Les vents s’accélèrent sur les bords de la Grande Tache rouge de Jupiter

C’est la plus grande tempête de notre Système solaire. La Grande Tache rouge. Des astronomes nous apprennent aujourd’hui que ses vents — au moins ceux situés à sa limite — sont en train de s’accélérer.

La Grande Tache rouge, c’est une figure presque légendaire de Jupiter. Son signe distinctif. Un gigantesque anticyclone qui s’étend dans l’atmosphère de la planète géante sur plus de 15.000 kilomètres de long et près de 12.000 kilomètres de large. C’est donc un peu plus que la taille de notre propre Terre ! Et les vents y sont réputés souffler à des vitesses folles, supérieures à 640 kilomètres par heure.

Mais aujourd’hui, des astronomes de l’université de Californie à Berkeley (États-Unis) rapportent que la vitesse moyenne des vents juste à l’intérieur des limites de la Grade Tache rouge a augmenté de 8 % entre 2009 et 2020. Alors même que dans la région centrale de l’anticyclone, les vents soufflent beaucoup plus tranquillement.

Ce résultat, les chercheurs l’ont obtenu grâce à la couverture temporelle — plus de 30 ans maintenant — et à la résolution spatiale — l’engin peut distinguer, sur Jupiter, des caractéristiques ne mesurant que 170 kilomètres de diamètre — du télescope spatial Hubble. Et à un logiciel qui a permis de suivre des centaines de milliers de vecteurs vents à chaque fois que Hubble observait la plus grande planète du Système solaire. « Le télescope spatial est le seul capable de capturer les vents de Jupiter avec autant de détails », raconte Amy Simon, du Goddard Space Flight Center de la Nasa, dans un communiqué de l’ESA. L’évolution dont il est question ici reste en effet faible. Moins de 2,5 kilomètres par heure et par année terrestre.

Comprendre la physique de la Grande Tache rouge
Les astronomes doivent maintenant s’atteler à comprendre ce que signifie cette augmentation de la vitesse des vents. Une tâche plus ardue, car Hubble ne peut pas bien voir les dessous de l’anticyclone. Mais les chercheurs sont enthousiastes. « C’est une pièce intéressante du puzzle qui peut nous aider à comprendre ce qui alimente la Grande Tache rouge et comment elle maintient son énergie. »

Rappelons que celle-ci intrigue les astronomes depuis les années 1870. Depuis, ils ont compris qu’elle présentait une structure en gâteau de mariage. Plusieurs étages avec des nuages hauts au centre qui tombent en cascade sur les extérieurs. Les chercheurs ont aussi noté que la Grande Tache rouge de Jupiter diminuait en taille et qu’elle devenait plus circulaire avec le temps.

Sur d’autres planètes, comme sur Neptune, les astronomes notent que les tempêtes ont tendance à disparaître en seulement quelques années. La Grande Tache rouge fait donc figure d’exception. Mais ces derniers travaux devraient aider les scientifiques à élucider les mécanismes physiques qui permettent de former et d’entretenir de telles tempêtes sur les planètes du Système solaire.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/jupiter-vents-accelerent-bords-grande-tache-rouge-jupiter-93820/

La structure de l’atmosphère d’une exoplanète dévoilée par les astronomes

En combinant les données renvoyées par deux télescopes différents, des astronomes sont parvenus à mettre à nu la structure supérieure de l’atmosphère d’une exoplanète. Ils révèlent la présence de nuages dont ils sont même parvenus à évaluer l’altitude.

Les astronomes la connaissent sous le nom de WASP-127b. Elle a été découverte en 2016. C’est une géante gazeuse située à plus de 525 années-lumière de notre Terre. Une exoplanète dans l’atmosphère de laquelle ils viennent de détecter des nuages. Avec un tel niveau de détail qu’ils ont même pu évaluer leur altitude et projeter la structure de la haute atmosphère de la planète.

Il faut dire que WASP-127b apparaît comme la candidate parfaite pour essayer d’en apprendre plus sur les atmosphères des exoplanètes. Elle est grande – environ 1,3 fois la taille du Jupiter -, elle est chaude – sa température peut monter jusqu’à 1.100 °C – et orbite très près de son étoile – elle en fait le tour en quatre jours seulement. Elle présente ainsi une atmosphère mince et ténue. L’idéal pour analyser sa composition à partir de la lumière que nous recevons de son étoile hôte après son passage au travers de ladite atmosphère.

Le mystère WASP-127b s’épaissit
Des chercheurs de l’université de Montréal (Canada) ont ainsi sondé l’atmosphère de WASP-127b à l’aide du télescope spatial Hubble pour les données dans l’infrarouge et du Very large Telescope (VLT) pour les données dans le visible. Et ils ont d’abord trouvé, comme prévu, du sodium. Mais à une altitude bien plus basse qu’attendu. Puis, ils ont découvert de la vapeur d’eau, visible dans l’infrarouge, mais pas dans les longueurs d’onde du visible. De quoi révéler la présence de nuages opaques – qui ne sont pas constitués de gouttelettes d’eau comme sur Terre – aux longueurs d’onde du visible, mais pas à celles de l’infrarouge.

Grâce à ces données d’absorption à haute résolution, les astronomes ont pu localiser ces nuages à une altitude étonnamment basse, correspondant à une pression atmosphérique comprise entre 0,3 et 0,5 millibar. Une nouvelle information surprenante concernant WASP-127b qui intrigue aussi les chercheurs par le fait qu’elle orbite dans la direction opposée à celle de la rotation de son étoile hôte, mais aussi dans un plan différent de celui de son équateur.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exoplanete-structure-atmosphere-exoplanete-devoilee-astronomes-93784/