peut-être, trouver des traces de vie. Et les premiers résultats issus des données du rover sont spectaculaires : le cratère Jezero où a atterri Perseverance porte les traces sédimentaires d’un ancien delta. Il y a 3,6 milliards d’années, un lac, alimenté par une rivière, occupait donc toute l’étendue du cratère.

Le site d’atterrissage du rover Perseverance n’a pas été choisi au hasard. La morphologie du site, vue sur les images satellites, avait attiré l’œil des géologues, avec notamment la présence de deux vallées incisant les bords du cratère martien, laissant supposer qu’un système fluviatile aurait alimenté un ancien lac niché au cœur du cratère Jezero.

Perseverance a atterri en plein milieu d’un ancien lac
Mais rien n’était certain. Au cours des derniers mois, le rover a ainsi étudié à distance plusieurs formations géologiques, notamment grâce à l’instrument Supercam développé par des équipes franco-américaines. Cette caméra est en effet capable d’observer des détails de moins de 10 centimètres à une distance de plus de deux kilomètres. Un premier stade d’observation essentiel afin de définir les futurs sites d’investigation. Et les images obtenues grâce à Supercam sont plutôt époustouflantes : elles ont permis l’observation de strates sédimentaires dont l’architecture est très semblable aux dépôts deltaïques que l’on trouve sur Terre.

« La similarité de l’architecture des dépôts de ce delta martien avec les deltas terrestres est tout à fait marquante », souligne Nicolas Mangold, géologue au Laboratoire de planétologie et géodynamique (Université de Nantes), qui a dirigé l’étude sur les premières données de Perseverance. Ces résultats, qui paraissent dans la revue Science, révèlent ainsi qu’il y a 3,6 milliards d’années, toute la superficie du cratère Jezero (soit 35 kilomètres de diamètre) était recouverte par un lac profond de plusieurs dizaines de mètres.

Les traces d’un ancien delta
Les dépôts sédimentaires observés dans le cratère Jezero sont en effet typiques de ce que l’on observe sur Terre au niveau de l’embouchure des fleuves ou des rivières.

Les systèmes fluviatiles charrient des quantités importantes de sédiments issus de l’érosion des roches. Lorsqu’ils se jettent dans un lac ou dans une mer, ces sédiments en suspension vont se déposer au niveau de l’embouchure, sous l’effet de la chute brutale de l’énergie du courant. Vont alors se former des lobes de sédiments, déposés en strates et recoupés par des chenaux. L’ensemble forme ce que l’on appelle un delta.

Les dépôts deltaïques sont caractérisés par des strates obliques (foresets), témoignant de la progradation du delta (l’apport sédimentaire constant mène à la construction du delta, qui progresse vers l’avant), surmontées par des strates horizontales (topsets) qui marquent l’interface entre l’eau et l’air.

L’épaisseur sédimentaire des dépôts deltaïques est très variable et dépend de nombreux paramètres (énergie des environnements fluviatile et marin, quantité de sédiments apportés, variations du niveau de l’eau…). À titre d’exemple, sur Terre, le delta du Pô est capable de progresser de 70 mètres par an et celui du Mississippi comprend une épaisseur de 11.000 mètres de sédiments.

Sur Mars, les séries sédimentaires du delta dans le cratère Jezero sont épaisses de 60 mètres environ. « Mais cela ne nous donne pas vraiment d’indication sur la durée d’existence de ce lac », explique Nicolas Mangold. Pour ce qui est d’une potentielle datation des roches, il faudra donc attendre le retour des échantillons sur Terre, vers 2030. « On pense que le lac aurait existé il y a 3,6 milliards d’années environ, mais on n’en saura peut-être pas plus, tout dépendra de la chance qu’on aura au niveau de l’échantillonnage. » Douze sites d’échantillonnage sont ainsi prévus au cours des prochains mois.

« L’étude précise des dépôts sédimentaires du delta qui devraient par contre nous permettre d’avoir une idée des débits de la rivière ayant alimenté le lac », permettant ainsi de contraindre l’environnement de dépôt de ces sédiments.

La fin de l’activité du delta marquée par un événement hydrologique majeur
Les chercheurs s’intéressent d’ailleurs tout particulièrement aux couches les plus récentes, situées au toit de la formation géologique et caractérisées par la présence de gros blocs rocheux. « Ces blocs ont dû être transportés par des courants très forts, témoignant d’un événement hydrologique particulièrement violent, marquant la fin de l’activité du delta. » Cet événement hydrologique pourrait notamment être associé à un changement climatique, mais cette hypothèse reste à confirmer par des analyses plus précises, et notamment par la comparaison avec d’autres sites martiens. « Maintenant que nous avons les données de terrain corrélées à l’imagerie satellitaire, il nous sera possible d’observer d’autres sites sur Mars et de faire des analogies. » Le but est de déterminer si cet événement catastrophique a été purement local ou, au contraire, global.

Des sédiments favorables à la préservation de la matière organique… s’il y en a eu !
Lorsque Perseverance sera sur place pour étudier les sédiments du delta en détail, les chercheurs seront également très attentifs à la présence ou non de traces de vie ancienne, qui représente l’un des objectifs principaux de la mission Perseverance. « Nous allons regarder tout particulièrement les dépôts fins et argileux, qui sont plus favorables à la préservation de la matière organique. » Perseverance nous réserve donc encore certainement de bien belles découvertes.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-perseverance-apporte-preuve-irrefutable-lac-mars-il-y-36-milliards-annees-94023/

Des séismes records sur Mars détectés par InSight

À l’occasion du millième jour de la sonde InSight sur Mars, la Nasa et le Cnes ont annoncé que la mission avait détecté des nouvelles ondes sismiques différentes des précédentes et surtout produites par des séismes de magnitudes records.

Sur Terre, l’essor de la sismologie au cours de la première moitié du XXe siècle a été déterminant pour révéler la structure et la composition interne de notre Planète bleue. Tout comme les ondes lumineuses, les ondes sismiques sont associées à des rayons réfléchis, réfractés et elles peuvent être diffractées tout en se propageant à des vitesses différentes selon leur nature et les conditions physico-chimiques des matériaux qu’elles traversent. L’étude de ces ondes les révèle comme très bavardes en ce qui concerne ces matériaux et les structures qu’ils constituent. Elles ont ainsi permis de cartographier en 3D l’intérieur de la Terre, y montrant l’existence des panaches des points chauds.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l’essor de l’astronautique a permis de transposer les modèles et les techniques de la géophysique et de la géochimie aux autres planètes pour faire de la planétologie comparée et voir comment les autres planètes avaient évolué et s’étaient structurées dans des conditions différentes. C’est donc un peu comme si la nature était un gigantesque laboratoire ayant des expériences dans des conditions variées avec les planètes, ce qui nous permet de comprendre l’influence de tel et tel paramètre sur l’état d’une planète lorsqu’il varie. Nous ne pouvons évidemment pas en faire de même avec la Terre qui serait dans un laboratoire où nous ferions ces expériences par exemple (dans une certaine mesure des simulations numériques ou analogiques, comme l’expérience VKS, peuvent cependant nous aider à comprendre les planètes).

Il n’est donc pas étonnant que l’on ait déposé des sismomètres sur la Lune et sur Mars avec la volonté de répéter les mêmes recherches que sur Terre via la sismologie, dans l’espoir d’y faire les mêmes découvertes. Dans le cas de Mars, ce sont les fameuses sondes Viking qui ont apporté à la surface de la Planète rouge ces instruments en 1976. Hélas, le sismomètre de Viking 1 n’a pas fonctionné et celui de Viking 2 n’était pas en contact direct avec le sol, ce qui limitait les informations que l’on pouvait tirer de la détection de séismes martiens.

Des tremblements de Mars dans Valles Marineris ?
Ce n’est plus le cas avec l’instrument français Seis (Seismic Experiment for Interior Structures) qui a été déposé par la mission InSight de la Nasa, laquelle a fêté son 1000e jour martien (ou sol) sur la Planète rouge le 18 septembre dernier. Rappelons que la durée moyenne du jour sidéral martien est d’environ 24 h 37 min et la durée moyenne du jour solaire martien, souvent nommé « sol », est de 24 h 39 min. Insight a permis de préciser considérablement la structure interne de Mars et aujourd’hui deux communiqués, l’un de la Nasa et l’autre du Cnes, font état de la détection des deux plus puissants « tremblements de Mars » détectés à ce jour et de la mise en évidence de nouvelles caractéristiques concernant les séismes martiens.

Le plus puissant séisme avait une magnitude de 4,2 et sa source était la plus éloignée connue jusqu’à présent, à environ 8.500 kilomètres d’InSight, mais sa localisation précise n’a pas encore pu être déterminée. Ce que l’on sait par contre, c’est qu’elle a produit des vibrations lentes et de basses fréquences. A contrario, le second séisme record avait lui une magnitude de 4,1 et sa source a émis des vibrations rapides et de hautes fréquences quelque part à 925 kilomètres de Seis. Dans les deux cas, ces types d’ondes n’avaient pas été mis en évidence jusqu’à présent et elles sont porteuses de nouvelles informations.

En fait, la majorité de signaux détectés semble provenir d’une source associée à Cerberus Fossae, un immense système de failles volcaniques situé à environ 1.609 kilomètres d’Insight. Il est intéressant de noter que l’on sait que Cerberus Fossae a été géologiquement active au cours des quelques dizaines de derniers millions d’années. Mais ce serait peut-être plus intéressant de découvrir que le séisme de magnitude 4,2 provient de Valles Marineris, le fameux grand canyon martien dont on se demande s’il ne serait pas la manifestation d’un analogue de la tectonique des plaques sur Terre.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-seismes-records-mars-detectes-insight-78863/

Surprise, la mission de l’hélico Ingenuity ne s’arrêtera pas : « Maintenant c’est un vol après l’autre »

La mission d’Ingenuity est loin d’être terminée. L’hélicoptère de la Nasa poursuit inlassablement son péril sur Mars et ne compte pas encore s’arrêter. Les vols sont un tel succès qu’il a été décidé d’en faire un allié de Perseverance tant qu’il continue de bien fonctionner.

Il avait tout pour être un second rôle idéal, mais il est en train de voler la vedette au personnage principal. Ingenuity multiplie les prouesses depuis son arrivée sur Mars et ce n’est pas près de s’arrêter. Après désormais une douzaine de vols, le petit hélicoptère qui accompagnait le rover Perseverance est en pleine forme et dépasse toutes les attentes. « Un seul vol aurait été un succès, raconte Nacer Chahat, ingénieur français au JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la Nasa qui a travaillé sur les antennes et tout le système de communication. Donc là c’est bien au-delà des espérances et les missions sont de plus en plus complexes. »

Ingenuity a appris à aller plus haut, plus loin, et il a désormais volé sur plus d’un kilomètre de distance au total. Un succès tel que désormais, à la Nasa, on ne parle plus du tout de fin de mission pour lui. Mars va bientôt passer derrière le Soleil et la communication va être interrompue, mais dès le retour il va pouvoir continuer. « Maintenant c’est un vol après l’autre, précise Nacer Chahat. Tant que le système est fiable, on continue. »

PROCHAINE ÉTAPE : AIDER PERSEVERANCE (À MOINS D’UN KILOMÈTRE)
On continue, certes, mais pour quoi faire ? Ingenuity a cumulé bien assez de données pour tester tous ses composants et pour apprendre à voler dans toutes les circonstances. Il a rempli son cahier des charges. La prochaine étape est donc d’aider Perseverance. « Maintenant nous pouvons aider les scientifiques, et pas seulement apprendre à voler, assure Nacer Chahat. Ingenuity peut aller voir des zones inaccessibles pour le rover et prendre des photos. C’est une nouvelle mission avec de nouvelles contraintes. »

Ces contraintes, elles sont liées au point faible d’Ingenuity : il ne fonctionne qu’en liaison avec le rover. Les deux engins ne doivent pas être séparés de plus d’un kilomètre, sinon la communication ne passe plus et l’hélicoptère ne peut plus être contrôlé. Les ingénieurs sont très prudents avec cette limite, car Ingenuity n’a jamais dépassé les 625 mètres de distance pour l’instant.

Mais rester dans cette zone de confort va devenir un peu plus compliqué maintenant, confie Nacer Chahat : « Au début, le rover restait où ça nous arrangeait pour les premiers vols, mais désormais c’est à nous de nous adapter à lui. Il nous faut le suivre partout. » Perseverance constitue bel et bien le cœur de la mission et le rover doit maintenant se contenter d’être son assistant. Ce qui veut dire voler dans des endroits parfois plus accidentés, aller chercher des images de lieux choisis pour leur potentiel intérêt scientifique. Bref, Ingenuity va devoir faire preuve de flexibilité et se plier aux exigences des scientifiques, et non plus seulement des ingénieurs. Les prochains vols ne seront donc pas des démonstrations techniques, toujours plus loin, toujours plus haut, mais seront avant tout utiles.

INGENUITY AD VITAM ETERNAM
À quoi ressemblera le dernier vol d’Ingenuity, et quand aura-t-il lieu ? Personne ne peut le dire actuellement. Mais quoi qu’il en soit Nacer Chahat et les autres ingénieurs du JPL travaillent déjà sur un successeur.

« Nous en sommes pour l’instant au développement du concept, mais le principal défi sera de faire un hélicoptère plus gros et plus lourd. » Le potentiel Ingenuity 2 sera trop gros pour partir avec un rover, et il devra transporter des instruments scientifiques d’au moins 20 kg, ce qui implique des pales plus grosses et sans doute plus rapides. Un défi non négligeable à relever, puisque la principale difficulté pour faire voler Ingenuity était la rareté de l’air sur Mars qui obligeait les pâles à tourner bien plus vite que sur Terre. Il faudra donc faire encore plus la prochaine fois.

Mais l’équipe peut compter sur des mois d’expériences avec le succès du premier appareil. Et d’ici quelques années un autre engin volant devrait parcourir un autre astre : Dragonfly est en préparation pour aller visiter Titan, le satellite de Saturne. « Nous pouvons aider, considère Nacer Chahat, car nous savons comment faire pour opérer les vols, nous pouvons donner des conseils, mais les problématiques ne sont pas du tout les mêmes, l’atmosphère sur Titan est beaucoup plus dense. » L’équipe qui travaille sur Dragonfly sera donc confrontée à des défis très différents, mais espère connaître le même succès.

Source : https://www.numerama.com/sciences/735128-surprise-la-mission-de-lhelico-ingenuity-ne-sarretera-pas-maintenant-cest-un-vol-apres-lautre.html

La lune Déimos se cache dans ces images du ciel martien prises par Perseverance

Le rover Perseverance a photographié le ciel martien. Un autre élément s’est glissé dans ces images : arrivez-vous à y repérer Déimos, la plus petite des lunes de Mars ?

En observant le ciel martien, le rover Perseverance a repéré un autre élément, en plus des nuages de la planète rouge. Si vous regardez attentivement les images prises par le rover, vous y distinguerez aussi un petit point brillant. « L’observation du ciel est amusante, peu importe où vous êtes. J’ai pris cette courte vidéo pour regarder les nuages, et j’ai capturé autre chose : regardez de près et vous verrez Déimos, l’une des deux lunes de Mars », a tweeté la Nasa le 20 août 2021 (l’autre lune de Mars est baptisée Phobos).

Les images brutes prises par le rover, sur lesquelles ont peut distinguer Déimos, sont également disponibles sur le site de la mission. Ces clichés ont été pris le 15 août, soit lors du 173e sol (le nom du jour sur Mars) de la mission du rover, en fin de journée. C’est l’une des deux Navcam, les caméras de navigation installées au sommet du mât de Perseverance, qui a immortalisé le ciel martien.

LA PLUS PETITE LUNE DE MARS
Déimos est la plus petite des deux lunes de Mars. Elle mesure 15 kilomètres de long et tourne autour de la planète rouge en 30 heures environ. C’est un petit corps sombre qui possède beaucoup de cratères (dont les diamètres n’excèdent pas 2,5 kilomètres). La composition de sa surface semble comparable à celle d’astéroïdes, qui évoluent dans la ceinture principale d’astéroïdes (une zone du système solaire entre Mars et Jupiter).

L’origine de Phobos et Déimos n’est pas bien comprise. Leurs caractéristiques pourraient laisser penser que ce sont deux astéroïdes jadis capturés par Mars, mais la forme de leur orbite ne correspond pas à ce scénario. Il n’est pas impossible que les lunes soient un vestige d’un ancien impact entre Mars et un autre corps céleste.

Ce n’est pas la première fois qu’une lune martienne passe ainsi dans le champ de vision d’un robot posé à la surface de la planète. Curiosity a déjà eu l’occasion d’immortaliser des éclipses solaires, lors du passage de Déimos et de Phobos devant notre étoile. Depuis l’orbite martienne, des images colorées de Phobos avaient aussi été obtenues grâce à la sonde 2001 Mars Odyssey.

Source : https://www.numerama.com/sciences/734027-la-lune-deimos-se-cache-dans-ces-images-du-ciel-martien-prises-par-perseverance.html

Ingenuity vient de réaliser son 11e vol, voici ce qu’il a fait

Le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa a publié de nouvelles images prises par l’hélicoptère Ingenuity sur Mars lors de son 11e vol. L’agence américaine a déjà annoncé une 12e mission de reconnaissance en amont des déplacements du rover Perseverance.

Les succès continuent de s’enchaîner pour Ingenuity. L’hélicoptère martien a réalisé un 11e vol réussi, à 6 h 45 (UTC +2) le mercredi 4 août. Le drone est monté à près de 12 mètres, parcourant une distance de 385 mètres à environ 18 km/h. L’objectif de la manœuvre était principalement de déplacer l’aéronef vers une zone inexplorée, au nord-ouest de sa position. Durant les deux minutes et dix secondes du vol, Ingenuity en a profité pour prendre différentes photos en couleur, dont deux à l’atterrissage pour fournir une image stéréoscopique du lieu.

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Direction South Séítah
La prochaine mission d’Ingenuity sera un vrai exercice de reconnaissance du terrain, la Nasa ayant indiqué que le drone avancerait avant le rover Perseverance vers le secteur de South Séítah, au nord-ouest de ses deux précédentes étapes, Cratered Floor Fractured Rough et Raised Ridges.

South Séítah devrait être un véritable challenge pour les techniciens du Jet Propulsion Laboratory. Les chercheurs avaient annoncé en amont du 9e vol que la visite de ce secteur serait compliquée, de nombreuses formations sablonneuses pouvant ralentir ou endommager Perseverance. Pour l’heure, aucune date précise n’a été annoncée par la Nasa pour le 12e vol d’Ingenuity, mais l’hélicoptère miniature devrait repartir en exploration dans les semaines à venir.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/ingenuity-ingenuity-vient-realiser-son-11e-vol-voici-ce-quil-fait-86747/

Quel est ce cyclindre étrange que le rover Perseverance a enfoncé sur Mars ?

Le rover Perseverance a pris une photo intrigante : on y voit un objet cylindrique qu’il a déposé à la surface de la planète rouge. De quoi s’agit-il exactement ?

Le rover Perseverance a déposé quelque chose à la surface de Mars. Cette fois, ce n’est pas une plaque protégeant son système de stockage d’échantillons ou un hélicoptère que l’astromobile a largué. Sur plusieurs photos prises la semaine dernière (celle illustrant cet article a été prise le 20 juillet 2021), on distingue un objet cylindrique enfoncé dans la roche. « Quelle est cette chose, et pourquoi sort-elle d’un rocher martien ? (Et non, ce n’est pas une poignée de sabre laser.) Laissez-moi vous expliquer », a tweeté la Nasa via le compte @NASAPersevere le 23 juillet.

L’agence spatiale poursuit, dans un fil de publications, toujours en faisant parler son astromobile : « J’ai apporté dix forets sur Mars. La plupart sont destinés à la collecte d’échantillons ; d’autres, comme celui-ci, servent à abraser des roches (à en broyer la surface extérieure). » C’est le principal objectif poursuivi par la Nasa avec ce rover : récupérer des échantillons de la surface de Mars, destinés à revenir un jour sur Terre — ce qui n’était pas prévu à l’origine. Même si l’ambition exobiologique (l’étude la possibilité que la vie existe dans l’Univers en dehors de la Terre) de la mission Mars 2020 est souvent évoquée, il faut garder en tête que Perseverance lui-même n’est pas capable d’identifier une forme de vie.

Afin de récupérer des prélèvements martiens, Perseverance a donc été équipé d’un système de collecte et de stockage complexe. Les équipements nécessaires sont dans le « ventre » du rover, dont une roue qui contient différents types de forets, ainsi que 43 tubes vides. Le gros bras de Perseverance peut percer la surface de Mars, tandis qu’un plus petit bras robotique situé sous le ventre de l’astromobile ramasse et déplace les tubes (vers la perceuse quand ils sont vides, puis vers le système de stockage quand ils sont pleins).

UN MODÈLE « DE VOL », POUR QUE LA FOREUSE NE RESTE PAS VIDE
Le foret que l’on voit enfoncé dans la roche martienne semble avoir été installé pour servir de protection. Comme le fait remarquer Thomas Appéré, docteur en planétologie, sur Twitter, Perseverance n’a donc pas perdu sa tête de forage (ouf). Celle qui est enfoncée dans le sol est le modèle « de vol », qui avait été installé sur la foreuse pour qu’elle ne reste pas vide. « Pour faire des analyses scientifiques de façon propre et nette, je le laisse de côté avant de commencer à collecter des échantillons avec de nouveaux forets vierges », décrit la Nasa sur Twitter. Le rover a utilisé ce « foret abrasif » pour creuser dans la roche, et il sera abandonné là.

Le tout premier prélèvement réalisé sur Mars par le rover devrait avoir lieu prochainement. La Nasa a choisi la zone dans laquelle Perseverance devra le récupérer. La procédure prend plusieurs jours en tout, car l’astromobile ne se contente pas de forer le sol. Il doit, entre autres activités, scruter la zone avec ses caméras ainsi que son laser et étudier un « double géologique » de la roche à prélever.

Source : https://www.numerama.com/sciences/728967-quel-est-ce-cyclindre-etrange-que-le-rover-perseverance-a-enfonce-sur-mars.html

Sur Mars, des aurores géantes photographiées par la sonde Hope

La sonde émiratie Hope a rapporté des photographies inédites des aurores martiennes qui se produisent sur toute la planète.

MARS – C’est la première découverte majeure de la sonde Hope, envoyée avec succès en orbite autour de Mars par les Émirats arabes unis en février dernier. L’agence spatiale émiratie a publié ce mercredi 30 juin des images inédites des aurores martiennes, un phénomène qui peut survenir sur l’ensemble de la planète rouge.

Sur Terre, les aurores surviennent seulement à proximité des pôles lorsque les particules solaires sont déviées par le champ de magnétique de la Terre. Sur Mars, les aurores peuvent se produire à toutes les latitudes, de l’extrême de la planète aux pôles à l’équateur.

Des champs magnétiques dans toutes les directions
Cette répartition des aurores martiennes s’explique par les caractéristiques particulières du champ magnétique de Mars. Alors que le champ magnétique de la Terre est produit par les mouvements de convection de son noyau, composé à 90% de fer liquide, le noyau de Mars s’est refroidi il y a des milliards d’années, privant du coup la planète d’un champ magnétique planétaire fort. Mais certaines parties de la croûte martienne conservent toujours un certain magnétisme.

Ces morceaux de croûte sont répartis dans toutes les directions de la planète et génèrent des champs magnétiques de force inégale, explique au New York Timesle Dr Justin Deighan du laboratoire de physique spatiale de l’Université du Colorado qui collabore avec les Émirats arabes unis sur la mission Hope. Ces champs attirent les particules du vent solaire, qui quand elles rencontrent la haute atmosphère, génèrent l’éclat des aurores .

Les scientifiques ont constaté qu’une forme d’aurore martienne survenait uniquement sur la partie éclairée de la planète, tandis que les deux autres pendant la nuit. Un autre phénomène d’aurore se déroule seulement durant les grosses tempêtes solaires, illuminant le disque entier de la planète.

Une expérience non prévue
Prendre des photographies des aurores ne faisait pas initialement partie des observations scientifiques prévues de la mission Hope. L’ambition de la mission émiratie est avant tout de mieux d’étudier les dynamiques de l’atmosphère martienne et de comprendre pourquoi cette atmosphère s’échappe dans l’espace.

Mais avant le lancement de la sonde, les scientifiques ont réalisé qu’un de ses instruments, le spectromètre à ultraviolet prévu pour étudier la quantité d’hydrogène et d’oxygène dans la haute atmosphère, pouvait également servir pour observer les aurores. “Notre pari était que nous allions voir quelque chose, mais nous ne savions pas à quelle fréquence”, se rappelle le Dr Deighan. “Ce qui est fantastique, c’est que nous l’ayons vu tout de suite avec une telle clarté.”

Étudier les aurores martiennes apparaît être une particulièrement tâche ardue, à laquelle les chercheurs se sont attelés depuis des décennies. D’autres missions spatiales ont ainsi cherché à observer les aurores, comme la sonde Mars Express de l’ESA ou l’orbiteur MAVEN de la NASA, mais les résultats n’ont pas été aussi probants.

Comparées à Hope, ces sondes étaient situées à une orbite plus proche de la surface de Mars et donc n’ont pu observer la planète dans son ensemble. La sonde Hope, positionnée à 43000 km d’altitude, offre une vue inédite du phénomène à l’échelle de la planète.

Maintenant que les scientifiques savent que l’observation des aurores est possible avec l’orbiteur Hope, de nouvelles pistes de recherche pourront être explorées, en particulier pour comprendre la composition des particules à l’origine des aurores.

Source : https://m.huffingtonpost.fr/entry/la-sonde-hope-devoile-des-images-inedites-des-aurores-de-mars_fr_60dee9b7e4b0ad1785da9ee4

Ce panorama à 360° hypnotisant vous donne l’impression d’être vraiment sur Mars

L’enseignant Thomas Appéré a compilé des photos prises par le rover Curiosity sur Mars pour en faire un panorama en ligne subjuguant, dans lequel il est possible de naviguer pour mieux s’immerger dans l’image.

C’est une image bouleversante, voire poétique, que le scientifique et enseignant Thomas Appéré a créée sur le site RoundMe, le 23 juin 2021. Il s’agit d’un panorama interactif de Mars, dans lequel les internautes peuvent naviguer à 360 degrés : il a été construit à partir de « 23 photos prises par la caméra de navigation droite » du rover Curiosity, a expliqué le chercheur dans un tweet.

Curiosity s’est posé sur Mars en août 2012, dans le cratère Gale. Comme Perseverance, l’autre astromobile qui circule sur Mars depuis février 2021, il disposait déjà de caméras positionnées sur son corps pour capturer les images de son atterrissage (celles-ci ont d’ailleurs bien évolué en dix ans), mais aussi envoyer des photos sur place, sol.

Le panorama d’une vue sur Mars par Curiosity // Source : NASA/JPL-Caltech/MSSS/Thomas Appéré

Chaque jour ou presque, Curiosity prend des photos tout autour de lui, nous explique Thomas Appéré, docteur en Planétologie, « pour vérifier qu’il a progressé comme prévu et pour permettre aux scientifiques d’identifier les prochaines cibles intéressantes ». Un site spécialisé agrège toutes ces images, permettant à tous les internautes de les consulter. L’enseignant est, lui, allé plus loin, en récupérant les photos pour en faire ce magnifique panorama interactif, grâce à un logiciel qui permet au passage d’homogénéiser l’exposition (selon les clichés, la lumière peut être plus ou moins sombre).

CALCULER OÙ METTRE LE SOLEIL
Ce qui est impressionnant, sur le site Roundme où le panorama est hébergé, c’est combien la navigation est fluide et sans accroc. Il y a même un petit air de Mad Max : Fury Road (en version noir et blanc bien sûr) dans cette image de zone terreuse, aride, où l’on voit un soleil puissant très haut dans le ciel. Sa présence et son emplacement dans ce panorama ont d’ailleurs une histoire : normalement, le soleil devrait être à plusieurs endroits en même temps, puisqu’il est à différentes hauteur en fonction des 23 photos qui ont été prises. C’est là que Thomas Appéré a ajouté sa touche personnelle : « Lorsque je complète le ciel, je place le soleil à la place exacte qu’il aurait dans le ciel martien (en hauteur et azimut) », nous écrit-il. « Je calcule sa position grâce à un code informatique que j’ai écrit, prenant en entrée le jour et l’heure où la photo a été prise. »

En plus de profiter de ce voyage ésotérique virtuel sur Mars, vous pouvez également observer la colline « Rafael Navarro Mountain », surnommée ainsi en hommage à l’astrobiologiste Rafael Navarro-González, décédé du Covid en 2021.

Curiosity se situe à plus de 3 700 km de Perserverance sur Mars : les deux astromobiles ne se croiseront jamais. Curiosity est « au pied d’une montagne en strates » dans le cratère Gale, décrit la Nasa, et son rôle est avant tout de comprendre le rôle de l’eau sur la planète rouge.

Source : https://www.numerama.com/sciences/721874-ce-panorama-a-360-hypnotisant-vous-donne-limpression-detre-vraiment-sur-mars.html

Mais comment a fait le rover Zhurong pour prendre cette photo extraordinaire ?

L’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) vient tout juste de publier quelques photos de Zhurong, le rover qu’elle a posé sur Mars il y a près d’un mois déjà. Des images incroyables… et pourtant bien vraies.

L’une d’entre elles, notamment, a immédiatement suscité les interrogations — parfois même la méfiance — des internautes sur les réseaux sociaux : un portrait du rover Zhurong et de son atterrisseur. Mais par qui cette image étonnante a-t-elle été prise ? Tout simplement par une caméra que Zuhrong a lui-même déposée à une dizaine de mètres de l’atterrisseur avant de revenir poser à côté de lui, précise la CNSA.

En octobre 2020, la sonde spatiale Tianwen-1 — l’engin qui justement, portait le rover Zhurong — avait déjà largué une caméra qui avait permis d’obtenir des photos d’elle-même dans l’espace.

Rappelons que le rover chinois arpentera la région d’Utopia Planitia et qu’il y recherchera des traces d’eau ou de glace qui pourraient aider à déterminer si Mars a jamais abrité la vie.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/mars-mais-fait-rover-zhurong-prendre-cette-photo-extraordinaire-4525/?utm_source=pushB&utm_medium=sciences&utm_campaign=push