Le bras galactique contenant la Terre serait deux fois plus vaste que prévu

Alors que les débats relatifs à la structure prise par les bras spiraux de la Voie lactée persistent depuis près d’un siècle, le satellite Gaia remet en question nos modèles élémentaires en étalant ses dernières observations.

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Voir la Voie lactée… un autoportrait sans miroir
Les astronomes sont confrontés à plusieurs contraintes naturelles difficilement surmontables. En effet, notre localisation au sein même de la Voie lactée (dans le plan médian de la galaxie, loin du centre) nous empêche de distinguer ses structures. De plus, la présence d’épais nuages sombres dans le disque galactique entrave la lumière des étoiles pour parvenir jusqu’à nous. En outre, les étoiles appartenant aux bras spiraux voisins sont si éloignées que même la plus proche nous est distante de plus de 4.000 années-lumière. Par conséquent, l’ambition de tracer une visualisation fidèle et complète de notre spirale de gaz et de poussière semble loin d’être concrétisable.

Les chercheurs misent alors sur le développement de modèles galactiques. Basés sur la mesure de distance aux sources et confrontés en parallèle aux observations, ils permettent de remonter à l’allure de la Voie lactée et de démêler son brouhaha galactique.

Fin 2020, les spécialistes du domaine ont dressé une synthèse de toutes les informations (directes et indirectes) appréhendées depuis soixante-cinq ans au sujet de la morphologie et de la dynamique de notre Galaxie. Ils avancent qu’elle se compose de quatre bras spiraux principaux, s’articulant autour d’une concentration lumineuse en forme de barre. À l’embranchement des bras Perseus et Sagittarius-Carina, se distingue une extension mineure appelée bras local (ou encore bras d’Orion) où se niche le Système solaire.

Gaia corrige nos attentes sur l’ampleur des bras spiraux
L’équipe d’Eloisa Poggio a recouru au troisième catalogue Gaia pour sonder la répartition des étoiles de type OB et la confronter à la dispersion des jeunes Céphéides dans le disque galactique. Cette distribution a ainsi mis en évidence une géométrie bien différente de celle issue des modèles de référence.

L’étude publiée au printemps 2021 démontre qu’en réalité le bras Perseus suit davantage une tout autre configuration, celle proposée par Levine et al. (2006). La disposition des Céphéides semble raisonnablement suivre et prolonger à grande échelle la région de surdensité des étoiles de type OB. Le second résultat, plus surprenant encore, est que le bras local paraît s’étendre jusqu’au quadrant galactique III, soit bien au-delà de l’étendue couramment délimitée. Sa longueur serait alors deux fois plus importante que ce qui était admis auparavant, comparable à la distance Soleil-centre galactique. Ces deux constats se sont vus confortés d’autant qu’ils apportent un éclaircissement au grand vide énigmatique logé au sein du bras Perseus.

« Au regard de nos cartes, ce vide s’expliquerait plus naturellement comme étant simplement la région inter-bras entre Perseus, tel que tracé par Levine et al., et le bras local s’étendant dans le quadrant III », ont conclu les auteurs de l’article. Les prochains relevés de Gaia permettront d’utiliser des astres ayant des éclats plus faibles, dans des zones plus reculées de notre Galaxie, pour dresser de nouvelles cartographies d’une résolution époustouflante.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-bras-galactique-contenant-terre-serait-deux-fois-plus-vaste-prevu-93670/

Un mystérieux signal en provenance du centre de la Voie lactée

Grâce à des instruments toujours plus performants, les astronomes continuent de faire des découvertes étonnantes. Aujourd’hui, un mystérieux signal radio en provenance du centre de la Voie lactée. L’enquête pour en déterminer l’origine est ouverte.

L’Australian Square Kilometer Array Pathfinder (Askap) — comprenez le réseau de radiotélescopes australien d’un kilomètre carré — est l’un des radiotélescopes les plus sensibles au monde. Il a déjà permis aux astronomes de découvrir des galaxies ou d’enregistrer les fameux sursauts radio rapides — que les anglophones appellent Fast Radio Bursts (FRB) et dont nous reparlerons bientôt sur Futura, en compagnie de Françoise Combes, astrophysicienne et médaille d’or 2020 du CNRS.

Cette fois, l’Askap dévoile un mystérieux signal transitoire en provenance du centre de la Voie lactée. Les astronomes de l’université de Sydney (Australie) l’ont baptisé ASKAP J173608.2-321635. Mais ils ignorent encore quel objet pourrait en être à l’origine. Les propriétés de ce signal apparaissent en effet des plus étranges. Et ce ne serait pas la première fois qu’une source radio mystérieuse dévoilerait un événement inhabituel. Pas plus tard que la semaine dernière, l’exemple de cette étoile qui a explosé en avalant un trou noir !

Les astronomes rapportent que le signal ASKAP J173608.2-321635 est très variable. Il peut émettre pendant plusieurs semaines. Puis disparaître. Entre avril 2019 et août 2020, il est apparu 13 fois dans les données de l’Askap. En février 2021, il a pour la toute première fois pu être détecté par le radiotélescope MeerKAT (Afrique du Sud). Idem en avril 2021 pour la détection rapportée par l’Australian Telescope Compact Array (Atca). Comme pour venir confirmer le caractère insaisissable du signal radio qui était jusqu’alors passé inaperçu.

Déjà quelques pistes éliminées
D’autant plus inaperçu peut-être qu’aucun signal à une autre longueur d’onde ne l’accompagne. Rien du côté des rayons X ou du proche infrarouge. Rien non plus dans les archives des observations radio.

Les astronomes notent par ailleurs que ASKAP J173608.2-321635 est fortement polarisé. De quoi suggérer une diffusion et une magnétisation. Mais celles-ci sont-elles le résultat de poussières et de champs magnétiques rencontrés par le signal dans son voyage jusqu’à nous ou issues de la source du signal elle-même ? La question reste posée.

Toutefois dans leur quête pour identifier la source de ce mystérieux signal, les astronomes éliminent déjà plusieurs pistes. Par exemple, il ne s’agit pas d’une étoile éruptive. Car le signal radio s’accompagnerait alors d’une émission dans le domaine des rayons X. Il ne s’agit pas non plus d’un pulsar dont la périodicité serait bien plus régulière que celle observée pour ASKAP J173608.2-321635.

Peut-être alors que ASKAP J173608.2-321635 doit être classé parmi ceux que les anglophones appellent les Galactic Center Radio Transients (GCRT) — comprenez, les signaux transitoires en provenance du centre de la Galaxie. Dans les années 2000, les astronomes ont identifié trois de ces signaux. D’autres sont en attente de confirmation. Les chercheurs en ignorent encore la source. Mais ASKAP J173608.2-321635 partage avec les GCRT plusieurs caractéristiques. S’il est confirmé qu’il s’agit de cela, il pourrait constituer la preuve qu’il existe des sources similaires qui n’ont pas encore pu être observées. Notamment en raison de leur inconstance.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/voie-lactee-mysterieux-signal-provenance-centre-voie-lactee-93408/

Une mystérieuse structure filamenteuse détectée aux confins de la Voie lactée

Des scientifiques utilisant le radiotélescope Fast auraient détecté une nouvelle structure aux confins de la Voie lactée. Plusieurs hypothèses ont vu le jour pour expliquer cette découverte qui pourrait être un simple filament de gaz ou un nouveau bras de notre galaxie.

La Voie lactée serait-elle différente des représentations qu’on lui connait ? Une équipe de chercheurs de l’université de Nanjing, en Chine, a découvert grâce au puissant radiotélescope sphérique de 500 mètres d’ouverture (Fast pour Five-hundred-meter Aperture Spherical radio Telescope), une structure filamenteuse s’étendant dans une région éloignée du centre de la galaxie, à 71.754 années-lumière. Une étude, publiée en preprint le 5 août, a été menée sur cette découverte, menant à deux hypothèses pouvant expliquer l’existence de ce mystérieux nuage : un immense filament de gaz dans un voisinage extrêmement proche de la Voie lactée ou un bras spirale galactique resté indétecté jusqu’à ce jour.

Une énigme massive
L’origine de ce filament, nommé Cattail (ou « Quenouille » en français), reste donc à déterminer. Mais les astronomes ont élaboré deux hypothèses pouvant expliquer l’existence de ce nuage de gaz, révélé par hasard alors que les scientifiques observaient la source radio Cygnus X, dans la constellation du Cygne. En premier lieu, Cattail pourrait être un vaste filament moléculaire composé de gaz tels que du dihydrogène, long d’environ 5 kiloparsecs. Il constituerait alors l’un des nuages moléculaires les plus imposants visibles à proximité de la Voie lactée. À une échelle comparative, 5 kpc sont équivalents à 16.307,8 années-lumière. Une année-lumière est égale à 9.460 milliards de kilomètres, et notre système solaire ne fait, quant à lui, que 20 milliards de kilomètres.

Les astronomes chinois se sont penchés sur la vélocité du filament, et leur étude met en exergue la rapidité avec laquelle il se déplace, à une vitesse oscillant entre 160 et 140 kilomètres par seconde. La structure se situe derrière un bras s’étendant longuement depuis le centre de la Voie lactée, appelé Écu-Croix. Sa proximité et sa vélocité ont longuement fait hésiter les chercheurs : une galaxie naine restée invisible ? En menant des observations supplémentaires, la seconde théorie la plus probable serait celle d’un nouveau bras de notre galaxie, que les radiotélescopes et autres instruments n’auraient pu détecter, faute de puissance. Si cette hypothèse se confirme, cela signifierait que cette nouvelle « branche » de la Voie lactée se situerait dans la région extérieure de la galaxie nommée en anglais Extreme outer galaxy. Cette possibilité s’avère intéressante pour les scientifiques, les secteurs les plus éloignés des centres galactiques étant de véritables pouponnières à jeunes étoiles.

Fast à l’appui
L’utilisation du radiotélescope Fast a été capitale dans cette découverte. L’instrument, installé dans la province du Guizhou en Chine, a été déclaré opérationnel en 2020, malgré les premières observations remontant à 2016. Formant un dôme de 500 mètres de diamètre, à l’instar de feu Arecibo, Fast est composé de 4.500 panneaux de métal captant des signaux sur différentes longueurs d’onde, variant de 70 mégahertz à 3 gigahertz. Grâce à sa précision, le radiotélescope est notamment devenu un incontournable de la chasse aux pulsars : en mai 2021, il en avait découvert 201.

La précision de Fast pourrait expliquer une détection aussi tardive d’un bras de la Voie lactée, là où d’autres radiotélescopes plus anciens n’auraient pu détecter un élément diffus ou dissimulé par un autre. Cependant, nul doute que les astrophysiciens de l’université de Nanjing devraient tourner leurs regards et la parabole de Fast vers Cattail afin de percer l’énigme de cette étrange structure de gaz.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/voie-lactee-mysterieuse-structure-filamenteuse-detectee-confins-voie-lactee-93241/

Une simulation montre comment obtenir une galaxie spirale comme la Voie lactée

Petit à petit, les astronomes comprennent mieux comment notre Univers s’est structuré pour ressembler à ce que nous en voyons aujourd’hui. Une nouvelle simulation informatique nous apprend comment des collisions entre galaxies ont donné naissance à des galaxies spirales comme la nôtre.

La galaxie dans laquelle nous vivons est une galaxie dite spirale. Elle s’est formée il y a des milliards d’années. Des chercheurs de l’université de Lund (Suède) se sont servis d’étoiles de notre Voie lactée comme autant de capsules temporelles pour reconstruire l’histoire de sa formation.

Rappelons que notre Univers est apparu il y a quelque 13,8 milliards d’années. Il a « rapidement » — à l’échelle cosmologique — formé des étoiles et était le siège de collisions violentes entre les jeunes galaxies. Une époque chaotique qui a ensuite laissé place à plus de stabilité. Les astronomes, eux, ont peiné à comprendre comment des galaxies embryonnaires très agitées ont pu se muer en galaxies spirales ordonnées.

Des collisions de galaxies
Pour faire la lumière sur ces processus, donc, les chercheurs de l’université de Lund ont étudié des étoiles de la Voie lactée. Leurs positions, leurs vitesses de déplacement, leurs compositions chimiques sont autant d’éléments qui trahissent leur passé et l’environnement dans lequel elles se sont formées. Des simulations informatiques ont fait le reste. Offrant aux astronomes une image détaillée de la manière dont les galaxies ont évolué en galaxies spirales depuis le Big Bang.

« Lorsque deux grandes galaxies entrent en collision, un nouveau disque se crée autour de l’ancien en raison des énormes afflux de gaz stellaire. Notre simulation montre que l’ancien et le nouveau disque fusionnent lentement, sur une période de plusieurs milliards d’années pour former une galaxie spirale », explique Florent Renaud, astronome, dans un communiqué. Une découverte qui devrait éclairer les chercheurs qui tentent d’interpréter les cartographies actuelles et futures de notre Voie lactée.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/galaxie-simulation-montre-obtenir-galaxie-spirale-comme-voie-lactee-93244/

Une mystérieuse structure découverte dans la Voie lactée

Plusieurs années et des centaines d’heures d’observations avec plusieurs instruments différents ont été nécessaires aux astronomes pour le confirmer. Une structure massive se cache dans le milieu interstellaire qui remplit la Voie lactée. Un disque épais de gaz moléculaire « noir » situé en bordure de notre Galaxie.

C’est une histoire comme on les aime. De celles que l’on peut raconter au coin du feu. Non, pas de celles qui font peur aux enfants. Mais de celles qui les émerveillent et peut-être, un jour, les amènent à la science. Cette histoire, c’est celle de ces chercheurs qui, grâce au Green Bank Telescope (GBT) et avec un petit coup de pouce du destin, viennent de découvrir, cachée aux yeux de tous, en bordure de la Voie lactée, une structure massive.

Rappelons que le milieu interstellaire est « rempli » de dihydrogène (H2). Ce gaz reste généralement invisible aux astronomes. Pour le cartographier, ils comptent sur des « traceurs », des signaux provenant d’autres molécules qui s’y mélangent, mais en moindre quantité. Parmi les traceurs classiques, le monoxyde de carbone (CO).

Mais en 2012, un astronome de l’université Johns Hopkins, aux États-Unis, a découvert, de manière inattendue, alors qu’il était engagé dans des travaux sans lien, une émission provenant de molécules OH non accompagnée d’émissions de CO. Or OH est également une molécule qui apparaît dans les nuages de H2 du milieu interstellaire. De quoi supposer qu’il puisse y avoir une partie abondante de dihydrogène non tracée par le CO. Une sorte de gaz moléculaire « CO-dark ».

Toutes les observations le confirment
C’est là que le BGT entre en scène. En 2015, il a permis à une équipe d’astronomes de montrer que OH trace effectivement remarquablement bien cette composante « CO-dark » du H2. Après de longs temps d’exposition, les chercheurs ont ainsi montré que ce gaz moléculaire se posait comme un composant majeur de la structure de la Voie lactée.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Puisque les astronomes ont ensuite remarqué comme une bosse qui ressortait de leurs observations. Ils ont d’abord cru qu’elle correspondait à l’extrémité d’un bras de la Voie lactée. Puis, des observations ont confirmé l’existence d’une structure vaporeuse, mais étendue sur toute la ligne de visée du BGT. Les astronomes ont alors pensé à un effet dû au télescope lui-même. Comme un bruit de fond. Pourtant, après une centaine d’heures d’observations, le télescope de 20 mètres de l’observatoire de Green Bank — un instrument plus ancien que le BGT — a lui aussi déniché la structure en question.

Finalement, en 2019, une nouvelle série d’observations est venue confirmer la découverte. Le long du disque de la Voie lactée se trouve une structure jusqu’alors inconnue, pourtant large et omniprésente, qui épouse la forme d’autres composantes de notre Galaxie. Une découverte qui pourrait avoir des conséquences sur les théories de la formation des étoiles, mais aussi, bien sûr, sur celles qui s’intéressent à la structure, à la composition et à la masse du milieu interstellaire.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/voie-lactee-mysterieuse-structure-decouverte-voie-lactee-92592/

Les astronomes face à de nouvelles questions sur l’origine de la matière dans la Voie lactée

Étudier le rayonnement cosmique permet aux chercheurs de comprendre comment notre Univers produit de la matière et la distribue dans l’espace. Et des astronomes observent aujourd’hui, avec étonnement, que le spectre des rayons cosmiques du fer est très différent des autres. De quoi soulever de nouvelles questions sur l’origine de la matière dans la Voie lactée.

Notre bonne vieille Terre est constamment bombardée de noyaux atomiques et de particules de haute énergie. Essentiellement des noyaux d’hydrogène. Mais aussi, des noyaux d’hélium ou d’autres éléments plus lourds. Pour les désigner, les scientifiques utilisent le terme de rayonnement cosmique. Car ces particules nous arrivent de l’espace. De notre Soleil, mais aussi de supernovæ dans la Voie lactée ou de plus loin dans l’Univers. Et même peut-être d’étoiles à neutrons ou d’étoiles extrêmement massives.

C’est ce rayonnement que des chercheurs de l’université du Maryland à Baltimore (États-Unis) ont étudié. Grâce à un instrument installé à bord de la Station spatiale internationale (ISS) depuis 2015 : le télescope électronique calorimètre (Calet). Il renvoie en effet des détails sur le nombre, le type ou encore l’énergie des noyaux d’atomes qui arrivent aux environs de la Terre. Avant que le rayonnement cosmique n’ait pu être altéré par des interactions avec l’atmosphère. Comme c’était le cas par le passé, lorsque les seuls outils des chercheurs étaient les instruments au sol ou les ballons. Une manière efficace, donc, de remonter à l’origine de ces particules et à la façon dont elles voyagent dans l’Univers.

À leur grande surprise, les chercheurs ont observé que les spectres des rayons cosmiques du carbone, de l’oxygène et de l’hydrogène — le graphique qui montre combien de noyaux atomiques arrivent au détecteur — sont tout à fait semblables. Mais que celui du fer apparait très différent.

Encore beaucoup à apprendre
Précisons que l’analyse du fer est particulièrement révélatrice pour qui veut déterminer d’où vient ce rayonnement. Le fer correspond en effet à l’un des éléments les plus lourds qui peuvent être synthétisés au cours de la vie classique d’une étoile. Ainsi les chercheurs sont à peu près certains que les rayons cosmiques associés au fer sont des rayons cosmiques primaires. Et non pas des rayons secondaires, issus d’interaction avec d’autres éléments sur leur chemin vers notre Terre.

« Nous ne nous attendions pas à ce que ces noyaux — de carbone, d’oxygène, d’hydrogène et de fer — montrent de telles différences. Elles soulignent clairement des choses que nous ne savons pas », confie Micheal Cherry, physicien à l’université de l’État de Louisiane (États-Unis), dans un communiqué de l’université du Maryland. Sur la façon dont l’Univers génère et distribue la matière. Mais aussi sur la façon dont cela affecte l’évolution des galaxies. En effet, si les spectres du fer sont différents, cela signifie peut-être que les rayons cosmiques du fer voyagent différemment dans l’espace. Ou qu’ils ont été émis par des sources différentes.

En réalité, ces travaux posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Pour les chercheurs, il reste encore beaucoup à apprendre sur la façon dont la matière est générée et se déplace dans la Voie lactée. Pour finalement former des planètes… et des êtres vivants !

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/voie-lactee-astronomes-face-nouvelles-questions-origine-matiere-voie-lactee-88177/

La matière noire ralentirait la rotation de la barre d’étoiles de la Voie lactée

Le centre de notre galaxie est traversé par une barre d’étoiles, tournant dans le même sens que la Voie lactée. Des scientifiques viennent de constater que cette structure tourne plus lentement. La matière noire serait à l’origine de ce ralentissement.

Dans une étude publiée au sein de la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, relayée par l’University College de Londres (UCL) le 14 juin 2021, ces chercheurs soulignent que « de récentes études fournissent systématiquement des preuves d’une barre lente, bien que la vitesse précise de la barre n’ait pas encore été estimée ». Ils proposent leur mesure du phénomène : la barre de la Voie lactée aurait connu un ralentissement de sa rotation d’au moins 24 % depuis sa formation.

Afin de mesurer enfin le ralentissement de ce mouvement, les scientifiques ont utilisé des observations du satellite Gaia de l’Agence spatiale européenne (ESA), lancé en 2013 pour mener une mission d’astrométrie — la branche de l’astronomie consacrée à l’étude de la position, de la distance et du mouvement des étoiles. C’est tout particulièrement un courant d’étoiles, baptisé « Hercule » (« Hercules stream » en anglais dans l’étude), qui a retenu leur attention.

Source : https://www.numerama.com/sciences/719831-la-matiere-noire-ralentirait-la-rotation-de-la-barre-detoiles-de-la-voie-lactee.html

Une étoile clignote étrangement près au centre de la Voie lactée

Quelque part dans le centre de la Voie lactée, les astronomes ont découvert une drôle d’étoile. En avril 2012, elle a presque entièrement disparu du ciel. Puis elle est réapparue quelques mois plus tard. C’est la seule fois que VVV-WIT-08 a ainsi clignoté en 17 ans d’observation. Les chercheurs s’interrogent quant à la nature de l’objet qui l’a momentanément cachée à notre vue.

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Des étoiles dont la luminosité est changeante, ce n’est pas exceptionnel. Mais celle que les astronomes appellent VVV-WIT-08 a quelque chose de particulier. Des chercheurs, entre autres de l’université de Cambridge (Royaume-Uni), l’ont débusqué dans les données recueillies par le télescope Vista (Chili), exploité par l’Observatoire européen austral (ESO). Depuis des années, il observe un milliard d’étoiles, justement pour en pointer à la luminosité variable.

« Parfois, nous trouvons des étoiles variables qui n’entrent dans aucune catégorie établie. Nous les surnommons les objets « WIT » », raconte Philip Lucas, chercheur à l’université d’Hertfordshire (Royaume-Uni), dans un communiqué de l’université de Cambridge. Les astronomes ont, en l’occurrence, vu la luminosité de VVV-WIT-08 diminuer d’un facteur 30, jusqu’à presque la faire disparaître dans le ciel — elle a perdu 97 % de sa luminosité –, avant qu’elle s’illumine à nouveau plusieurs semaines plus tard.

Une nouvelle classe d’étoiles binaires ?
Comme VVV-WIT-08 est située près du centre de la Voie lactée, dans une région dense, les chercheurs ont d’abord pensé au passage inopiné d’un objet sombre devant l’étoile. Mais les simulations montrent que pour cela, il faudrait un grand nombre de tels objets flottant dans notre Galaxie.

Les chercheurs pensent donc que VVV-WIT-08 pourrait appartenir à une nouvelle classe de système d’étoiles binaires dites « géantes clignotantes ». Il s’agirait d’une étoile géante, 100 fois plus grande que notre Soleil, éclipsée une fois toutes les quelques décennies par un compagnon encore inconnu. Une étoile ou une planète, entourée d’un disque opaque capable d’éclipser l’étoile géante.

Notez qu’au moins deux autres systèmes semblables sont connus des astronomes. L’étoile géante Epsilon Aurigae est en partie éclipsée par un énorme disque de poussière tous les 27 ans. Elle ne s’assombrit alors toutefois que d’environ 50 %. Le système TYC 2505-672-1, quant à lui, détient le record actuel du système d’étoiles binaires à éclipses avec la plus longue période orbitale. 69 ans, ce n’est pas rien. Mais VVV-WIT-08 viendra-t-elle le détrôner ?

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/etoile-etoile-clignote-etrangement-pres-centre-voie-lactee-88008/?utm_source=pushB&utm_medium=sciences&utm_campaign=push

Et si le trou noir au centre de la Voie lactée était en fait… de la matière noire ?

Notre Voie lactée — comme d’autres grandes galaxies dans l’Univers — abrite en son centre, un trou noir supermassif. Il est trahi par les effets gravitationnels qu’il exerce sur d’autres objets. Mais des chercheurs envisagent aujourd’hui que ces effets pourraient aussi bien être expliqués par la présence, à sa place, d’un amas de matière noire.

Au centre de la Voie lactée, il y a un trou noir supermassif. Sagittarius A* (Sgr A*), c’est son petit nom. Mais en est-on bien sûr ? Personne n’est jamais allé le voir de près, après tout. Les astronomes ont déduit sa présence des effets gravitationnels qu’il exerce sur les objets qui peuplent notre galaxie. Sur les étoiles dites S, notamment, des étoiles proches de lui. Et aujourd’hui, des chercheurs du Centre international d’astrophysique relativiste (Italie) suggèrent que ces effets pourraient aussi bien — voire mieux — être expliqués par la présence non pas d’un trou noir, mais d’une masse de matière noire.

C’est le comportement étrange d’un objet appelé G2 — dont les astrophysiciens ignorent encore la nature exacte — alors qu’il passait à proximité de Sagittarius A* qui a éveillé leurs soupçons. G2 est en effet miraculeusement sorti indemne de sa rencontre avec le supposé trou noir supermassif au centre de la Voie lactée.

Des comportements cohérents avec la présence de matière noire
L’observation pourrait être expliquée par le fait que G2 ne soit pas qu’un simple nuage de gaz. Sa structure aurait en effet pu être maintenue intacte par la présence cachée en son sein d’une ou deux étoiles. Mais les chercheurs du Centre international d’astrophysique relativiste, eux, l’expliquent d’une tout autre façon. Sgr A* serait constitué d’une concentration de matière noire de quelque 500.000 masses solaires. Des particules exotiques que les physiciens appellent des « darkinos ». Maintenus en équilibre par leur attraction gravitationnelle propre. Ils formeraient ainsi une boule aux contours flous dont l’attraction gravitationnelle n’aurait pas été assez forte pour détruire G2.

Et ce qui donne de la consistance à cette théorie, c’est qu’elle permet aussi de reproduire les comportements des 17 étoiles dites S les mieux décrites par les astronomes. Enfin, lorsque les chercheurs donnent aux darkinos la bonne masse — un neuvième environ de celle d’un électron — et la bonne vitesse. Alors, pour confirmer cette nouvelle hypothèse, il faudra tout de même attendre que leur modèle reproduise également d’autres observations faites à travers l’Univers. Comme expliquer pourquoi les galaxies tournent plus vite qu’elle ne devraient par rapport à la masse qu’on leur connait.

Source : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/voie-lactee-si-trou-noir-centre-voie-lactee-etait-fait-matiere-noire-87795/