Perseverance est à l’écoute des sons de Mars

En parallèle de sa mission principale d’exploration et de collecte de roches, le rover Perseverance écoute et enregistre les sons audibles à la surface de Mars, à l’aide de microphones. Les scientifiques peuvent ainsi en apprendre plus sur l’atmosphère ténue de la Planète rouge.

Perseverance ne nous rapporte pas seulement des roches martiennes, le rover recueille aussi des extraits audio ! Présent sur Mars depuis le 18 février, il a commencé à enregistrer les bruits de la planète depuis le début effectif de sa mission. Plusieurs bandes sonores avaient déjà été dévoilées au cours des mois précédents, sur lesquelles la surface de la planète déserte et aride était audible pour la première fois. Les deux microphones équipant Perseverance permettent aux ingénieurs du JPL (Jet Propulsion Laboratory) et de l’Irap (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) d’en apprendre plus sur l’atmosphère de la Planète rouge grâce aux sons la parcourant, cumulant à ce jour plus de cinq heures d’enregistrements.

Les oreilles de Perseverance
Le premier microphone de Perseverance est installé au niveau du châssis, tandis que le second, amélioré par les ingénieurs de l’école française ISAE-Supaero en collaboration avec le Laboratoire national de Los Alamos (États-Unis), a été implémenté sur l’instrument SuperCam. Les microphones sont pensés pour résister à la rigueur du climat martien : la planète est aride et poussiéreuse, un instrument dédié à la captation sonore doit être résistant à ces conditions difficiles.

Chaque microphone permet aux ingénieurs pilotant le rover de recueillir des données sur deux points : la maintenance de l’astromobile et les relevés atmosphériques de Mars. Si les roues et le bras robotisé de Perseverance sont surveillés par des caméras pour assurer la pérennité de la mission, les sons pourraient aussi alerter d’une possible anomalie invisible à l’œil. La captation est si précise qu’elle permettrait aux ingénieurs d’entendre un dysfonctionnement électrique au niveau des roues.

Écouter pour analyser l’atmosphère de Mars
Si les microphones de Perseverance peuvent alerter sur de potentiels problèmes techniques, celui installé sur la caméra SuperCam, en hauteur, permet d’enregistrer les fluctuations sonores à proximité du rover. Lors du déploiement du robot, les chercheurs ignoraient si ce dernier pourrait effectivement enregistrer les bruits environnants, mais le microphone s’est revélé très efficace, captant même le son provoqué par les hélices du drone Ingenuity lors de son quatrième vol, alors qu’il se situait à environ 80 mètres de Perseverance.

L’accessoire a rapidement démontré son utilité en apportant aux ingénieurs du JPL et de l’Irap des informations sur l’atmosphère de Mars. Le micro de SuperCam enregistre les légères turbulences atmosphériques balayant la surface de la Planète rouge, ainsi que les tirs laser réalisés par SuperCam. La caméra est équipée de trois spectromètres dont le pointage laser est déterminant dans l’analyse de la composition des roches étudiées. Le microphone de SuperCam enregistre à ce jour 25.000 tirs laser, assurant ainsi le bon fonctionnement de l’instrument clé du rover.

Après deux semaines de black-out induit par l’orbite de Mars, la planète passant derrière le Soleil, rendant ainsi les communications impossibles, les explorateurs robotiques de la Nasa devraient reprendre leurs missions sous peu. À ce jour, Perseverance a parcouru 2,61 kilomètres en 210 sols, soit un peu plus de 215 jours terrestres et il se situe dans la région de South Séítah, au sud du point de départ de son aventure.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/perseverance-perseverance-ecoute-sons-mars-63919/

La mission Mars Sample Return devient réalité : voici comment cela va se passer

La Nasa prépare le retour des échantillons prélevés sur Mars par Perseverance avec une mission, nommée Mars Sample Return, envisagée depuis le lancement du rover vers la Planète rouge en 2020. L’Agence spatiale a annoncé travailler en collaboration avec l’ESA, pour un retour sur Terre estimé à l’horizon 2030.

Le retour des roches martiennes se précise ! La Nasa a annoncé l’avancement du projet Mars Sample Return (MSR), qui devrait permettre de faire décoller de la Planète rouge les échantillons prélevés par Perseverance afin de les envoyer sur Terre. Le Jet Propulsion Laboratory, branche de la Nasa supervisant la mission Mars 2020, a ainsi indiqué que ce projet était en cours d’élaboration, en collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA). Plusieurs paramètres sont à prendre en compte, tels que l’atterrissage d’un lanceur, la récupération des roches et leur retour, en passant par la décontamination des prélèvements.

L’ambitieux projet de retour des échantillons
La mission MSR a été initiée par la Nasa en 2020, en parallèle de l’envoi de la mission Mars 2020 en juillet de la même année. Pour parvenir à accomplir cette tâche d’une technicité extrême, le budget alloué à la Nasa a augmenté de 7 %, passant à 24,8 milliards de dollars annuels ; 9 % de cette augmentation seront destinés à la Direction de la Mission scientifique (Science mission directorate), chargée de la conception de Mars Sample Return.

Celle-ci sera découpée en plusieurs parties : le Sample Retrieval Lander (SRL), appareil transportant un nouveau rover et un lanceur est déposé sur Mars au cours de la décennie à venir. L’astromobile serait alors déployée non loin de Perseverance afin de récupérer les tubes contenant les échantillons de roches dans son sillage. Une fois les prélèvements stockés grâce un bras robotisé, le rover reviendrait vers son point de départ afin de transférer les roches dans le lanceur. Ce dernier décollerait alors à une date estimée à 2028 pour effectuer un rendez-vous avec l’orbiteur crée par l’ESA et Airbus Defence and Space, l’Earth Return Orbiter.

Le trajet retour vers la Terre est estimé à trois ans : l’ERO ne larguerait les échantillons qu’en 2031. Les chercheurs s’affaireraient à examiner si les roches pourraient représenter un risque de contamination pour des organismes terrestres avant de se pencher sur l’étude des précieux matériaux.

L’intérêt scientifique de « Mars Sample Return »
Mars Sample Return n’est pas une lubie scientifique ou la seule démonstration de la maîtrise technologique des agences spatiales. Le retour des roches prélevées par Perseverance pourraient permettre aux chercheurs d’en apprendre plus sur l’histoire de Mars et les possibles traces de son habitabilité, à l’époque durant laquelle la Planète rouge abritait de l’eau à sa surface, il y a environ 3 milliards d’années.

Si la pléthore d’instruments équipés sur Perseverance permettent déjà d’étudier les composants géologiques de Mars, les outils technologiques utilisables sur Terre tels que des microscopes ou encore des spectroscopes permettraient aux scientifiques d’entrer dans le détail de ces recherches, afin de déterminer si la vie a pu être présente à la surface de Mars un jour. En attendant le lancement des missions qui prendront place d’ici à l’horizon 2030, les trois rovers Curiosity, Perseverance et Zhurong continuent d’explorer la Planète rouge afin d’en apprendre plus sur son histoire.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/perseverance-mission-mars-sample-return-devient-realite-voici-cela-va-passer-94216/

Le rover Perseverance roule bel et bien sur un ancien lac martien

Les images obtenues par le rover Perseverance confirment qu’un lac existait dans le cratère Jezero sur Mars, il y a 3,6 milliards d’années. Sa hauteur se trouvait 100 mètres plus bas que le laissaient penser les données obtenues depuis l’orbite.

Les premiers résultats du rover Perseverance confirment à quel point le cratère Jezero, où s’est posée la mission sur Mars, était prometteur. Le site d’atterrissage de l’astromobile a bien abrité un lac autrefois, il y a 3,6 milliards d’années. Ce lac faisait 35 kilomètres de diamètre et plusieurs dizaines de mètres de profondeur. L’annonce, relayée par le CNRS, fait l’objet d’une publication dans la revue Science le 7 octobre 2021.

« Les observations d’engins spatiaux orbitaux ont montré que le cratère Jezero de Mars contient un corps proéminent de roche sédimentaire en forme d’éventail déposé à sa marge ouest », rappellent ces scientifiques. Les images de sondes en orbite autour de Mars avaient laissé présager la complexité géologique et l’histoire de ce bassin. L’intérêt de la zone est maintenant confirmé par l’instrument SuperCam du rover : le cratère Jezero renfermait un lac alimenté par une rivière, via un delta (une embouchure de forme triangulaire).

LE LAC ÉTAIT 100 MÈTRES PLUS BAS
« Nos images de rover contraignent l’évolution hydrologique du cratère Jezero et potentiellement le climat et l’habilité de la jeune Mars », écrivent les chercheurs. La qualité des images prises par Perseverance a permis d’interpréter la géologie du lieu. Elles ont pourtant été prises à distance, à plus de 2 kilomètres des formations géologiques étudiées.

L’astromobile a ainsi observé, après son arrivée sur la planète rouge en février 2021, « un ensemble de strates sédimentaires inclinées, prises en sandwich entre des strates horizontales », décrit le CNRS dans son communiqué transmis à la presse. Cette géométrie est semblable à ce que l’on connait des deltas sur Terre et l’équipe a pu s’en servir pour déterminer la forme du lac, son altitude et le type de dépôts.

Résultat : la hauteur du lac se trouvait 100 mètres du bas que ce que suggéraient les données orbitales. Les scientifiques ont pu déterminer qu’il s’agissait d’un lac fermé, dont le niveau a fluctué. Un avantage de cette structure en lac clos est que les dépôts qui ont pu se former ont sans doute été bien préservés. Cependant, il n’est pas exclu que l’on soit donc face à un lac moins dynamique, avec moins d’activité hydrologique, qu’un lac ouvert.

ET SI PERSEVERANCE GRIMPAIT SUR LE DELTA ?
Les images du rover ont aussi aidé à voir des strates situées au-dessus des dépôts du lac. Leurs caractéristiques sont différentes, avec la présence de gros galets et de blocs de roche. Ce pourrait être un signe de crues soudaines, peut-être d’un changement climatique important, à la fin de la période où le cratère Jezero abritait le lac. Pour l’heure, les scientifiques ne savent pas quel contexte a pu entraîner un changement dans le rythme fluvial.

« Nos résultats donnent des informations pour les stratégies d’échantillonnage par Perseverance dans le cratère Jezero », anticipent les auteurs. L’idéal serait de faire monter le rover sur le delta, pour s’approcher des blocs rocheux. La zone pourrait être pertinente afin de prélever quelques-uns des échantillons de la mission, qui devront un jour rentrer sur Terre.

Source : https://www.numerama.com/sciences/745879-il-y-avait-bien-un-lac-dans-le-cratere-ou-perseverance-roule-sur-mars.html

Perseverance apporte la preuve irréfutable d’un lac sur Mars il y a 3,6 milliards d’années !

Depuis son arrivée en février dernier, le rover Perseverance continue son travail d’investigation sur le sol martien. Le but de ses recherches : comprendre l’évolution géologique et climatique de la Planète rouge et, peut-être, trouver des traces de vie. Et les premiers résultats issus des données du rover sont spectaculaires : le cratère Jezero où a atterri Perseverance porte les traces sédimentaires d’un ancien delta. Il y a 3,6 milliards d’années, un lac, alimenté par une rivière, occupait donc toute l’étendue du cratère.

Le site d’atterrissage du rover Perseverance n’a pas été choisi au hasard. La morphologie du site, vue sur les images satellites, avait attiré l’œil des géologues, avec notamment la présence de deux vallées incisant les bords du cratère martien, laissant supposer qu’un système fluviatile aurait alimenté un ancien lac niché au cœur du cratère Jezero.

Perseverance a atterri en plein milieu d’un ancien lac
Mais rien n’était certain. Au cours des derniers mois, le rover a ainsi étudié à distance plusieurs formations géologiques, notamment grâce à l’instrument Supercam développé par des équipes franco-américaines. Cette caméra est en effet capable d’observer des détails de moins de 10 centimètres à une distance de plus de deux kilomètres. Un premier stade d’observation essentiel afin de définir les futurs sites d’investigation. Et les images obtenues grâce à Supercam sont plutôt époustouflantes : elles ont permis l’observation de strates sédimentaires dont l’architecture est très semblable aux dépôts deltaïques que l’on trouve sur Terre.

« La similarité de l’architecture des dépôts de ce delta martien avec les deltas terrestres est tout à fait marquante », souligne Nicolas Mangold, géologue au Laboratoire de planétologie et géodynamique (Université de Nantes), qui a dirigé l’étude sur les premières données de Perseverance. Ces résultats, qui paraissent dans la revue Science, révèlent ainsi qu’il y a 3,6 milliards d’années, toute la superficie du cratère Jezero (soit 35 kilomètres de diamètre) était recouverte par un lac profond de plusieurs dizaines de mètres.

Les traces d’un ancien delta
Les dépôts sédimentaires observés dans le cratère Jezero sont en effet typiques de ce que l’on observe sur Terre au niveau de l’embouchure des fleuves ou des rivières.

Les systèmes fluviatiles charrient des quantités importantes de sédiments issus de l’érosion des roches. Lorsqu’ils se jettent dans un lac ou dans une mer, ces sédiments en suspension vont se déposer au niveau de l’embouchure, sous l’effet de la chute brutale de l’énergie du courant. Vont alors se former des lobes de sédiments, déposés en strates et recoupés par des chenaux. L’ensemble forme ce que l’on appelle un delta.

Les dépôts deltaïques sont caractérisés par des strates obliques (foresets), témoignant de la progradation du delta (l’apport sédimentaire constant mène à la construction du delta, qui progresse vers l’avant), surmontées par des strates horizontales (topsets) qui marquent l’interface entre l’eau et l’air.

L’épaisseur sédimentaire des dépôts deltaïques est très variable et dépend de nombreux paramètres (énergie des environnements fluviatile et marin, quantité de sédiments apportés, variations du niveau de l’eau…). À titre d’exemple, sur Terre, le delta du Pô est capable de progresser de 70 mètres par an et celui du Mississippi comprend une épaisseur de 11.000 mètres de sédiments.

Sur Mars, les séries sédimentaires du delta dans le cratère Jezero sont épaisses de 60 mètres environ. « Mais cela ne nous donne pas vraiment d’indication sur la durée d’existence de ce lac », explique Nicolas Mangold. Pour ce qui est d’une potentielle datation des roches, il faudra donc attendre le retour des échantillons sur Terre, vers 2030. « On pense que le lac aurait existé il y a 3,6 milliards d’années environ, mais on n’en saura peut-être pas plus, tout dépendra de la chance qu’on aura au niveau de l’échantillonnage. » Douze sites d’échantillonnage sont ainsi prévus au cours des prochains mois.

« L’étude précise des dépôts sédimentaires du delta qui devraient par contre nous permettre d’avoir une idée des débits de la rivière ayant alimenté le lac », permettant ainsi de contraindre l’environnement de dépôt de ces sédiments.

La fin de l’activité du delta marquée par un événement hydrologique majeur
Les chercheurs s’intéressent d’ailleurs tout particulièrement aux couches les plus récentes, situées au toit de la formation géologique et caractérisées par la présence de gros blocs rocheux. « Ces blocs ont dû être transportés par des courants très forts, témoignant d’un événement hydrologique particulièrement violent, marquant la fin de l’activité du delta. » Cet événement hydrologique pourrait notamment être associé à un changement climatique, mais cette hypothèse reste à confirmer par des analyses plus précises, et notamment par la comparaison avec d’autres sites martiens. « Maintenant que nous avons les données de terrain corrélées à l’imagerie satellitaire, il nous sera possible d’observer d’autres sites sur Mars et de faire des analogies. » Le but est de déterminer si cet événement catastrophique a été purement local ou, au contraire, global.

Des sédiments favorables à la préservation de la matière organique… s’il y en a eu !
Lorsque Perseverance sera sur place pour étudier les sédiments du delta en détail, les chercheurs seront également très attentifs à la présence ou non de traces de vie ancienne, qui représente l’un des objectifs principaux de la mission Perseverance. « Nous allons regarder tout particulièrement les dépôts fins et argileux, qui sont plus favorables à la préservation de la matière organique. » Perseverance nous réserve donc encore certainement de bien belles découvertes.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-perseverance-apporte-preuve-irrefutable-lac-mars-il-y-36-milliards-annees-94023/

Surprise, la mission de l’hélico Ingenuity ne s’arrêtera pas : « Maintenant c’est un vol après l’autre »

La mission d’Ingenuity est loin d’être terminée. L’hélicoptère de la Nasa poursuit inlassablement son péril sur Mars et ne compte pas encore s’arrêter. Les vols sont un tel succès qu’il a été décidé d’en faire un allié de Perseverance tant qu’il continue de bien fonctionner.

Il avait tout pour être un second rôle idéal, mais il est en train de voler la vedette au personnage principal. Ingenuity multiplie les prouesses depuis son arrivée sur Mars et ce n’est pas près de s’arrêter. Après désormais une douzaine de vols, le petit hélicoptère qui accompagnait le rover Perseverance est en pleine forme et dépasse toutes les attentes. « Un seul vol aurait été un succès, raconte Nacer Chahat, ingénieur français au JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la Nasa qui a travaillé sur les antennes et tout le système de communication. Donc là c’est bien au-delà des espérances et les missions sont de plus en plus complexes. »

Ingenuity a appris à aller plus haut, plus loin, et il a désormais volé sur plus d’un kilomètre de distance au total. Un succès tel que désormais, à la Nasa, on ne parle plus du tout de fin de mission pour lui. Mars va bientôt passer derrière le Soleil et la communication va être interrompue, mais dès le retour il va pouvoir continuer. « Maintenant c’est un vol après l’autre, précise Nacer Chahat. Tant que le système est fiable, on continue. »

PROCHAINE ÉTAPE : AIDER PERSEVERANCE (À MOINS D’UN KILOMÈTRE)
On continue, certes, mais pour quoi faire ? Ingenuity a cumulé bien assez de données pour tester tous ses composants et pour apprendre à voler dans toutes les circonstances. Il a rempli son cahier des charges. La prochaine étape est donc d’aider Perseverance. « Maintenant nous pouvons aider les scientifiques, et pas seulement apprendre à voler, assure Nacer Chahat. Ingenuity peut aller voir des zones inaccessibles pour le rover et prendre des photos. C’est une nouvelle mission avec de nouvelles contraintes. »

Ces contraintes, elles sont liées au point faible d’Ingenuity : il ne fonctionne qu’en liaison avec le rover. Les deux engins ne doivent pas être séparés de plus d’un kilomètre, sinon la communication ne passe plus et l’hélicoptère ne peut plus être contrôlé. Les ingénieurs sont très prudents avec cette limite, car Ingenuity n’a jamais dépassé les 625 mètres de distance pour l’instant.

Mais rester dans cette zone de confort va devenir un peu plus compliqué maintenant, confie Nacer Chahat : « Au début, le rover restait où ça nous arrangeait pour les premiers vols, mais désormais c’est à nous de nous adapter à lui. Il nous faut le suivre partout. » Perseverance constitue bel et bien le cœur de la mission et le rover doit maintenant se contenter d’être son assistant. Ce qui veut dire voler dans des endroits parfois plus accidentés, aller chercher des images de lieux choisis pour leur potentiel intérêt scientifique. Bref, Ingenuity va devoir faire preuve de flexibilité et se plier aux exigences des scientifiques, et non plus seulement des ingénieurs. Les prochains vols ne seront donc pas des démonstrations techniques, toujours plus loin, toujours plus haut, mais seront avant tout utiles.

INGENUITY AD VITAM ETERNAM
À quoi ressemblera le dernier vol d’Ingenuity, et quand aura-t-il lieu ? Personne ne peut le dire actuellement. Mais quoi qu’il en soit Nacer Chahat et les autres ingénieurs du JPL travaillent déjà sur un successeur.

« Nous en sommes pour l’instant au développement du concept, mais le principal défi sera de faire un hélicoptère plus gros et plus lourd. » Le potentiel Ingenuity 2 sera trop gros pour partir avec un rover, et il devra transporter des instruments scientifiques d’au moins 20 kg, ce qui implique des pales plus grosses et sans doute plus rapides. Un défi non négligeable à relever, puisque la principale difficulté pour faire voler Ingenuity était la rareté de l’air sur Mars qui obligeait les pâles à tourner bien plus vite que sur Terre. Il faudra donc faire encore plus la prochaine fois.

Mais l’équipe peut compter sur des mois d’expériences avec le succès du premier appareil. Et d’ici quelques années un autre engin volant devrait parcourir un autre astre : Dragonfly est en préparation pour aller visiter Titan, le satellite de Saturne. « Nous pouvons aider, considère Nacer Chahat, car nous savons comment faire pour opérer les vols, nous pouvons donner des conseils, mais les problématiques ne sont pas du tout les mêmes, l’atmosphère sur Titan est beaucoup plus dense. » L’équipe qui travaille sur Dragonfly sera donc confrontée à des défis très différents, mais espère connaître le même succès.

Source : https://www.numerama.com/sciences/735128-surprise-la-mission-de-lhelico-ingenuity-ne-sarretera-pas-maintenant-cest-un-vol-apres-lautre.html

La lune Déimos se cache dans ces images du ciel martien prises par Perseverance

Le rover Perseverance a photographié le ciel martien. Un autre élément s’est glissé dans ces images : arrivez-vous à y repérer Déimos, la plus petite des lunes de Mars ?

En observant le ciel martien, le rover Perseverance a repéré un autre élément, en plus des nuages de la planète rouge. Si vous regardez attentivement les images prises par le rover, vous y distinguerez aussi un petit point brillant. « L’observation du ciel est amusante, peu importe où vous êtes. J’ai pris cette courte vidéo pour regarder les nuages, et j’ai capturé autre chose : regardez de près et vous verrez Déimos, l’une des deux lunes de Mars », a tweeté la Nasa le 20 août 2021 (l’autre lune de Mars est baptisée Phobos).

Les images brutes prises par le rover, sur lesquelles ont peut distinguer Déimos, sont également disponibles sur le site de la mission. Ces clichés ont été pris le 15 août, soit lors du 173e sol (le nom du jour sur Mars) de la mission du rover, en fin de journée. C’est l’une des deux Navcam, les caméras de navigation installées au sommet du mât de Perseverance, qui a immortalisé le ciel martien.

LA PLUS PETITE LUNE DE MARS
Déimos est la plus petite des deux lunes de Mars. Elle mesure 15 kilomètres de long et tourne autour de la planète rouge en 30 heures environ. C’est un petit corps sombre qui possède beaucoup de cratères (dont les diamètres n’excèdent pas 2,5 kilomètres). La composition de sa surface semble comparable à celle d’astéroïdes, qui évoluent dans la ceinture principale d’astéroïdes (une zone du système solaire entre Mars et Jupiter).

L’origine de Phobos et Déimos n’est pas bien comprise. Leurs caractéristiques pourraient laisser penser que ce sont deux astéroïdes jadis capturés par Mars, mais la forme de leur orbite ne correspond pas à ce scénario. Il n’est pas impossible que les lunes soient un vestige d’un ancien impact entre Mars et un autre corps céleste.

Ce n’est pas la première fois qu’une lune martienne passe ainsi dans le champ de vision d’un robot posé à la surface de la planète. Curiosity a déjà eu l’occasion d’immortaliser des éclipses solaires, lors du passage de Déimos et de Phobos devant notre étoile. Depuis l’orbite martienne, des images colorées de Phobos avaient aussi été obtenues grâce à la sonde 2001 Mars Odyssey.

Source : https://www.numerama.com/sciences/734027-la-lune-deimos-se-cache-dans-ces-images-du-ciel-martien-prises-par-perseverance.html

Découvrez le bras robotique qui récupérera les échantillons de Perseverance

Alors que le rover Perseverance de la Nasa a débuté sur Mars le prélèvement des échantillons, l’entreprise Leonardo conçoit et construit les deux bras robotiques qui iront les récupérer afin de les rapporter sur Terre. Les explications de Guido Sangiovanni, responsable du programme des bras robotiques de la mission MSR pour Leonardo.

Le rover Perseverance de la Nasa a donné le coup d’envoi de l’ambitieuse mission de retour d’échantillons martiens que réalisent ensemble la Nasa et l’ESA. Cette mission se déroulera en plusieurs étapes et devrait se terminer en 2030 avec l’arrivée sur Terre des échantillons que Perseverance prélève actuellement. Ils seront hermétiquement scellés dans plusieurs dizaines de tubes et laissés au sol tout au long du parcours du rover.

En 2026, l’ESA lancera le Fetch rover. Un rover spécifiquement conçu pour récupérer ses tubes et les rapporter au lander (appelé aussi plateforme) d’où ils seront embarqués à bord du Mars Ascent Vehicle (MAV) de la Nasa. Il s’agit de la fusée qui sera utilisée pour envoyer en orbite martienne le conteneur qui abritera plus ou moins 36 tubes d’échantillons de la Planète rouge. Le conteneur sera récupéré par l’Earth Return Orbiter, un autre engin spatial développé par l’ESA, avec une charge utile de la Nasa qui l’amènera sur Terre

Ce Fetch rover sera réalisé par Airbus. Il sera le véhicule roulant sur Mars le plus rapide jamais conçu puisque 200 mètres par jour sont envisagés afin de parcourir 15 kilomètres en six mois ! Pour récupérer au sol les tubes laissés par Perseverance, il sera équipé d’un bras robotique doté des techniques de recherche robotique et mécatronique les plus avancées. Il devra les saisir, les installer dans un conteneur cylindrique qui pourra contenir jusqu’à 36 tubes d’échantillons. Dès que le conteneur sera rempli, le rover rejoindra aussi vite que possible la plateforme de décollage du MAV. Sur cette plateforme, un bras robotique se chargera de récupérer le conteneur et de l’installer à bord du MAV.

Ces deux bras robotiques sont en cours de développement chez Leonardo en Italie.

La parole à Guido Sangiovanni, responsable du programme des bras robotiques de la mission MSR pour Leonardo.

Futura : Est-il difficile de développer et construire des bras robotiques pour récupérer les échantillons martiens de Perseverance ?
Guido Sangiovanni : Concevoir et développer tous les instruments qui vont dans l’espace présente des défis : températures, rayonnement, vibrations. Et plus encore sachant que ces bras robotiques sont importants pour le succès de l’ensemble du programme de retour sur Terre d’échantillons du sol martien au point qu’ils nécessitent une grande autonomie. À ce jour, Leonardo est engagé dans l’étude et la conception des deux bras pour la mission 2026, l’un sera monté sur Sample Fetch Rover de l’ESA et l’autre sur la plateforme de la Nasa sur laquelle est installé le MAV. Les premiers prototypes pourraient être prêts d’ici la fin de 2021.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/mars-decouvrez-bras-robotique-recuperera-echantillons-perseverance-93085/

Quel est ce cyclindre étrange que le rover Perseverance a enfoncé sur Mars ?

Le rover Perseverance a pris une photo intrigante : on y voit un objet cylindrique qu’il a déposé à la surface de la planète rouge. De quoi s’agit-il exactement ?

Le rover Perseverance a déposé quelque chose à la surface de Mars. Cette fois, ce n’est pas une plaque protégeant son système de stockage d’échantillons ou un hélicoptère que l’astromobile a largué. Sur plusieurs photos prises la semaine dernière (celle illustrant cet article a été prise le 20 juillet 2021), on distingue un objet cylindrique enfoncé dans la roche. « Quelle est cette chose, et pourquoi sort-elle d’un rocher martien ? (Et non, ce n’est pas une poignée de sabre laser.) Laissez-moi vous expliquer », a tweeté la Nasa via le compte @NASAPersevere le 23 juillet.

L’agence spatiale poursuit, dans un fil de publications, toujours en faisant parler son astromobile : « J’ai apporté dix forets sur Mars. La plupart sont destinés à la collecte d’échantillons ; d’autres, comme celui-ci, servent à abraser des roches (à en broyer la surface extérieure). » C’est le principal objectif poursuivi par la Nasa avec ce rover : récupérer des échantillons de la surface de Mars, destinés à revenir un jour sur Terre — ce qui n’était pas prévu à l’origine. Même si l’ambition exobiologique (l’étude la possibilité que la vie existe dans l’Univers en dehors de la Terre) de la mission Mars 2020 est souvent évoquée, il faut garder en tête que Perseverance lui-même n’est pas capable d’identifier une forme de vie.

Afin de récupérer des prélèvements martiens, Perseverance a donc été équipé d’un système de collecte et de stockage complexe. Les équipements nécessaires sont dans le « ventre » du rover, dont une roue qui contient différents types de forets, ainsi que 43 tubes vides. Le gros bras de Perseverance peut percer la surface de Mars, tandis qu’un plus petit bras robotique situé sous le ventre de l’astromobile ramasse et déplace les tubes (vers la perceuse quand ils sont vides, puis vers le système de stockage quand ils sont pleins).

UN MODÈLE « DE VOL », POUR QUE LA FOREUSE NE RESTE PAS VIDE
Le foret que l’on voit enfoncé dans la roche martienne semble avoir été installé pour servir de protection. Comme le fait remarquer Thomas Appéré, docteur en planétologie, sur Twitter, Perseverance n’a donc pas perdu sa tête de forage (ouf). Celle qui est enfoncée dans le sol est le modèle « de vol », qui avait été installé sur la foreuse pour qu’elle ne reste pas vide. « Pour faire des analyses scientifiques de façon propre et nette, je le laisse de côté avant de commencer à collecter des échantillons avec de nouveaux forets vierges », décrit la Nasa sur Twitter. Le rover a utilisé ce « foret abrasif » pour creuser dans la roche, et il sera abandonné là.

Le tout premier prélèvement réalisé sur Mars par le rover devrait avoir lieu prochainement. La Nasa a choisi la zone dans laquelle Perseverance devra le récupérer. La procédure prend plusieurs jours en tout, car l’astromobile ne se contente pas de forer le sol. Il doit, entre autres activités, scruter la zone avec ses caméras ainsi que son laser et étudier un « double géologique » de la roche à prélever.

Source : https://www.numerama.com/sciences/728967-quel-est-ce-cyclindre-etrange-que-le-rover-perseverance-a-enfonce-sur-mars.html

Comment Ingenuity va rendre les opérations de Perseverance plus efficaces

Après avoir démontré qu’un véhicule aérien pouvait voler dans le ciel de Mars, Ingenuity va réaliser des vols opérationnels, c’est-à-dire des vols utiles à la mission de Perseverance. Ces vols devront illustrer et tester les différentes possibilités de coopération avec le rover. Les explications de Jeff Delaune, chercheur en robotique spatiale et membre de l’équipe du système qui assure le contrôle du vol d’Ingenuity.

Alors que les deux objectifs principaux d’Ingenuity ont été atteints, la Nasa a décidé d’une première prolongation de la mission de l’hélicoptère de 30 jours qui devait se terminer fin mai, début juin. Elle devait démontrer les « possibilités de coopération avec le rover Perseverance », nous explique Jeff Delaune, chercheur en robotique spatiale et membre de l’équipe GNC d’Ingenuity, (Guidage, Navigation and Control, le système qui assure le contrôle du vol de l’hélico). Pour rappel, le premier objectif était de réaliser le « premier vol contrôlé sur Mars en atterrissant en position stable et en sécurité » et le second « consistait à retourner sur Terre les données d’ingénierie des vols pour améliorer les futures missions aériennes dans le ciel martien ».

Pour l’heure, la Nasa n’a pas officiellement annoncé de nouvelle prolongation de la mission d’Ingenuity, mais « nous pensons que si tout continue de bien se passer sur le plan technique, l’engin pourrait durer pendant plusieurs mois, voire jusqu’à la conjonction de Mars prévue le 13 octobre ». À cette date, le passage de Mars derrière le Soleil va engendrer une interruption des liaisons radio entre la Terre et Mars « pendant laquelle il sera impossible de communiquer avec Ingenuity et donc de le faire voler ». Le principal souci est la « poussière qui pourrait recouvrir le panneau solaire de l’hélicoptère et donc l’empêcher de recharger ses chaufferettes nécessaires pour résister aux nuits martiennes ». Actuellement, la poussière est évacuée de façon quasi idéale lors des vols d’Ingenuity.

Des vols opérationnels pour Ingenuity
Cette extension de la mission a comme principal objectif de démontrer « l’utilité et l’intérêt d’un véhicule aérien en complément d’un rover ou d’un lander » et comment l’utilisation de ce binôme pourrait « bénéficier à l’exploration future de Mars et d’autres mondes, avec à la clé de probables futurs projets aériens plus ambitieux » lors de vols opérationnels. Dans le cas de la mission Mars 2020, même si Ingenuity n’embarque pas d’instruments à bord, il peut apporter une valeur scientifique à la mission, « en aidant à décider des prochaines opérations du rover ». C’est le pari

Après le vol 6, qui a donné quelques sueurs froides à l’équipe, les prochains vols devraient se poursuivre avec un « rythme moins élevé que lors de la phase initiale avec deux vols par mois ». Ces vols seront consacrés à la collaboration avec Perseverance, et moins à repousser les limites d’Ingenuity. « Il ne faut donc probablement pas s’attendre à de nouveaux records de vitesse ou d’altitude ! » L’hélicoptère plafonnera sous les 10 mètres d’altitude et se contentera de voler à plus ou moins cinq mètres du sol et à des vitesses qui ne dépasseront probablement pas les cinq mètres par seconde. Pour garantir le contact radio avec le rover Perseverance, Ingenuity ne devrait pas s’en éloigner de plus d’un kilomètre.

« Tracer des cartes, identifier des sites d’intérêt et apporter un point de vue complémentaire aux caméras du rover et d’orbiters » sont les objectifs qui paraissent les plus pertinents pour montrer « comment Ingenuity peut être utile à Perseverance ».

Dans le détail, les observations d’Ingenuity pourraient aider à « tracer des cartes et les chemins les plus efficaces », en matière de temps et de sécurité, qu’emprunterait Perseverance. Ingenuity pourrait aller « reconnaître des sites jusqu’à une distance de plusieurs centaines de mètres » que l’hélicoptère peut atteindre en seulement quelques minutes contre plusieurs jours pour le rover. Enfin, la « planification des déplacements du rover pourrait également être grandement améliorée ». Actuellement les déplacements du rover sont planifiés chaque jour en tenant compte des données fournies par les caméras du rover mais aussi des orbiters. Pour améliorer ce rendement, l’idée est qu’un point de vue intermédiaire, en l’occurrence Ingenuity, pouvant se projeter en avant du rover, « permettrait de reconstruire le chemin à parcourir avec plus de précision ».

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/perseverance-ingenuity-va-rendre-operations-perseverance-plus-efficaces-87813/

Déjà 100 jours sur Mars pour Perseverance : quels sont les premiers succès du rover ?

Ça y est, Perseverance a fêté son 100e jour sur la planète Mars. Le rover de la Nasa s’est déjà beaucoup activé et a réussi diverses « premières fois » sur la planète rouge.

Le rover Perseverance de la Nasa a passé le cap symbolique du 100e jour de sa mission sur Mars (sur la planète rouge, on parle aussi de sol pour désigner le jour). Le 1er juin 2021, la Nasa l’a souligné sur Twitter, rappelant au passage les premières activités de son robot qui ont été couronnées de succès depuis son atterrissage sur place le 18 février.

Voici les six principales réalisations de Perseverance sur Mars, pendant ces 100 premiers sols.

L’ATTERRISSAGE À HAUT RISQUE
La Nasa ne met pas cette étape dans sa propre liste, mais elle a pourtant été un préalable nécessaire à la suite des opérations à la surface de la planète : le simple fait de réussir à poser Perseverance sur Mars représentait un défi. L’agence spatiale a d’ailleurs forgé l’expression de « 7 minutes de terreur » pour souligner à quel point il est risqué de se poser sur Mars — qui plus est d’y poser un engin pesant plus d’une tonne. Mars n’a pas assez d’atmosphère pour faire ralentir une sonde, comme on pourrait le faire sur Terre. Aucune assistance humaine n’est envisageable, car la communication entre la Terre et Mars n’est pas immédiate.

Le 18 février, tout s’est passé comme prévu, et le rover a rapidement pu envoyer ses premières images (en noir et blanc), confirmant son arrivée sur Mars. La Nasa avait équipé Perseverance, la sonde et la grue volante de caméras, ce qui a permis d’immortaliser la descente du robot dans une vidéo vertigineuse. L’agence spatiale avait même dissimulé un message dans le parachute qui a ralenti la course de Perseverance.

LE TEST DE TOUS LES INSTRUMENTS
La charge utile du rover est composée de six instruments, en plus du système de prélèvement et de stockage des échantillons et des deux expériences technologiques (MOXIE et Ingenuity). Après l’atterrissage sur Mars, une phase de test de ces différents instruments a dû être menée, pour s’assurer qu’ils fonctionnaient comme escompté et pouvaient être exploités à des fins scientifiques. Tous les instruments, y compris les caméras, ont pu être vérifiés.

Pour SuperCam, par exemple, le CNES a confirmé le 10 mars que le premier bilan de santé de l’instrument était positif, et que l’équipe scientifique pouvait s’en servir pour explorer le site d’atterrissage du rover. SuperCam est le plus gros des instruments scientifiques embarqués par Perseverance (avec ses 10 kilogrammes). La France a contribué au développement de cet « œil » du rover, qui peut analyser la surface de Mars à l’aide de plusieurs techniques.

PLUS DE 75 000 IMAGES DE MARS
En 100 sols, le rover a pu transmettre vers la Terre plus de 75 000 images de Mars. On parle ici d’images brutes, non traitées. L’ensemble de ces clichés est mis à disposition du grand public par la Nasa, sur le site de la mission Mars 2020. Il s’agit à la fois de visuels obtenus avec les caméras de navigation (Navcam, Hazcam), avec les caméras scientifiques (Mastcam-Z, SuperCam, SHERLOC, MEDA) ou les caméras de descente (deux sur l’astromobile).

À partir de ces images brutes, il est possible de reconstituer des vues plus larges, comme le tout premier selfie de Perseverance avec l’hélicoptère Ingenuity, issu d’un assemblage de 62 images prises par le rover.

LE DÉPLOIEMENT DE L’HÉLICOPTÈRE INGENUITY
Après avoir cherché un lieu approprié et fait quelques zigzags, Perseverance a entrepris de déposer son petit compagnon, l’hélicoptère Ingenuity, à la surface de la planète rouge. Ce déploiement a duré six sols, lors desquels le giravion a été progressivement pivoté, « déplié » puis définitivement lâché par le rover. La Nasa a confirmé que le robot volant était bien posé sur Mars le 4 avril. Le rover a dû rapidement s’écarter de l’hélicoptère, pour permettre à son panneau solaire de capter aisément les rayons. Ingenuity en dépend pour obtenir de l’énergie et fonctionner.

Le 19 avril, Ingenuity a réussi à s’élever pour la première fois dans l’atmosphère de Mars, observé par Perseverance. Depuis, l’hélicoptère enchaîne les envolées réussies et détrône régulièrement ses propres records d’altitude, de vitesse ou de durée de vol. La Nasa a même finalement décidé d’accorder 30 jours supplémentaires à Ingenuity pour voler sur Mars.

Propulsé par HelloAsso

LES PREMIERS SONS ENREGISTRÉS SUR MARS
Autre grande première accomplie par le rover de la mission Mars 2020 : avant lui, jamais aucun son n’avait pu être enregistré à la surface de la planète rouge. Le rover Perseverance est équipé de deux microphones : un micro scientifique, situé sur SuperCam, et un micro de descente. Ce dernier n’a malheureusement obtenu aucune donnée exploitable pendant l’atterrissage, mais c’est bien lui qui a capté les tout premiers sons de Mars ensuite, présentés le 22 février. Quant au microphone de SuperCam, il a lui aussi pu obtenir ses premiers sons de Mars, dévoilés quelques jours plus tard.

Ces extraits sonores sont brefs, mais suffisent à constater que le son semble bien différent de celui que nous pouvons percevoir sur Terre. Ce phénomène est lié au fait que les conditions à la surface de Mars sont différentes : la vitesse du son est plus lente que sur Terre, le niveau sonore est plus bas et il y a un effet d’atténuation.

LA FABRICATION D’OXYGÈNE
Pendant qu’Ingenuity menait ses essais de vol, Perseverance ne s’est pas contenté de le surveiller. Pour la première fois, l’expérience MOXIE (Mars OXYgen ISRU Experiment) installée sur le robot a réussi à produire de l’oxygène, à partir du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère de la planète rouge. En quelque sorte, c’est comme si MOXIE avait respiré un peu de cette atmosphère, pour ensuite expirer une petite quantité d’oxygène. La quantité produite aurait été suffisante pour faire respirer un astronaute pendant environ 10 minutes.

Cette expérience technologie est prometteuse pour l’avenir de l’exploration humaine de Mars, car l’oxygène sera essentiel aux explorateurs. Il s’avère non seulement crucial pour respirer, mais aussi pour propulser la fusée qui permettra le retour de la mission vers la Terre.

Source : https://www.numerama.com/sciences/716168-perseverance-quels-sont-les-premiers-succes-du-rover.html