Vénus a-t-elle pu avoir un océan dans le passé ? « Notre réponse est non » !

Vénus, c’est l’une des quatre planètes rocheuses de notre Système solaire. Il y règne une température étouffante. Et pas une goutte d’eau ne peut aujourd’hui y couler. Cela ne fait aucun doute. Mais pour les chercheurs, le passé de la planète reste mystérieux. Certains lui imaginent des océans. D’autres avancent que Vénus n’a jamais connu les conditions nécessaires à la formation de telles étendues d’eau liquide. Jérémy Leconte, chercheur au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux, fait le point pour nous.

Aujourd’hui, Vénus est une planète sèche. Désertique. Pourtant les scientifiques se demandent si elle n’aurait pas, dans son passé, pu abriter un océan. Ressembler un peu plus à la Terre. « Non », conclut une étude réalisée par des chercheurs du CNRS et de l’université de Versailles Saint-Quentin.

Avant de raconter comment ces scientifiques français en sont arrivés là, il est bon de rappeler qu’une autre étude, publiée il y a quelques années déjà par des chercheurs américains, avait imaginé une Vénus couverte d’océans. Les simulations climatiques lancées à partir de là, avec une atmosphère semblable à celle que nous connaissons sur notre Terre, avaient alors montré que ces océans avaient tendance à s’évaporer, formant des nuages protecteurs, qui réfléchissent la lumière du Soleil. « Dans la zone dite substellaire, c’est-à-dire au point où le Soleil chauffe le plus fort, surtout, nous précise Jérémy Leconte, chercheur au Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux. Un peu comme ce qui se passe sur Terre, au niveau de l’équateur, en somme ».

Les travaux des chercheurs français ne viennent pas réellement en contradiction. « Nos confrères expliquent que si des océans ont existé sur Vénus, ils ont pu se maintenir, souligne Jérémy Leconte. Nous, nous nous sommes demandé si des océans avaient seulement pu se former sur Vénus. Et notre réponse est non ».

Quelles chances de former un océan sur Vénus ?
« Lorsqu’elles se forment, les planètes se couvrent littéralement d’un océan de magma. Un magma qui dégaze beaucoup et entretient une atmosphère très épaisse constituée notamment de dioxyde de carbone (CO2) et de vapeur d’eau (H20). L’effet de serre est intense, nous décrit l’astrophysicien. Si la planète se refroidit suffisamment pour permettre à la vapeur d’eau de se condenser et à la pluie de tomber, des océans peuvent se former ». C’est ce qui s’est joué sur notre Terre.

Le modèle climatique sur lequel s’appuient les chercheurs français révèle que sur Vénus, les choses ne se sont pas du tout passées comme l’envisageait le scénario imaginé par l’étude américaine. « Le seul endroit de la planète sur lequel il ne faisait pas trop chaud, c’était du côté nuit. Et en plus, très haut dans l’atmosphère, du côté de la stratosphère. Des masses d’air chargées en vapeur d’eau ont pu y arriver depuis le côté jour. Elles ont alors formé des nuages, mais qui sont restés localisés du côté nuit. Ils n’ont donc pas pu avoir d’effet protecteur. Ils n’ont pas pu participer à rafraîchir Vénus. Pire, ils ont formé une sorte de bouclier thermique qui a même empêché la planète de se refroidir. La pluie n’a pas pu tomber. Aucun océan n’a pu se former. »

Il y a très peu de chance pour que Vénus ait pu former un océan.

« Si on imagine le fait d’avoir des océans sur Vénus comme un lancer à pile ou face, l’étude américaine nous disait seulement que si la pièce tombe sur la tranche, elle a de fortes chances d’y rester. Très bien. Mais nous, nous disons… que la pièce a très peu de chance de tomber sur la tranche », poursuit Jérémy Leconte.

En tirer des informations sur les autres planètes
Les astrophysiciens souhaitent désormais comprendre ce que cette étude peut avoir comme implication concernant les exoplanètes. Ils aimeraient fixer mieux les limites dans lesquelles il peut exister de l’eau liquide. « Savoir qu’il n’a jamais pu se former d’océan sur Vénus nous donne une indication précieuse, nous fait remarquer Jérémy Leconte. Nos travaux nous poussent à envisager que si notre Terre était née autour d’une étoile telle qu’est notre Soleil aujourd’hui, elle n’aurait peut-être jamais pu se refroidir suffisamment pour former des océans. Ainsi, une exoplanète située à la même distance de son étoile que nous de la nôtre n’abrite pas nécessairement des océans. Il suffit que son étoile ait peu évolué — comme c’est le cas des naines rouges, étoiles hôtes de la plupart des exoplanètes connues — pour que cette planète n’ait jamais été en mesure de se refroidir suffisamment ».

Répondre à la question de potentiels océans passés sur Vénus pourrait aussi apporter des informations cruciales sur l’avenir de notre planète. « Des études nous ont déjà montré que la Terre pourrait, d’ici un milliard d’années — un laps de temps qui reste à définir plus précisément –, perdre ses océans, nous explique l’astrophysicien. Par le passé, Vénus recevait un peu moins d’énergie du Soleil. Du fait même de la nature de notre étoile qui gagne en luminosité au fil du temps. Un peu ce que notre Planète reçoit aujourd’hui. Dans le futur, la Terre recevra plus d’énergie du Soleil, un peu comme ce que Vénus reçoit aujourd’hui. C’est ainsi qu’en étudiant le passé de Vénus, nous pouvons espérer préciser si et quand notre Planète risque de perdre ses océans. »

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/venus-venus-t-elle-pu-avoir-ocean-passe-notre-reponse-non-94144/

En sons et en images, les survols de Vénus par Solar Orbiter et BepiColombo

La semaine dernière, deux sondes ont survolé Vénus. La planète qui tourne dans le mauvais sens n’était pas leur objectif. Mais elles ont tout de même profité de l’occasion pour enregistrer quelques données qui pourront être utiles aux astronomes qui tentent de percer ses mystères. Des images et des sons qui font rêver.

La première est partie pour étudier le Soleil. La seconde pour en apprendre plus sur la petite Mercure. Solar Orbiter – une mission conjointe de la Nasa et de l’Agence spatiale européenne (ESA) – a survolé Vénus le lundi 9 août 2021 à environ 7.995 kilomètres d’altitude. BepiColombo – une mission de l’ESA et de l’Agence spatiale japonaise (Jaxa) – s’en est approché à seulement 552 kilomètres, quelque 33 heures plus tard.

Deux missions qui survolent Vénus presque en simultanée, c’est une occasion assez unique – et inédite – pour les astronomes d’étudier l’environnement de la planète selon des points de vue différents. D’autant qu’une autre sonde – japonaise cette fois, la mission Akatsuki -, orbite actuellement autour de Vénus et a permis de compléter les données enregistrées par Solar Orbiter et par BepiColombo.

Rappelons que ces deux missions passaient par là pour tirer profit de l’attraction de la planète et ajuster ainsi leur trajectoire. Solar Orbiter, en particulier, rendra à nouveau visite à Vénus à six reprises entre 2022 et 2030. Objectif : faire basculer la sonde hors du plan de l’écliptique pour aller étudier les pôles de notre Soleil.

Un éclat de Vénus
Sur les images publiées par la Nasa, on découvre une vue pour le moins éclatante de Vénus, l’œuvre du Solar Orbiter Heliospheric Imager (SoloHI) – destiné à enregistrer des images du vent solaire en capturant la lumière diffusée par les électrons pris dans le vent – alors que la sonde approchait de la planète. Le Soleil, en haut à droite, est hors champ. Et Vénus pénètre le champ par la gauche. La face nocturne de Vénus apparaît comme un demi-cercle sombre entouré d’un croissant lumineux. « Idéalement, nous aurions pu résoudre certaines caractéristiques du côté nuit de la planète, mais il y avait tout simplement trop de signal du côté jour », commente Phillip Hess, astrophysicien au Naval Research Laboratory de Washington, dans un communiqué de la Nasa.

Les sons de BepiColombo aux abords de Vénus
Concernant la mission BepiColombo, c’est probablement la sonification proposée par les chercheurs qui est la plus impressionnante. Elle traduit les données enregistrées par l’accéléromètre ISA. On y distingue quelques cliquetis que les chercheurs attribuent à la façon dont la gravité de Vénus a affecté la sonde et à la façon dont cette dernière a réagi aux changements de température lors de son passage à proximité de la planète.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/venus-sons-images-survols-venus-solar-orbiter-bepicolombo-93008/

Survol de Vénus : BepiCombo freine fortement en vue de sa mise en orbite autour de Mercure

La sonde BepiColombo, qui doit rejoindre Mercure en 2025, est contrainte à plusieurs survols pour arriver à une allure suffisamment basse afin de se mettre en orbite autour de cette planète. Pour ralentir la vitesse de la sonde, le survol de Vénus réalisé hier est le plus important de la mission. Les explications d’Elsa Montagnon, responsable des Opérations de vol de BepiColombo vers Mercure au Centre européen des opérations spatiales à Darmstadt de l’ESA (Esoc).

L’arrivée de BepiColombo autour de Mercure est prévue fin 2025, après un voyage de sept ans. La sonde a été lancée en octobre 2018. Pour atteindre la vitesse requise afin d’être capturée en orbite par la gravité de Mercure, la sonde doit perdre 7 km/s, ce qui est très important. Ce freinage représente sept fois la poussée nécessaire pour rejoindre Mars. L’énergie pour une mise en orbite autour de Mercure, à 58 millions de kilomètres du Soleil, est même bien plus élevée que pour expédier une sonde jusqu’à Pluton, pourtant installée entre 4,4 et plus de 7 milliards de kilomètres.

BepiColombo réussira ce ralentissement en effectuant neuf manœuvres d’assistances gravitationnelles. Une autour de la Terre — qui a surtout servi à modifier sa vitesse et courber sa trajectoire vers le centre du Système solaire à destination de Vénus –, deux autour de Vénus et six autour de Mercure. Ces survols sont nécessaires, sans quoi la sonde devrait embarquer énormément de carburant, ce qui rendrait la mission irréalisable. Dans le cas de BepiColombo, ils permettent d’économiser quelque 10 tonnes de carburant !

Le survol de Vénus que vient de réaliser la sonde BepiColombo, à seulement 552 kilomètres de la surface de Vénus, est le troisième de la mission « mais aussi le plus important », nous explique Elsa Montagnon, responsable des Opérations de vol de BepiColombo vers Mercure au Centre européen des opérations spatiales à Darmstadt de l’ESA (Esoc). Cette opération a permis à la sonde de « décélérer sa vitesse de 5,7 kilomètres par seconde par rapport au Soleil ». Cette décélération obtenue est « énorme et même assez remarquable », tient-elle à préciser. Des neufs survols de la mission, celui réalisé hier est celui qui permet la « décélération la plus importante ».

Des opportunités trop rares pour observer le Système solaire interne
Lors de cette approche, les responsables de la mission ont profité de cette opportunité pour « réaliser quelques observations scientifiques en utilisant des instruments qui ne dépendent pas du pointage de la sonde ». Onze des sept instruments de la sonde ont été mis en route pour acquérir des données et réaliser une série de « mesures in situ, du plasma, du champ magnétique, des particules énergétiques et du vent solaire notamment ».

Ces observations in situ sont une véritable opportunité pour l’ESA qui, pendant très longtemps, ne disposait pas de satellite dans la partie interne du Système solaire. Aujourd’hui, elle compte plusieurs missions de sorte que le « Comité scientifique de l’ESA étudie avec grande attention les possibilités de faire des mesures coordonnées et multiples avec nos missions mais aussi celle de la Nasa (Solar Parker Probe, Stereo) et de la Jaxa (Akatsuki) ». Pour coordonner des observations simultanées, le Comité doit tenir compte de la « géométrie des sondes entre elles, et par rapport aux planètes et au soleil ».

Le Comité organise également des campagnes d’observations pendant les phases de croisière de BepiColombo et Solar Orbiter, « notamment pour obtenir des données sur le vent solaire et la météo spatiale ». Ces mesures simultanées, « depuis plusieurs endroits différents permettent de se faire une idée beaucoup plus précise des phénomène observés ». Certes, ce ne sont pas des campagnes d’observation qui durent longtemps, « mais elles ont tout de même un réel intérêt scientifique ».

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-survol-venus-bepicombo-freine-fortement-vue-mise-orbite-autour-mercure-92912/

La mission conjointe euro-japonaise BepiColombo a capturé cette vue de Vénus le 10 août 2021

La mission conjointe euro-japonaise BepiColombo a capturé cette vue de Vénus le 10 août 2021 alors que le vaisseau spatial passait la planète pour une manœuvre d’assistance gravitationnelle.

L’image a été prise à 13:57:56 UTC par la caméra de surveillance 3 du module de transfert de mercure, lorsque le vaisseau spatial était à 1573 km de Vénus. L’approche la plus proche de 552 km a eu lieu peu de temps avant, à 13:51:54 UTC.

Les caméras fournissent des instantanés en noir et blanc avec une résolution de 1024 x 1024 pixels. L’image a été légèrement traitée pour améliorer le contraste et utiliser toute la plage dynamique. Une petite quantité de vignettage optique est visible en bas à gauche de l’image.

L’antenne à gain élevé de la sonde Mercury Planetary Orbiter et une partie du corps du vaisseau spatial sont visibles devant Vénus, en haut à gauche.

La manœuvre, la deuxième à Vénus et la troisième des neuf survols au total, a aidé à diriger le vaisseau spatial sur la route de Mercure. Au cours de sa croisière de sept ans vers la planète la plus petite et la plus interne du système solaire, BepiColombo effectue un survol sur Terre, deux sur Vénus et six sur Mercure pour freiner l’attraction gravitationnelle du Soleil afin d’entrer en orbite autour de Mercure. Son premier survol de Mercury aura lieu les 1er et 2 octobre 2021.

BepiColombo, qui comprend l’orbiteur planétaire de mercure de l’ESA et l’orbiteur magnétosphérique de mercure de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA), devrait atteindre son orbite cible autour de la planète la plus petite et la plus interne du système solaire en 2025.

Vénus : deux sonde spatiales visitent la planète la plus chaude du Système solaire

Après Solar Orbiter lundi matin, c’est au tour ce mardi de BepiColombo de survoler celle que l’on surnomme l’« étoile du berger », visible en ce moment à la tombée de la nuit.

La sonde Solar Orbiter, développée par l’Agence spatiale européenne (ESA) avec une participation de la Nasa, est passée à 7.995 kilomètres de Vénus ce 9 août à 4 h 42 UTC (6 h 42 heure de Paris). L’observatoire spatial, lancé le 10 février 2020, a pour objectif principal d’étudier les processus à l’origine du vent solaire, du champ magnétique héliosphérique, des particules solaires énergétiques, des perturbations interplanétaires transitoires ainsi que du champ magnétique du Soleil.

Ce 10 août, à 13 h 48 UTC (15 h 48 heure de Paris), seulement 33 heures après la sonde solaire, ce sera au tour de BepiColombo de survoler l’« étoile du berger », pour sa part à une altitude de seulement 550 kilomètres. La sonde, partenariat entre l’ESA et l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (Jaxa), fut lancée le 19 octobre 2018. Les deux orbiteurs qui composent la mission — à savoir l’Européen Mercury Planetary Orbiter (MPO) et le Japonais Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) — doivent se placer en orbite autour de Mercure en décembre 2025, le premier pour étudier l’intérieur, la surface et l’exosphère de Mercure ; le second pour étudier son champ magnétique, son exosphère ainsi que les ondes et particules situées dans l’environnement immédiat de la planète. Un troisième module, le Mercury Transfer Module (MTM), dont le maître d’œuvre est l’ESA, prend en charge la propulsion de MPO et MMO jusqu’à l’orbite de Mercure.

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L’occasion d’étudier Vénus à moindres frais
Les deux sondes ont besoin d’assistance gravitationnelle pour perdre de l’énergie orbitale afin d’atteindre leurs destinations vers le centre du système solaire. Ce double survol offre une occasion sans précédent pour étudier l’environnement de Vénus à partir de différents endroits en même temps et, de plus, des endroits qui ne sont généralement pas visités par un orbiteur planétaire dédié.

Malheureusement, il n’est pas possible de prendre des images haute résolution de Vénus avec les caméras scientifiques à bord : Solar Orbiter doit rester face au Soleil, tandis que la caméra principale à bord de BepiColombo est protégée par le module de transfert. Cependant, deux des trois caméras de surveillance de BepiColombo prendront des photos, en noir et blanc, et avec une résolution de 1.024 x 1.024 pixels, au moment de l’approche et dans les jours qui suivront. La première image devrait être disponible dans la soirée du 10 août et la majorité, le lendemain. L’imageur SoloHI de Solar Orbiter, qui prend généralement des images du vent solaire en capturant la lumière diffusée par les électrons dans le vent, a par ailleurs eu la possibilité d’observer le côté nocturne de Vénus au cours de la semaine précédant l’approche.

Accessoirement, les deux sondes, qui ne s’approchent pas à moins de 575.000 kilomètres l’une de l’autre (l’équivalent d’une fois et demie la distance Terre-Lune), ne peuvent pas se photographier l’une l’autre.

Solar Orbiter acquiert des données de manière quasi constante depuis son lancement avec ses quatre instruments in situ qui mesurent l’environnement autour de la sonde. Solar Orbiter, MPO et MMO recueilleront des données sur l’environnement magnétique et plasma de Vénus. Dans le même temps, la sonde japonaise Akatsuki est en orbite autour de Vénus, ce qui crée une constellation unique de points de données. Il faudra plusieurs mois pour rassembler les mesures de survol coordonnées et les analyser de manière significative. Les données collectées lors des survols fourniront également des informations utiles à EnVision, le futur orbiteur vénusien de l’ESA, qui a été sélectionné plus tôt cette année et sera lancé vers Vénus dans les années 2030.

Deux autres survols cet automne
Dans la nuit du 1er au 2 octobre, BepiColombo verra sa destination pour la première fois, effectuant son premier survol de Mercure (sur six prévus) à seulement 200 kilomètres. Le 27 novembre, Solar Orbiter effectuera pour sa part un dernier survol de la Terre à 460 kilomètres, donnant le coup d’envoi de sa mission principale. Il continuera à faire des survols réguliers de Vénus pour augmenter progressivement l’inclinaison de son orbite afin d’observer au mieux les régions polaires inexplorées du Soleil, ce qui est essentiel pour comprendre le cycle d’activité de 11 ans du Soleil.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-venus-deux-sonde-spatiales-visitent-planete-plus-chaude-systeme-solaire-92912/

Notre jumelle Vénus aurait aussi une tectonique des plaques

Vénus est une planète rocheuse comme la Terre mais légèrement plus petite et moins massive. On s’attendait donc à ce qu’elle possède une tectonique des plaques proche de celle observée sur Terre de nos jours. La carte topographique de sa surface dressée à l’aide du radar de la mission Magellan n’avait rien montré de tel, mais de nouvelles analyses de cette carte suggèrent finalement l’existence d’une tectonique récente.

Dans un article publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences, le planétologue Paul Byrne, de l’Université d’État de Caroline du Nord (États-Unis), enfonce le clou concernant une thèse que lui et ses collègues avaient présentée dès 2018 dans un communiqué à l’occasion du 16e colloque du Venus Exploration and Analysis Group (Vexag) ainsi que lors de la 49e Lunar and Planetary Science Conference (LPSC) la même année mais cette fois-ci au Texas. Futura avait déjà fait écho à cette thèse dans l’un des précédents articles ci-dessous.

Cette publication prend un singulier relief après les annonces quasi-simultanées de la Nasa et de l’ESA au sujet de rien de moins que trois missions à destination de Vénus et dont l’ambition est de percer bien des secrets de la sœur de la Terre, à commencer par son activité géologique. Mais le débat sur la détection réelle ou pas de phosphine dans l’atmosphère de Vénus laisse aussi songeur sur la possibilité d’y trouver des formes de vie microscopiques.

Des missions pour révéler les secrets de la géodynamique de Vénus
Personne ne peut vraiment prédire encore ce que découvriront Veritas et Davinci+ pour la Nasa et EnVision pour l’ESA.

Mais les trois sondes devraient au moins nous en apprendre plus sur la géodynamique de la planète et sa comparaison avec celle de la Terre aussi bien actuellement que dans un passé pas trop lointain. On sait que la Terre et Vénus ont presque le même diamètre et presque la même masse, alors pourquoi l’une possède-t-elle un volcanisme et une tectonique des plaques manifestes et en pleine activité, alors que l’autre non. La question semble inséparable du contenu en eau de Vénus et de la détermination de la date et des mécanismes exacts qui ont conduit un effet de serre à s’emballer pour donner l’enfer que nous connaissons aujourd’hui et dont un bref aperçu nous a été livré par les sondes soviétiques Venera il y a une quarantaine d’années, après avoir survécu suffisamment longtemps pour nous envoyer quelques clichés de la surface de Vénus.

Mais, en fait, il se pourrait bien que des volcans soient bel et bien en éruption actuellement sur l’étoile du Berger et qu’une tectonique des plaques soit bien présente. Ces phénomènes sont sans aucun doute différents de ceux que nous connaissons sur Terre mais cela fait quelques décennies que nous avons des indices à leur sujet.

Ces indices viennent principalement de la cartographie de Vénus réalisée à travers son épaisse couche nuageuse à l’aide du radar qui équipait la sonde Magellan de la Nasa. Elle a montré que la surface de la planète était très peu cratérisée, ce qui indique qu’elle est jeune, et pas âgée de plusieurs milliards d’années comme c’est le cas de Mars ou de Mercure, et l’on voit clairement la présence d’édifice volcanique. Par contre, pas de trace de tectonique des plaques comme sur Terre.

Mais, en 2018 déjà, Paul Byrne et ses collaborateurs avaient avancé et développé la thèse voulant que certaines des structures révélées par Magellan soient les manifestations de l’équivalent de celles que l’on observe avec une banquise sur Terre qui s’est fragmentée, avec des blocs bougeant les uns par rapport aux autres.

Nous aurions donc sous les yeux non seulement la preuve de l’existence de plaques sur Vénus, bien que beaucoup plus petites et plus nombreuses que sur Terre, mais aussi de leurs mouvements qui pourraient être plus que récents dans l’histoire de la planète et être toujours en cours aujourd’hui selon les planétologues.

Parmi les arguments qui soutiennent ces hypothèses, il y a celui qui provient d’une modélisation des contraintes tectoniques et des déformations associées aux blocs supposés révélés par Magellan et qui sont précisément compatibles avec une modélisation des forces produites par le manteau de Vénus, qui serait dans un état convectif particulier, sur une lithosphère peu épaisse et fragile. La présence de cet état convectif est suggérée indirectement par des mesures de gravimétrie tout à fait similaires à celles que l’on peut conduire en étudiant les mouvements des satellites dans le champ de gravité de la Terre. La forme de ce champ trahit en effet des courants de convection avec de la matière plus chaude et moins dense, générant donc un champ différent que des régions plus froides et donc plus denses.

On se prend donc à rêver d’extraordinaires images d’éruptions volcaniques sur Vénus que pourraient nous livrer des missions dans les décennies à venir. Surtout, les implications de l’existence d’une tectonique des plaques encore active sur Vénus ne se limitent pas à la planète elle-même.

Vénus, une Terre ou une exoplanète primitive ?
En effet, les planétologues s’interrogent sur la possibilité de transposer le modèle de tectonique exotique de Vénus au cas de certaines exoplanètes. Enfin, cette tectonique n’est peut-être pas si exotique que ça, car elle pourrait précisément être celle que la jeune Terre possédait il y a plus de trois milliards d’années. Comme l’explique Paul Byrne dans le communiqué de la North Carolina State University : « L’épaisseur de la lithosphère d’une planète dépend principalement de la température, à la fois à l’intérieur de la planète et à sa surface. Le flux de chaleur de l’intérieur de la jeune Terre était jusqu’à trois fois plus important qu’il ne l’est maintenant, donc sa lithosphère était peut-être similaire à ce que nous voyons sur Vénus aujourd’hui : pas assez épaisse pour former des plaques qui subductent, mais assez épaisse pour s’être fragmentée en blocs qui poussaient, tiraient et se bousculaient. »

Les processus convectifs dans le manteau de la Terre, il y a plusieurs milliards d’années, ne devaient pas être les mêmes qu’aujourd’hui car le manteau était plus chaud. On a des raisons de penser qu’il existait alors un plus grand nombre de plaques, de plus petites tailles et animées de mouvements plus rapides. Les laves crachées par les volcans devaient être plus chaudes aussi et de fait, nous savons que, depuis environ 2,5 milliards d’années, les laves appelées komatiites ne s’épanchent quasiment plus à la surface de la Terre.

Toutefois, comme Futura l’expliquait dans le précédent article ci-dessous, il existe des arguments également basés sur les images de Magellan qui ne seraient pas compatibles avec une tectonique des plaques encore active récemment.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-notre-jumelle-venus-aurait-aussi-tectonique-plaques-19903/