Hubble apporte des preuves de vapeur d’eau persistante dans un hémisphère d’Europe

De la vapeur d’eau a été trouvée, de façon persistante, sur l’hémisphère arrière d’Europe, la lune de Jupiter. Étonnamment, son hémisphère avant en semble dépourvu.

Europe, le quatrième plus grand satellite de Jupiter, intéresse grandement les astronomes. Le plus petit des satellites galiléens semble en effet abriter un océan d’eau sous la surface, ce qui en fait un objet d’étude des plus importants pour la recherche d’une éventuelle forme de vie extraterrestre. Comme nous vous le rapportions dans les articles ci-dessous, des panaches de vapeur d’eau, similaires à ceux observés sur Encelade, semblent s’échapper d’Europe, probablement causés par des cryogeysers en éruption.

De la vapeur d’eau, mais sur un seul hémisphère
Le satellite Europe est ainsi connu pour être entouré d’une fine atmosphère de dioxygène et de vapeur d’eau, même si la pression à sa surface n’est qu’un milliardième de la pression à la surface de la Terre.

Des observations des lunes glacées de Jupiter dans l’ultraviolet lointain, obtenues grâce au télescope spatial Hubble, ont été utilisées dans le passé pour détecter leurs atmosphères d’oxygène. La réanalyse d’images et de spectres de Ganymède, le plus gros satellite naturel de Jupiter et de tout le Système solaire, a récemment montré que les mêmes observations contiennent également des informations selon lesquelles la vapeur d’eau est abondante dans son atmosphère en plus de l’oxygène. En utilisant la même analyse pour Europe, Lorenz Roth, de l’École royale polytechnique (KTH) à Stockholm (Suède), y a trouvé également une atmosphère de vapeur d’eau, mais uniquement au-dessus de l’hémisphère arrière de la lune (l’hémisphère qui est dos à son mouvement orbital).

La vapeur d’eau n’a pas été vue directement, mais plutôt l’empreinte spectrale ultraviolette de l’oxygène a été mesurée par Hubble. Comme l’explique Lorenz Roth dans son article, des études antérieures de l’intensité des émissions de l’oxygène à 135,6 et 130,4 nanomètres ont révélé du dioxygène dans l’atmosphère d’Europe. Ici, il a étudié les changements relatifs des deux émissions d’oxygène et le profil radial des émissions à travers le disque ensoleillé dans des observations du télescope spatial Hubble prises en 1999, 2012, 2014 et 2015, alors que la lune était à différentes positions orbitales. Les observations impliquent une abondance de vapeur d’eau stable dans la partie centrale de l’hémisphère arrière éclairé par le Soleil, avec un rapport H2O/O2 de 12 à 22. Cela signifie que la vapeur d’eau est constamment reconstituée dans cet hémisphère. En revanche, sur l’hémisphère avant, les émissions sont compatibles avec une atmosphère de dioxygène pur.

Un sujet d’étude prometteur pour les missions à venir
Contrairement aux geysers, cette vapeur d’eau ne vient pas de l’intérieur d’Europe, mais plutôt de la sublimation de la glace de surface par la lumière solaire.

Cette détection ouvre la voie à des études approfondies d’Europe lors de futures missions spatiales, dont Jupiter Icy Moons Explorer (Juice), sonde de l’Agence spatiale européenne dont le lancement est prévu en août ou septembre 2022, et sa consœur américaine Europa Clipper, qui devrait pour sa part décoller en octobre 2024. Comprendre la formation et l’évolution de Jupiter et de ses lunes aide également les astronomes à mieux comprendre les planètes semblables à Jupiter autour d’autres étoiles.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/europe-hubble-apporte-preuves-vapeur-eau-persistante-hemisphere-europe-64403/

Le réchauffement climatique est en train de transformer radicalement la surface des océans

Avec le réchauffement climatique et l’acidification des océans qui l’accompagne, les écosystèmes marins sont sous tension. Des chercheurs nous préviennent aujourd’hui que cela pourrait ne faire que commencer. Car nos émissions de gaz à effet de serre semblent vouloir totalement bouleverser l’équilibre de la surface des océans.

Les scientifiques définissent le climat de la surface des océans à partir de la température de l’eau, du pH et de la concentration en aragonite, un minéral composé essentiellement de carbonate de calcium (CaCO3) que les coraux et autres organismes utilisent pour former des coquillages. Et une équipe montre aujourd’hui qu’une part plus ou moins importante des climats que les surfaces des océans ont connu au XXe siècle pourrait disparaître d’ici 2100. Une part dépendant de l’évolution de nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Des climats inédits pourraient même faire leur apparition.

Les chercheurs de l’université Northeastern (États-Unis) ont modélisé pour cela les climats océaniques à l’échelle mondiale au début et à la fin du XXe siècle ainsi qu’à la fin du XXIe siècle. Le tout selon deux scénarios d’émissions de GES, l’un présentant un pic en 2050, l’autre en 2100.

Des conséquences sur les écosystèmes
Selon ces modélisations, entre 35,6 et 95 % — sous le scénario d’émissions de GES le moins favorable — des climats que les surfaces des océans ont connus au XXe siècle pourraient disparaître à la fin du XXIe siècle. Entre 10,3 et 82 % de l’océan mondial pourrait connaître un nouveau climat, avec des températures plus élevées, un pH plus acide et une concentration plus faible en aragonite.

Les chercheurs soulignent l’importance de leur découverte. En effet, certaines espèces marines suivent actuellement le rythme du changement climatique en se dispersant dans de nouveaux habitats. Mais si les climats océaniques traditionnels disparaissent, cela pourrait leur devenir tout simplement impossible. Contraignant les espèces à s’adapter très rapidement ou… à s’éteindre !

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/ocean-rechauffement-climatique-train-transformer-radicalement-surface-oceans-93205/

Réchauffement climatique : le monde qui nous attend si rien ne change, selon le Giec

Inondations d’un côté, canicule et incendies de l’autre, les nouvelles mondiales n’annoncent pas que du bon ces dernières années. La situation semble presque s’empirer… Le tout nouveau rapport alarmant du Giec, sorti le 9 août, fait le point sur l’état du réchauffement climatique. Il décrit également à quoi pourraient ressembler les conditions climatiques futures sur notre Planète.

D’après le dernier rapport du Giec, tous les scénarios mènent inévitablement à la même conclusion : la température planétaire globale continuera d’augmenter jusqu’au moins la moitié de ce siècle. Le verdict est tranchant et sans appel : si l’humanité ne coupe pas considérablement ses émissions de CO2 et de gaz à effet de serre dans les années à venir, le réchauffement climatique dépassera la barre des +2 ºC au cours du XXIe siècle.

Changements pour les températures et les précipitations
Au fur et à mesure que la Terre se réchauffe, les variations climatiques planétaires augmentent en nombre et en intensité. Les figures du rapport montrent des projections pour le futur.

Ces cartes représentent les changements de température dans trois scénarios différents, à des réchauffements de +1,5 ºC, +2 ºC, et +4 ºC à la surface de la planète sur 20 ans par rapport à 1850-1900. Les surfaces terrestres et les pôles chaufferont plus que les océans et les zones équatoriales. En effet, l’Arctique monte en température deux fois plus vite que la moyenne globale. Peu de fraîcheur est attendue au menu des années à venir, qui réservent des vagues de chaleur de plus en plus intenses et fréquentes.

Les précipitations ne prévoient pas de varier dans le même sens partout : elles projettent d’augmenter à haute latitude, dans le Pacifique au niveau équatorial et dans certaines zones de mousson, mettant ces endroits à un risque plus élevé d’inondation. D’un autre côté, au niveau tropical et subtropical, les scientifiques estiment que les pluies diminueront. Cela amènera des sécheresses, d’autant plus accentuées par les températures plus chaudes sur Terre.

À noter également que le cycle de l’eau et sa variabilité vont s’intensifier. La Terre risque de subir plus d’épisodes très humides et très secs, accentuant les sécheresses et les inondations. Ces dernières risquent de causer d’importants dégâts du sud jusqu’à l’est de l’Asie, et en Afrique de l’Ouest, à cause des précipitations de la mousson. Des évènements climatiques extrêmes tels que des cyclones tropicaux menaceront aussi certains pays.

Une atmosphère chargée en dioxyde de carbone
Le graphique se base sur cinq scénarios futurs possibles, en fonction de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre (de gauche à droite se trouvent les plus faibles jusqu’aux plus importants). Avec le réchauffement climatique, le CO2 s’accumulera davantage dans l’atmosphère car les puits de carbone océanique et terrestre seront moins efficaces.

Des conséquences inévitables
D’après les auteurs du rapport, plusieurs des conséquences du réchauffement sont irréversibles pour des siècles ou même des millénaires. Parmi les victimes, les océans, qui continueront à subir une acidification, une désoxygénation et une variation globale de température. Les zones de neige et de glace peuvent difficilement être sauvées. Les glaciers continueront inévitablement de fondre durant des dizaines ou des centaines d’années, le permafrost et les calottes glaciaires également. Les eaux continueront leur montée et l’Homme, comment agira-t-‘il ?

Source : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/giec-rechauffement-climatique-monde-nous-attend-si-rien-ne-change-selon-giec-92939/